L'histoire du Bugey retrace le passé du territoire du Bugey dont les contours représentent une des divisions administratives du département de l'Ain.

Étymologie

Les premières mentions du pays du Bugey apparaissent dans des chartes sous le nom de pagus Bellicensis dont l'adjectif est issu de Bellicium, le nom d'époque de la commune de Belley car le Bugey dépend alors de l'évêché de Belley.

Vers 1195, et par le jeu des vocalisations transformant la racine Bel- en Beu- et l'adoucissement du c en zChanoine ., pagus Bellicensis devient Terra de BeuzeisGuigue, Cartulaire de Beaujeu, p. 5i.. Les mentions de Beugesium apparaissent en 1294Mémoires, société historique de Genève, t. XIV, p. 24o. et Byougesium en 1303Mémoires, société historique de Genève, t. IX, p. 21 3.. Viennent ensuite les mentions Beugeys en 1372. ; Terra Beugesii au Archives de l'Ain, H 357. ; Beugeuis en 1563Archives de la Côte d'Or, B 10453, f° 177 r. ; Beugey en 1613visites pastor., f° 121 r°. ; Pays de Beugeys en 1613 et Bugey en 1722Archives de l'Ain, H 358...

Héraldique

Histoire vignette|redresse=0.7|Crâne magdalénien découvert dans la grotte des Hoteaux.

Les premières traces dHomo sapiens dans la région du Bugey remontent à l'Âge de la pierre où des gisements ont été retrouvés dans des grottes de la région. à proximité d'Ambérieu-en-Bugey.. Les glaciers alpins qui couvraient alors la région se retirent durant le Paléolithique permettant à Homo sapiens de s’implanter dans les différentes grottes de la région comment celles des Hotteaux à Rossillon..

Quelques tombeaux, sous forme de murgers, datant des Âges du bronze et du fer sont également découverts. Les hypothèses attribuent leur confection à des peuplades venues d'Asie.

Antiquité vignette|gauche|Monnaie en or des Ambarres. Durant l'époque gauloise, les territoires du Bugey sont partagés entre différents peuples : les Séquanes dans le Haut-Bugey, les Ambarres sur une partie ouest et les AllobrogesLa présence allobroge dans le Bugey, conditionne en partie le choix de l'appellation IGP allobrogie, issue du vignoble du Bugey. dans le Bas-Bugey.

L’ethnonyme « Ambarres » signifie « ceux qui habitent des deux côtés de l’Arar »Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, page 408., (nom de la Saône, à l’époque antique) et se retrouve dans le nom de plusieurs villages du Bugey : Ambérieu-en-Bugey, Ambutrix ou Ambronay.

les Séquanes contrôlaient un territoire correspondant à la majeure partie de la Franche-Comté, entre la Saône, la Bresse, le Jura, les Vosges et le Sundgau. Leur capitale était Vesontio (Besançon).

Le territoire des Allobroges s'étendait sur la plus grande partie des pays qui seront nommés plus tard la Sapaudia, correspondant en grande partie aux actuels départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et de l'Isère. Ce mélange de diverses tribus adoptèrent Vienne comme capitale et se fédérèrent.

La date de marque l'occupation du Bugey par l'Empire romain..

En , les Helvètes du roi Orgétorix, après avoir brûlé leurs terres, entreprennent de traverser la Gaule pour aller s’installer en Saintonge, chez les Santons, .

Traversant le Bugey par les cluses, avec l'autorisation des séquanes, ils fournissent à César le prétexte d'entrer en Gaule avec son armée, appelé à l'aide par les Ambarres. C'est le commencement de la Guerre des Gaules. vignette|gauche|Le Temple gallo-romain d'Izernore. Dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César mentionne l’épisode :

Durant la présence romaine, le Bugey bénéficie de sa situation géographique privilégiée ; en effet, la région se trouve à proximité de la péninsule italienne d'une part, et de Lugdunum, alors capitale des Gaules, d'autre part. Des marques de ce développement sont encore visibles dans le Bugey : par exemple, la voie romaine à Belley, ou encore l'aqueduc romain de Vieu. Dans le Haut-Bugey, le temple romain d'Izernore témoigne de la présence romaine.

Moyen Âge Haut Moyen Âge vignette|redresse=1|Le royaume burgonde dans la deuxième moitié du .

Vers l'an 450, les invasions barbares mettent fin à l'Empire romain. La chronique historique dite Chronica Gallica de 452, note pour la vingtième année du règne de Théodose en Occident (année 443) : Les spécialistes s'accordent pour dire que la population burgonde représentait en Sapaudia quelques dizaines de milliers de personnes. J. Favrod. donne environ s et Katalin Escher indique. entre et au maximum.

La Sapaudia, le « Pays des Sapins » (mot qui survit dans celui de Savoie), ancienne entité administrative qui apparaît dans quelques sources anciennesAmmien Marcelin, Histoire, 15, 11, 17.Notitia dignitatum, In partibus occidentis, XLII, 13-17.Ennode, Vie d'Épiphane, 171-172.Avitus dans une lettre à Sigismond, Avit, Ep., 79. Notice des dignitésBiographie des saints Passion d'Ours et de Victor de Soleure écrite au . était comprise entre l'Ain, le Rhône, le lac Léman, le Jura et l'Aar (partie méridionale de la Maxima Sequanorum), voire un territoire s'étendant dans le bassin de l'Aar jusqu'au Rhin, correspondant aux cités gallo-romaines de Genève qui comprenait la Haute-Savoie, Nyon et Avenches) et pour les discussions sur la localisation de la Sapaudia.Les auteurs, P. Duparc, J. Favrod, G. Barruol, P. Raffaelli, E. Demougeot, P.E. Martin, C. Jullian ont donné des hypothèses de restitution de l'étendue de la Sapaudia. (V. )..

Vers 500, la loi Gombette ou loi des Burgondes (lex Burgundionum) est promulgué par le roi des Burgondes Gondebaud, sans doute à Ambérieu-en-Bugey. Augmenté par ses successeurs Sigismond et , la loi Gombette ou loi des Burgondes (lex Burgundionum) est un code de lois civiles et pénales fixant les usages à respecter par les sujets burgondes, complémenté de la « loi romaine des Burgondes » (lex romana Burgundionum) concernant les sujets « romains » du royaume. Le second préambule de la loi Gombette, édicte : « En ce qui concerne les Romains entre eux, [...] nous ordonnons qu'ils soient jugés selon les lois romainesC'est-à-dire, selon les dispositions du code théodosien, et autres sources du droit ancien, qui étaient observées avant la rédaction du Papien, recueil révisé des lois romaines, promis par ce passage du préambule aux Romains habitant le royaume de Bourgogne, qui ne fut promulgué que quelques années après la loi Gombette. In J.-F.-A. Peyré, Loi Gombette, p. 25. C'est le premier recueil de loi d'un roi germanique en Gaule. Aucun ne montre mieux la fusion de l'élément romain avec l'élément germaniqueMémoires lus à la Sorbonne - De la famille chez les Burgondes, par Valentin Smith, 1864, p. 2 et 3..

vignette|gauche|redresse=0.8|Pagi sous l'époque carolingienne. vignette|Abbaye Notre-Dame d'Ambronay. Dès le , le territoire est divisé cinq pagus major : Pagus Genevensis puis comté de Genève ; Pagus Savogensis puis comté de Savoie, future subdivision du duché, renommée au Savoie propre ; Pagus Bellicensis (Bugey) ; Pagus Tarentasia (Tarentaise) ; Pagus Maurianensis puis comté de Maurienne dont les seigneurs étaient originellement aussi seigneurs du premier comté de Savoie.

La christianisation progresse et le diocèse de Belley est créé au début du . De grandes abbayes bénédictines telles celles de Nantua, fondée au , Saint-Rambert, Ambronay ou Saint-Benoît s'établissent dans les valléespersee.fr: Dubois Jacques. L'implantation monastique dans le Bugey au Moyen Âge. Journal des savants. 1971, N°1. pp. 15-31..

En 843, le traité de Verdun attribue le Bugey au royaume de Lothaire, l'un des trois fils de Louis le Pieux.

Moyen Âge central À partir du , le Bugey entre successivement dans le second royaume de Bourgogne et le Saint Empire. La féodalité se renforce et, profitant de l'anarchie du , les seigneurs laïcs et les ecclésiastiques prennent leur indépendance.

Dans le Bas-Bugey, les évêques de Belley possèdent de nombreux territoires et villages. Au nord, les Sires de Thoire, apparus vers 1086 sur les bords de l'Ain, s'opposent violemment aux prieurs de l'abbaye de Nantua en étendant leur fief sur une grande partie du Haut-Bugey. Ils fondent une dynastie qui durera près de quatre siècles. L’abbaye de Saint-Rambert se trouve à l'apogée de sa puissance. Elle possède des domaines jusqu'en Savoie, et se trouve un des petits états les plus riches du BugeyGoogle livres, Hippolyte Leymarie: Notice historique et descriptive sur la ville et l'abbaye de Saint-Rambert-de-Joux.. Le château de Cornillon lui permet d'assurer seule son indépendance et sa sécurité.

En 1077, le comte reçoit de l'empereur la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey.

Les deux États voisins de Savoie et du Dauphiné, à l'origine simples seigneuries, se sont étendus progressivement au gré des événements (mariage, conquête, protection…) sans souci de cohérence géographique. Il n'y avait pas de véritable frontière entre ces États et leurs possessions s'enchevêtraient. En 1253, le comte offre le Faucigny en dot de sa fille Béatrice au dauphin . Son frère lui succédant en 1268 veut récupérer cette région qui est devenu une enclave dans ses états. C'est l'origine du conflit entre le Dauphiné et la Savoie qui va durer cent ans.

La maison de Savoie conforte sa domination sur la région : en 1272, elle reçoit la Bresse en dot puis le Revermont cédé par le duc de Bourgogne. Cet expansionnisme se heurte à la politique du Dauphiné qui convoite les mêmes régions.

Vers 1282, le conflit gagne le Bugey. De nombreux châteaux hérissent la contrée : les Allymes, Saint-Denis, Château-Gaillard (Ain)Histoire de l'Ain, site du Conseil général de l'Ain .. Le Bugey, à la frontière des deux états, est totalement impliqué dans le conflit. Saint-Rambert reçoit en 1288 du comte des franchises et des privilèges semblables à ceux de la ville de Bourg. Des chevauchées partent de cette place pour aller ravager la plaine de l'AinGoogle livres Alain Kersuzan. Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, Presses Universitaires de Lyon, 2005..

Moyen Âge tardif Faisant partie du Saint-Empire romain germanique, le Bugey est disputé entre deux principautés rivales, le Dauphiné et la Savoie. Le conflit aboutit à la guerre de soixante-dix ans.

Sous le comte suzerain (comte de Maurienne) se groupèrent tout d'abord les seigneurs du Bugey et ceux du Petit-Bugey. Quelques-uns de ces derniers comptèrent parmi les grands vassaux des comtes de Savoie au Moyen Âge : les de Seyssel, les de Chambuerc, les de la Forest, les de Chevelu, les de Sômont, les d'Ameysin ; d'autres plus tard, sous les ducs, furent investis des hautes charges de l’État.

En 1293, tout le nord du Bugey passe sous contrôle savoyard.

La bataille de Varey qui a lieu le est la plus célèbre bataille du conflit qui opposa aux les comtes de Savoie aux dauphins de Viennois sur le territoire du Bugey.

En 1349, le roi achète le Dauphiné lors du traité de Romans, son fils, Charles prend le titre de Dauphin. Le comte attaque en 1353 en Bugey et en pays de Gex, et vainc les Dauphinois aux Abrets en 1354..

Les traités de Paris (1354-1355) mettent fin à la guerre, laissant à la Savoie tous les territoires dauphinois de la rive droite du Rhône ainsi que le Pays de Gex.

Arfeville, 1614, famille du Breul ; Balmey, 1600, famille du Breul ; Berruyre, 1489, famille de Candie ; Bolomier, 1650, famille de Bolomier, famille de Conzié ; Briord, érigée en comté en en faveur de la famille de Briord ; Champollon, 1527, famille du Louvat ; Chanves, 1397, famille de Chiel, 1498, famille de Migieu ; Chadernost, 1600, famille de Bordes ; Châteauneuf, maison de Savoie, marquisat sous le nom de Valromey en 1612 ; Chavana, unie à celle de La Bastie sur Cerdon érigée en baronnie en 1570 ; Chenavel, 1483, famille du Breul, 1556, de Bordes, unie à celle de La Bastie sur Cerdon érigée en baronnie en 1570 ; Chiel, 1265, famille de Chiel ; Corlier, famille du Breul ; Douvres (Ain), famille d'Oncieu(x) ;