Radu Varia, né le à Iași en Roumanie, est un critique d'art et historien de l'art roumain, spécialiste de Constantin Brâncuși et d'Horia Damian.

Biographie Radu Varia est le fils du général Mihai Varia, héros de la Seconde Guerre mondiale, et de Ofelia Varia, née Verusi. Il a commencé son parcours scolaire à l’École Française de Bucarest, pour continuer au collège national I. L. Caragiale, puis a fait des études de langue et de littérature à l’université Alexandru Ioan Cuza d'Iași et à l’université de Bucarest, où il a obtenu son diplôme en 1964.

Il soutient ultérieurement sa thèse de doctorat en histoire de l’art et de la civilisation à l’université de Paris / École des hautes études sous le patronage de Jean Cassou (fondateur du musée d'art moderne de la Ville de Paris et lauréat du prix Cervantes de littérature).

Dès son adolescence il bénéficie de l’attention et des conseils de Tudor Vianu qui sera plus tard un de ses professeurs à l’université de Bucarest. À 18 ans il rencontre les écrivains Mihail Sadoveanu et Tudor Arghezi.

Radu Varia publie en 1961 dans Iaşul Literar [La Iași littéraire] sa première analyse artistique, sur un dessin inédit de Nicolae Tonitza. Peu après, dans les pages de l’hebdomadaire Contemporanul de Bucarest, dirigé par George Ivaşcu, il s’affirme comme un fervent allié de la jeune génération de peintres et sculpteurs qui, même s’ils ne constituaient pas une vraie avant-garde, représentaient quand même un mouvement peu conformiste. À partir de 1966, Radu Varia organisera d’ailleurs leurs premières expositions en Occident.

En 1967, Giulio Carlo Argan l’invite comme assistant à l’Université de Rome. En 1968 il rencontre à Bucarest Richard Demarco, promoteur d’une nouvelle conscience européenne, avec qui il va collaborer le long des années. La Galerie Demarco consacre alors des importantes expositions aux artistes des pays qui ont souffert le plus à cause de la guerre et du communisme, dont la Roumanie.

À Paris, Radu Varia fait la connaissance d'Eugène Ionesco en 1966, celle d'Emil Cioran en 1967 et, à Chicago en 1971, il sera l’hôte de Mircea Eliade.

En 1967, il est invité officiellement à la Biennale de Paris, de même qu’en 1971, année où participent 53 pays : il sera élu à l’unanimité président du jury international. Au même moment il décide de s’installer définitivement dans la capitale française. Membre de la Commission internationale de la Biennale de Paris jusqu’en 1977, il est nommé en 1973 directeur de la Biennale de São Paulo, et en 1993 sera commissaire de la Roumanie à la Biennale de Venise. Il restaure et aménage avec des fonds propres le pavillon roumain afin de présenter l’œuvre du grand artiste Horia Damian, établi à Paris depuis 1946.

Une bonne partie de l’activité de Radu Varia ces dernières décennies est consacrée à ce peintre, sculpteur et architecte. Les textes de Radu Varia sur la spiritualité dans l’art : L’Infini réel ; Le Projet de San Francisco ; Métaphysique et monumentalité ; Modernisme, postmodernisme, modernité ; Entrer dans l’Invisible ou bien Damian, un grand solitaire du sont publiés comme préfaces aux expositions Damian qu’il organise au musée d'art moderne de la ville de Paris (1972), à la Biennale de São Paulo (1973), au musée Ludwig à Aix-la-Chapelle (1974), au Musée Dali à Figueras (1974), au musée d’art moderne de Rio de Janeiro (1975), au musée Solomon R. Guggenheim à New York (1976), au Centre Georges-Pompidou à Paris (1980), au Grand Palais à Paris (1983), à la documenta 9 à Cassel (1992), à la Biennale de Venise (1993), chez Karsten Greve à Paris (2002), au palais Mogoşoaia en Roumanie (2009).

Au début des années 1970, alors que son activité se poursuit à Paris et à New York, il participe activement aux côtés de Salvador Dali à la création à FiguerasListe des invités de marque à l’inauguration du Teatro Museo Dali rédigée par Salvador Dali. Manuscrit. Archives Catherine et Peter Moore, Cadaques. Copie: Archives Radu Varia, Bucarest, en Espagne, du musée qui portera le nom du grand peintre, et dont l’inauguration a lieu en 1974. Salvador Dali, à qui Radu Varia restera lié jusqu’à sa mort en 1989, lui dédie un poème extraordinaire intitulé Oui ! à la Roumanie. Pour Radu Varia, publié depuis 1972 dans plusieurs éditions des écrits de l’artiste, à Barcelone, Caracas, Mexico et Paris. Le poème finit par ces mots :

Proche de certains des plus importants artistes européens et américains des dernières décennies, Radu Varia organise d’importantes expositions internationales, dont, en 1973, au musée d'art moderne de la ville de Paris, la première exposition de peinture anglaise contemporaine jamais présentée à Paris, La Peinture anglaise aujourd’hui, avec la participation d’artistes comme David Hockney, Richard Hamilton, Tom Philips, Bridget Riley ou Howard Hodgkin. À la même époque Radu Varia est invité par Marshall MacLuhan à conférencier dans le cadre de son séminaire à l’Université de Toronto. Toujours à Toronto, il participe en 1978 au Premier Congrès mondial de la civilisation celtique, dont le résultat est le volume intitulé The Celtic ConsciousnessThe Celtic Counsciousness. Volume édité par Robert O’Driscoll, publié par George Braziller, New York, 1985. Il est également invité à parler à l’Institut d'architecture et d'urbanisme de New York par le célèbre critique Thomas B. Hess, fondateur d'Art News et futur directeur du département d’art moderne du Metropolitan Museum of Art.

Le volume de Radu Varia intitulé BrancusiBrancusi. Rizzoli International Publications, New York, 1986, unanimement considéré comme l’ouvrage fondamental sur la création de l’artiste, a été publié à New York en 1986. Élu « livre de l’année » par les libraires américains, par les bibliothécaires américains et par les principaux journaux des États-Unis, cet ouvrage sera ultérieurement publié à ParisBrancusi. Gallimard, Paris, 1989, 1989 et à TokyoBrancusi. New Art Seibu, Tokyo, 1993, 1993.

Œuvre de référence, le volume Brancusi de Radu Varia a radicalement changé la pensée sur la création du sculpteur. écrivait Emil Cioran à l’auteur en 1986. Et le professeur George Emil Palade, prix Nobel, en recommandant Radu Varia au prix mondial Léonardo da Vinci, pour lequel celui-ci allait réunir onze prestigieuses nominations, écrivait à son tour : apprécie la New York Review of Books. allait écrire à son tour François Nourissier, président de l'Académie Goncourt.

Les événements de le trouvent à Milan. Il retourne au pays tout début , dans l’idée de contribuer autant que possible au renouveau qu’il espère pour la Roumanie.

Malgré l’invasion de la capitale roumaine par les mineurs qui projetait dans le monde une image désastreuse de la Roumanie, par des efforts immenses Radu Varia parvient à présenter à New York, fin 1990, l’exposition Brancusi. Six chefs-d’œuvre des musées roumains, qui fait l’objet d’un important article du New York Times en hommage aux petites expositions de haute signification.

En 1991 Radu Varia reçoit le prix pour l’histoire de l’art de l’Académie roumaine.

La même année il crée à New York et à Bucarest les Fondations Internationales Constantin Brancusi, dont la vocation est de mobiliser toutes les compétences nationales et internationales, ainsi que les fonds nécessaires pour la restauration de l’ensemble monumental Brancusi de Târgu Jiu.

En 1992 il soutient à l’Académie sa première conférence, sur BrancusiAcademica, publication de l’Académie roumaine, Bucarest, 5 mai 1992.

En 1993, il présente à l’Académie roumaine sa seconde conférence, consacrée justement à la restauration de l’Ensemble.

À New York, il parvient à éveiller l’intérêt pour le projet du Fonds mondial des monuments, qui en 1996 acceptera pour la première fois de participer à la restauration d’une œuvre d’art moderne. De même, à Washington, il établit un premier lien avec la Banque mondiale, qui sera de nature à favoriser l’obtention de fonds pour la restauration, sur la base du projet des Fondations.

The New York Times et Art Watch UK, de Londres, publient d'amples articles, solidement documentés, sur le projet de restauration initié par Radu Varia. Ces articles démontrent l’importance de la recherche entreprise par les ingénieurs et les spécialistes roumains, en collaboration avec ceux du Getty Conservation Institute de Los Angeles et du Swedish Corrosion Institute de Stockholm.

Vladimir Kucera, directeur de la recherche scientifique au Swedish Corrosion Institute et président de la Commission européenne des Nations unies pour la corrosion et l’environnement, dans sa recommandation d’attribution au Radu Varia du prix mondial Léonardo da Vinci, écrit en 1998 :

Une ample exposition consacrée à la recherche scientifique et aux conclusions de celle-ci, ainsi que le Projet général d’aménagement, de restauration et de mise en valeur de l’Ensemble a été présentée par Radu Varia et les Fondations Internationales Constantin Brancusi en 2001 à Bucarest et dans plusieurs autres villes roumaines.

Dans l’idée de défendre l’unicité des œuvres de Brancusi, Radu Varia a publié en 1992 (et republié en 2001) un texte, contresigné par 42 auteurs de livres sur Brancusi, directeurs de musées possédant des œuvres du sculpteur, historiens d’art et artistes de grande notoriété. Ce texte est considéré comme le document fondamental définissant la qualité d’œuvre originale de l’artiste, de copie, ou de faux.

En 2005, Radu Varia a été invité à conférencier à l’Université Waseda de Tokyo sur les Prémisses philosophiques et les déterminations mathématiques de l’œuvre de Brancusi.

En 2009, à l’invitation du Président de la Banque centrale européenne et du gouverneur de la Banque nationale de Roumanie il soutient au Weltkulturen MuseumDer Bildhauer als Fotograf. Kulturtage der Europäischen Zentralbank, Francfort de Francfort-sur-le-Main une conférence intitulée Brancusi photographe et présente une série de tirages originaux des photos de l’artiste. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung dédie à l’événement une page entière.

En 2011, Radu Varia présente à l’Académie roumaine sa troisième conférence : Salvador Dali, l’Empereur Trajan et la RoumanieMagazin Istoric, août 2011, Observator Cultural, 21-27 juillet 2011, Curentul, 18 juillet 2011, VIP, 10 juillet 2011, Azi, 28 juin 2011, Literatorul, juin 2011, Cultura (cinq numéros successifs), 4 août - 1 septembre 2011.

En 2011 également, il est invité à soutenir la conférence de l’année à la Royal Scottish Academy d’Édimbourg : The Sir William Gillies Annual Lecture, consacrée au thème Brancusi, a Great Spiritual Experience (Brancusi, une grande expérience spirituelle)Cronica Română, 30 novembre 2011, Gândul, 7 décembre 2011, Bucharest Herald, 30 novembre 2011, Art Line, 29 novembre 2011, Ziarişti online, 24 novembre 2011. À cette occasion, il reçoit la médaille d’argent de l’Académie royale.

Il est élu à l'unanimité en 2012 Membre d'Honneur de l'Académie Royale d'Écosse.

En 2015 il reçoit le Prix de l'Académie Internationale Mihai Eminescu pour l'ensemble de son oeuvre.

A l'Université de Shenzhen il présente en 2017 la première conférence jamais soutenue en Chine sur l'art du sculpteur Constantin Brancusi.

En 2018, il devient Docteur Honoris Causa de l'Académie des Arts de Chisinau et prononce à l'occasion l'allocution: Chișinău, în Sala istorică a Sfatului Țării. Mariana Nicolesco și Radu Varia primesc titlul de Doctor Honoris Causa” (A Chisinau, dans la Salle historique du Conseil de la Nation. Mariana Nicolesco et Radu Varia reçoivent le titre de docteur honoris causa) Mirela Egeea, Secundatv, 4 juin 2018.