Jézainville est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.

Ses habitants s'appellent les Jézainvillois et Jézainvilloises.

Géographie

Localisation Jézainville est située au nord-est de la France entre Pont-à-Mousson et Nancy près de Blénod-lès-Pont-à-Mousson et Dieulouard, dans la vallée de l'Esch. Lorsque l'on quitte la vallée de la Moselle pour s'engager dans cette dernière, Jézainville est le premier village de la petite Suisse lorraine, dont les collines et les vallons se succèdent le long du ruisseau jusqu'à Martincourt. Il est implanté entre la côte de Cuite, qui le sépare de Dieulouard au sud-est, et la côte de Puvenelle à l'ouest, couverte d'un vaste massif forestier. alt=|centré|vignette|500px|Fig. 1 - Jezainville (ban communal). D’après les données Corine land Cover, le ban communal de comportait en 2011, 15 % de zones agricoles, 79 % de forêts, 4 % de prairies et 2 % de zones urbanisées. Le territoire communal est arrosé par le Ruisseau d'Esche sur ..

Géologie et relief

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau d'Esche..

L'Esch, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Geville et se jette dans la Moselle à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Esch sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 639 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/09/1969 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|redresse=2.1|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de JezainvilleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Rupt de Mad, Esch, Trey ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Rupt de Mad, de l’Esch et du Trey. Le périmètre a été arrêté le , la commission locale de l'eau (CLE) a été créée le , puis modifiée le 0. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Parc naturel régional de Lorraine..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nonsard-Lamarche à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Jezainville est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Pont-à-MoussonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Pont-à-Mousson comprend une ville-centre et cinq communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nancy, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (78,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (78,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (65,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,3 %), terres arables (8,3 %), prairies (4 %), zones agricoles hétérogènes (3,8 %), cultures permanentes (2,6 %), zones urbanisées (2,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Au cours de son histoire, le village a vu sa dénomination fluctuer : Gedanis villa. 915. Recueil des actes de Charles III le Simple, roi de France. Gissainville. 1270. Trésor des chartes, 1. Pont fiefs III, Inservila juxta Pontem à Monsson. 1276. Antonistes de Pont-à-Mousson. L'hôpital de Gezainville. 1289. Ib. Gisienville. 1304. Trésor des chartes, 1. Pont dom. II, Gizainville. 1359. Abb. de Saint Epvre. Iußeinville. 1641. Lotharingiae nova descriptio. Abraham Ortelius. Jeuzainville. 1710. Pouillé Dioc. Toul. Juzainville. 1724. Abb. de Saint-Epvre. Gezainville. Jaizainville. 1749. Pouillé Barrois. Plusieurs orthographes peuvent être identifiées simultanément à une même époque.

Le nom de Jézainville est formé sur le prénom d'origine dialectale germanique Gisa(n) et le substantif villa : le domaine de GisaToponymie générale de la France. Étymologie de 35 000 noms de lieux. Volume II. Ernest Nègre. Librairie DROZ. 1991..

Écarts et lieux-dits Les historiens recensent trois écarts dont seul LA PAPETERIE, écart au nord de Jezainville, subsiste.

COUR-EN-HEYS (LA), fief et justice foncière au village de Jezainville, indiqué par Maillet dans ses Mémoires sur le Barrois..

MAISON-HAUTE, petit hameau, à de Jezainville.

Histoire Antiquité Époque gallo-romaine La localité se situe à la limite du pays des Leuques, dont la principale cité est Toul (Tullum), et des Médiomatrices, ayant Metz (Divodurum Mediomatricorum) comme capitale. Elle se situe plus précisément dans le Scarponensis Pagus, le pays de Scarponne.

vignette|Le village de Jezainville situé dans le pays de Scarponne à l'époque gallo-romaineCivitas Leucorum sive Pagus Tullensis, aujourd’hui le diocèse de Toul, pour servir à l'histoire de ce Diocèse. Par Guillaume de l'Isle. À Amsterdam, chez J. Covens et C. Mortier. 1742. Elle est protégée des incursions venues de la vallée de la Moselle (Mosella) par les fortifications de la colline formant un éperon et au-delà de laquelle prospère la cité de Scarponne (Scarponna), enserrée dans ses murs. Cette colline porte trois noms distinctsLes marches de l'Ardenne et des Woëpvres, seconde partie. Marches barro-woëpvriennes. Nancy. Imprimerie de veuve Raybois et comp. 1854. Par Jean François Louis Jeantin, ., parce qu'elle est distribuée en trois zones de fortifications. Celles-ci sont édifiées exactement sur la crête qui contourne l'éperon, de sorte que la contre-escarpe se raccorde avec la pente abrupte de la colline. Les noms actuels des lieux-dits ont guidé l'historien dans la reconstitution des lieux. Du côté de Scarponne, la colline se nomme la côte de Trême (Tri-mas : troisième maçonnement). Le camp, du midi au nord, y développe ostensiblement ses lignes de fortification jusqu'à la côte de Cuite (Cocta). Alors le camp romain s'élève puis il s'étend vers le couchant jusqu'à la pointe de l'éperon qu'il contourne. De nouveau au midi, du côté de Toul (Tullum), le camp est d'un accès facile, mais il reste inabordable sur les trois autres fronts. Enfin, depuis les confins de Scarponne et plus au sud, c'est la terrasse de Billon (c'est-à-dire du bois des mines). Elle domine à la gauche de la grande route romaine.

À l'opposé de la côte de Cuite, la côte de Puvenelle se couvre de bois de chênes et de hêtres, dans laquelle est installée, au milieu d'une grande clairière, une forgeNote sur un établissement métallurgique gallo-romain à Jézainville, canton de Pont-à-Mousson. Société d’Archéologie Lorraine. Journal. 1871., vraisemblablement temporaire, établie sur un gisement de fer affleurant le sol. Cet endroit est très favorable pour le genre de forges que les Romains emploient. Initialement, le terrain faisait un long repli en forme de gradin entre deux grandes plates-formes. En haut du gradin jaillissait une source abondante (Jonc Fontaine). Il a suffi de creuser ce repli en amphithéâtre comme la moitié d'un cône renversé, et l'on a obtenu une chute d'eau utilisée pour la ventilation de la forge catalane, dont le procédé est couramment employé dans l'empire. Les fouilles réalisées en 1870 dans les monceaux de scorie laissés sur place permettent de penser qu'étaient fabriqués là des outils et objets servant à l'agriculture (fragments de chaînes, fers de mulet). La découverte d'un denier en argent de Constantin fixe l'époque de l'activité de cet établissement au .

Époque mérovingienne Les habitants du village ensevelissent leurs morts dans un lieu situé au bord du chemin qui remonte la vallée et surplombe les méandres du ruisseau (route de Griscourt ; lieu-dit la Croix des Morts). Les défunts sont déposés en terre, avec leurs bijouxBulletin monumental, Volume 96. Société française d'archéologie - 1937 ou une pièce de monnaie (follis du Bas-Empire)Revue des questions historiques, volumes 131 à 132, Gaston Louis Emmanuel Du Fresne Beaucourt (marquis de), Jean Guiraud - 1938., séparés les uns des autres par des petits murets de pierre sèche. Les tombeaux sont recouverts de grandes dalles de pierre brute maçonnéesÉdouard Salin, La Civilisation mérovingienne d'après les sépultures, Paris, A. et J. Picard, 1952..

Moyen Âge Jézainville appartient à la seigneurie de Pont-à-Mousson et au diocèse de Toul.