La bataille de Białystok–Minsk fut une opération stratégique allemande conduite par le groupe d'armées Centre durant l'offensive sur la frontière soviétique au tout début de l'opération Barbarossa. Elle se déroula du au . Son but, qui était d'encercler les forces de l'Armée rouge autour de Minsk, fut un succès. Toutes les tentatives russes de contre-attaques et de percées se soldèrent par des échecs. Ainsi, la Wehrmacht put faire plusieurs dizaines de milliers de prisonniers soviétiques (la seule traduction en anglais du travail de Solonin semble être, en juin 2011, ) et put avancer dans l'Union soviétique si rapidement que certains pensèrent que l'Allemagne avait déjà gagné la guerre contre la Russie.

Prélude

Commandée par le Generalfeldmarschall Fedor von Bock, le groupe d'armée Centre reçoit l'ordre d'attaquer la Russie via l'axe Białystok - Minsk - Smolensk à partir de la Pologne jusqu'à Moscou. Ce groupe d'armées est constitué de la 9 et de la 4 armée. Ses forces blindées comprennent le Panzergruppe 3, commandé par Hoth, et le Panzergruppe 2, commandé par Guderian. Au total, ces deux armées comptent 33 divisions d'infanterie, 9 divisions blindées, 6 divisions motorisées et une division de cavalerie. De plus, le groupe d'armées Centre peut appeler la Luftflotte 2 en renfort aérien.

En face, le front de l'Ouest, commandé par le général Dmitri Pavlov, incluait la , la et la qui sont postées le long de la frontière. Au total, l'armée soviétique de l'Ouest comprend 25 divisions de cavalerie, 13 divisions blindées et 7 divisions motorisées.

La disposition de l'Armée rouge en Biélorussie est fondée sur l'idée d'une réponse agressive à une attaque allemande, afin de repousser le front en Pologne. Cependant, cette tactique souffre d'une faiblesse sur les flancs, notamment à cause du tracé de la ligne de démarcation entre les pays décidée en 1939. C'est l'Oberkommando des Heeres qui profitera le mieux de la situation, en encerclant simultanément les forces du front de l'Ouest avec d'autres fronts soviétiques autour de Białystok et de Navahroudak, à l'ouest de Minsk.

Ordres de bataille

Soviétiques Front de l'Ouest - Commandant : général d'armée Dmitri Pavlov, officier des opérations : général Ivan Boldine - Vassili Kouznetsov

(incluant la de fusiliers)

(incluant le ) Second échelon (formation en attente) - lieutenant-général Piotr Filatov 17e armée (Union soviétique) - colonel-général Pavel Kourochkine

Allemands Groupe d'armées Centre (Heeresgruppe Mitte) - Generalfeldmarschall Fedor von Bock - Generaloberst Maximilian Reichsfreiherr von Weichs - Generalfeldmarschall Günther von Kluge VII corps d'armée - General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher IX corps d'armée - General der Infanterie Hermann Geyer XII corps d'armée - General der Infanterie Walter Schroth XIII corps d'armée - General der Infanterie Hans Felber XXXV corps d'armée XLIII corps d'armée - Generaloberst Gotthard Heinrici LIII corps d'armée - General der Infanterie Karl Weisenberger 286th division de secours - Generalleutnant Kurt Müller - Generaloberst Adolf Strauß V corps d'armée - Generaloberst Richard Ruoff VI corps d'armée - General der Pioniere Otto-Wilhelm Förster VIII corps d'armée - Generaloberst Walter Heitz Panzergruppe 2 - Generaloberst Heinz Guderian XXIV corps d'armée - General der Panzertruppen Leo Freiherr Geyr von Schweppenburg XLVI corps d'armée - General Heinrich von Viettinghoff-Scheel XLVII corps d'armée - General der Panzertruppen Joachim Lemelsen division de cavalerie - Generalleutnant Kurt Feldt division d'infanterie - Generalleutnant Friedrich-Wilhelm von Loeper Panzergruppe 3 - Generaloberst Hermann Hoth XXXIX corps d'armée - Generaloberst Rudolf Schmidt LVII corps d'armée - General der Panzertruppen Adolf Kuntzen

Tanks Corps d'armée allemand Divisions allemandes Nombre de tanksNombre total de tanks allemands incluant les tanks de commandement ainsi que les vieux Panzer I et Panzer II Tanks avec des canons de (incl. Panzerkampfwagen 38(t) et Panzer III) Tanks avec des canons de ou plus(incl. Panzer III et Panzer IV) XXXIX. Armeekorps mot , 494 288 61 LVII Panzer Corps , 448 219 60 XXXXVII Panzer Corps , 420 99 187 XXXXVI Panzer Corps 182 0 125 XXIV Panzer Corps , 392 60 207 Total   1936 666 640

Corps d'armée soviétique Divisions soviétiques Nombre de tanks T-34 et KV corps mécanisé , , 414 20 corps mécanisés , , 1131 452Au premier juin, il y avait 114 KV et 238 T-34 mais 100 T-34 supplémentaires arrivèrent d'ici le 22 juin 1941 (Solonin 2007, ). corps mécanisé , , 282 0 corps mécanisé , , 518 0 corps mécanisé , , 959 103 corps mécanisé , , ( incl.) 861 17 corps mécanisé (pas complètement formé) 63 N/A corps mécanisé (pas complètement formé) 94 N/A (indépendant) 200 0 Total   4522 592

L'opération thumb|upright=1.5|droite|Bataille de Białystok–Minsk du au .

L'Armée rouge avance vers les Allemands en territoire polonais occupé à Białystok. Au-delà de Białystok, Minsk est un nœud ferroviaire stratégique et une position défensive clé protégeant les principales communications routières et ferroviaires avec Moscou.

Dans le nord, le Panzergruppe 3 passe à l'attaque, coupant la du front de l'Ouest, et traverse le Niémen. Le Panzergruppe 2 traverse le Bug et pénètre de en territoire soviétique le . L'objectif des deux Panzergruppen est de se rejoindre à l'est de Minsk et de couper toute retraite à l'Armée rouge. Les et allemandes participent à l'encerclement en pénétrant dans le saillant soviétique autour de Białystok. Le , la soviétique tente une contre-attaque en suivant les plans d'avant-guerre, mais ne réussit pas à atteindre ses objectifs. Le , le général Dmitri Pavlov ordonne au général Ivan Boldine de mener les , et Corps d'armées mécanisées dans une contre-attaque vers Hrodna afin d'éviter l'encerclement des unités de l'Armée rouge proches de Białystok. Cette contre-attaque échoue avec de lourdes pertes, mais elle permet à certaines unités d'éviter l'encerclement et de battre en retraite vers Minsk.

Dans la soirée du , un groupe de Panzers coupe l'Armée rouge entre Slonim et Vawkavysk, et force Pavlov à ordonner le retrait de toutes les troupes derrière la rivière Chtchara afin d'éviter l'encerclement. La plupart des formations ne peuvent plus rompre le contact avec les Allemands, et en raison de la perte de carburant et de transports, l'armée doit se retirer à pied. Ce retrait ouvre des espaces libres au sud de Minsk. thumb|upright|Soldats allemands au centre de Minsk en 1941. Le , soit cinq jours après le début de l'invasion, le Panzergruppe 2 de Guderian et le Panzergruppe 3 de Hoth arrivent à l'est de Minsk. Ils ont alors avancé de en Union soviétique, près d'un tiers de la distance de Moscou. Le , les et allemandes encerclent les troupes soviétiques à Białystok en deux poches : une petite poche contenant Białystok et une plus grande poche contenant Navahroudak. Après 17 jours, les Soviétiques ont perdu sur un total de . Le , Minsk, la capitale de la Biélorussie, tombe sous le joug de la Wehrmacht.

Une seconde contre-attaque soviétique du mécanisé et du aéroporté échoue également à briser l'encerclement, et le la poche est complètement fermée.

Les Soviétiques perdent les , et et une partie de la , au total environ 20 divisions, tandis que le reste de la se replie vers la rivière Bérézina. La Luftwaffe détruit 1669 avions soviétiques, mais en perd 276 et 208 autres sont endommagés.

Conséquences

Les troupes soviétiques, prises aux pièges dans deux poches gigantesques, n'ont pas cessé de se battre, causant de lourdes pertes à l'armée allemande. sont parvenus à s'échapper, car l'infanterie allemande manquait cruellement de transports motorisés. Environ soviétiques sont capturés et et sont détruits.

D'après l'institut polonais de la mémoire nationale, lors de leur retraite, les troupes soviétiques ont commis de nombreux crimes contre les habitants de Białystok et de ses alentours, comme des familles entières exécutées par des pelotons d'exécution.

L'avancée rapide de la Wehrmacht vers l'Est permet à l'Allemagne d'atteindre Smolensk, ville à partir de laquelle une attaque sur Moscou peut être envisagée. Cette avancée donne également l'impression à l'Oberkommando der Wehrmacht que la guerre contre l'Union soviétique était déjà gagnée. Hitler reproche néanmoins aux généraux des divisions blindées d'avoir laissé des trous dans les lignes.

Le général Pavlov et son état-major sont rappelés à Moscou, où ils sont accusés d'avoir intentionnellement désorganisé les troupes et battu en retraite sans combattre. Ils sont exécutés par le NKVD au motif de lâcheté et de manquement à leur devoir, et leurs familles sont punies. Ils seront réhabilités en 1956. La seule exception est l'officier des opérations de Pavlov, le général Ivan Boldine, qui avait été rapidement séparé du reste de l'armée à cause de la percée allemande des premiers jours et contraint de battre en retraite vers les lignes soviétiques avec un millier de soldats.

Bibliographie

Références

Catégorie:Bataille ou opération de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Front de l'Est de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Histoire de Białystok Catégorie:Bataille de 1941 Catégorie:Nom de code