Pierre-Joseph-André Roubaud, dit l'abbé Roubaud, né en 1731 et mort à Paris le , est un physiocrate français. Il fut un ardent partisan de Turgot et l'un de ses conseillers. Journaliste et grammairien, on lui doit une défense de la liberté du commerce, une critique virulente de l'esclavage, et des travaux de linguistique.
Le physiocrate Il fut fortement influencé par Antoine Court de Gébelin dans ses études. Journaliste, il fut rédacteur du Journal de l’agriculture, du commerce et des finances de juillet 1765 à décembre 1774Manuel du libraire et de l'amateur de livres, Jacques Charles Brunet, 1865, p.1863 et collabora aux Éphémérides du citoyen de Nicolas Baudeau à partir de . La même année, il se rapproche des physiocrates comme François Quesnay, du Pont de Nemours ou Mercier de la Rivière. Il défend avec force la liberté du commerce et des grains, dressant dans un ouvrage de 1769 une comparaison des effets de la liberté et de la règlementation. Cela fait de lui une des cibles des opposants aux physiocrates, qui font circuler un pamphlet intitulé Catalogue des livres nouveaux qui se trouvent chez l’abbé Roubaud, Secrétaire perpétuel de la Franche Loge économiste sous la protection de M. Turgot, le très-Vénérable Grand-Maître.
Reprenant les théories physiocrates sur l'importance de l'agriculture, il va jusqu'à écrire :
Le critique de l'esclavage
Sa critique de l'esclavage formulée dans l'Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique (1771) inspire Diderot dans son Histoire des Deux-Indes. Il s'est déjà attaqué à l'esclavage en 1768 dans son ouvrage anonyme Le Politique indien ou considérations sur les colonies des Indes orientales. Rejetant les arguments de ceux pour qui Blancs et Noirs sont différents et doivent donc être traités comme tels, il souligne qu'il s'agit simplement de l'effet du climat :
qui souhaitent coloniser les « races inférieures » pour leur « apporter le progrès » un siècle plus tard, il ajoute : .
Il s'intéresse également à la langue française, laissant un ouvrage sur les synonymes français auquel François Guizot se réfère abondamment dans son Nouveau dictionnaire universel des synonymes (première édition en 1809).
Citation
Principales publications 1768, Le Politique indien ou considérations sur les colonies des Indes orientales 1769, Représentation aux magistrats, contenant l’exposition raisonnée des faits relatifs à la liberté du commerce des grains, et les résultats respectifs des Règlements et de la liberté 1770, Récréations économiques, ou Lettres de l'auteur des "Représentations aux magistrats" à M. le Chevalier Zanobi, principal interlocuteur des Dialogues sur le commerce des blés, A Amsterdam et se trouve à Paris, Delalain, Lacombe, 1770. Compte rendu dans le Mercure de France, , p. 118. 1771, Histoire générale de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique 1786, Nouveaux synonymes français
Notes et références
Bibliographie Robert Granderoute, « Pierre-Joseph-André Roubaud » in Dictionnaire des journalistes, vol. II, Oxford, Voltaire Foundation, 1999 Ann Thomson, « Diderot, Roubaud et l’esclavage », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, numéro 35 Varia,
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