En France, la réserve opérationnelle et citoyenne de la Gendarmerie nationale (ROGN), désigne plusieurs compagnies de réserve territoriale (CRT) servant à renforcer les unités d'active de Gendarmerie nationale au quotidien.
La réserve opérationnelle de premier niveau comprend environ , avec un objectif initialement fixé à 30 000 à fin 2018. Ces personnes sont pour la plupart habilitées en tant qu'agents de police judiciaire adjoints (APJA). L'objectif est désormais fixé à 50 000 réservistes d'ici 2030..
Historique La réserve opérationnelle a considérablement évolué depuis la professionnalisation des arméesSur l'histoire des réserves de la gendarmerie, voir notamment : Michel Roucaud (dir.), Les réserves d’hier, d’ailleurs et d’aujourd’hui, actes du colloque du 30 septembre 2006, Paris, ANORGEND (Fédération nationale des réservistes opérationnels et citoyens de la gendarmerie nationale), 2009.. Comme les réserves des autres armes, elle est ainsi passée d’une réserve de masse sous l'effet de l'enrôlement généralisé des appelés du contingent, à une réserve de volontaires sélectionnés qu'il faut à présent recruter et convaincre. De tout temps, le rôle de la réserve militaire a consisté à permettre aux forces armées de disposer de moyens de renfort de leurs capacités.
Anciennement affectés dans des pelotons de réserve de gendarmerie départementale (PRGD) ou dans des escadrons de réserve de gendarmerie mobile (ERGM), les réservistes sont désormais affectés au sein de compagnies de réserve territoriale (CRT) issues de la fusion de la réserve de la gendarmerie départementale et de la réserve de la gendarmerie mobile.
Cette mutation engagée en 2015 conduit à la création de de réserve territoriale rattachées aux compagnies de gendarmerie départementale ; elle vise une plus grande réactivité et une plus grande efficacité dans la lutte contre la délinquance.
Au sein de ces compagnies de réserve, on trouve très rarement des PRSIG (Peloton de Réserve de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie) et des PSI (Peloton de Surveillance et d'Intervention), et plus souvent des DSIR (Détachement de Surveillance et d'Intervention de Réserve).
La réserve opérationnelle de premier niveau est composée d’anciens militaires, de citoyens désireux d’acquérir une autre expérience professionnelle indemnisée, ainsi que de spécialistes qui exercent des fonctions liées à leurs compétences. Chaque réserviste est issu de parcours professionnel différent.
Depuis 2016, la réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationale est une composante de la Garde nationale., recréée pour faire face à la menace du terrorisme et qui regroupe sous un commandement commun les réserves opérationnelles de l'armée, de la police et de la gendarmerie..
La formation et l'engagement
Pour devenir réserviste dans la réserve opérationnelle de premier niveau, il faut être âgé d'au moins dix-sept ans, et de moins de quarante-cinq ans, et remplir le formulaire de contact mis à disposition sur le site MINOT@UR. ou prendre directement contact avec le Service Réserve Jeunesse (SRJ) du groupement de gendarmerie de domiciliation. Préalablement à la formation initiale, les candidats doivent s'assurer de leur aptitude médicale en prenant rendez-vous avec un médecin militaire pour une visite médicale d'aptitude initiale. Lorsque l'ensemble des formalités sont remplies, les candidats sont placés sur liste d'attente pour la prochaine formation initiale régionale. En effet, les futurs réservistes doivent suivre une Préparation Militaire Initiale de la Défense Nationale-Préparation Militaire de Gendarmerie (PMIPDN-PMG, couramment raccourcie à PMG)..
La PMG est une formation militaire d'une durée de 2 semaines en moyenne (variable de 14 à 20 jours selon les régions et l'organisation) organisée par les régions de gendarmerie. Elle forme les futurs réservistes opérationnels. Un ou plusieurs stages PMG sont organisés chaque année, en fonction de la région. La formation est centrée sur l'apprentissage minimum pour l'exercice des missions, porte sur les règles de déontologie, de cohésion et d'éthique militaires et de maîtrise des fondamentaux professionnels.
Le programme est le suivant, mais l'organisation peut varier selon les stages et les régions : +Les formations de la réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationaleFormation professionnelleFormation militaireSecourisme (PSC)Ordre serréSauvetage Tactique (SauveTaGe N1)Déontologie et Éthique militaireSystème d'Informations et de Communication (SIC)Intervention tactiqueMaîtrise des armesEntraînement physiqueAgent de la Sécurité des Mobilités (ASM)Interventions professionnellesMaîtrise avec arme(s) de l'adversaire (MAAA)Maîtrise sans arme(s) de l'adversaire (MSAA)Connaissance générale de la Gendarmerie nationale
La validation de la formation repose sur la base d'un contrôle continu : une moyenne supérieure ou égale à dix sur vingt aux examens écrits et aux pratiques, est requise ; la formation permet l'obtention de l'attestation de secourisme (PSC1), du certificat d'aptitude à la pratique du tir (CIAPT, portant sur l'usage du pistolet semi-automatique MAS G1), de la certification d'agent de police judiciaire adjoint (APJA) et du brevet d'aptitude à l’utilisation du bâton de protection télescopique (BPT), lesquels complètent la formation du réserviste. Selon les régions, les réservistes sont également formés au CIAPT portant sur l'usage du Pistolet à Impulsion Electrique (PIE) Axon TASER 7, à l'usage du Diffuseur Lacrymogène Grande Capacité (DLGC), ou encore à l'usage de grenades notamment utiles dans le cadre de la mission Poséidon de lutte contre l’immigration irrégulière et clandestine (LIIC).
Le stagiaire terminant le cursus de formation avec succès est alors invité à signer un ESR (engagement à servir dans la réserve), généralement d'une durée de 1 an pour le premier contrat. L'ESR est renouvelé tous les ans si le réserviste satisfait aux obligations du contrat, s'il donne satisfaction durant son emploi et s'il ne présente aucun comportement contraire à la déontologie militaire.
En signant un ESR, le réserviste devient alors brigadier de réserve (BRI(r)), affecté dans une compagnie de réserve territoriale (CRT) du groupement de gendarmerie départementale où il a été recruté. Le réserviste peut effectuer jusqu'à 60 jours de réserve par an, pouvant être porté à 150 jours par an voire 210 jours pour "les emplois présentant un intérêt de portée nationale ou internationale"..
L'avancement
Le Brigadier de réserve avance de manière automatique au grade de Brigadier-chef de réserve (BRC(r)) 4 mois après la signature du contrat d'ESR. Après 1 an au grade de Brigadier-chef de réserve, le réserviste opérationnel est nommable au grade de Gendarme de réserve (GND(r))..
Une fois le grade de gendarme de réserve atteint, l'avancement prend une forme proche de celle de l'armée d'active. Avec sa notation annuelle, le réserviste prend connaissance de ses chefs quant à son avancement. Si l'avis est positif, le militaire est proposé au tableau d'avancement. La promotion au grade supérieur dépend non seulement de la notation de l’intéressé, mais également des besoins dans la pyramide des grades et de l'ancienneté des prétendants dans chaque grade.
Les effectifs
D'après le rapport d’évaluation de la réserve militaire et de la garde nationale de 2017, la Gendarmerie Nationale compte 29 847 réservistes.
24 % d'entre eux sont d'anciens militaires, 76 % sont issus du civilrapport d’évaluation de la réserve militaire et de la garde nationale de 2017..
Droits et devoirs
Le réserviste opérationnel de la Gendarmerie Nationale est sous statut militaire lorsqu'il est convoqué pour effectuer un service et qu'il a signé un contrat d'engagement à servir dans la réserve (ESR). Il est soumis aux mêmes règles que les militaires d'active pendant ses périodes de service. Pendant et hors du service il reste soumis à la charte du réserviste opérationnel et du réserviste citoyen de la Gendarmerie Nationale approuvée par l'arrêté du ..
Selon son parcours et la formation reçue le réserviste bénéficie des prérogatives judiciaires suivantes :
- Officier de Police Judicaire (OPJ — anciens OPJ d'active)..
- Agent de Police Judiciaire (APJ — anciens sous-officiers d'active) ou réservistes opérationnels ab initio après une formation suivi d'un examen depuis l'entrée en vigueur de la loi RIPOST dans son article 55.
- Agent de Police Judiciaire Adjoint (APJA — réservistes issus du civil ou des autres armées et anciens GAV d'active).
- Agent de la Force Publique (réservistes n'ayant pas reçu le diplôme APJA)
Leurs actions dans le domaine judiciaire sont toujours réalisées sous le contrôle d'un Officier de Police Judiciaire territorialement compétent de la Gendarmerie ou de la Police Nationale.
Références
Annexes Articles connexes Gendarmerie nationale française
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