Puttelange-aux-Lacs est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-Est.

Géographie

Accès Au croisement des routes D656 de Sarrable à Saint-Avold et D674 de Nancy à Sarreguemines, et au commencement de la D30, reliant Puttelange à Forbach.

Communes limitrophes vignette|centre|Carte de la commune.

Écarts et lieux-dits Diefenbach-lès-Puttelange Thiergarten Hohwarte Stangenaecker Welschhof (ou Welschhoff)

Hydrographie La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Moderbach, le ruisseau de Hoste, le ruisseau le Ruhbrecher, le ruisseau de Cappel et le ruisseau de l'Étang du Welschhof.

Le Moderbach, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Farschviller et se jette dans l'Albe à Sarralbe, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Puttelange-aux-Lacs.

La qualité des eaux des principaux cours d'eau de la commune, notamment du ruisseau le Moderbach, peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité - Pour recentrer la carte sur les cours d'eau de la commune, entrer son nom ou son code postal dans la fenêtre "Rechercher"..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Lorraine, plateau de Langres, Morvan » et « Vosges ».. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kappelkinger à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Puttelange-aux-Lacs est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Puttelange-aux-LacsUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sarreguemines (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (47,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (48,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (31 %), prairies (25,3 %), terres arables (16,2 %), zones urbanisées (13,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (6,5 %), zones agricoles hétérogènes (6 %), zones humides intérieures (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Mentions anciennes Puttelange : Putilinga (1069), Putelenges (1135), Putlingen (1172), Putelinga (1209), Puttelingen & Puthelingen (1224), Hessen-Puttelange (1232), Putlinga (1254), Pittelange (1403), Puttlingen (1409), Hesse-Putlingen (1410), Heseputtlingen (1460), Putelainges (1482), Puttelinga & Puttlange (1544), Hessen-Puttlingen (1565), Pitlingen (), Pittling (1645), Putlange (1680 & 1793), Petelange (carte Cassini), Puttelange-les-Sarralbe (1844), Puttelange-lès-Farschviller (1927), Puttelange-aux-Lacs (1971). En allemand : PitlingenErnest de Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale. et Püttlingen (1871-1918 et 1940-1944). En francique lorrain : PettlingeGeoplatt et Pittlinge. Thiergarten : Diergarten (1409), Dhiergarten (carte Cassini), Thirgarten (carte de l'état-major).

Étymologie Puttelange est un toponyme germanique composé de Putilo (un homme d’origine germanique). Son nom sera à l’image de nombreux noms de village de Moselle suivi du suffixe -inga qui désigne un établissement rural appartenant à une famille, francisé en -ange ultérieurement. Le déterminant complémentaire -aux-lacs est ajouté au cours du .

Sobriquet Au , les habitants de Puttelange furent surnommés Püttelinger-Hesiber en référence à la fabrique de tamis en crin de cheval (Hesiber désignant les fabricants de tamis).

Histoire Époque gallo-romaine La route du Hérapel à Guéblange, qui reliait entre elles les grandes routes de Metz à Worms et de Metz à Strasbourg, passait le long de la rive droite du Mutterbach, par Puttelange, Rémering, Holving et Hirbach..

Puttelange vit le jour au , époque où Putilo (chef d’origine germanique) créa avec ses compagnons une cité le long de la Mutterbach..

s Au , Puttelange appartenait à la famille des comtes de Lunéville, dont une branche possédait le comté de Metz, fief épiscopal, et une autre branche la seigneurie de Blieskastel. En 1135, Folmar, cinquième du nom comme comte de Metz, fonda une abbaye cistercienne à Beaupré (au sud-est de Lunéville, démolie en 1804, aujourd'hui une ferme) et la dota de la forêt de Hériménil qu'il tenait en fief de l'Évêché de Metz. En compensation, il céda Puttelange, jusque-là franc alleu, à l'Évêque et le reprenait en fief de l’Évêché. De là date la suzeraineté de l'Évêché sur Puttelange, qui sera plus tard contestée par le duc de Lorraine.

La fille de Folmar, Clémence, héritière de Lunéville et de Puttelange, apporta ses domaines à son époux et cousin Folmar, comte de Blieskastel (anciennement appelé comté de Castres, autre fief de l’Évêché). Du mariage de leur petit-fils Henri de Blieskastel, avec Agnès de Sayn, naquirent sept filles..

À la mort d'Henri en 1237, le comté fut remis à sa fille aînée Élisabeth par l’Évêque Jean de Metz contre reconnaissance de la suzeraineté de l’Évêché. Elle épousa en 1238 Renaud de Lorraine, oncle du duc Ferry III. Leur mariage permit de réunir la seigneurie de Bitche, que Renaud avait reçue comme apanage du duché de Lorraine, et le comté de Blieskastel, dont Élisabeth était l’héritière, avec notamment Puttelange. Renaud se fit attribuer la localité en fief par son frère l’Évêque de Metz Jacques de Lorraine en 1240, qu’il reprit de son neveu le duc Ferry III en 1264 et qu'il conserva après la mort de son épouse en 1273. L’héritage fut disputé par les sœurs d’Élisabeth et tout particulièrement sa mère, Agnès de Sayn, qui poussait sa fille cadette Laurette et son époux, le comte Henri IV de Salm., à le revendiquer.

En 1257, Puttelange était considéré comme « castrum et urbs » (bourg castral). La seigneurie était composée d'un bourg principal, et d'un certain nombre de villages.

En 1261, Renaud et Élisabeth fondèrent une chapelle dans leur château de Puttelange. Elle fut dédiée à la Vierge et à saint Jean-Baptiste, dotée de de blé et autant d'avoine, ainsi que de à percevoir sur la dîme de Rémering et de de Metz sur les cens de Puttelange. Le , Renaud et Élisabeth firent don de la chapelle castrale à l’ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, qui l'attribuèrent à la commanderie de Dorlisheim. L'installation des Hospitaliers renforça la position centrale de Puttelange dans la région. Ils conservèrent la chapelle jusqu'à la fin du ..

À la mort de Renaud, en 1274, la dévolution de sa succession provoqua une guerre entre d'une part le comte Henri IV de Salm, soutenu par l'Évêque de Metz Laurent de Lichtenberg, et d'autre part le duc de Lorraine Ferry III, allié du comte de Sarrebruck. Henri fut vainqueur en 1278, mais, fortement endetté, il vendit à l'Évêché de Metz la seigneurie de Blieskastel en 1284, et en 1290 le château de Schaumbourg (près de Tholey, Sarre), en gardant seulement Puttelange.

Une petite partie de Puttelange appartenant à la seigneurie de Forbach, fief lorrain, fut acquise par Salm. Salm possédait alors, en plus de Salm (Senones et Badonviller) et de Puttelange, Morhange (fief de Lorraine) et Viviers (fief de Bar).

Le fils d'Henri IV, Jean de Salm, épousa Jeanne de Joinville, qui lui donna six enfants parmi lesquels : Simon qui succéda à son père et fut tué en 1346 à la bataille de Crécy ; Lorette de Salm, dame de Puttelange ; Nicolas de Salm.

Le fils de Nicolas, Jean dit « le Jeune », épousa sa cousine germaine, Marguerite de Blâmont, fille de Simon , laquelle lui apporta en dot la seigneurie de Puttelange.

En 1347, Jean le Jeune accorda aux habitants une « charte du ban des fabricants de tamis », charte qui favorisa le commerce pour lui ouvrir les portes de l'Europe. Ces tamis en crins de cheval, réputés à l’époque, se vendaient jusque dans la vallée du Rhin à Cologne et en Hollande.

Jean le Jeune fut tué en 1368 à la bataille de Ligny-en-Barrois contre les Messins. Puttelange retourna alors à la branche aînée : Jean II de Salm, fils de Simon .

En 1379, l'Évêque de Metz Thierry Bayer de Boppard renonça à la suzeraineté sur la seigneurie de Puttelange, au profit du duc de Lorraine.

s Le , un traité de Burgfried (paix castrale) fut signé entre le comte Philippe de Nassau-Sarrebrück et Jean III de Salm, fils de Jean II. La ville, entourée de murs, avait été détruite, de même que le château, lors d'une guerre avec le comté de Metz. Le traité fut renouvelé en 1448..

Jean III trouva la mort en 1431 lors de la bataille de Bulgnéville. Son fils Simon II de Salm lui succéda, mais il fut tué en 1455 lors d'une guerre au Palatinat.

En 1475, à la mort de Jacques de Salm, fils de Simon II, il y eut un partage définitif : l'oncle de Jacques, Jean VI de Salm-Badonviller, reçut la moitié de Salm, la moitié de Puttelange et la seigneurie de Viviers.