150px|thumb|left|Date de consécration
L'église Notre-Dame-la-Major d'Arles est une ancienne collégiale romano-gothique de la ville d'Arles dans le département des Bouches-du-Rhône. Elle est située à l'extrémité nord de la colline de l'Hauture, surplombant le boulevard Émile Combes à l'est et les arènes d'Arles à l'ouest. Elle fut le siège de la paroisse la plus étendue de la ville et est une des plus anciennes églises d'Arles, car l'édifice primitif aurait été consacré en 452, lors du troisième concile d'Arles, par l'archevêque RavenniusMichel Baudat - Arles, ville sainte - Actes Sud - p.39, comme l'atteste le relevé, affiché dans la chapelle Saint-Martin, d'une inscription gravée sur la façade et disparue en 1592 lors de sa réfection.
Historique
L'église primitive, sous le vocable de Sainte-Marie-Majeure (pour la différencier d'une autre église Sainte-Marie sise dans l'enclos Saint-CésairePhilippe Féret, texte du mai 2013 affiché dans l'église), fut édifiée en 452 sur le site d'un ancien temple romain dédié à la Bonne Déesse, assimilable à Cybèle, selon l'autel trouvé sur place, aujourd'hui conservé au musée départemental de l'Arles antique et identique à celui découvert dans le temple d'Attis du site de Glanum (PHOTO). Elle accueille le un concile appelé le 5e concile d'Arles sous Childebert Ier.
Le remplacement de cette première église sur le même site par un édifice de style roman provençal, dont subsistent les trois travées de nef, débute en 1152.
Érigée en collégiale en 1551 par le pape Jules III jusqu'à la Révolution française, elle fut, de ce fait, régulièrement améliorée et embellie. Ainsi au , le chœur et son abside sont intégralement reconstruits. En 1579 le clocher est reconstruit sous sa forme actuelle (carré surmonté d'une pyramide) ; la Vierge à l'Enfant sera rajoutée en 1867Arles, les images pour mémoire - page 195. Les chapelles latérales septentrionales sont également ajoutées lors de ces travaux Histoire de l'église, celles du sud datant du seront rendues communicantes pour former un collatéral en 1913. Du également date la réfection de la façade.
Paroisse des autorités municipales durant les et , elle abrita une relique de la mandibule de Saint-Marc, offerte par la république de Venise en remerciement de l'aide alimentaire apportée au cours d'une disette, probablement vénérée dans l'ex-chapelle Saint-Marc, de nos jours consacrée à la Vierge Marie, dont l'ancienne dédicace n'est plus rappelée que par la très belle clé de voûte représentant saint Marc et son lion ailé. Elle est alors la plus vaste paroisse d'Arles puisqu'elle englobe toute la Crau d'Arles (ce qui explique qu'elle fut le siège de la confrérie de Saint Véran, patron des bergers).
Rattachée à la paroisse Saint-Julien le , puis fermée le , elle est rétablie après le Concordat.
Ébranlée par des bombardements en 1944, des travaux importants de confortation de ses fondations furent nécessaires de 1980 à 1988.
Après avoir abrité la confrérie de Saint Véran (patron des bergers), elle est maintenant le siège de la confrérie des gardians de Saint-Georges, chassés après la Révolution de l'église Saint-LaurentMichel Baudat - Arles, ville sainte - Actes Sud - p.56, désaffectée, dans le Vieux-Bourg (actuel quartier de la Roquette); ils rendent hommage à leur patron saint Georges chaque , date à laquelle ils viennent en pèlerinage faire bénir leurs chevauxprésentation.
D'abord inscrite au titre des monuments historiques le , elle est classée depuis le .
Description
La nef, romane, comprend trois travées et sa voûte en berceau légèrement brisé est soutenue par des doubleaux à ressaut appuyés sur des piliers massifs. Le chevet, gothique, est constitué d'une travée de chœur voûtée sur croisée d'ogives et d'une abside à cinq pans, toutes deux aussi hautes et larges que la nef.
L'abside romane, détruite lors des travaux de réfection, était semi-circulaire et décorée de colonnettes de basalte et de porphyre provenant du temple antique ayant précédé l'église et dont huit furent offertes à Catherine de Médicis lors de son passage à Arles en 1569 et finirent au fond du Rhône, lors de leur transport, près de Pont-Saint-EspritJean Boyer, L'église de la Major - Documents inédits, Bulletin des Amis du Vieil-Arles, N°91, décembre 1995, pages 4 à 8; deux subsistent à l'ancienne cathédrale Saint Trophime où elles encadrent le retable en pierre surplombant le sarcophage à double registre ayant servi de fonts baptismauxJean Julien Estrangin, Description de l'église métropolitaine d'Arles, 1832, page 10.
La sobre façade, refaite au tout début du , est de style Louis XIIIbâtiment. Sa porte principale a été refaite en 1654, sur le modèle de celle de l'église Notre-Dame-la-Principale (de nos jours Sainte Anne), par Louis Ferran.
Le clocher, reconstruit en 1579, carré, exhaussé d'une pyramide, est surmonté, en 1867, d'une Vierge à l'Enfant dessinée par E. Lassale et réalisée par B. Cusson. Les cloches de ses baies sud et est sont remplacées en 1834. En 1869 il est muni d'une horloge et on y transfère pour lui servir de timbre la cloche de la cour royale de justice, la plus ancienne de la ville (1534), qui servait au à donner le signal de la retraite ou du couvre-feu, à appeler la population à certaines audiences, et surtout, cela jusqu'en 1820, à sonner le glas des condamnés à mort. En décembre 1940 les fils de Georges Paccard d'Annecy-le-Vieux refondent la plus grosse des cloches (, de diamètre, du ) car fêlée ; elle est remise en place et bénie le Michel Baudat - Arles, ville sainte - Actes Sud - pages 40 & 41.
Intérieur et mobilier
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Collatéral nord
1 - Chapelle Saint-Martin
À gauche, Croix du pont des Flâneurs, en fer forgé, croix dite de mission, seule rescapée de la poussée anticléricale de décembre 1901 qui fit abattre toutes les croix placées sur la voie publique, mise à l'abri à La Major au cours d'une procession (PHOTO) ;
au centre, fonts baptismaux en marbre vert (PHOTO) ressemblant curieusement aux bénitiers (PHOTO) se trouvant à l'entrée de la primatiale Saint-Trophime, avec au-dessus un tableau anonyme du , représentant l'Apparition de la Vierge à Sainte-Rose de Lima, inscrit au titre objet des monuments historiques depuis le ;
de part et d'autre, deux des 4 tableaux du sur les miracles de Saint-Antoine-de-Padoue, provenant de l'ancien couvent des Franciscains d'Arles, inscrits au titre objet des monuments historiques depuis le : la Prédication aux poissons (PHOTO), la Résurrection du jeune-homme assassiné (PHOTO) ;
à droite, statue en bois polychrome de Saint-Jean-Baptiste (PHOTO), première moitié du , par l'avignonnais Cournaud, inscrite au titre objet des monuments historiques depuis le .
2 - Chapelle Saint-Véran
Son mobilier originel ayant disparu, on y trouve sur un petit autel en marbre polychrome une statue peinte de Saint-Roch (PHOTO), très souvent représenté à Arles sous des formes variées (tableaux, statues, niches aux angles des rues) car invoqué pour se protéger de la redoutable peste.
3 - Chapelle du Sacré-Cœur
Au centre, Sacré Cœur de Jésus (PHOTO), statue en marbre du , dessinée par Johann Friedrich Overbeck et sculptée par Hauffman, bénie par le pape Pie IX;
de part et d'autre, les deux autres tableaux du sur les miracles de Saint-Antoine-de-Padoue, provenant de l'ancien couvent des Franciscains d'Arles, inscrits au titre objet des monuments historiques depuis le : la Mule s'agenouillant devant l'Eucharistie (PHOTO), la Jambe coupée ressoudée (PHOTO);
à droite, statue polychrome de Saint-Antoine-de-Padoue (PHOTO);
puits de lumière très joliment intégré au centre de la voûte de la chapelle (PHOTO).
4 - Chapelle du Purgatoire
Au centre, grand crucifix (PHOTO) ;
à droite, tableau du peintre aixois Carpenel de 1742 figurant la Vierge Marie présentant l'Enfant-Jésus à Saint-Blaise en costume d'évêque et Saint-Jean identifiable grâce à l'aigle et au livre, très intéressant car seul exemplaire connu à ce jour de peinture religieuse de cet artiste ; déposé dans cette chapelle après sa restauration en attendant celle du retable dont il provient, au-dessus de l'autel dit St Blaise.
Nef
5 - Autel de Notre-Dame-la-Major
Son retable entoure la niche ménagée dans le troisième pilier nord pour abriter à l'origine un buste en argent de la Vierge, réputé miraculeux, fondu à la Révolution, et close à cette époque par un tableau représentant une Vierge à l'Enfant remplacé aujourd'hui par une grille ; on y trouve désormais une statue-reliquaire de Charles Borromée du . Cet autel en marbre polychrome (PHOTO), refait en 1781 a été restauré en 2012 ;
6 - Autel de Notre-Dame de Pitié
Adossé au troisième pilier sud, il date de 1677, est en marbre polychrome, avec un retable orné d'une toile illustrant la Déploration du Christ et portant les armes de Louis d'Aube de Roquemartine (d'origine arlésienne, dernier du nom après 5 siècles et le décès de son frère aîné Claude marquis de Roquemartine ; né à Roquemartine le , baptisé le à Arles, mort à Arles le , prévôt de la métropole Saint Trophime de 1650 à 1704, évêque de Grasse de 1675 à 1680 puis comte-évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux de 1680 à 1713), déposée en attente de sa restauration, classé au titre objet des monuments historiques depuis le ;
Chaire à prêcher (PHOTO) En marbre polychrome du , elle a été sculptée, comme celle de la chapelle des Rois de Saint-Trophime, par le Lisbonnais Emmanuel Carvalho, inscrite au titre objet des monuments historiques depuis le ; elle fit suite à une plus ancienne dont il ne reste que l'escalier et sa porte d'accès, sur le côté ouest du deuxième pilier sud, entourée d'un encadrement sculpté dans la pierre, au décor Renaissance (1589) avec un fronton curviligne brisé et deux pilastres latéraux cannelés (PHOTO), typiques du style maniériste, et dû au maître-maçon arlésien Pierre Piau.
Collatéral sud
7 - Chapelle de la Vierge Marie Autrefois chapelle Saint-Marc dont il ne reste que la très belle clé de voûte représentant saint Marc l'évangéliste avec son symbole : le lion ailé de Venise (PHOTO), ayant probablement abrité la relique aujourd'hui disparue de la mandibule de saint Marc ; elle est depuis le dédiée à la Vierge et décorée d'un autel en marbre polychrome au beau décor néoclassique surmonté d'une Vierge à l'Enfant (PHOTO), statue en marbre du de l'artiste italien Raffaele Monti ; à gauche, au-dessus d'un confessionnal, tableau l'Instauration du Rosaire du peintre arlésien François Huard en 1837, représentant saint Dominique recevant le Rosaire des mains de l'Enfant-Jésus porté par la Vierge et entouré des 15 médaillons des Mystères du Rosaire (PHOTO), classé au titre objet des monuments historiques depuis le .
8 - Chapelle Saint-Joseph
Auparavant dédiée à saint- Charles-Borromée, elle est ornée de deux statues peintes, l'une de saint Joseph (PHOTO), l'autre de Jeanne d'Arc (PHOTO).
9 - Espace de la Confrérie des Gardians de Saint Georges
Au-dessus du banc d'œuvre de la confrérie, se trouve une niche fermée de barreaux en forme de trident camarguais, outil basique pour le travail du gardian, et abritant la statue en bois polychrome et doré, anonyme du , représentant le saint-patron des gardians : saint Georges, terrassant le dragon (PHOTO) ; inscrite au titre objet des monuments historiques depuis le .
10 - Maître-autel en bois doré du