L'Aérotrain expérimental 01 est un prototype d'Aérotrain guidé sur rail, destiné à valider le concept du transport sur coussin d'air imaginé par Jean Bertin et son équipe. Ce projet, lancé en 1962, visait à révolutionner le transport terrestre en offrant une alternative rapide et efficace aux trains traditionnels. Le principe repose sur l’utilisation de l’air sous pression pour soulever et déplacer le véhicule à faible distance du sol, permettant ainsi d'atteindre des vitesses élevées. Les essais, débutés en 1965, ont rapidement démontré le potentiel de l'Aérotrain, qui a atteint des vitesses de dès son premier test, et a ensuite établi des records à plus de .
Historique Jean Bertin, ingénieur français, a réintroduit et modernisé le concept du coussin d'air, une idée développée au . Le principe fondamental repose sur l’utilisation de l’air sous pression pour soulever des masses, permettant à un véhicule de se déplacer à faible distance au-dessus du sol ou de l’eau. En combinant cette technologie avec un moteur, Bertin a démontré qu’il était possible de faire circuler un engin en utilisant le coussin d’air comme moyen de sustentation, offrant ainsi une alternative innovante aux modes de transport traditionnels..
Le projet de l'Aérotrain trouve son origine dans un brevet déposé le par Jean Bertin et Paul Guienne, ce dernier étant alors chef du département d'aérodynamique externe au sein de la société Bertin & Cie.. Conçu comme un mode de transport innovant, incarnant l’ambition de moderniser les déplacements terrestres en proposant une alternative rapide et efficace aux trains classiques. Ce projet s’inscrivait dans une période de forte industrialisation et de progrès technologique, où la quête de vitesse et d’optimisation des infrastructures était une priorité. Présenté comme une complémentarité entre le train et l’avion., l’Aérotrain devait permettre des liaisons directes sur des distances moyennes, jusqu’à , tout en garantissant un niveau de confort et de silence supérieur aux transports ferroviaires traditionnels..
Les premières étapes du développement débutent avec la réalisation d'une maquette à l'échelle 1/13, prête pour sa présentation dès le . En , Jean Bertin sollicite plusieurs entreprises, notamment GTM (Grands travaux de Marseille), banques Rivaud, Jutheau, Hispano-Suiza et Ratier, en vue de la conception d'un prototype et de la création d'une société dédiée. Dès , un avant-projet d’Aérotrain expérimental est lancé, suivi, moins d'un an plus tard, par l’élaboration des dessins d’exécution. Face à ces avancées, la Société de l'Aérotrain est officiellement constituée le , avec M. Kaplan comme Président - Directeur général.. Parallèlement, en collaboration avec la SNCF, Jean Bertin recherche une voie désaffectée pouvant accueillir les essais. Le , l’administration des Domaines met à disposition un tronçon de ligne entre Gometz-le-Châtel et Limours., l'ancienne ligne Paris - Chartres. Dès le , GTM commence la construction du rail expérimental en « T » inversé de .
Le , la société Bertin commande un premier véhicule expérimental auprès de la Société d’Exploitation et de Construction Aéronautique (SECA), située au Bourget. Après la présentation à Georges Pompidou, l'État manifeste son intérêt pour le projet le en attribuant un financement remboursable de s de francs, sur un budget expérimental total de s de francs, par décision du Premier ministre et du ministre des Travaux publics et des Transports avec le soutien de l'Aménagement du Territoire (CIAT)..
Le , la SECA livre le premier prototype et les premiers essais se déroulent dès le sur une portion encore inachevée du rail expérimental de Gometz-le-Châtel, mais déjà fonctionnelle. Lors de son premier essai officiel, le , l'Aérotrain a atteint la vitesse de , sur le seul kilomètre de voie disponible à ce moment-là. La vitesse de est atteinte au mois de ..
Après une année d’expérimentation concluante et l’achèvement de la première phase du programme de tests, il a été décidé d'explorer les capacités de l'engin à des vitesses plus élevées. Afin d’y parvenir, l'Aérotrain a été équipé d’une fusée d'appoint SEPR de , capable de libérer son énergie en dix secondes. Cette modification, mise en place avec des ajustements pour des raisons de sécurité, a permis à l'Aérotrain d’atteindre régulièrement des vitesses comprises entre 280 et .. Grace à la fusée d'appoint, l' a établi un nouveau record de vitesse en atteignant .en 1966. En 1967, l'Aérotrain est modifié pour établir un nouveau record. Son système de propulsion est remplacé par un turboréacteur Turbomeca Marboré, complété par deux fusées d’appoint, l’une de de poussée pour le démarrage et l’autre de pour maintenir la vitesse.. Dans cette configuration, le ., l', avec des modifications aérodynamiques, atteint une vitesse de sans rencontrer de difficultés techniques majeures.
En 1968, à la suite des essais concluants de l’Aérotrain expérimental, Jean Chamant, alors ministre des Transports, a officialisé un accord avec la Société de l’Aérotrain pour la construction d’un second véhicule expérimental, l'Aérotrain I80. Conçu pour transporter jusqu’à et de fret, cet engin est fabriqué et soumis à des essais grandeur nature au cours des années suivantes sur une voie expérimentale de reliant Saran à Ruan, au nord d’Orléans.
En 1972, l'Aérotrain 01 a été temporairement modifié pour expérimenter un système de propulsion à roues pressées contre la voie centrale, entraînées par des moteurs hydrauliques. Ces essais ont été menés pour compenser les retards dans le développement du moteur linéaire de l'Aérotrain S44. Face à cette incertitude, la société de l'Aérotrain a dû explorer une solution alternative en cas d’échec. Le principe de propulsion à roues pressées repose sur deux brevets déposés par l’entreprise Bertin & Cie en 1962 et 1969. Pour ces tests, l’Aérotrain a été modifié, l’hélice a été retirée et l’arbre du moteur de propulsion a été utilisé pour entraîner un groupe hydraulique alimentant à l’avant, un ensemble de deux roues pressées, actionnées par des moteurs hydrauliques, grâce à une pompe entraînée par le moteur d’hélice. Lors des essais du , ce système a permis d’atteindre une vitesse de .
Entre 1965 et 1973, l'Aérotrain expérimental 01 a parcouru un total de lors de ses essais sur la seule voie de test disponible, située à Gometz-le-Châtel et longue de . Durant cette période, l'engin a transporté et a progressivement démontré ses performances, atteignant des vitesses de plus en plus élevées.
Caractéristiques gauche|vignette|Intérieur de la cabine de l'Aérotrain 01. Le prototype d' associe un design futuriste à des éléments issus de véhicules de grande production. Il intègre des sièges de Citroën DS, des poignées de 2 CV, des moteurs de Renault 8 Gordini et un plafonnier de bus Saviem, illustrant une approche alliant innovation et réemploi... Le véhicule dispose de six places, une pour le pilote, une pour un opérateur (ou passager) et quatre pour des passagers. Sa capacité est limitée à six places. En effet, il s'agit d'un appareil de recherche conçu pour transporter une grande quantité d'équipements d'essais..
La sustentation est assurée par deux moteurs Renault Gordini de entraînant chacun un ventilateur de conception Bertin via une transmission souple Hispano-Suiza. Ce système double assure une redondance, chaque unité étant capable à elle seule de faire fonctionner l'ensemble. La propulsion est réalisée par un moteur six-cylindres Continental de entraînant une hélice aérienne tripale à pas variable Hartzell. Ce dispositif assure à la fois la propulsion et le ralentissement principal de l'appareil, par inversion du pas de l'hélice.
Postérité bordure|vignette|L'Aérotrain 01 dans son hangar à Satory. L'Aérotrain 01 est conservé dans un premier temps dans les réserves du club de l'Univem (anciennement MVCG) de Versailles SATORY. Depuis, il est transféré avec deux autres prototypes Aérotrain sur la base militaire de Montlhéry. Il est occasionnellement exposés lors d'événements tels que les Journées du patrimoine. L'Aérotrain 01 conserve l'essentiel de ses éléments d'origine malgré le vol de plusieurs pièces moteur. Il bénéficie d'une inscription au titre des monuments historiques. à partir du .., avant d’être officiellement « classé » monument historique le ..
Le , une sculpture en aluminium de l'artiste Georges Saulterre représentant l' est érigée au centre d'un rond-point sur la à l'entrée de Gometz-la-Ville..
Références
Voir aussi
Bibliographie
Liens externes . .
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