Dabo (anciennement Dagsburg) est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.
Ancien chef-lieu du comté du même nom, Dabo est rattaché à la France en 1793. Située aux confins de la Lorraine et de l'Alsace, la commune fait partie du pays de Sarrebourg.
Géographie Dabo est un village, situé en plein cœur du Massif des Vosges mosellan, entre Sarrebourg, Phalsbourg et Saverne. Le vaste territoire de la commune s’étend sur le versant ouest du massif vosgien, dans sa partie gréseuse. Ce grès du Buntsandstein, âgé d’environ 240 à 250 millions d’années, constitue un élément marquant du milieu : il se décline dans des reliefs ruiniformes, tout à fait classiques du modelé en structure gréseuse en de multiples endroits de la commune, comme au lieu-dit des Rochers des Corbeaux. Les espèces végétales sont bien adaptées au substrat gréseux qui confère un haut degré d’acidité aux sols : les épineux ou les fougères couvrent une importante partie du ban communal. vignette|left|Le rocher de Dabo et sa chapelle Saint-Léon. vignette|left|Les roches de grès autour de Dabo.
L’emblème de la localité, le rocher de Dabo, culmine à , au droit d’un sommet de grès. Il doit son élévation à un grès davantage induré par la présence d’éléments détritiques du type galets : l’érosion différentielle n’a donc pas réussi à venir aussi facilement à bout de ce grès plus résistant (voir poudingue). Le relief contraint les vents humides d’ouest à abandonner un surplus de précipitations sur ces contreforts vosgiens par rapport au plateau lorrain : il pleut en moyenne plus de de précipitations à Dabo alors que la lame d’eau précipitée dépasse légèrement 800 millimètres à Sarrebourg et 740 à Metz.
Linguistiquement, au , la commune est majoritairement francique rhénane avec des minorités alémaniques au nord et à l'est.
Villages et hameaux Les habitants de la commune résident dans quatre villages : Dabo, Schaeferhof (dont Galgenthal), Hellert et La Hoube et dans une dizaine de hameaux : Neustadtmühle, Baerenloch, Kuhberg, Lochmuehl (ou Lochmühle), Ballerstein, Ententhal, Rothenbuhl, Falkenfelsen, Hengst, Hoelsberg, Hohweck/Hohwecktal, Horenzmatt, Hopstein, Jaegerhof (ou Jägerhof), Koeppenhof (ou Köppenhof), Laschbach, Raupengarten, Schlossberg, Schneematt, SpitzbergFondation du Patrimoine : Maison forestière du Spitzberg. et Zimmerfeld.
Hydrographie La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Zorn, la Mossig, la Mossel, le ruisseau le Baerenbach, la Zorn Blanche, le ruisseau de Dabo, le ruisseau le Mittbach et le ruisseau le Traubach.
La Zorn, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Walscheid et se jette dans le canal de la Marne au Rhin à Rohrwiller, après avoir traversé .
La Mossig, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Wangenbourg-Engenthal et se jette dans la Bruche à Avolsheim, après avoir traversé .
La Mossel, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Zorn à Dettwiller, après avoir traversé .
Le Baerenbach, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Zorn à Haegen, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Dabo.
La qualité des eaux des principaux cours d’eau de la commune, notamment de la Zorn, de la Mossig, de la Mossel et du ruisseau le Baerenbach, peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité - Pour recentrer la carte sur les cours d'eau de la commune, entrer son nom ou son code postal dans la fenêtre "Rechercher"..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Wangenbourg-Engenthal à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Dabo est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sarrebourg, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (91,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (90,9 %), zones urbanisées (6,1 %), prairies (2,3 %), zones agricoles hétérogènes (0,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie D'un nom de personne germanique Dago suivi du germanique -burg « lieu fortifié »Ernest Nègre - Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes.. Ancien nomsDictionnaire géographique de la Meurthe, avec une carte du Département - Henri Lepage (1860): Dasborc/Tasborc (1178), Dasburch (1188), Tagesbuch (1158), Tagesburch (1175), Dasburg (1189), Dasbor (1206), Dagesburg (1227), Tagesburg (1239), Dagespurg (1313), Dachspurg (1576), Dagsburg (1754)Registres paroissiaux consultables en ligne sur le site de la commune de Dabo., Dabo (1793), Dabo ou Dagsbourg (1845), Dagsburg (1871-1919 et 1940-1944) En francique lorrain : DockschbuerjGeoplatt et Dàgschburri, en vosgien : Dabo, en allemand : DagsburgCours d'histoire des états Européens (Tome quatrième) - Friedrich Schoell - 1830. Sobriquets Surnoms sur les habitants : Die Fuchs (les renards)Passé-Présent : La Moselle dévoilée N°9 (Juin-juillet-août 2013)
Histoire vignette|Le rocher de Dabo gravé par Matthäus Merian dans .Des vestiges attestent de la présence humaine dès l’âge de pierre, puis des Celtes, des Triboques, des Romains puis des Francs.
Trois familles possédèrent Dabo : la famille de Dagsbourg, issue des ducs d’Alsace et des Carolingiens (-) ; la famille d’Eguisheim jusqu’au début du ; la famille de Linange (zu Leiningen), dont les descendants Linange-Heydesheim et Linange-Hartenbourg, résidèrent en Allemagne.
Les familles comtales Le comté de Dabo appartint aux ÉtichonidesEtichon-Adalric d’Alsace, neveu de Sainte Odile, fut duc d’Alsace. Hugues I, comte du Nordgau (Alsace), au début du , puis à son fils Eberhard IV vers 934. C’est à cette époque que fut construit le château de Dabo (Dachsbourg à l'époque, ou encore en allemand). Les murailles encerclaient tout le pourtour du rocher et comprenaient une tour d’habitation, de petites tours de guet et un bâtiment pour les réserves et les écuries, ainsi qu’un puits pour la réserve d’eau (encore visible aujourd’hui derrière la chapelle). Jouissant de l'immédiateté impériale, le comté de Dabo resta terre d’Empire jusqu’en 1793.
La petite-fille d’Eberhard, Helwige, apporta le comté de Dagsbourg à son époux Hugues VII, comte d'Eguisheim (mort en 1048). Le plus illustre représentant de cette branche d'Eguisheim-Dabo fut leur fils Brunon ou Bruno de Dabo, évêque de Toul puis pape, canonisé en 1087 (saint Léon IX).
Le comté passa en 1234 à la famille de Linange (ou en allemand) lorsque l'héritière du comté, Gertrude de Dabo, fille et héritière d'Albert II de Dabo-Moha et de Gertrude de Bade, laissa veuf son troisième époux, Simon de Linange, qui reprit le titre en 1234. Ce sont les Linange-Dabo qui régnèrent sur le comté jusqu'à la Révolution.
Les occupations françaises Le , l’Alsace fut cédée à la France par les traités de Westphalie. Les comtes de Linange-Dabo, qui refusèrent allégeance à engagé dans la politique des Réunions, prirent les armes contre lui en 1672. Mais après un long siège devant le château de Dabo, qui constituait un obstacle à l’avancée des troupes, celui-ci dut capituler le . Le château fut rasé en 1679 sur ordre de et de Louvois, son ministre d’État.
Le traité de Ryswick en 1697 rendit pourtant le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique maintenant enclavée entre le duché de Lorraine redevenu indépendant et l'Alsace devenue française.
En 1793, les Linange-Dabo comptèrent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale déposséda, afin de réunir leurs seigneuries à la France ; le comté de Dabo fut alors rattaché au département de la Meurthe. Le traité de Lunéville du , conclu entre Bonaparte et le Saint-Empire romain germanique, octroya aux princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne, en particulier Amorbach en Bavière.
Une vocation symbolique Le rocher resta nu pendant un siècle et demi, puis une chapelle consacrée à saint Léon y fut érigée en 1825. À la suite des intempéries, le bâtiment fut démoli en 1889 et reconstruit en style roman avec ajout d’une tour qui servira de belvédère (selon les vœux de Strieve, fondateur du Club vosgien). La nouvelle chapelle fut inaugurée le .
Un sommet informel franco-allemand s’est tenu le à Dabo entre le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl.
Politique et administration
Économie
Le siège social de l'entreprise de travaux publics Lingenheld se trouve à DaboContacts sur le site de Lingenheld..
Démographie
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Édifices civils et curiosités naturelles
vignette|left|200px|Maisons troglodytiques. Le rocher de Dabo, culminant à , surmonté de la chapelle Saint-Léon (). Le promontoire-belvédère du Backofenfels, avec son vaste panorama sur le rocher de Dabo et le plateau lorrain ().