Les élections régionales de 2012 en Sarre () se tiennent le de manière anticipée, afin d'élire les de la du Landtag pour un mandat de cinq ans.

La convocation du scrutin avec deux ans et demi d'avance sur le calendrier prévu résulte de la rupture de la au pouvoir depuis . Le scrutin voit l'Union chrétienne-démocrate l'emporter une nouvelle fois sans retrouver la majorité absolue dont elle disposait entre et . Bien qu'une alliance de gauche à deux ou trois partis soit arithmétiquement majoritaire, le Parti social-démocrate décide de rentrer dans une . Cette entente permet le maintien au pouvoir de la ministre-présidente sortante Annegret Kramp-Karrenbauer.

Contexte : l'échec de la coalition jamaïcaine Au cours des élections régionales du 27 septembre 2009, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis dix ans et dirigée à l'époque par le ministre-président Peter Müller, perd clairement sa majorité absolue avec un score en recul de et huit députés. Dans son ensemble, la gauche remporte 51,2 % des suffrages et sur 51, notamment grâce à la percée de , conduite par l'ancien ministre-président Oskar Lafontaine.

Toutefois, la CDU parvient à se maintenir au pouvoir, grâce à la formation d'une avec le Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS) et l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) ; une telle alliance bénéficie également de au Parlement de Sarrebruck.

Le , Müller annonce son retrait de la vie politique pour les prochains mois. La ministre du Travail et des Affaires sociales Annegret Kramp-Karrenbauer, membre du gouvernement depuis , est aussitôt choisie comme candidate pour lui succéder, à l'unanimité du comité directeur et du groupe parlementaire de la CDU régionale. Élue présidente de la fédération régionale chrétienne-démocrate le par 95 % des voix, elle est investie ministre-présidente par le Landtag le au second tour de scrutin, avec favorables contre au social-démocrate Heiko Maas.

À la suite d'importantes dissensions internes au FDP/DPS, elle décide en , d'entamer des entretiens exploratoires avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en vue de constituer une éventuelle . Devant l'échec de ces discussions et face à l'éclatement de l'alliance au pouvoir, les deux grands partis se mettent finalement d'accord pour convoquer des élections régionales anticipées. Lors d'une session spéciale tenue le , le Landtag vote sa dissolution avec les voix de l'ensemble des groupes parlementaires, à l'exception du Parti libéral.

Mode de scrutin Le Landtag est constitué de (, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose d'une voix, qui est utilisée deux fois. Elle sert à voter pour une liste dans sa circonscription plurinominale, le Land comptant qui totalisent ; ce vote est alors attribué à la liste présentée par le même parti au niveau du Land.

À l'issue du scrutin, les sont répartis à la proportionnelle entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés dans l'ensemble du Land. L'opération est ensuite recommencée dans chaque circonscription, la différence entre le total régional et le total des circonscriptions étant comblée par les candidats de la liste régionale. Si un parti n'en a pas présenté, le calcul est réajusté et ses mandats reviennent aux autres forces politiques.

Campagne Principaux partis PartiIdéologieChef de fileRésultats de 2009Union chrétienne-démocrate d'AllemagneCentre droitDémocratie chrétienne, libéral-conservatismeAnnegret Kramp-Karrenbauer(Ministre-présidente)34,5 % des voix19 députésParti social-démocrate d'AllemagneCentre gaucheSocial-démocratie, troisième voie, progressismeHeiko Maas24,5 % des voix13 députésExtrême gauche à gaucheSocialisme démocratique, anticapitalisme, populismeOskar Lafontaine21,3 % des voix11 députésParti libéral-démocrateCentre à centre droitLibéralisme économique, libéralisme9,2 % des voix5 députésAlliance 90 / Les VertsCentre gaucheÉcologie politique, progressismeSimone Peter5,9 % des voix3 députésParti des familles d'AllemagneCentre droit à droiteConservatisme social, démocratie chrétienne2,0 % des voixParti national-démocrate d'AllemagneExtrême droiteNéonazisme, ultranationalisme, populismeFrank Franz1,5 % des voixParti des piratesAttrape-toutSocial-libéralisme, progressisme, protection de la vie privéeAbsent

Sondages +Sondages en vue des élections régionales de 2012 en Sarre.InstitutDateCDUSPDGrünenFDPLinkePiratenForschungsgruppe Wahlen16/03/201234,0 %34,0 %5,0 %2,0 %15,0 %6,0 %Infratest dimap15/03/201233,0 %33,0 %5,0 %3,0 %16,0 %6,0 %Forsa09/03/201234,0 %34,0 %5,0 %2,0 %15,0 %6,0 %Infratest dimap15/03/201233,0 %33,0 %5,0 %3,0 %16,0 %6,0 %Forsa09/03/201235,0 %37,0 %4,0 %1,0 %14,0 %5,0 %Infratest dimap23/02/201235,0 %36,0 %4,0 %2,0 %15,0 %5,0 %Emnid27/01/201236,0 %36,0 %5,0 %2,0 %15,0 %4,0 %Forschungsgruppe Wahlen26/01/201234,0 %38,0 %6,0 %2,0 %13,0 %5,0 %Emnid16/11/201132,0 %35,0 %8,0 %5,0 %12,0 %4,0 %Dernières élections30/08/200934,5 %24,5 %5,9 %9,2 %21,3 % –

Résultats Voix et sièges +Résultats des élections régionales de 2012 en SarreFichier:SL Landtagswahl 2012.svgPartiVoixSiègesVotes%+/-+/-LandTotal+/-Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)35,24 0,7317 1219Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD)30,58 6,0414 3317 4 (Linke)16,13 5,127 229 2Parti des pirates (Piraten)7,413 314 4Alliance 90 / Les Verts (Grünen)5,04 0,850 222 1Parti des familles d'Allemagne (FAMILIE)1,74 0,260 - 00Parti libéral-démocrate (FDP)1,22 7,950 300 5Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD)1,16 0,350 - 00Électeurs libres (FW)0,87 0,020 - 000,460 - 00Démocratie directe (DD)7210,150 - 00Votes valides97,91Votes blancs et nuls2,09Total100 -411051Abstentions38,36Inscrits / participation61,64

Analyse Contrairement à ce qu'annonçaient les sondages, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, au pouvoir depuis 1999, reste le premier parti du Land, d'environ cinq points, tout en obtenant un résultat similaire à celui de 2009. Le Parti social-démocrate d'Allemagne effectue, de son côté, un net redressement, en progressant de plus de six points et quatre sièges, ce qui lui permet de maintenir Die Linke, pourtant emmenée par l'ancien ministre-président du Land, Oskar Lafontaine, à distance, d'autant que la formation de gauche radicale recule sous la barre des 20 %.

Après les élections de Berlin, en 2011, le Parti des pirates confirme son implantation dans la vie politique allemande en dépassant nettement la barre des 5 % et se classant directement en quatrième place des forces politiques régionales. Il passe devant l'Alliance 90 / Les Verts, qui se maintient de justesse au Landtag, au contraire du Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre, qui s'effondre complètement avec moins de 1,5 % des voix, pire qu'en 1994, quand il avait obtenu 2,1 %.

Conséquences Le , la conservatrice Annegret Kramp-Karrenbauer est réinvestie ministre-présidente du Land. Elle est soutenue par une grande coalition, formée avec les sociaux-démocrates.

Notes et références

Annexes Articles connexes Landtag de Sarre Cabinet Kramp-Karrenbauer Liste des membres de la quinzième législature du Landtag de Sarre

2012 Sarre Catégorie:Politique en mars 2012