thumb|right|Le Scipion tirant sur le London pendant le combat du 17 octobre 1782.

Le Scipion est un vaisseau de ligne de 74 canons de la Marine royale française. Ses plans sont de l'ingénieur Clairin Deslauriers. Mis en chantier début 1778, il est lancé à Rochefort le . La rapidité de sa construction est due à la mobilisation navale qui correspond à l'entrée de la France dans la guerre d'Indépendance Américaine. Il sert pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, conflit qui voit sa perte en 1782.

Caractéristiques générales Le Scipion est un vaisseau de force de 74 canons lancé selon les normes définies dans les années 1740 par les constructeurs français pour obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la marine anglaise qui dispose de beaucoup plus de vaisseaux.. Sans être standardisé, le Scipion, partage les caractéristiques communes de tous les « 74 canons » construits à des dizaines d’exemplaires jusqu’au début du et qui évoluent au rythme lent des techniques de construction de l’époque et de la volonté des responsables navals d’exploiter au mieux cette excellente catégorie de navire de guerreJacques Gay dans et Jean Meyer dans ..

Comme pour tous les vaisseaux de guerre de l’époque, sa coque est en chêne. Son gréement, (mâts et vergues) est en pin.. Il y a aussi de l’orme, du tilleul, du peuplier et du noyer pour les affûts des canons, les sculptures des gaillards et les menuiseries intérieures. Les cordages () et les voiles (à peu près ) sont en chanvre. Un deuxième jeu de voiles de secours est stocké en soute. Prévu pour pouvoir opérer pendant des semaines très loin de ses bases européennes s’il le faut, ses capacités de transport sont considérables. Il emporte pour trois mois de consommation d’eau, complétée par six mois de vin d’eau douce. de vin rouge, à raison d’un litre par jour et par homme. Le vin complète largement l’eau qui est croupie dans les barriques au bout de quelques semaines. Jacques Gay dans . S’y ajoute pour cinq à six mois de vivres, soit plusieurs dizaines de tonnes de biscuits, farine, légumes secs et frais, viande et poisson salé, fromage, huile, vinaigre, sel, sans compter du bétail sur pied qui sera abattu au fur et à mesure de la campagneDes moutons (six par mois pour 100 hommes), volailles (une poule par mois pour sept hommes, avec aussi des dindes, des pigeons, des canards), Jacques Gay dans ..

Il dispose sur son pont inférieur de de 36 livres (les plus gros calibres en service dans la flotte à cette époque) et de de 18 livres sur son pont supérieur. En outre, de 8 livres sont répartis sur les gaillards. Cette artillerie en fer pèse . Lorsqu'elle tire, elle peut délivrer une bordée pesant 838 livres (soit à peu près 410 kg) et le double si le navire fait feu simultanément sur les deux bordsSelon les normes du temps, le navire, en combattant en ligne de file, ne tire que sur un seul bord. Il ne tire sur les deux bords que s'il est encerclé ou s'il cherche à traverser le dispositif ennemi, ce qui est rare. Base de calcul : 1 livre = 0,489 kg.. Le vaisseau embarque près de pesants au total Dans le détail : de , et . .. S’y ajoute des boulets ramés, chaînés et beaucoup de mitraille (8 tonnes). Il y a de poudre noire, stockée sous forme de gargousses ou en vrac dans les profondeurs du vaisseauEn moyenne : un quart de la poudre est mise en gargousse à l’avance pour les besoins de la batterie basse, celle des plus gros canons au calibre de , et un tiers pour les pièces du second pont et des gaillards. . En moyenne, chaque canon dispose de 50 à 60 boulets.

Carrière

En 1779, il rentre de Saint-Domingue accompagné de vaisseaux français et espagnols et de la frégate française la Surveillante et mouille à Brest

En , il fait partie de l'escadre du comte de Grasse qui quitte Brest en accompagnant un grand convoi pour les Antilles. Il est commandé par le capitaine Clavel. Il est engagé dans la bataille de Fort-Royal, le , qui permet de lever le siège de la Martinique. Cette même année, toujours dans l'escadre de Grasse, il passe en Amérique du Nord et combat à la bataille de la baie de Chesapeake. Le Scipion se trouve à l'arrière de la ligne de bataille française.

En 1782, il ne participe pas à la bataille des Saintes mais combat vaillamment le 17 octobre de cette même année, sous les ordres du capitaine de vaisseau Nicolas Henri de Grimouard, contre deux vaisseaux de ligne anglais le et le , respectivement de 90 et 74 canons. Par les manœuvres habiles de son capitaine, le Scipion parvient à se positionner favorablement et à infliger d'importants dégâts au HMS London avant de prendre la fuite. Mais les Britanniques ne le laissent pas s'échapper. Le lendemain, alors qu'il est toujours poursuivi, le Scipion est victime d'une fortune de mer : il heurte une roche inconnue en baie de Samaná (dans l'actuelle République dominicaine), et coule. Le Scipion fait partie des vingt vaisseaux de ligne perdus par la Marine royale lors de la guerre d’Indépendance américaineDe 1778 à 1783, dix vaisseaux pris au combat, six vaisseaux détruits ou naufragés, quatre vaisseaux incendiés.. Son épave a été localisée .

Notes et références

Sources

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Journal historique et littéraire de Luxembourg du , Nouvelles de Paris, page s179.

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