La Centrale catholique du cinéma (CCC) est un organisme français de contrôle de bienséance créé en à l’instigation du pape Pie XI, chargé de labelliser les films selon une cotation morale.

Mis en place par le chanoine français Joseph Reymond, le Comité catholique du cinématographe devient en 1934, sous l'égide de l'Action Catholique, la Centrale catholique du cinéma et de la radio (CCCR) , la Centrale catholique du cinéma, de la radio et de la télévision (CCCRT) en 1955 puis l'Office catholique français du cinéma (OCFC) en 1959 et Chrétiens-Media en 1982, organisme chargé d'établir les relations publiques de l'Église avec le monde des médias..

Aperçu historique Après une période de réticence face à l'outil cinématographique, une fraction des milieux ecclésiastiques, sous l'influence du pape Pie XI qui prône l'ouverture à la modernité, comprend l'intérêt de ce média, dans une explicite perspective de renouvellement pastoral et de promotion de la foi et de la morale catholiques. Anticipant les encycliques Divini illius Magistri et publiées par Pie XI en 1929 et 1936, plusieurs pays se dotent d'une Centrale catholique du cinéma qui s'efforce d'influencer en amont les créations cinématographiques et orienter en aval le choix des spectateurs.. À partir du milieu des années 1920, les salles de cinéma paroissiales se multiplient. C'est dans ce contexte qu'est créé en France en le Comité catholique du cinématographe sur l'initiative du chanoine Reymond. Cet organe catholique d'information cinématographique et de critique de films publie une revue mensuelle, les Dossiers du cinéma, qui entend rendre publiques les évaluations de la qualité des films programmés selon des cotations moralesCotes morales attribuées en France en 1950 par la Centrale catholique du cinéma et de la radio (pour des exemples détaillés, consulter l'article cinéma Saint-Denis) : - 3 (enfants même non accompagnés) - 3bis (familles) - 4 (adultes) - 4a (adultes avertis) - 4bis (à déconseiller) - 5 (à proscrire : par discipline chrétienne, il est demandé de s'abstenir de voir ce film). Cf affichées au fond des églises, diffusées dans les journaux catholiques et les bulletins paroissiaux.. Ces cotes sont regroupées à partir de 1934 dans une revue hebdomadaire puis rapidement mensuelle, Les Fiches du cinémaLes Fiches du cinéma. La collection et le titre sont repris par une association après le disparition de l'Office catholique français du cinéma à la fin des années 1970., puis à partir de 1944 dans un répertoire général annuel des films.Ce répertoire est un ouvrage de 400 pages qui devient en 1998 L'annuel du cinéma publié par Les Fiches du cinéma.. . Le réseau de cinéma paroissial (né souvent à l'intérieur des patronages dans les quartiers périphériques, les petites villes, voire les bourgades rurales à la suite de l'électrification des campagnes) atteint près de salles en 1936. Contrôlé par cette Centrale catholique, il devient un acteur à part entière de la diffusion de masse de la culture.. Proposant une vision chrétienne du monde, il instaure sa propre censure via une commission chargée de voir tous les films à l'affiche et qui est consultée par les grandes firmes de cinéma soucieuses de conserver leur importante clientèle catholique. Cette commission pratique la , ce qui permet la . Ainsi, le poids de cette centrale explique qu'elle exerce une influence sur la production cinématographique française pendant près de trois décennies et a .

Visant à l'encadrement des loisirs péri- et postscolaires, le réseau des salles paroissiales fédéré par la Centrale catholique et qui s'appuie sur les milliers de films de la Cinémathèque de l'Enseignement libre, entre en concurrence avec l'Union française des offices du cinéma éducateur laïque (UFOCEL, fédération rattachée à la Ligue de l'enseignement, elle est créée en 1933 et devient en 1953 l'UFOLEIS, l'Union française d'éducation par l'image et le son) et ses 17 réseaux régionaux OROLEISOffice Régional des Œuvres Laïques d'Éducation par l'Image et par le Son. qui songent à l'introduction du cinéma à l'école,« de la Maternelle à l'Université », et créent des ciné-clubs au sein des établissements scolaires.. Le cinéma paroissial entre aussi en concurrence avec la Fédération française des ciné-clubs créée en 1946 sous l'égide du Parti communiste, ces deux organisations ayant et proposer une offre différente des réseaux de grande exploitation commerciale..

L'influence de la Centrale catholique du cinéma décline à partir des années 1960 qui inaugurent la crise du cinéma de patronageCe déclin s'explique par plusieurs facteurs selon Michel Lagrée, historien spécialisé dans l'histoire du catholicisme : . Cf .. La cotation morale s'assouplit dans les années 1970 qui voient la disparition de la centrale, avant de cesser complètement à la fin du .

Expérience de Pierre Goursat Pierre Goursat, responsable de la Centrale catholique avant de démissionner en 1970, écrit sur son expérience : .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Office catholique international du cinéma et l'audio-visuel Commission pontificale pour la cinématographie

Liens externes

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