Georges Constant Mathieu ( - ) est un helléniste français de la première moitié du , professeur à la faculté des lettres de Paris (sa spécialité fait maintenant partie de l’université Paris Sorbonne-Paris IV).

Biographie Georges MathieuVoir l’appendice V (« Vie et famille de Georges Mathieu ») de : Georges Mathieu, La Sorbonne en guerre (1940- 1944) Paris, L’Harmattan 2011. est né à Versailles le d’un père qui était alors élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud et qui avait épousé la fille d’un artisan versaillais. Du côté de son père, Georges Mathieu est d’origine vosgienne (Hadol, près d’Épinal), les Mathieu étant généralement dans leur village maîtres d’école depuis que l’aïeul avait appris à lire, écrire et compter lors de la campagne de Waterloo. Il fut reçu en 1909 à l’École normale supérieure, dont il avait préparé le concours d'entrée au lycée Henri-IV, à Paris. Il suivait en même temps la conférence des Hautes études (Sciences historiques et philologiques) de Bernard Haussoullier (mémoire des hautes études soutenu en 1913 et publié en 1915). Agrégé des lettres en 1912, il enseigne aux lycées de Belfort, Besançon, Aix-en-Provence, Grenoble et finalement (de 1919 à la fin de 1925) de Nancy. Docteur ès lettres en 1925, il fut en 1926 nommé à la faculté des lettres de Nancy (spécialités faisant maintenant partie de l’université de Nancy-II). Arrivé à la faculté des lettres de Paris en 1933 (spécialité faisant maintenant partie de l’université de Paris-IV Sorbonne) et revenu habiter Versailles avec sa femme et son fils, il était à sa mort professeur d’éloquence grecque et directeur des études de grec à la Sorbonne.

Réformé pour faiblesse de constitution (rapport taille/poids) à la fin de l’instruction militaire de l’ENS, il vit, à sa grande honte, sa réforme maintenue pendant la guerre de 1914. Il épousa en la sœur (Antoinette Martin) d’un camarade et ami de l’École normale, tué en et à la mémoire de qui il dédia ensuite l’un de ses livres1925 : Les Idées politiques d’Isocrate.. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut témoin de l’évacuation de la Sorbonne ainsi que du bombardement de Rennes et de l’arrivée des Allemands à Rennes et plus tard de la libération de VersaillesVoir Georges Mathieu La Sorbonne en guerre (1940-1944) suivi de Journal de la Libération de Versailles, spécialement aux pages 51-56, 59-61 et 157 et suivantes du livre.. Pendant l’Occupation, sans avoir fait partie d’aucune organisation de la Résistance, il marqua dès le début son opposition à Vichy, en particulier, avec cinq collègues (Louis Séchan, Jean Bayet, André Boulanger, Albert Pauphilet, Jean-Marie Carré) lors du vote préliminaire de l’Assemblée de faculté de concernant le Statut des JuifsLa Sorbonne en guerre, p. 89 sqq. et Appendice III..

La mort de Georges Mathieu à l’âge de 58 ans eut lieu le à la Sorbonne même, où il venait reprendre ses cours. Elle est peut-être due à une hâte excessive à reprendre son travailVoir entrefilet nécrologique du journal Le Monde daté du 27 avril 1948., mais peut-être aussi à un effet tardif des privations de l’OccupationVoir fin de l’appendice V de : G. Mathieu La Sorbonne….

Orientation scientifique Georges Mathieu, éditeur et traducteur d’Isocrate et de Démosthène, est un spécialiste des idées politiques et de la propagande politique à Athènes au Son premier travail scientifique (mémoire des hautes études) est consacré aux documents – c’est-à-dire aux faux – utilisés par Aristote dans sa Constitution d'Athènes. Sa thèse de doctorat concerne les idées politiques. Des articles publiés dans la Revue de Philologie, la Revue des études grecques, la Revue des études anciennes témoignent de préoccupations analogues. On a retrouvé à sa mort un ouvrage complet – sauf un chapitre disparu avec un élève mort en déportation – sur La Propagande politique à Athènes au Une fiche donnant ce renseignement figurait à la place du chapitre : témoignage de son fils Jean-Marie Mathieu.. Le travail d’interprétation historique qui accompagnait son travail d’édition et de traduction portait donc de préférence sur la vie politique.

Ouvrages principaux Études Les Idées politiques d’Isocrate, Paris, Belles Lettres, 1925, deuxième tirage 1966. Démosthène, l’homme et l’œuvre, Paris, Boivin, 1948. La Sorbonne en guerre (1940-1944) suivi de Journal de la Libération de Versailles, Paris, L’Harmattan, 2011.

Éditions avec traduction Aristote, Constitution d’Athènes, Paris, Belles Lettres, collection Budé, 2003 (1922), avec Bernard Haussoullier. Démosthène, Plaidoyers politiques, tome III, Paris, Belles Lettres, collection Budé, 2002 (1945) Démosthène Plaidoyers politiques, tome IV, Belles Lettres, collection Budé, 2002 (1947) Isocrate, tome I, Paris, Belles Lettres, collection Budé, 2009 (1929) Isocrate, tome II, Paris, Belles Lettres, collection Budé, 2003 (1938) Isocrate, tome III, Paris, Belles Lettres, collection Budé, 2003 (1945) Isocrate, tome IV, Paris, Belles Lettres, collection Budé, 2003 (1962)

Références

Annexes Articles connexes Lois contre les Juifs et les étrangers pendant le régime de Vichy

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