Des élections législatives anticipées ont eu lieu en Grèce le , après avoir été annoncées pour le . Ces élections étaient initialement prévues pour 2013, conformément à la Constitution, mais la signature de l'accord ayant conduit à la formation en d'un gouvernement d'unité nationale, en vue de ratifier et mettre en œuvre les mesures de rigueur élaborées en concertation avec les autres pays de la zone euro et le FMI, incluait comme condition l'organisation d'élections anticipées. Le , le gouvernement annonce la tenue de ces élections au mois avril, peu après le vote par le Parlement d'un nouveau plan de rigueur particulièrement drastique.

Comme ces élections n'ont pu aboutir à la formation d'un gouvernement, de nouvelles élections législatives auront lieu le .

Contexte

La crise de la dette dans la zone euro et la crise de la dette publique grecque ont rapidement conduit à une crise politique. Mis sous pression par les manifestations contre les plans de rigueur mis en place par son gouvernement, le Premier ministre socialiste Giórgos Papandréou annonce la tenue d'un référendum sur l'adoption des mesures préconisées, en échange de leur aide, par l'Union européenne, le FMI et la Banque centrale européenne. Cette annonce provoque une vive controverse et pousse les leaders de l’opposition à réclamer l’organisation d'élections anticipées. Papandréou se résout finalement à faire adopter les mesures de rigueur par le Parlement et remet sa démission.

Un nouveau gouvernement d'union nationale est formé le avec à sa tête l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne Loukás Papadímos. Il allie les deux principaux partis du pays, le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) et la Nouvelle Démocratie (ND, droite), ainsi que le parti d'extrême-droite LAOS.. Le Parti communiste, les partis de la gauche radicale et quelques dissidents du PASOK et de la ND forment l'opposition.

Le vendredi , les conditions d'adoption d'un nouveau plan de rigueur provoquent des tensions au sein du gouvernement. Les quatre ministres de LAOS et deux ministres socialistes démissionnent« Grèce: démissions en série au sein du gouvernement, Papadímos craint le « chaos » », Libération, 10 février 2012.. Dans la nuit du 12 au , un nouveau plan de rigueur particulièrement dur (salaire minimum réduit à brut sur quatorze mois, suppression de emplois dans la fonction publique) est adopté par 194 députés sur 300. À l'extérieur, une grande manifestation a lieu, en marge de laquelle des affrontements avec les forces de l'ordre font plusieurs blessés et provoquent une série d'incendies, touchant notamment la salle historique Attikón.. Quelques heures plus tard, le porte-parole du gouvernement annonce la tenue d'élections anticipées pour le mois d'avril.

Mode de scrutin

Forces en présence Sur 36 partis politiques se présentant, 32 sont in fine autorisés à participer à ces élections par la Cour suprême (un parti devant pour ce faire changer de nom : les « Tyrannicides »).

Les principaux partis politiques participant à ces élections sont : le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) est un parti social-démocrate modéré, vainqueur des élections législatives d'octobre 2009. Le PASOK avait alors obtenu 43,9 % des suffrages exprimés et . Son président, Giórgos Papandréou, a pris la tête du nouveau gouvernement. Le PASOK a subi un nombre important de défections au sein de son groupe parlementaires qui ont affaibli Papandréou et ont progressivement poussé celui-ci à la démission ; la Nouvelle Démocratie (ND) est un parti conservateur qui a dirigé le gouvernement à plusieurs reprises. La ND avait été vaincue par le PASOK en 2009, obtenant 33,5 % des voix et . La ND participe au gouvernement d'union nationale mis en place en en alliance avec le PASOK et la Laos. À l'époque, cette participation avait été conditionnée à l'organisation d'élections anticipées ; le Parti communiste de Grèce (KKE) est un parti d’obédience marxiste-léniniste, très présent dans les mouvements sociaux et assez anti Union européenne. Le KKE avait obtenu 7,5 % des voix et lors du scrutin de 2009 ; l’Alerte populaire orthodoxe (Laos) est un parti d'extrême-droite qui avait obtenu 5,6 % des voix et lors des élections de 2009. La Laos a participé au gouvernement d'union nationale jusqu'au , quand ses quatre ministres ont remis leur démission pour protester contre les mesures de rigueur proposées au vote des parlementaires ; la Coalition de la gauche radicale (SYRIZA) est une alliance de plusieurs partis de la gauche antilibérale et de l'extrême gauche, dont la principale composante est Synaspismós. La Syriza avait obtenu 4,6 % des voix et lors des élections législatives de 2009. Cette coalition est rejointe par des membres exclus du PASOK comme Sofía Sakoráfa ; la Gauche démocrate (Dimar) provient d'une scission du courant modéré de SYRIZA, en désaccord avec l'orientation jugée trop radicale de leur mouvement avec le PASOK. Quatre députés élus en 2009 sur les listes de la Syriza en sont membres. La Dimar a été rejointe au cours de la législature par plusieurs anciens membres du PASOK, portant les effectifs de son groupe parlementaire à quelques jours avant les élections ; le Pacte social (KE) est une scission du PASOK menée par neuf députés hostiles au soutien de leur ancien parti aux plans de rigueur ; les Grecs indépendants (ANEL) sont une scission de la ND menée par huit députés hostiles au soutien de leur ancien parti aux plans de rigueur ; l’Alliance démocrate (Disy) est une scission de la ND menée par quatre députés hostiles au soutien de leur ancien parti aux plans de rigueur ; les Verts écologistes (OP) sont un parti se réclamant de l'écologie politique qui avait échoué en 2009 à faire son entrée au Parlement en obtenant 2,5 % des voix ; l’Aube dorée (XA) est un parti ultranationaliste et néonazi fondé en 1993, qui a connu ses premiers succès électoraux lors des élections municipales de 2010 à Athènes, en obtenant un député au conseil municipal.

La composition politique du parlement sortant est la suivante, avec l'évolution survenu depuis des dernières élections : Parti Nb de sièges 2009 Dissolution +/- Partis officiels Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) 160 129 -31 Nouvelle Démocratie (ND) 91 72 -19 Parti communiste de Grèce (KKE) 21 21 Alerte populaire orthodoxe (LAOS) 15 16 +1 Coalition de la gauche radicale (SYRIZA) 13 11 -2 Gauche démocrate (DIMAR) 0 10 +10 Grecs indépendants (ANEL + PARMAP) 0 11 +11 Coalitions et non-inscrits Pacte social (KOISY) 0 8 +8 Alliance démocrate (DISY) 0 4 +4 Non-inscrits 0 18 +18

Intentions de vote

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Les différentes enquêtes sur les intentions de vote menées par les instituts de sondages grecs laissent envisager un effondrement du PASOK, une stagnation, voire un recul de la ND et de LAOS, et une très forte poussée des partis de la gauche radicaleLes extrêmes vont tirer parti de la colère grecque, Le Figaro, 3 mai 2012.. Aucun parti ne devrait être en mesure d'obtenir la majorité absolue des sièges à pourvoir.

Il convient de se reporter à la version anglaise de cette page qui intègre les derniers sondages jusqu'au (date limite imposée par la législation grecque) ainsi que la fusion des partis ANEL et PARMAP dans la coalition des Grecs indépendants.

Les principales différences entre la dernière volée d'enquêtes publiées le et les scores du concernent : SYRIZA : progression de Nouvelle Démocratie : diminution de PASOK : diminution de Aube dorée : progression de Le fait que SYRIZA échoue à seulement de la première place (très importante compte tenu du mode de scrutin) n'a ainsi pas pu être anticipée.

Date Institut PASOK ND KKE LAOS SYRIZA DIMAR Verts DISY XA Autres/Indécis Élections 2009 43,9 % 33,5 % 7,5 % 5,6 % 4,6 % - 2,5 % - - Autres — 2,3 % Oct. 2010. Public Issue42,5 %28 %11 %5,5 %4,5 %1,5 %2,5 % – –Autres — 4,5 % . Public Issue38,5 %30,5 %10,5 %5,5 %6 %2 %2,5 %2 % –Autres — 2,5 % . Public Issue38 %30,5 %10,5 %6 %4,5 %2,5 %3 %2 % –Autres — 3 % . VPRC33 %32 %12,5 %5 %5 %2,5 %4 %2 % –Autres — 4 % . Public Issue33,5 %27 %12 %8,5 %5,5 % – – – –Autres — 13 % . VPRC31,5 %30,5 %12 %7,5 %5 %2 %3,5 %1,5 %1,5 %Autres — 5 % . Public Issue32 %29 %12 %8 %6,5 %3,5 %3,5 %1,5 % –Autres — 4 % . VPRC30,5 %31 %12 %7,5 %5,5 %2,5 %3 %1 %1 %Autres — 6 % . Public Issue27 %31 %11 %8 %6,5 %3 %3,5 %2,5 % –Autres — 8,5 % . VPRC26 %28,5 %13,5 %7 %6,5 %3 %3,5 %2 %1 %Autres — 9 % . VPRC25,5 %29,5 %13 %7,5 %7 %2,5 %4 %2 %1,5 %Autres — 6,5 % . Public Issue26,5 %32,5 %11,5 %7,5 %9 %2 %3,5 %1,5 % –Autres — 6 % . VPRC24,5 %30 %13 %7,5 %7 %3 %5 %1,5 %1,5 %Autres — 7 % . Public Issue28 %32 %10,5 %8 %9 %3 %4 %1,5 % –Autres — 4 % . GPO15,5 %22,3 %9,8 %7,9 %4,8 %2,7 %2,4 %2,0 % –32,6 % . Alco15,5 %21,3 %7,4 %5,6 %5,0 %2,5 %3,0 %2,5 % –37,2 % Oct. 2011. Public Issue22,5 %31,5 %10,5 %9 %9,5 %5 %3 %2 % –Autres — 7 % Oct. 2011. VPRC19,5 %31 %13,5 %8 %8,5 %4 %4,5 %2 %1,5 %Autres — 7,5 % . Public Issue19,5 %28,5 %11 %8,5 %12 %7,5 %3,5 %2,5 % –Autres — 7 % . MRB18,1 %33,1 %11 %7,1 %8,8 %7,5 %3,2 %3,2 % –Autres — 8 % . VPRC18,5 %32 %12,5 %7 %10 %6,5 %3,5 %2 %1 %Autres — 7 % . GPO15,3 %21,5 %10,0 %7,1 %6,1 %6,3 %3,0 %2,3 % –28,4 % . Public Issue15,5 %30 %13,5 %6 %14 %9,5 %4 %3 % –Autres — 4,5 % . Metron Analysis17,1 %29,3 %13,6 %9,2 %10,7 %5,9 %5,8 %2,5 % –Autres — 5,9 % . VPRC18 %30,5 %13 %7 %11 %8,5 %3 %2 %1,5 %Autres — 5,5 % . VPRC12 %30,5 %12,5 %6 %12,5 %13 %3 %2,5 %2,5 %Autres — 5,5 % . To The Point7 %18,6 %8,7 %4,3 %8,2 %7,5 %3,6 % –1,7 %40,4 % . Pulse13,5 %27 %12,5 %5,5 %12 %11,5 %3,5 %3 %3 %Autres — 8,5 % . Public Issue8 %31 %12,5 %5 %12 %18 %3,5 %2 %3 %Autres — 5 % . VPRC11 %27,5 %14 %4,5 %13,5 %16 %3,5 %2 %2,5 %Autres — 5,5 % Élections 2009 43,9 % 33,5 % 7,5 % 5,6 % 4,6 % - 2,5 % - - Autres — 2,3 % Date Institut PASOK ND KKE LAOS SYRIZA DIMAR Verts DISY XA Autres/Indécis

Résultats +Résultats des élections législatives grecques de mai 2012.Fichier:Hellenic Parliament Structure May 2012.SVG Parti Voix % +/- Sièges +/- Nouvelle Démocratie (ND)18,85108 Coalition de la gauche radicale (SYRIZA)16,7952 Mouvement socialiste panhellénique (PASOK)13,1841 Grecs indépendants (ANEL)10,62Nv.33 Parti communiste de Grèce (KKE)8,4826 Aube dorée (XA)6,9721Gauche démocrate (DIMAR)6,11Nv.19Verts écologistes (OP)2,930 Alerte populaire orthodoxe (LAOS)2,890Alliance démocrate (DISY)2,55Nv.0Recréer la Grèce (DX)2,15Nv.0Liste commune Drassi-1,80Nv.0 Antarsya1,190Pacte social (KOISY)0,96Nv.0Liste commune -0,920Mouvement je ne paie pas (KP)0,88Nv.0 Union des centristes (EK)0,610Association Unité nationale (SEE)0,61Nv.0Parti pirate (KPE)0,51Nv.0Société - Parti des successeurs de Kapodístrias (Kinonía)0,450Liste commune —0,250 Autres partis0,29 –0 –Suffrages exprimés97,64Votes invalides1,77Votes blancs0,59Total100 – 300Abstention34,88Inscrits/Participation65,12

vignette|500px|Résultats détaillés par circonscriptions|center

Tentatives de formation d'un gouvernement Les élections législatives du ont bouleversé le paysage politique grec. Le gouvernement sortant était constitué de technocrates, formé avec le soutien de 3 partis : le PASOK subit une défaite sans doute inédite, passant, en seulement , de 44 % à 13 % ; Nouvelle Démocratie, pourtant très largement à l'origine de l'endettement extrême du pays, limite les dégâts en gagnant 17 députés, grâce à la prime majoritaire de 50 députés, malgré une chute de 48 % du nombre de suffrages obtenus (-60 % par rapport à 2007) ; le parti d'extrême droite Laos perd lui tous ses députés, en passant en dessous du seuil de 3 %. Les deux seuls partis soutenant le plan d'austérité n'ayant recueilli que sur les 151 nécessaires à la formation d'une majorité, la formation d'un gouvernement de coalition est difficile.

Selon la Constitution grecque, c'est au parti arrivé en tête que revient le droit de former un gouvernement. Antónis Samarás, dont le parti ND a recueilli 18,85 %, renonce le .