Maud Andrée Sodenkamp, née à Saint-Josse-ten-Noode le et morte à Walhain le , est une poétesse belge de langue française. Elle exerça la profession d'inspectrice des bibliothèques publiques.

Biographie Famille Son père, Henri Sodenkamp, un Hollandais issu d'une famille d'officiers est lieutenant-colonel dans l'armée de Guillaume , roi des Pays-Bas. Il est par ailleurs rédacteur d'un magazine nommé Chasse et pêche, expert aux expositions canines. Sa mère, Blanche-Henriette Leurs quant à elle, est de nationalité belge et âgée de 30 ans de moins que son conjoint. Son père meurt en 1913 suivi la même année par sa mère qui se suicide alors qu'Andrée n'a que six ans. Elle est recueillie par ses grands-parents maternels qui sont gérants d'une petite épicerie à Schaerbeek. Bien que son oncle, commandant attaché d'état-major, soit devenu son tuteur légal, il est tué en au cours de l'offensive finale d'invasion allemande. Andrée est donc considérée comme « orpheline de guerre. ». Elle demeure chez ses grands-parents jusqu'à l'âge de ses 29 ans. Son grand-père meurt en 1923 et sa grand-mère en 1935. Andrée Sodenkamp se marie en 1938 avec Camille Victor Ghislain Libotte, fermier de profession.

Œuvre poétique Quelle que soit la forme (classique, libre ou en prose) de ses vers, ses contemporains soulignent leur grande musicalité : « Quel bonheur de se laisser bercer par l’une des voix les plus harmonieuses de notre poésie ! Andrée Sodenkamp a d’instinct le sens du vers le mieux cadencé, des rythmes les plus sûrs. Sa force réside justement dans ce naturel » constate Jacques De Decker, à propos de l’anthologie Choix parue en 1980. Pascale Haubreuge le constate aussi à la lecture des Poèmes choisis par l'Académie de Langue et Littérature française de Belgique en 1998 : « On est souvent surpris, en effet, par la limpidité avec laquelle les mots de la poétesse s'emboîtent. Ils sonnent parfois tellement justes qu'ils semblent tombés du ciel ou plutôt montés de terre. ».

Elle aborde plusieurs thématiques tout au long de ses 41 ans de publication. Citons l'Histoire et l'Histoire de l'Art des civilisations prestigieuses du passé, qu'elle enseigne (comme dans Statuettes chinoises extrait de C’est au feu que je pardonne). Les pulsions simples et sauvages comme lorsqu'elle chante avec ardeur l’amour et l’intimité du couple avec tout l'éventail des abandons, des pudeurs, des ivresses, des excès, la chair sublime et la chair triste, jusqu'à l'évocation de la mort. Elle évoque aussi avec talent le monde naturel : « La vie la captive quelle que soit la forme qu’elle prenne : un vol d’hirondelles, un feuillage sonore et profond, les étoiles - l’alphabet de la nuit ». Dans ses premiers recueils, elle est inspirée par sa vie, surtout sa vie en tant que femme, l’amour, la fête, le désir d’exister et par le temps qui passe. Une grande force de vie se dégage de ses poèmes portant paradoxalement en leur germe, dès ses premiers recueils, l’avancée vers la mort, qu'elle assume pleinement « jusqu’à parvenir à faire douter le lecteur quant à l’âge de la femme qui écrit, tant, comme à la fois déjà morte et toujours vivante. (...) Elle aime frôler les limites et les bascule gaiement ». Le malheur des hommes ne la laisse pas non plus indifférente : elle a écrit de bouleversants poèmes sur les horreurs de la guerre. Animée d'une grande curiosité intellectuelle, elle combine rationalisme à une singulière intelligence intuitive dans le traitement de nouveaux sujets comme l’astrophysique. Athée, elle ne se coupe néanmoins pas de la part du mystère et des questions d’ordre ontologique. Norge le souligne à la lecture du recueil C’est au feu que je pardonne, quand il écrit : « Le drame métaphysique ne pouvait vous épargner. C’est le grand sacrement. ». Située volontairement hors du temps, cette voix peut rappeler Marceline Desbordes-Valmore ou Anna de Noailles.

Œuvres

Poésie

Des oiseaux à tes lèvres, Charleroi, Paule Héraly, 1950. Sainte terre Paris, Librairie des Lettres, 1954. (préface de Maurice Carême). Les Dieux obscurs, Bruxelles, Éd. des Artistes, 1958. Femmes des longs matins, Bruxelles, André De Rache, 1965, Éd. 1969.

Et l'amour brûle (1972) : Anthologie bilingue de poèmes d'Andrée Sodenkamp La Fête debout, Bruxelles, André De Rache, 1973. Autour de moi-même, Bruxelles, André De Rache, 1976. Choix, Anthologie, André De Rache, 1980, 2é éd. 1981. C'est au feu que je pardonne, Bruxelles, André De Rache, 1984. C'était une nuit comme une autre, Amay, L’Arbre à Paroles, 1991. Poèmes, Le Cri, Bruxelles, 1991. Andrée Sodenkamp, Poèmes choisis, portrait par Carl Norac, préface de Liliane Wouters, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, collection Poésie théâtre roman, 1998.

Impressions de voyage

A rivederci Italia, Bruxelles, André De Rache, 1965.

Prix littéraires Prix Desbordes-Valmore, en 1970

Notes et références

Annexes Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . .

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Liens externes

Fiche Andrée Sodenkam

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