Un incendie est un feu non maîtrisé, ni dans le temps, ni dans l'espace. La caractéristique d'un incendie est de pouvoir s'étendre rapidement et d'occasionner des dégâts généralement importants. Ses conséquences sont destructrices tant sur l'environnement dans lequel il évolue que sur les êtres vivants qu'il rencontre. vignette|redresse|Feu de forêt en 2003 en Allemagne. Les risques d'incendie ont conduit à la création d'un corps spécialisé dans l'organisation de la prévention et de la lutte contre l'incendie : les pompiers. Causes

Les causes d'incendies sont nombreusesD. Alexandiran et M. Gouiran, Les causes d'incendie : levons le voile , Revue forestière française, 1990, fascicule thématique, Espaces forestiers et incendies., mais la majeure partie des incendies a une origine humaineH. Tazieff, Catastrophes naturelles, entretien avec Roland Bechmann et Dominique Baricheff, 1988. (imprudence, malveillance, mauvaise préparation aux catastrophes naturelles telles que tremblements de terre, tsunamis…) : utilisations d'armes (incendiaires notamment) ; causes techniques, dont réactions chimiques très exothermiques, les contextes d'« atmosphères explosives »J. C. Martin, Incendies et explosions d'atmosphère, PPUR presses polytechniques, 2008. ; utilisation de chalumeaux ou de matériels électriques ou faisant des étincelles, qui sont fréquemment responsables d'incendies de chantiers (un tous les trois jours rien qu'à ParisGrégoire Noble, Un incendie de chantier se déclare tous les trois jours à Paris [… un risque encore sous-évalué par les professionnels mais dont les conséquences sont parfois désastreuses. Retours d'expériences], 2014.).

Les raccordements défectueux illégaux au réseau électrique sont une cause connue d'incendie, avec divers cas produits. vignette|Navire frigorifique estonien Tahoma Reefer en feu en 2006 dans le port de Monrovia, au Liberia. Il fut secouru par un navire du . Les causes d'incendies naturels sont la foudre, l'éruption volcanique avec coulées de lave, certaines catastrophes naturelles et bien plus rarement la fermentation (tourbières…).

Selon les experts, les incendies d'origine électrique sont souvent dus à des dégradations localisées des câbles et des connexions entrainant une surchauffe ponctuelle et une carbonisation des isolants qui peuvent s'enflammer dès l'apparition d'un arc électrique, en particulier au niveau des connexions, ces phénomènes étaient quasiment indétectables, jusqu'à l'apparition de la technologie du détecteur d'arc, qui sont devenus obligatoires aux États-Unis depuis plus de dix ans sous le nom de AFCI (). Cette technologie est émergente hors des États-Unis et fait l’objet d’une Norme internationale IEC 62 606Norme IEC 62 606, Commission électrotechnique internationale. qui définit le mode de fonctionnement de ces produits qui sont appelés AFDD ().

Après les actes volontaires, on estime que le non-respect de l'interdiction de fumer et les incidents d'origine électrique constituent la majeure partie des risques de départ d'incendie.

Il est possible de limiter les risques de départ et d'alimentation du feu en aménageant les forêts par, par exemple, des campagnes de débroussaillement.

Dangers vignette|Début d'incendie d'un immeuble a Mérignac en Gironde en 2008. L'épaisse fumée noire est produite par la combustion du goudron. Une partie des principaux dangers auxquels s'expose une personne proche d'un incendie sont liés à la chaleur élevée. Même en dehors des flammes, on s'expose au risque de brûlure dues principalement aux fumées chaudes, mais aussi au rayonnement infrarouge, au contact avec des objets chauffés, à l'air chauffé, ou bien aux vapeurs d'eau produites par l'arrosage. Pour se prémunir des brûlures, les pompiers sont équipés de vêtements protecteurs ignifugés et de casques ralentissant la progression de la chaleur vers la peau.

Les autres risques sont essentiellement respiratoires. En effet le feu consomme le dioxygène de l'air, indispensable à la survie et peut donc entraîner une asphyxie que l'on nomme risque anoxie. En outre, le feu dégage des fines particules (communément appelées fumée) qui peuvent venir brûler l'intérieur des poumons, et souvent des gaz toxiques pouvant provoquer des empoisonnements, notamment le monoxyde de carbone (inhalation de fumées).

À titre d'exemple, les matières plastiques contenues dans une voiture peuvent générer de fumée à un rythme de 20 à cubes par seconde. C'est pourquoi les pompiers portent un appareil respiratoire isolant.

La chaleur peut provoquer des explosions de bouteilles de gaz et de réservoirs, ainsi que de certains produits comme les engrais ammonitrés. Ces explosions peuvent provoquer des traumatismes par chute (personne renversée), projection d'éclats, ainsi que de par la surpression occasionnée (blast).

En intérieur, il faut ajouter deux risques : l'obscurcissement de la vision par la fumée : on ne voit pas où l'on va, et l'on peut donc faire une chute ou se perdre ; le risque d'effondrement de la structure.

Dégâts résultant d'un incendie vignette|redresse|Restes calcinés de la salle du théâtre du Capitole, au lendemain de l'incendie du . Lors d'un incendie, les dégâts ne sont pas uniquement causés par le feu lui-même.

Tout d'abord, les suies dues à la combustion peuvent voyager bien plus loin que les limites du feu lui-même. Il n'est pas rare en effet que les suies d'incendie se propagent à d'autres pièces, voire à d'autres bâtiments. Ces suies sont extrêmement volatiles et pénètrent partout, y compris dans tous les appareils électroniques exposés ce qui peut, en cas de non traitement, mener à un nouvel incendie dans le futur. C'est pour cette raison qu'il est indispensable de faire appel à des sociétés spécialisées de l'assainissement après sinistres.

Ensuite, lors de la combustion, des vapeurs chlorées sont rejetées dans l'atmosphère et pénètrent également partout. Si l'effet n'est pas directement visible, il est mesurable et doit absolument être pris en compte lors du choix des techniques d'assainissement du site. Si la zone sinistrée n'est pas traitée correctement, un problème de corrosion va vite apparaître et toucher toutes les pièces métalliques, y compris toute l'électronique. Ce phénomène peut entraîner l'effondrement de structures ou un nouvel incendie si l'électronique est touchée.

Pour finir, la plupart des dégâts proviennent généralement des centaines, voire des milliers de mètres cubes d'eau nécessaires à éteindre, puis refroidir un incendie. Il n'est pas rare non plus qu'une inondation se produise à la suite de l'explosion d'une conduite d'eau sous l'effet de la chaleur dégagée par les flammes. Toute une opération de séchage et de déshumidification du site est donc nécessaire dans la majorité des cas.

Si une action rapide des services de secours est primordiale, un assainissement durable est nécessaire à mettre en place afin de préserver ce que les pompiers ont réussi à sauver.

Développement d'un incendie Un incendie se développe en plusieurs phases au cours desquelles sa température va s'élever. Cependant en fonction de son environnement, il peut aussi s'étendre et décliner s'il manque de combustible, de comburant ou de chaleur.

Éclosion La rencontre des éléments du triangle du feu, c’est-à-dire un combustible, un comburant (en général le dioxygène de l'air) et une énergie d'activation (chaleur, flamme nue, étincelle) suffisante vont permettre à la combustion de s'amorcer.

À ce stade, le dégagement de chaleur est modéré, les fumées peu abondantes (appelée parfois à tort aérosol, ce terme désignant en fait un mélange liquide/gaz alors que la fumée est un mélange solide/gaz)

Croissance vignette|redresse|L'incendie des entrepôts VR à Helsinki, en Finlande, le . La combustion produit de la chaleur (réaction exothermique), le feu entretient et accroît l'énergie d'activation. Si le combustible et le comburant sont disponibles en quantités suffisantes, l'incendie s'étend de manière exponentielle. On estime que pour éteindre un feu sec naissant, il faut : un verre d'eau durant la première minute ; un seau d'eau au cours de la deuxième minute ; une citerne d'eau au bout de la troisième minute. Dans le cas d'un feu dans un volume clos (par exemple un feu d'habitation), on estime que la température de l'air atteint au bout de cinq minutes alors que dans une cage d'escalier, elle peut atteindre dans le même temps.

Phénomènes thermiques et progressions rapides du feu Dans certaines conditions, il peut se produire une progression rapide du feu (PRF) par des accidents thermiques. Le principal facteur favorisant l'apparition de ces phénomènes est le flux d'air alimentant le feu : feu alimenté en air : embrasement généralisé éclair par exemple dans un local semi-ouvert ; feu carencé en air : explosion de fumées par exemple par apport soudain d'air par ouverture rapide d'une porte. Cependant, les phénomènes sont plus complexes, et les Anglosaxons distinguent deux types d'explosion de fumées, le et le , et envisagent la possibilité d'une explosion avec un feu alimenté ().

Ces phénomènes peuvent se produire pour des volumes très réduits, comme un conteneur de poubelles métallique.

Feu constitué C'est le moment où le feu est au plus fort. À ce moment-là, il se stabilise et va entreprendre sa phase de déclin.

Déclin Le déclin intervient lorsque le feu cesse de croître. Le feu va progressivement baisser en intensité puis entrer en combustion lente jusqu'à ce qu'il manque de combustible et s'éteigne.

Vocabulaire du feu Un feu se propage à partir d'un point considéré comme le départ du feu vers la tête de feu en progressant selon un axe de propagation principal. La surface globale parcourue est une ellipse, en forme de goutte d'eau, brûlée en totalité ou en partie.

On distingue plusieurs étapes : Fixé Un feu est considéré comme « fixé » lorsque son axe de propagation est stoppé en tête de feu.

Le feu “n’avance plus”, en revanche les flammes peuvent rester vives et l’incendie peut rester “actif sur les côtés” (flancs). Un feu fixé n’est pas forcément maîtrisé.

Sous contrôle Ce terme ne fait pas partie du vocabulaire classique des pompiers et doit être pris avec circonspection.Il a été utilisé dans le cadre du mégafeu de Gironde et Landes (Juillet 2026) constituant un groupe de feux qui peuvent difficilement être qualifiés dans leur ensemble.La plupart des feux concernés sont considérés comme fixés, sans que l'on puisse considérer que la totalité le soit. Maîtrisé Les flammes considérées comme les plus importantes sont éteintes. Circonscrit Un feu est considéré comme circonscrit lorsque un incendie est contenu dans une zone définie et ne peut plus se propager au-delà de celle-ci. Cela signifie que le feu est encerclé et que sa progression est stoppée, bien qu’il puisse encore brûler à l’intérieur de la zone délimitée.

Les pompiers ont réussi à établir un périmètre autour de l’incendie, empêchant ainsi sa propagation. Cette étape est cruciale pour éviter que le feu ne s’étende à d’autres zones, notamment en cas de conditions météorologiques défavorables comme des vents forts.

Noyé Le sol est arrosé de telle sorte qu'il n'y ait plus de reprise de feu à partir de points chauds. Éteint En finale, démobilisation des équipes d'intervention, retour à la caserne des pompiers.

Modes de propagation

Rayonnement Il s'agit d'un mode de propagation à distance qui peut se faire dans le vide. C'est le phénomène qui fait que lorsque l'on est face à un feu, le côté exposé est chaud alors que le côté opposé est froid.

La fréquence du rayonnement située est dans l'infrarouge (IR). La puissance du rayonnement est fonction de : la température (le rayonnement augmente avec la puissance quatrième de la température) la distance (le rayonnement diminue avec le carré de la distance) la nature des particules constituant les fumées, notamment les suies

Convection