alt=Image qui représente des technologies éducatives|vignette|Symboles de différentes technologies éducatives. alt=|vignette| Étudiants dans une classe de laboratoire multimédia.
Les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement ou technologies de l'information et de la communication pour l'éducation, plus connues sous l'acronyme TICE (prononcé []), sont les technologies de l'information et de la communication (TIC) utilisées à des fins d'enseignement ou d'éducation.
L'éducation par le numérique inclut l'utilisation de logiciels, appareils et plateformes numériques. Les TICE regroupent un ensemble d'outils conçus et utilisés pour produire, traiter, entreposer, échanger, classer, retrouver et lire des documents numériques à des fins d'enseignement et d'apprentissage.
Entre la fin du et le début du , l'utilisation des médias numériques dans l'éducation se développe rapidement, concurrençant les livres, supports traditionnels d'éducation. On parle alors de numérisation de l'enseignement.
On distingue l'éducation par le numérique (par exemple un cours sur ordinateur) de l'éducation au numérique (qui peut se faire sans numérique). L'étude des méthodes d'enseignement intégrant les TICE est quant à elle l'objet de la technopédagogie.
Histoire En France, l'école a tenté de s'approprier les médias et les dispositifs techniques, avec plus ou moins de volonté et plus ou moins de moyens : Radio et télévision scolaires (1950), informatique et ordinateur personnel (1970), magnétoscope (1980), télématique et multimédia (1990), internet et web (2000), tablette tactile et MOOC (2010).
Aux États-unis, des cours sont diffusés en direct à la radio vers les années 1920, et le premier rétroprojecteur est utilisé comme outil pédagogique en ..
Pendant la seconde guerre mondiale, les militaires américains ont souhaité construire simulateur de vol, pour former les pilotes de bombardiers. Le prototype n'est pas vraiment fonctionnel, mais il débouche sur la construction d'un des premiers ordinateurs, le Whirlwind I au Massachusetts Institute of Technology.
En 1964, les chercheurs John Kemeny et Thomas Kurtz conçoivent le langage informatique Basic qui permet à plusieurs étudiants le partage et l'utilisation d'un ordinateur en même temps.
En 1999, 99 % des enseignants des écoles publiques aux États-Unis ayant accès à un ordinateur dans leur école déclaré avoir accès à Internet, et 78% d'entre eux déclarent l'utiliser à des fins pédagogiques.
En 2002, le Massachusetts Institute of Technology a mis ses conférences enregistrées à la disposition du public en ligne.
La plateforme YouTube, crée en , prend progressivement de l'ampleur et permet aux enseignants de mettre en ligne des contenus vidéos, utilisables comme support de cours en ligne ; tel est le cas de la plateforme Khan Academy, qui existe sur Youtube depuis .
En 2008 apparaissent les systèmes d’. La mise en ligne est facilitée par des sociétés comme Canvas Network et les premiers cours en ligne ouvert à tous (MOOC).
En 2020, La pandémie de Covid-19 entraîne la fermeture des écoles pendant quelques semaines. Cet événement a contribué a renforcé les usages numériques dans l'éducation, comme les espaces numériques de travail et les plateformes de médias numériques tel que Zoom, Google Classroom et Microsoft Teams, qui permettent alors aux élèves d'assister à leurs cours à domicile via leurs ordinateurs portables, tablettes ou téléphones.
Historique dans le système éducatif français Le gouvernement français présente le Plan Informatique pour Tous, le . L'État souhaite donner accès à un ordinateur aux des établissements publics français. Pour cela, il est prévu d'équiper les écoles avec supplémentaires (notamment le Thomson MO5 et le Thomson TO7) et de former enseignants. Avec un coût total de 2 milliards d'euro, l'objectif est ambitieux, mais permet soutenir de soutenir l'industrie française. Un an plus tard, seul 10% des enseignants sont formés et le plan fut abandonné suite aux élections législatives de mars 1986 et la nomination d'un nouveau gouvernement.
À partir de 1983, l'arrivée du Minitel dans le paysage français est anecdotique. Les établissements, en tant qu'abonnés au téléphone, ont pu retirer gratuitement un minitel, lorsqu'ils sont situés dans une zone de distribution de l'annuaire électronique (71 % des lignes téléphoniques sont concernées), mais l'usage est payant et ne semble pas avoir été exploité à des fins pédagogiques.
Utilisant les réseaux internationaux déjà développés (Bulletin Board System, réseaux des ambassades, etc.) le ministère de l'éducation nationale (bureau des innovations pédagogiques et des technologies nouvelles DLC15 puis direction de l'information et des technologies nouvelles, DITEN B2) lance plusieurs expérimentations, dont « EDU 2000 » de 1991 à 1993, en partenariat avec le réseau de British Telecom. Il s'agit d'utilisations pédagogiques des liaisons « télématiques » (terme hérité de la période Minitel) entre la France et le Royaume-Uni.
À la suite de ces expérimentations le ministère lance en 1993 un plan de connexion des académies et établissements, avec le concours du réseau des universités, Renater.
En 1995, un certain nombre d'écoles françaises prennent l'initiative d'une connexion internet, et dès 1996, plusieurs académies proposent leurs sites web. C'est en 1997 qu'est lancé un plan national pour l’équipement et la connexion de tous les établissements de l’enseignement public, de la maternelle à l’université.
Au terme proposé, l'an 2000, les lycées sont équipés, mais les collèges et surtout les écoles devaient souvent attendre encore. Les efforts français peuvent également être placés dans le contexte de la vision de la société de l'information telle que définie par la Commission européenne et plus particulièrement des programmes eEurope qui fixent des objectifs ambitieux afin d'équiper et connecter l'ensemble des écoles européennes à l'Internet.
Pourtant, la France ayant un assez grand retard d'équipement par rapport à d'autres pays européens, comme le note le Rapport Fourgous de 2010.
En 2015, François Hollande, présente le grand plan numérique. Ce dernier fait partie d’un des 34 plans qui permettrait à la France de se moderniser. Le grand plan numérique en particulier se donne pour objectif, de lutter contre les maux que connaît l’École française, notamment, le décrochage scolaire, et les inégalités sociales. Pour reprendre les termes de François Hollande, un enseignement d'exploration informatique et création numérique pour tout les élèves de seconde permettra de nouvelles formes d'apprentissage grâce au numérique avec un accès au savoir et à la culture.
Enjeux
Maîtriser de nouvelles compétences
L’apprentissage des médias et de l’information au lycée est obligatoire depuis la loi d’orientation et de programmation (2013). Cette éducation est alors inscrite dans tous les programmes de la scolarité obligatoire avec le brevet informatique et internet et du lycée, puis remplacé par la certification Pix
L'objectif est de lutter contre le décrochage scolaire et les inégalités scolaires liées aux origines sociales, apprendre aux jeunes à se protéger face à l’exploitation des données personnelles ou sites pornographiques, d'escroquerie ou encore aux sites marchands plus ou moins déguisés. Il s'agit également de lutter contre la fracture numérique, afin d'apporter à toutes les catégories sociales une approche des possibilités de l'outil numérique, lorsque l'on sait que les usages sont socialement très discriminés.
Fracture numérique Par ailleurs, le développement de pratiques numériques a aussi des effets négatifs. D'après une étude de 2025, les techniques d’enseignement s’appuient plus fréquemment sur les outils numériques, mais leur appropriation reste marquée par les inégalités socio‑familiales : seuls 13 % des élèves de troisième de l’éducation prioritaire renforcée ont un niveau de maîtrise élevé des compétences numériques.
Les classes populaires sont celles qui disposent le plus, d’au moins un appareil de communication. D'après une étude de 2016, environ 87 % des élèves en réseau d’éducation prioritaire affirment avoir un ordinateur, 98 % affirment avoir le Wi-Fi chez eux, 80 % une tablette et 86 % affirment disposer d’un téléphone dont 94% d’un smartphone..
Selon la directrice déléguée de l’Afev, Eunice Mangado, la fracture n'est plus lié à l’équipement, mais à l’utilisation. . Le capital culturel et l’origine sociale sont les principaux facteurs des disparités et des inégalités dans la maîtrise correcte des outils numériques par les jeunes dans le cadre scolaire. En 2008, Éric George, chercheur en sociologie de la communication expose que « 72 % des utilisateurs d’internet en milieu ouvrier ont un objectif de divertissement, contre 36% seulement chez les cadres supérieurs ». Ceux qui bénéficient le plus des pédagogies puisant dans la culture numérique (classes inversées, MOOC) sont souvent ceux les plus pourvus, dans leur milieu familial, en capital culturel, scolaire et numérique..
On arrive ainsi au constat qu'une simple dotation aux écoles d’outil numériques n'est pas suffisante, car elle peut conduire à creuser davantage les inégalités entre les élèves. Il faut un accompagnement et un suivi qui permet leurs bonnes utilisations dans le cadre scolaire.
Pour être efficace, l'enseignement numérique a besoin d'un suivi de la part des parents, au même titre que l’enseignement traditionnel. Philipe Bilhouix, ancien professeur et auteur de l’essai, Le désastre de l’école numérique, explique que par exemple, dans le cadre de la « classe inversée », où il s’agit de visionner une vidéo à la maison, puis de consacrer le cours lui-même à des approfondissements ou des exercices. Tous les élèves ne regarderont pas la vidéo de la même façon : certains seront concentrés, accompagnés par leurs parents ; d’autres la regarderont d’un œil, en surfant en parallèle sur les réseaux sociaux ».
Formation enseignant L’enjeu de la formation des professeurs est très important, ceux-ci ne sont pas forcément tous compétents dans l'usage des TIC. Pour corriger cela, des réseaux d’enseignement numérique voient le jour et se développent. De nombreux enseignants innovent dans leur manière d’enseigner ; s’approprient les supports pédagogiques et les agrègent à d’autres ressources pédagogiques. D’autres enseignants ont décidé de s’auto-former au fur et à mesure à travers des plateformes comme MOOC, Viaéduc (réseaux d’enseignement fondés par CANOPE) donnant accès à des tutoriels, mais aussi Apple Distinguished Educators (ADE) constitué de qui diffusent leur savoir-faire pour la promotion de l’innovation dans les pratiques pédagogiques. Hélas, malgré le foisonnement de plateformes d’enseignement, celles-ci sont très demandées par les enseignants et les inscriptions arrivent vite à saturation pour les milliers de professeurs qui postulent. Le défi serait, dès lors, pour l’éducation Nationale de rendre un peu plus accès aux formations pour tous les professeurs. Quant à la formation initiale, pour renforcer les compétences des futurs enseignants, une certification est devenue obligatoire en France pour être nommé professeur titulaire (depuis ) le Certificat Informatique et Internet niveau 2 Enseignant, ou C2i2e.