Le César est un vaisseau de ligne de 74 canons à deux ponts de la Marine royale française. Commandé au printemps 1767 aux chantiers navals de Toulon, il est lancé le . Il est activement engagé dans la Guerre d'Indépendance américaine à la fin de laquelle il est perdu au combat.

Caractéristiques générales Le César est un vaisseau de force de 74 canons lancé selon les normes définies dans les années 1740 par les constructeurs français pour obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la marine anglaise qui dispose de beaucoup plus de vaisseaux depuis la fin des guerres de Louis XIV.. Sans être standardisé, le César, partage les caractéristiques communes de tous les « 74 canons » construits à des dizaines d’exemplaires jusqu’au début du et qui évoluent au rythme lent des techniques de construction de l’époque et de la volonté des responsables navals d’exploiter au mieux cette excellente catégorie de navire de guerreJacques Gay dans et Jean Meyer dans ..

Comme pour tous les vaisseaux de guerre de l’époque, sa coque est en chêne. Son gréement, (mâts et vergues) est en pin.. Il y a aussi de l’orme, du tilleul, du peuplier et du noyer pour les affûts des canons, les sculptures des gaillards et les menuiseries intérieures. Les cordages () et les voiles (à peu près ) sont en chanvre. Un deuxième jeu de voiles de secours est stocké en soute. Prévu pour pouvoir opérer pendant des semaines très loin de ses bases européennes s’il le faut, ses capacités de transport sont considérables. Il emporte pour trois mois de consommation d’eau, complétée par six mois de vin d’eau douce. de vin rouge, à raison d’un litre par jour et par homme. Le vin complète largement l’eau qui est croupie dans les barriques au bout de quelques semaines. Jacques Gay dans . S’y ajoute pour cinq à six mois de vivres, soit plusieurs dizaines de tonnes de biscuits, farine, légumes secs et frais, viande et poisson salé, fromage, huile, vinaigre, sel, sans compter du bétail sur pied qui sera abattu au fur et à mesure de la campagneDes moutons (six par mois pour ), volailles (une poule par mois pour sept hommes, avec aussi des dindes, des pigeons, des canards), Jacques Gay dans ..

Il dispose sur son pont inférieur de de 36 livres (les plus gros calibres en service dans la flotte à cette époque) et de de 18 livres sur son pont supérieur. En outre, de 8 livres sont répartis sur les gaillards. Cette artillerie en fer pèse . Pour l’approvisionner au combat, le vaisseau embarque près de pesants au total Dans le détail : de , et . .. S’y ajoute des boulets ramés, chaînés et beaucoup de mitraille (8 tonnes). Il y a de poudre noire, stockée sous forme de gargousses ou en vrac dans les profondeurs du vaisseauEn moyenne : un quart de la poudre est mise en gargousse à l’avance pour les besoins de la batterie basse, celle des plus gros canons au calibre de , et un tiers pour les pièces du second pont et des gaillards. . En moyenne, chaque canon dispose de 50 à 60 boulets.

La participation du navire à la Guerre d'Indépendance américaine La campagne dans l'escadre de d'Estaing (1778-1779) Lorsque débute l'engagement français dans la guerre d'indépendance des États-Unis, il est sous les ordres du capitaine de Raimondis. Le , il quitte Toulon à destination de l'Amérique, au sein des 12 vaisseaux de l'armée navale du comte d'Estaing. . Composition complète de l'escadre : À l’avant-garde, le Zélé de 74 canons, le Tonnant (80 canons), le Provence (64), et le Vaillant (64). Le corps de bataille au centre : Le Marseillais (74), le Languedoc (80) navire amiral de d’Estaing, l’Hector (74), le Le Protecteur (74). À l’arrière-garde : le Fantasque (64), le Sagittaire (50), le César (74), le Guerrier (74). Les frégates : l’Engageante (36), la Chimère (36), l’Aimable (32), la Flore (32) et l’Alcmène (32).. Le , la flotte arrive à l'embouchure du Delaware, au nord de Baltimore, et poursuit plusieurs navires ennemis. Le , elle force le détroit de New-York et pénètre dans la baie du Connecticut, où mouillent les forces britanniques. Les Anglais brûlent sept de leurs bâtiments et leurs magasins. Le , le César est séparé de l'escadre par une violente tempête au moment où allait s'engager une bataille avec les forces de Richard Howe. Le , il combat contre le puis va se mettre à l'abri à Boston où il est rejoint par les autres bâtiments français.

En , après le passage de l'escadre de d'Estaing dans les Antilles, le César participe à la vaine canonnade de Saint-Lucie et .. Le , il est engagé sur l'arrière garde dans la dure mais victorieuse bataille de la Grenade contre les forces de John Byron. Après l'échec de d'Estaing devant Savannah (), le César rentre en France avec les autres vaisseaux arrivés sur l'Amérique en 1778 afin d'être remis à neuf et de renouveler l'équipage.

La campagne dans les forces du comte De Grasse (1781-1782) thumb|droite|Représentation imaginaire de la perte du César. (Le vaisseau peint par François Dumoulin est un trois-ponts alors que le César était un deux-ponts) En 1781, le César repart pour les Antilles sous le commandement du chevalier d'Espinouse dans la grande escadre du comte De Grasse. Le , il participe à l'engagement de Fort-Royal pour faire lever le blocus de la MartiniqueJean Meyer, dans . .. Le , il fait partie de l'escadre qui couvre le débarquement français sur l'île de Tobago. Le , il est présent à la décisive bataille de la Chesapeake qui parachève l'encerclement des forces anglaises à Yorktown.

En 1782, toujours dans les forces du comte De Grasse, il passe aux Antilles et participe en janvier au combat de Saint-Christophe qui permet de s'emparer de l'île du même nomJean Meyer, dans . .. Le , alors que l'armée navale escorte un gros convois, le César combat à la bataille des Saintes au cours de laquelle il est totalement démâté puis capturé par le . Dans la nuit qui suit la bataille, un feu se déclenche pour une raison inconnue dans la sainte-barbe et le fait exploser, tuant 400 marins Français et 50 Anglais de l'équipage de prise. Le César fait partie des vingt vaisseaux perdus par la Marine royale lors de la guerre d’Indépendance américaineDe 1778 à 1783, dix vaisseaux pris au combat, six vaisseaux détruits ou naufragés, quatre vaisseaux incendiés. ..

Notes et références

Sources et bibliographie

Archives nationales de France, fonds Marine, série B5 carton 3, Liste des vaisseaux du Roy pour l'année 1746.

Articles connexes Liste des vaisseaux français Histoire de la marine française

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