Bliesbruck (prononcé ; ; en francique lorrain : Brigge) est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-est, en région Grand Est.

Géographie Géologie et relief Espaces naturelsBiodiversité : Un espace protégé hors Natura 2000 : Vosges du Nord. Réserve de Biosphère, zone de transitionVosges Du Nord. Réserve de Biosphère, zone de transition. Trois Sites bioarchéologiques : Unterer SandUnterer Sand, RohrwieseRohrwiese, SteinfelderSteinfelder.

Localisation

Topographie Le village, bâti autour de la vallée de la Blies, est marqué par une basse altitude. La commune possède plusieurs collines notables : – la colline d’Hermeskappel, ou Kappel, assez excentrée du centre du village, contient le hameau bliesbruckois éponyme ; – la colline de la Hard, également Hardt, est connue pour avoir abrité l'ancien château fort de la vallée de la Blies, il fut dénommé la maison-forte des Chevaliers de Brücken, en référence à la famille gouvernant autrefois la région, ou das Alte Schloss (en allemand : « Le Vieux Château »), il fut détruit au , par ailleurs une des rues contournant la Hard est nommée rue du Château, en référence à cet ancien édifice ; – la colline dite die Roteberg (ou Rotenberg), longée en partie par la rue des Vergers ; – le Kloberg, colline située sur la rive droite de la rivière et surplombant le Petit-Côté.

Forêts Deux forêts sont situées sur le territoire communal de Bliesbruck.

L'une d'elles, la Haedewald (en francique lorrain : « forêt des Bohémiennes »), est un bois quasi intact et dense, il est situé sur les hauteurs de la colline d'Hermeskappel, c'est dans ces bois que le Schlierbach, traversant Bliesbruck, prend sa source.L'autre forêt est nommée la Maywald, elle se trouve sur les hauteurs de la vallée de la Blies, au sud-ouest du centre du village, et non loin de la route menant à Blies-Ébersing, elle est plus clairsemée que la Haedewald, à cause des défrichement qu'elle a subi au Moyen Âge.On peut noter que ces deux bois sont traversés par la ligne de chemin de fer reliant Sarreguemines à Bitche et Haguenau.

Écarts et lieux-dits Bliesbauchen Hasensprung Steinfelder « Bliesbruck Centre » ou Grand Côté le Petit-Côté situé après le pont sur la rive droite de la rivière le hameau d'Hermeskappel situé en hauteur par rapport au village

Hydrographie

La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Bliesbruck est traversée d'est en ouest par la rivière appelée Blies, celle-ci prend sa source en Allemagne, pour se jeter dans la Sarre à Sarreguemines.Par ailleurs, Bliesbruck est la seule commune française à posséder les deux rives de la Blies, la rive droite correspond au Petit-Côté du village. La Blies, d'une longueur totale de , prend sa source en Allemagne, pénètre dans la commune de Bliesbruck, puis constitue une limite séparative naturelle avec l'Allemagne jusqu'à sa confluence avec la Sarre au droit de Sarreguemines.

Au sein du village passe également un ruisseau affluent de la Blies, nommé Schlierbach, il traverse les rues du Château, Principale et de la Blies, avant de confluer avec la rivière.

La qualité des eaux des principaux cours d’eau de la commune, notamment de la Blies, peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité - Pour recentrer la carte sur les cours d'eau de la commune, entrer son nom ou son code postal dans la fenêtre "Rechercher"..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période .. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Volmunster à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Bliesbruck est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sarreguemines (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (65,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (35,6 %), forêts (27,1 %), zones agricoles hétérogènes (13,9 %), terres arables (13,1 %), zones urbanisées (7,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3 %)..

Toponymie Mentions anciennes Blysebrücken (1131) ; Blysbrüchen (1180) ; Brügken (1234) ; Brüchen, Brüchem, Briken (1544) ; Brückem (1594) ; Blise-Brüchen (1751) ; Brucken (1779) ; Bliesbrück (1788) ; Blise-Briken (carte de Cassini) ; Bricken (carte d'Augustin Calmet) ; Bliesbringuen (1793) ; Blisbrucken (1801)Ernest de Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale..

Pendant l'annexion allemande : Bliesbrücken (1871-1918).

Étymologie Le nom Bliesbruck, est une réduction du nom germanophone du village, qui est Bliesbrücken. Celui-ci signifie « ponts sur la Blies », en effet, Brücke signifie « pont » en allemand et prend -en au pluriel. Il doit faire référence au fait que le pont reliant les deux principales parties du village a souvent été reconstruit, le premier ayant été un simple pont en bois, remplacé ensuite par un pont à voûtes, détruit à la Seconde Guerre mondiale, remplacé ensuite par un pont en bois par les Français et les Américains. C'est seulement dans les années 1970 que le pont actuel fut bâti.

La commune a souvent changé de dénomination, si bien que son premier nom connu, de 1131, est Blysebrucken, plus tard rallongé en Bruecken auf der Bliesz, puis raccourci à Bruck, francisé ensuite en Pons, pour revenir sous l'annexion allemande à un nom proche de celui d'origine, Bliesbrücken, qui sera francisé en 1919 au retour de la région à la France, pour donner le toponyme actuel. Toutefois, il conserve le nom primitif de Brigge et Bliisbrigge/BliisbrikkeGeoplatt en francique rhénan lorrain, dialecte très répandu en Moselle-Est.

Histoire Période pré-romaine D'après des objets en pierre taillée retrouvés dans le secteur du village, on affirme que la vallée de la Blies fut habitée par des hommes depuis avant l'appartenance de la région à la République romaine.

Plus tard, de nouveaux peuples s'installèrent dans la région, tels les Celtes, les Belges ou les Ligures. Grâce à ces rencontres entre ethnies, l'agriculture et l'élevage se développèrent, et les outils ne furent plus fabriqués en pierre mais en métaux, tels le fer et le bronze. À la veille de la conquête des Gaules en 52 av. J.-C, la région était apparemment peuplée par les Médiomatriques.

Période gallo-romaine vignette|left|225px|Portion du Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim comprenant la tombe de la princesse celte et la villa de Reinheim.

Sous la République romaine et l'Empire romain, la région connut un essor phénoménal au sein de la province de Gaule belgique. La commune des Steinfelder, correspond à l'emplacement actuel des fouilles archéologiques de Bliesbruck-Reinheim.

C'est à cette époque qu'est construite la voie romaine, venant de Brumath et aboutissant à Hermeskappel, elle traversait la Blies par un pont, détruit probablement par les crues de la rivière.

Les thermes de Bliesbruck, étaient un complexe thermal colossal pour sa situation en dehors des grandes agglomérations romaines. Elles furent utilisées jusqu'au apr. J.-C., en tant qu'habitations.

La région était prospère, en effet la Blies étant très poissonneuse les habitants ne manquaient pas de nourriture. Or, la bourgade fit l'objet d'un abandon progressif depuis les invasions barbares. Après le , seules les thermes abritèrent encore de la population.

De la période médiévale à la Révolution française Au début du Moyen Âge, pour développer l'agriculture, les habitants durent déboiser une grande partie de la Maywald, située sur le territoire de l'actuel ban communal, autour de la route menant à Blies-Ébersing. Le seul témoignage de l'époque mérovingienne, est la découverte de quatre tombes de guerriers de l'époque, accompagnés d'une épée en fer, d'un couteau, et d'une boucle de ceinture constituée d'argent et de laiton..

300px|vignette|Ancien moulin du village, unique vestige médiéval de la commune, fonctionnait à la force du courant de la Blies, la cheminée qui l'accompagne a été construite lors de l'agrandissement et la modernisation du moulin en 1869 et ainsi permet une motricité à vapeur, d'où le nouveau nom du moulin "kuntsmuhle".

À l'époque féodale, au sein du Saint-Empire romain germanique, apparaît le premier nom connu du village, Blysebrucken. Il est rédigé sur un acte de donation de 1131, stipulant que le comte de Saarwerden, Frédéric et son épouse léguaient une partie de leurs territoires dans la vallée de la Blies à l'abbaye de Wörschweiler, acte cosigné par Waltherus de Brucken et Wecelo, curé de Brucken. En effet, la famille régnant alors sur le secteur est celle des chevaliers de Brucken. L'ancien château des Brucken, détruit au milieu du , Das Alte Schloss, se situait sur la colline de la Hardt, colline surplombant la vallée de la Blies, d'où on pouvait surveiller la plupart des activités du village. En 1244, Waltherus III, céda de nouveau un territoire à l'abbaye. La famille des châtelains De Brucken s'éteignit par la mort de Walter VI chanoine de Trèves et de Cologne qui survécut à tous ses frères et termina la lignée en décédant le . Les armoiries actuelles du village sont celles des chevaliers de Brucken.