Un lec'h (ou lech), appelé souvent stèle gauloise, est une pierre taillée de forme hémisphérique ou oblongue, durant l'âge du Fer. On en trouve notamment en France (Bretagne, Massif central, Maine), en Angleterre et au Pays de GallesLes Lec'hs bretons et leurs similaires au Maine.

Étymologie Lec'h (ou lech) est un mot breton d'origine celtique insulaire, qui signifie notamment « pierre plate ». On retrouve cette racine dans le gallois llech et le vieil irlandais lecc « pierre plate, rocher plat, dalle, pierre sépulcrale ». Ils sont tous issus d'un plus ancien *liccā de même sens, avec gémination expressive de -c-. Le gaulois connaissait également un lica, licca « pierre plate, dalle » directement apparenté et attesté dans des composés toponymiques anciens, des anthroponymes et même des noms communs conservés dans des dialectes occitans : lhéco « grosse pierre » ; leca « piège » ; leytsa « pierre peu solide ». Les toponymes modernes Lecques (Gard, Licas 909), les Lecques (Saint-Cyr-sur-Mer, Var), les Lèches (Dordogne), etc. procèdent du gaulois.

Le mot cromlech contient également cet élément lech. On trouve ce mot de lech dans les vieilles poésies galloises pour désigner un lieu funéraire.

Description Les lec'hs sont des pierres taillées, souvent en granite, parfois d'anciens menhirs retaillés, prenant la forme d'une borne semi-sphérique, d'un « pain de sucre » ou d'une stèle oblongue. La hauteur des bornes semi-sphériques demeure moyenne voire assez petite (environ ) alors que celle des stèles, ou lec'hs hauts, soigneusement taillées et très élancées, parfois avec des pans coupés, atteint au minimum mais sans dépasser Jacques Baudoin, Croix du Massif central, Éd. Créer, 2000. Elles ne doivent pas être confondues avec les menhirs préceltiques, de taille beaucoup plus importante (jusqu'à 10 mètres de hauteur).

À l'époque gauloise, les lec'hs ont probablement joué un rôle funéraire, peut-être pour indiquer la présence d'une tombe ou d'une nécropole.

De nombreux lec'hs ont été modifiés et réemployés à la suite de l'entreprise de christianisation menée par Charlemagne. Dans son Admonitio generalis de 789 renouvelé dans l'article 41 du capitulaire des missi dominici mis au point vers l'an 800, l'empereur ordonne la destruction des pierres païennes que vénèrent les populations. Pour ne pas trop les mécontenter, de nombreux lechs furent christianisés par l'adjonction d'une croix ou autres motifs illustrant la nouvelle religion, ou transformés en bénitierVoir le bénitier de la chapelle Notre-Dame de Cran, à Treffléan, borne milliaire, socle de croix de pierre ou de fer ou déplacés près d'une chapelle ou d'une église.

Notes et références

Annexes

Catégorie:Mégalithisme