Camille Loichot (né à Fournet-Blancheroche, dans le Doubs, le , mort à Ravensbourg le ) est un officier français d'infanterie devenu résistant.

Biographie

Fils de Jules Loichot et Zénaïde Cuenin, horlogers, il épouse Cécile Joubert dont il aura 7 enfants.

D'abord instituteur libre au Russey, il est mobilisé le au d'infanterie. Il est blessé trois fois au cours de la Grande Guerre, qu'il termine avec le grade de capitaine. Mai ntenu dans l'armée, il est affecté à l'armée du Rhin, puis au d'infanterie à Fontenay-le-Comte, puis au d'infanterie à Colmar. Il participe à la campagne de Syrie (1926-1928).

À Colmar, il est promu chef de bataillon (1933) puis, en 1940, il devient lieutenant-colonel commandant le d'infanterie (1940). En juin, lors de la très violente attaque de plusieurs divisions blindées allemandes au sud de la Somme, son régiment a tenu magnifiquement, fait de nombreux prisonniers et ne s’est replié en combattant que sur l’ordre du commandement, accomplissant avec succès un mouvement de repli particulièrement difficile (citation à l’ordre de l’Armée comportant l’attribution de la croix de guerre 1939-40 avec palme)Job de Roincé, Les heures glorieuses du R.I., Rennes, 1965.. Fait prisonnier le , il est libéré en .

En 1942, le préfet du Doubs le place à la tête du Groupement de répartition des blés et farines du département, .. En parallèle, il entre dans la Résistance et devient responsable du groupement Doubs - Jura Nord de l’ORAConférence du général (c.r.) René Eymin à l’ORA, 15 novembre 1990. Publiée dans le Bulletin de l’Association des Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, n. 15, , mars 2003. Reprise dans Michel Simonin, C’était la guerre 39/45 dans les Franches Montagnes du Doubs et du Jura suisse, association Jardins de Mémoire, Maîche, 2003. au côté du colonel Maurin.

Arrêté à son bureau le Ainsi que les membres de son réseau, dont les frères Chaffanjon., il est interné à la prison de la Butte. En tout, 34 personnes liées à son réseau sont arrêtées entre le 4 et le Jehanne Baillaud-Loichot, Les arrestations de février 1944 en Franche-Comté, chez l’auteur, 1997 ; déposé au musée de la Résistance de Besançon.. Deux jours avant l’entrée des troupes américaines à Besançon, il est déporté en Allemagne : à la prison de Fribourg-en-Brisgau d’abord, à la citadelle de Manching ensuite, au camp de Dachau enfinChanoine Emile Pierre, Un héros de chez nous. Article publié dans le bulletin de l’Association Amicale des Anciens Élèves du Pensionnat de l’Immaculée Conception (Le Russey, Doubs), trim., mars 1951, , .. Après la libération du camp en , il rejoint la Première armée française où il peut reprendre l'uniforme français. Mais le typhus, contracté à Dachau, se déclare dans un organisme très affaibli qui ne peut résister à la maladie malgré les soins et notamment l’administration de pénicilline, rare alors, qu’il reçoit à l’hôpital militaire de Ravensbourg. Le lieutenant-colonel Loichot succombe le au soir après avoir reçu les derniers sacrements.

Distinctions Camille Loichot est déclaré mort pour la France en déportation. ()

(à titre posthume)

( à titre posthume)

Citation à l'ordre de la Nation : Officier supérieur animé d’un sentiment du devoir particulièrement élevé. Ancien combattant remarquable des deux guerres, prisonnier de 1940 et placé sous contrôle allemand, n’a pas hésité en dépit des risques à rallier la Résistance en . Désigné pour prendre le commandement du département du Doubs, s’est imposé par ses qualités militaires et sa haute valeur morale. Grâce à son énergie et à son activité inlassable, est parvenu à mettre sur pied des effectifs importants prêts à prendre les armes. Arrêté le , a subi les plus durs interrogatoires sans se départir de son attitude ferme et digne. Déporté en Allemagne le , a trouvé la mort à la suite des sévices endurés dans les camps nazis. (J.O. du ).

Voir aussi Le nom de Camille Loichot figure sur les monuments aux morts de Fournet-Blancheroche (son lieu de naissance) et de Plaimbois-Vennes (résidence de sa famille pendant la Seconde Guerre Mondiale), sur le monument des morts en déportation de Besançon (cimetière des Chaprais), ainsi que sur la plaque inaugurée le à la Gare de TGV Haute-Picardie, et qui porte le texte suivant :

Sur ce sol d’ABLAINCOURT, le / les et / du Régiment d’Artillerie, / sous les ordres des Chefs d’Escadron / LIEVRE et SCHERER, / et le R.I., sous les ordres / du Lieutenant Colonel LOICHOT, / de la Division d’Infanterie / originaire de Rennes, assaillis par / les Divisions Cuirassées Allemandes, / ont défendu l’honneur du Drapeau / au prix de lourdes pertes.

Depuis , une rue de Fournet-Blancheroche porte le nom de rue du lieutenant-colonel Loichot.

Notes et références

Catégorie:Résistant français Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Naissance en mars 1888 Catégorie:Décès en mai 1945 Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1934 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Catégorie:Personnalité liée à la région Bourgogne-Franche-Comté Catégorie:Décès à 57 ans