La communication scientifique et technique (CST) est l'activité dont l'objet est de diffuser les problématiques et les résultats de la recherche scientifique fondamentale ou appliquée ou du développement industriel soit en direction des pairs, soit vers un large public (on parle souvent dans ce cas de vulgarisation ou encore de médiation scientifique).

La communication scientifique et technique répond à des règles très différentes selon le public visé : règles de plus en plus formalisées aujourd'hui quand il s'agit de la communication des scientifiques à destination des autres membres de la communauté scientifique, règles beaucoup plus souples pour la vulgarisation. Mais, dans tous les cas, qu'elle soit écrite ou orale, elle recherche l'efficacité et la bonne perception des messages émis. Ce type de communication est enseigné dans le cadre de formations initiales de type master, ou par le biais de modules de formation courts. Aussi, beaucoup d'ouvrages qui traitent de communication scientifique et/ou technique se présentent comme des guides ou des manuels de bonnes pratiques.

La communication scientifique et technique peut passer par différents médias : conférences, panneaux ou posters, articles, émissions de radio et de télévision, interviews, exposition d'objets, mais aussi s, vidéos, pièces de théâtre, visites d'usines ou de laboratoires de recherche

L’histoire de la communication scientifique et technique en France L’expression « communication scientifique et technique » est très récente. Au , on parlait de « familiarisation des sciences » et au de « vulgarisation scientifique ».

La CST existe depuis plusieurs siècles. Nous en retrouvons déjà des traces au . Il faut toutefois préciser que s’il est estimé que les cabinets de curiosités permettent de diffuser la science. Ces cabinets, apparus durant la Renaissance, étaient des lieux ou se mélangeaient vraie et « fausse » science, certains cabinets disant posséder, par exemple, des restes d’animaux mythologiques.

L’âge d’or de la CST, que ce soit en France ou en Europe, c’est la seconde moitié du . Mais ce n’est pas le terme de « communication » qui était employé. Les termes utilisés étaient « science populaire », on pouvait également parler de « popularisation des sciences » mais aussi de vulgarisation, mot apparu dans les années 1840.

Les prémices de la communication scientifique et technique Si des termes populaires tel que « popularisation des sciences » ou « vulgarisation » ne sont apparus que récemment, c’est parce qu’à l’origine, la CST est tout sauf accessible au peuple. Il n’y avait que les savants, les hommes d’églises ainsi que l’élite qui pouvait réellement y avoir accès. Les livres et journaux coûtaient cher, et il fallait savoir lire pour pouvoir comprendre ce dont il y était question. De plus, les ouvrages scientifiques étaient à l’origine écrits en latin, et il faudra attendre la Renaissance pour que certains savants tels que Galilée (1564-1642) décident d’arrêter de publier en latin et de se mettre à publier en langue vernaculaire.

Les journaux savants Nés au et établis en 1665 en Europe, les journaux savants ont permis aux savants européens d’échanger et de diffuser leurs connaissances dans l’Europe entière.

Ces journaux pouvaient être relativement courts comme long.. Ces journaux n’étaient pas spécialisés à l’origine. Les publications spécialisées n’apparaîtront qu’au milieu du .

Le siècle des Lumières 

Le renouveau des cabinets de curiosité La fin du fait, en France, quelque peu changer la nature des cabinets de curiosité. Ils étaient jusqu’alors dans des palais princiers. Nous pouvons en retrouver quelques-uns reconstitués dans certains châteaux. Autrement dit, c’était notamment l’aristocratie qui avait accès à ces cabinets. Durant le siècle des Lumières, l’aristocratie perd l’exclusivité de ces cabinets. Ces cabinets « se multiplient un peu partout à l'initiative de savants, ou de notables issus de la bourgeoisie ». Ces cabinets sont d’ailleurs bien utiles à la bourgeoisie pour pouvoir échanger avec l’aristocratie. Avoir une belle collection était souvent synonyme de reconnaissance sociale. Cependant, ces cabinets ne verront que très peu de personnes venant du peuple.

Ces cabinets ne seront plus des cabinets de curiosités au mais des  « cabinets d’histoire naturelle » et sont considérés comme les ancêtres des musées d'histoire naturelle modernes.

Le développement des écrits Durant la période des Lumières, les livres de sciences commencent déjà à apparaître en nombre. . Ils sont parfois simplifiés pour être accessible à davantage de personnes.

Les bibliothèques publiques ainsi que les chambres de lecture se démultiplient. Le fort développement de la presse durant le siècle des Lumières permit également de diffuser les sciences et techniques.

On ne peut parler de ce siècle ni de CST sans évoquer le Dictionnaire Raisonné des Sciences, dont le premier volume est paru en 1751. Véritable synthèse des connaissances de l’époque, cet ouvrage a été très diffusé. Mais son public était très cultivé et n'était pas accessible au plus grand nombre.

Les bouleversements lors de la Révolution française La Révolution française marque une rupture dans la CST. Jusqu’ici, il n’y avait que l’élite qui pouvait réellement s’éduquer sur des sujets scientifiques. Durant la Révolution, cela change drastiquement. En plus de devenir laïque et détachée de la religion, la culture scientifique doit être accessible au peuple tout entier. C’est durant cette même Révolution qu’a été créée la figure du « savant-citoyen ». Le citoyen doit être éduqué pour pouvoir réellement contribuer à l’essor d’une société meilleure.

La Révolution française modifie le rôle de la science, qui doit désormais servir la République. Chose très bien représentée avec la création de l’Institut de France le . Les savants doivent aider à éduquer le peuple.

La communication scientifique et technique au

Les musées d'histoire naturelle Les musées tels qu’on les connaît aujourd’hui se sont développés en France des suites de la Révolution. Le mot d’ordre étant l’égalité, il fallait rendre accessible à tous les collections scientifiques et techniques. L’un des musées les plus symboliques est sans doute le Muséum national d’histoire naturelle. Celui-ci est en réalité le Jardin du Roi. Ce dernier a été transformé en musée par décret le , soit la même année que celle durant laquelle le roi Louis XVI a été exécuté.

Un projet naît également à cette époque : répertorier et collectionner l’intégralité des espèces végétales et animales ainsi que tous les minéraux. Les musées devaient être des lieux de conservation du savoir.

Pourtant, les muséums ne sont pas en phase avec le développement de la communication scientifique et technique du .

Bien que certains conservateurs de musée aient fait construire un amphithéâtre à proximité de leur établissement (voire directement rattaché) afin d’y accueillir des conférences scientifiques, ce n’est qu’un public limité qui y va. De plus, tout le monde n’avait pas accès en permanence à ces musées. Pendant toute la première moitié du , les profanes n’avaient pas le droit de visiter les musées. Durant la seconde moitié, ils le pourront, mais ce sera très limité, il n’y a que le dimanche après-midi où ils ont le droit de visiter des musées. Cela dit, le public non profane n’y allait pas de façon régulière. Ceux qui y vont, ce sont notamment des étudiants ou des élèves, et toujours encadrés par leur professeur. À l’instar de leurs ancêtres, les cabinets de curiosités, qui avaient fini par rassembler davantage de monde à la fin du siècle des Lumières, les muséums finissent par perdre en intérêt même auprès de la communauté scientifique. Ces musées étaient trop renfermés sur eux-mêmes ainsi que sur leur discipline, si bien qu’ils n’ont pas évolués avec leur temps, restant en état de stase jusqu’à la fin des années 1980, période durant laquelle des travaux de rénovation sont faits dans nombre de muséums.

Par défaut de précision, il convient de dire que nous parlons ici notamment des musées d’histoire naturelle. D’autres types de musées étaient davantage ouverts au public. Certains musées anatomiques tels que le musée Spitzner ou les musées Talrich en sont des exemples. Ils utilisaient la curiosité du public pour attirer les foules.

Les expositions universelles, un moyen d’attirer les foules Une exposition universelle est définie par le Bureau International des Expositions (BIE) comme étant . Ces expositions ont généralement lieu dans des grandes métropoles de puissances industrielles et existent encore de nos jours. La première s’est déroulée en 1851 au Crystal Palace, construit spécialement pour l’occasion, à Londres.

Ce sont des lieux de vulgarisation de la science. La science était toujours au premier plan dans les discours qui y étaient prononcés. Le but de ces expositions n’était pas forcément d’améliorer le bagage scientifique des visiteurs, mais de faire comprendre la beauté de la science. De nombreuses attractions étaient à la disposition du public. On y montrait tous les derniers progrès scientifiques, mais le but était davantage d’émerveiller que d’instruire.

Bien entendu, ces expositions n’ont pas que ce rôle et permettent de mettre en avant les capacités technologiques du pays dans lequel elles se trouvent, sans oublier tout l’aspect politique et économique qu’il peut se cacher derrière.

D’une certaine manière, ces expositions ont permis l’apparition de la « culture de masse », en ayant réussi à réunir des gens de toute classe sociale en un même lieu et avec le même niveau de connaissance possible pour tous. Cependant, comprendre les attractions a de plus en plus lassé les visiteurs, et de même pour les exposants, qui ont fini par les expliquer de moins en moins.

Un siècle de multiplication d'ouvrages La communication scientifique et technique a été, au , très aidée par deux outils. Le premier est l'imprimerie. Cette dernière a été perfectionnée durant ce siècle (ses presses notamment), a son début et à son milieu. Ce perfectionnement fait diminuer ses prix, ce qui permet de faire davantage de tirages. Mécaniquement, le nombre d’ouvrages de sciences a augmenté de manière fulgurante, et son prix a été rendu beaucoup plus accessible qu’auparavant. Rappelons que durant le siècle des Lumières, c’était principalement l’élite qui pouvait s’instruire scientifiquement.

La vulgarisation, dont le terme est apparu dans les années 1840, a bénéficié d’un avantage par rapport aux livres scientifiques : l’amélioration de l’illustration. Le second outil sont les révolutions technologiques de ce siècle, nombre de ces dernières transforment le quotidien, ce qui fait émerger une curiosité à leur égard.

À partir des années 1850, davantage de périodiques spécialisés dans les sciences et visant un public étendu apparaissent tel que Cosmos : revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des sciences (1852) de l’abbé Moigno, L’Ami des sciences (1855) de Victor Meunier ou encore La Science populaire (1880) d’Adolphe Bitard.

Quinze revues, tel que Cosmos, ou la Science pour tous, paraîtront à Paris en 1865. La durée de vie de celles-ci est très variable.