Garrebourg (Gaarbuerj en lorrain, Garburg lors des annexions allemandes) est une commune française située dans le département de la Moselle, en région administrative Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique de Lorraine et fait partie du pays de Sarrebourg.
En conclusion, Garrebourg est un village de culture et de langue alsacienne devenu lorrain à la suite de la réorganisation administrative qui a suivi la Révolution française.
Géographie Localisation Situé à l’extrême est du département de la Moselle, entre Sarrebourg (Lorraine) et Saverne (Alsace), le village est à environ à vol d’oiseau du Bas-Rhin.
En fait, Garrebourg a fait partie dès le de la Marche de Marmoutier, donc d’un territoire alsacien alors délimité à l’ouest par la rivière Zorn.
Mais la délimitation des départements français en 1790 l’a situé dans la Meurthe, donc en Lorraine, et ce malgré les protestations des habitants de Phalsbourg, de Lixheim et de Garrebourg, et malgré l’accord du district de Haguenau de les intégrer au Bas-RhinProcès-verbal des séances de l’administration du département de la Meurthe. Session ouverte le 3 novembre 1790 et close le 15 décembre suivant. Nancy, 1791.
Quant aux cartes géographiques anciennes, elles ne sont guère d’accord sur la situation de Garburg : celle de Daniel Specklin (1575) le situe hors de l’AlsaceCarte de l’Alsace de Daniel Specklin, ainsi que celles de Gérard Mercator et de Nicolas Visscher (1680)Landgraviatus Alsatiae Inferioris de Nicolas Visscher, alors que celle de Nicolas Sanson (1659) le situe bien en AlsaceTribocci. Evesché de Strasbourg de Nicolas Sanson.
Géologie et relief Situé au sommet d’un petit mont vosgien gréseux au pied duquel coule la Zorn, Garrebourg est aujourd’hui (ce ne fut pas toujours le cas autrefois) un village sans issue : il faut prendre la même route pour y monter et pour en descendre.
De plus, entouré de forêts, cela en fait un village quelque peu isolé mais très protégé, avec une vue merveilleuse sur les monts vosgiens environnants.
Intercommunalité Commune membre de la Communauté de communes du Pays de Phalsbourg.
Sismicité Commune située dans une zone de sismicité moyenneDidacticiel de la réglementation parasismique. Garrebourg : Zone 3 risque modéré.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le canal de la Marne au Rhin, la Zorn, le ruisseau Fischbach, le ruisseau Forellenbaechel et le ruisseau l'Andlau.
Le canal de la Marne au Rhin, d'une longueur totale de , et 178 écluses à l'origine, relie la Marne (à Vitry-le-François) au Rhin (à Strasbourg). Par le canal latéral de la Marne, il est connecté au réseau navigable de la Seine vers l'Île-de-France et la Normandie.
La Zorn, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Walscheid et se jette dans le canal de la Marne au Rhin à Rohrwiller, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.8|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Garrebourg.
La qualité des eaux des principaux cours d’eau de la commune, notamment du canal de la Marne au Rhin et de la Zorn, peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité - Pour recentrer la carte sur les cours d'eau de la commune, entrer son nom ou son code postal dans la fenêtre "Rechercher"..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Danne-et-Quatre-Vents à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Garrebourg est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (83,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (83,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (83,3 %), prairies (11,8 %), zones urbanisées (4,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
La commune est couverte par le plan local d'urbanisme intercommunal de Niederbronn-les-BainsPLUi de Niederbronn-les-Bains.
Voies de communications et transports
Voies routières D98b vers LutzlbourgVoies d'accès. D98c vers Haselbourg.
Transports en commun vignette|190px|Vue de la Gare de Lutzelbourg depuis le château. Transports en Alsace. Fluo Grand Est.
SNCF Gare de Lutzelbourg, Gare de Saverne, Gare de Réding, Gare de Sarrebourg.
Toponymie Tout au long de l’histoire, le nom du village s’est écrit de différentes manières et bien des historiens ne sont pas d’accord sur son origine.
Dans un document allemand d’Ernst Herr ., il est écrit que Garebergh, à la limite de la Marche de Marmoutier, aurait existé dès le début du .
Dans la Toponymie générale de la France, il est noté que Garebeurc aurait déjà été cité au et serait devenu Garburg en 1576Nègre Ernest : Toponymie générale de la France, Vol. 2, page 805, Librairie Droz, Genève, 1996 Puis Garbourg et Garburg en 1719. Le texte précise que le nom de Garrebourg serait originaire du germanique Garo (nom propre d’un homme) et de Burg (mont, lieu fortifié).
D’après Sigrist, le village est mentionné dans les chartes du sous le nom de Bareberch, village du mont de Borra devenu par corruption le Garberg ou Garbourg moderne.. Curieusement, le mot Borra a aussi été utilisé dans des documents anciens pour désigner le Haut-Barr.
D’après Langethal, l’évolution du nom aurait été : Bareberg, Barberch, puis Garberch Langethal Christian Eduard : Geschichte der teutschen Landwirthschaft, Vol. 1, 1847, page 220 .
Enfin selon Guy Kremer, les Burgi étaient des fortins du Bas-Empire romain qui commandaient les passages dans le nord des Vosges, et Garre viendrait de Guaita, terme militaire germanique qui a évolué vers Warte (observatoire) et vers garde en français. « Garrebourg » signifierait donc « fortin de l’observatoire » ce qui pourrait trouver son sens en considérant le lieu-dit Schlossberg, monticule qui domine la vallée de la ZornKremer Guy : Les domaines de l’abbaye de Marmoutier et en particulier ceux de la région de Garrebourg, Mémoire de maìtrise, Strasbourg, 1988.
Se nomme Gaarbuerj en francique lorrain. Sobriquets Anciens sobriquets désignant les habitants : les Mounis : D'Garburger Munnizieher (« ceux qui hissent le taureau »)Cercle Die Furbacher, Histoire locale de Forbach, , 2008., Die Mounie (« les taureaux »).
Histoire Garrebourg a une histoire très ancienne, son site ayant été habité dès le Néolithique.
Antiquité Le village de Garrebourg semble avoir été habité depuis la nuit des temps. Une hachette en silex datant du néolithique y a été trouvéeÉmile Linckenheld : Répertoire archéologique de l'arrondissement de Sarrebourg, Monographie éditée par F. Sausy, imprimeur (1929).
Des vestiges gallo-romains y attestent une présence humaine dès le début de l'ère chrétienne aux lieux-dits Kreuzkopf, Tiergarten, Schladen, Kessel, Langenbust et Wintersberg. Ces vestiges ont un caractère très celtique : les stèles-maisons sont des pierres funéraires en forme de maisons avec une cavité pour recevoir l’urne contenant les cendres du défunt. Mercure représente Teutatès, et Rosmerta est la déesse celtique de l’abondance. Ces stèles-maison sont une production typique de la « civilisation des sommets vosgiens »Marcel Lutz : « La civilisation des sommets vosgiens », dans Archéologia , 1970, . - Voir aussi : Murielle Georges-Leroy et al. : « Les parcellaires anciens fossilisés dans les forêts lorraines », dans La mémoire des forêts : Actes du colloque Forêt, archéologie & environnement, Lavoisier (2004) appelée encore « culture des sommets vosgiens »La culture des sommets vosgiens qui s'est développée lors de la conquête romaine dans le Nord des Vosges. Selon François Pétry, ces villages se seraient créés par l’installation de populations médiomatriques refluant devant « la civilisation romaine », d’où leur « marginalité » et leur « archaïsme »François Pétry : « Une population marginale face à la civilisation gallo-romaine dans l’Est de la Gaule aux », dans Bulletin des Antiquités Luxembourgeoises (1979). Ainsi, l’influence romaine n'a guère détruit le panthéon celte : sous de nouveaux noms et une apparence romanisée, les divinités celtes ont conservé leur caractère.
Bien des vestiges trouvés à Garrebourg (stèles de Mercure, Rosmerta, Épona, Mars…) sont actuellement conservés au musée du Pays de Sarrebourg (Lorraine)Des photos sont disponibles sur le site de l’Archéographe, le webzine du patrimoine , alors que d’autres (stèle-maison) se trouvent au Musée archéologique de Saverne (Alsace)Sur le site de l’Archéographe. Dans la forêt environnante, il reste encore des bases de maisons autour d’une voie gallo-romaine, et les restes d’une nécropole au lieu-dit TiergartenCatalogue des sites funéraires, page 376.