Yann Sérandour est un artiste français né en 1974 à Vannes. Il vit et travaille à Rennes. Il est également maître de conférences en arts plastiques à l'Université Rennes 2 où il codirige la galerie art & essai depuis 2024.

Démarche

Sa pratique s'appuie sur le livre, la bibliothèque, l'histoire de l'art et ses archivesFrançois Aubart, « Histoires d'archives », Zérodeux, 2009.. À partir de documents, d'éditions et de publications existantes, il s'intéresse à ce qui se perd ou se transforme au fil des transmissions, entre les époques, les territoires et les milieux, accordant une place centrale à la reproduction, notamment imprimée.

Ses premières recherches, engagées au début des années 2000, dialoguent avec des figures de l'art conceptuel comme Ed Ruscha, Lawrence Weiner, Raymond Hains, Philippe Thomas ou Félix González-Torres, par le biais de reproductions et de publications. Le livre d'artiste constitue alors son principal vecteur de diffusion et d'insertion, avant qu'il n'investisse l'espace d'expositionInside The White Cube, Documents d'artistes Bretagne. Le titre fait référence à l'essai de Brian O'Doherty, Inside the White Cube : The Ideology of the Gallery Space (1976). à partir de 2007, passant de l'un à l'autre en inversant les rapports d'échelles et en multipliant les renvoisUn Vingtième : une exposition imprimée de Yann Sérandour par huit étudiants de la HEAR, La Chaufferie, galerie de la HEAR, Strasbourg, 1er avril–1er mai 2016. Documents d'artistes Bretagne..

Dans les années 2010, ses recherches prennent leur source dans des domaines plus inattendus, témoignant d'un rapport libre au savoirVanessa Morisset, « Yann Sérandour », Zérodeux, n° 84, 2018. et d'une attention portée à des sujets a priori éloignés du champ balisé de l'art conceptuel : le commerce des miroirs anciens, le suminagashi (technique japonaise d'impression sur eau), la cactophilie, l'histoire du clavecin, la cynologie, le roseau comme plante cosmopolite ou encore les techniques de piégeage. Ces domaines, aussi disparates qu'ils paraissent, partagent une même structure : ce sont des pratiques de classification et de standardisation du vivant — standard de race, nomenclature botanique, facture instrumentale, critères d'authenticité — où la transmission produit inévitablement des écarts avec la source originale, toujours perdue ou reconstituée. Ce sont aussi des pratiques d'amateurs, portées par des communautés de passionnés dont les savoirs circulent sans étiquette d'auteur. Dans chacun de ces territoires, Sérandour retrouve les mêmes questions qu'il posait à l'histoire de l'art : que devient une source quand elle se reproduit, se transmet, s'altère ?

À partir des années 2020, son travail explore, au gré d'invitations et de commandes, les contextes de production et de circulation des œuvres : systèmes de financement Yann Sérandour est lauréat Mécènes du Sud Arles-Aix-Marseille 2015. et pratiques de collection, réseaux énergétiques et affectifs, traversée des archives et écriture de l'histoire. Ces enquêtes, qui prennent la forme d'expositions ou de publications, témoignent d'une attention portée aux conditions matérielles à travers lesquelles les œuvres et leurs récits circulent, se transforment ou disparaissent.

Expositions individuelles

Depuis ses premières expositions personnelles en 2007 — au Cneai de Chatou (Vivement lundi !, 2007), au Musée de l'Objet de Blois (Bien amicalement, 2007) — son travail a été présenté dans des institutions majoritairement françaises : le Module du Palais de Tokyo à Paris (Inside The White Cube, 2008), La Criée centre d'art contemporain à Rennes (Pièces pour clavecin, 2017)Vanessa Morisset, « Yann Sérandour », Zérodeux, n° 84, 2018. Voir aussi la page de l'exposition sur le site de La Criée., le Parc Saint-Léger à Pougues-les-Eaux (Les eaux courantes, 2019), Interface à Dijon (Chaleureuses salutations, 2023), ainsi qu'à la galerie Luis Adelantado à Valence (A Figure Four Trap, 2015 ; The Oak and the Reed, 2019). La galerie gb agency à Paris, qui l'a accompagné dès ses débuts jusqu'à sa fermeture fin 2023, a produit plusieurs de ses expositions : Weiss (2008), Un temps nuageux avec la possibilité d'un rayon de soleil (2011), Cactus Cuttings (2014), Harpsichord Suites for Still Dogs (2017) et Ce devant quoi (2022).

Éditions et publications Ses publications et éditions d'artiste ont été produites en collaboration avec des éditeurs spécialisés parmi lesquels MOREpublishers (Belgique), Christophe Daviet-Théry (Paris), Laurel Parker Book (Paris), le Cneai, et Florence Loewy — books by artists (Paris). Le Frac Bretagne et la Bibliothèque Kandinsky du Centre Pompidou conservent un ensemble de ses publications. Il a également dirigé des ouvrages collectifs, notamment Une traduction d'une langue en une autre (Les presses du réel, Dijon, 2014) avec Sébastien Pluot, et En parlant, en écoutant (Shelter Press / La Criée, Rennes, 2018), imaginé avec les artistes Félicia Atkinson, Julien Bismuth et la curatrice Sophie Kaplan. Ses catalogues monographiques incluent Inside The White Cube, Édition palimpseste (JRP|Ringier, Zurich, 2009) avec une conception graphique de Jérôme Saint-Loubert Bié, primé dans le cadre du concours « Les plus beaux livres suisses 2009 »Liste des lauréats, Les plus beaux livres suisses 2009, et HOWOHWHWOOWHWHOWOH (Parc Saint-Léger, 2020) avec une conception graphique de Coline Sunier & Charles Mazé et un texte de Yoann Thommerel.

Liens externes

Références

Catégorie:Artiste contemporain français Catégorie:Naissance en octobre 1974 Catégorie:Naissance à Vannes Catégorie:Enseignant à l'université Rennes-II