Les élections parlementaires italiennes de 1992 () ont eu lieu les et , afin d'élire les six cent trente députés et les trois cent quinze sénateurs de la onzième législature du Parlement de la République italienne, pour un mandat de cinq ans.
Contexte Après les élections parlementaires anticipées du 14 juin 1987, le ministre du Budget démocrate-chrétien Giovanni Goria devient président du Conseil des ministres et reforme le Pentapartito entre la Démocratie chrétienne (DC), le Parti socialiste italien (PSI), le Parti républicain italien (PRI), le Parti social-démocrate italien (PSDI) et le Parti libéral italien (PLI). Il démissionne dès , la Chambre des députés ayant rejeté le rapport d'exécution du budget de l'État. Il est remplacé, un mois plus tard, par le secrétaire de la DC, Ciriaco De Mita, qui cède lui-même le pouvoir à Giulio Andreotti en .
À peine quatre mois plus tard, le Parti communiste italien (PCI), l'un des plus puissants de l'Europe occidentale, prend le « tournant de Bologne » sous l'impulsion d’Achille Occhetto, secrétaire général depuis 1988, un processus conduisant à sa disparition, le . Les deux tiers des membres du PCI fondent alors le Parti démocrate de la gauche (PDS), qui prend une orientation sociale-démocrate, le tiers restant préférant rejoindre le nouveau Parti de la refondation communiste (PRC). Il s'agit donc du premier scrutin sans la présence de l'un des deux partis historiques de la République italienne.
Partis et chefs de file Parti Idéologie Chef de file Score en 1987 Démocratie chrétienne Democrazia Cristiana Centrisme Démocratie chrétienne, christianisme social Arnaldo Forlani (34,3 %) (33,6 %) Parti socialiste italien Partito Socialista Italiano Centre gauche Socialisme démocratique, social-libéralisme Bettino Craxi (14,2 %) (10,9 %) Mouvement social italien Movimento Sociale Italiano Extrême-droite Néofascisme, nationalisme, anticommunisme Gianfranco Fini (5,9 %) (6,5 %) Parti républicain italien Partito Repubblicano Italiano Centrisme Républicanisme, mazzinisme Giorgio La Malfa (3,7 %) (3,9 %) Parti social-démocrate italien Partito Socialista Democratico Italiano Centre gauche Social-démocratie Antonio Cariglia (3,0 %) (2,3 %) Parti libéral italien Partito Liberale Italiano Centre droit Libéralisme économique, libéral-conservatisme Renato Altissimo (2,1 %) (2,1 %) Parti démocrate de la gauche Partito Democratico della Sinistra Gauche Social-démocratie, post-communisme Achille Occhetto PCI Ligue du Nord Lega Nord Droite Fédéralisme, régionalisme Umberto Bossi Absente Parti de la refondation communiste Partito della Rifondazione Comunista Extrême gauche Communisme, néomarxisme Sergio Garavini PCI Fédération des Verts Federazione dei Verdi Gauche Écologie politique, pacifisme Aucun Absente
Résultats Scores Parti Chambre des députés Sénat Voix % +/- Sièges +/- Voix % +/- Sièges +/- Démocratie chrétienne (DC) 29,65 % 4,66 206 28 27,27 % 5,35 107 18 Parti démocrate de la gauche (PDS) 16,10 % 16,10 107 107 17,05 % 17,05 64 64 Parti socialiste italien (PSI) 13,62 % 0,65 92 2 13,07 % 2,16 49 6 Ligue du Nord (LN) 8,65 % 8,65 55 55 8,20 % 8,20 25 25 Parti de la refondation communiste (PRC) 5,61 % 5,61 35 35 6,52 % 6,52 20 20 Mouvement social italien (MSI) 5,37 % 0,54 34 1 6,51 % 0,03 16 Parti républicain italien (PRI) 4,39 % 0,69 27 6 4,70 % 0,85 10 2 Parti libéral italien (PLI) 2,86 % 0,76 17 6 2,82 % 0,66 4 1 Fédération des Verts (FdV) 2,79 % 0,28 16 3 3,08 % 1,12 4 2 Parti social-démocrate italien (PSDI) 2,72 % 0,24 16 1 2,56 % 0,20 3 3 Autres 8,24 % 3,14 25 10 7,72 % 0,78 13 4 TOTAL 100,00 % N/A 630 N/A 100,00 % N/A 315 N/A
Analyse Avec un score global inférieur à 30 % des suffrages exprimés, la Démocratie chrétienne réalise le plus mauvais résultat de son histoire. Pour la première fois depuis 1953, elle passe même sous la barre des dix millions de voix au Sénat de la République. La DC ne profite donc pas de la disparition du Parti communiste italien, que le Parti démocratique de la gauche ne supplante que partiellement, réalisant un score en dessous des 20 % des suffrages. Fondée en , le parti autonomiste de la Ligue du Nord surgit à la quatrième place des forces politiques, supplantant la DC dans une bonne partie du Nord de l'Italie. Les autres formations se maintiennent globalement, seul le Parti de la refondation communiste, issu du PCI, venant troubler le jeu des petites formations en dépassant immédiatement les 5 % des voix.
Conséquences Le , plus de deux mois et demi après les élections, l'ancien vice-président du Conseil des ministres et ministre du Trésor, Giuliano Amato, du PSI, est nommé président du Conseil des ministres et forme une alliance, majoritaire seulement à la Chambre des députés, entre la DC, le PSI, le PSDI et le PLI, marquant la fin de la coalition appelée , créée en pour soutenir Giovanni Spadolini.
Annexes Articles connexes Liste des législatures italiennes Gouvernement Amato I, Ciampi
1992 Italie Catégorie:1992 en Italie Catégorie:Avril 1992 Catégorie:XIe législature de la République italienne