María Esther Beomonte, connue sous le nom de scène María Denis (née le à Buenos Aires, en Argentine et morte le à Rome) est une actrice italienne.
Biographie
Née à Buenos Aires de parents italiens, María Beomonte passe son enfance en Argentine, avant de venir s'installer avec sa famille en Italie, en 1931.
En 1932, encore adolescente, elle est remarquée par Mario Camerini, qui lui donne un petit rôle dans Les Hommes, quels mufles ! (Gli uomini, che mascalzoni...) au côté d'un autre débutant, Vittorio De Sica, qui sera, par la suite, son partenaire dans plusieurs autres films.
En 1933, Maria, qui a pris le nom de scène María Denis, obtient son premier grand rôle dans Treno popolare, une comédie typiquement italienne, de Raffaello Matarazzo. vignette|gauche|Maria Denis en 1933. Dans les années 1930, elle tourne avec les plus grands réalisateurs italiens, dans des films qui obtiennent beaucoup de succès et la rendent très populaire : Seconda B de Goffredo Alessandrini (1934), 1860 d'Alessandro Blasetti (1934), Laurent de Médicis de Guido Brignone (1937), Napoli d’altri tempi d'Amleto Palermi (1937), La Comtesse de Parme (La contessa di Parma) d'Alessandro Blasetti (1937), d'Amleto Palermi (1938), de Mario Camerini (1938) ou encore Les Cadets de l'Alcazar (L'Assedio dell'Alcazar) d'Augusto Genina (1939). Elle devient ainsi l'héroïne préférée des Italiens dans les comédies alors à la mode.
Très proche de Luchino Visconti (dont elle est amoureuse sans espoir), Maria Denis lui sauvera la vie durant la république de Salò. En effet quand le réalisateur entra dans la clandestinité puis fut arrêté, il lui avait laissé le soin de gérer toutes ses affaires et sa maison de via Salaria. C'était Maria qui lui faisait passer l'argent et les papiers qu'il réclamait. Elle se retrouva même en position délicate avec les Allemands lorsqu'ils trouvèrent des papiers compromettant dans la villa de Visconti.
Plus, elle devint sciemment la maîtresse de Pietro Koch, le chef de la police spéciale du régime fasciste finissant. Koch était fou amoureux d'elle et tapissait sa chambre de ses photos depuis plusieurs années. Cet homme d'une cruauté sans égale (il faisait peur même à Mussolini qui finit par le faire arrêter) avait aussi un côté paradoxalement sentimental. Grâce à Maria Denis (qu'il courtisait et menaçait tout à la fois), il accepta de cacher Visconti à la Gestapo et de le transférer dans un couvent sous un faux nom. Elle obtint ainsi de sauver la vie et bientôt la libération de Luchino Visconti.
Mais ce dernier ne lui eut aucune reconnaissance et rompit toute relation avec elle, prétendant devoir sa libération à la seule intervention de sa sœur Uberta qui n'avait en fait que suggéré à Maria Denis de céder aux avances de Koch. Pire, quand Maria Denis fut arrêtée en 1946 et internée pendant 14 jours à la Questure de Rome pour faits de collaboration (dus uniquement à ses relations avec Koch), Luchino Visconti refusa de dire la vérité au grand dam d'une partie de sa famille. Visconti lui fournit un avocat de renom mais rien de plus. Maria Denis a toujours dit que c'était en fait pour s'assurer de son silence et que rien de compromettant ne puisse fuiter. Elle ajouta que l'orgueil de Luchino ainsi que sa légende lui interdisait de laisser dire et savoir qu'il devait la vie à une femme et à la clémence d'un monstre. Libérée faute de preuves suffisantes, la vie de l'actrice fut brisée. Elle se retira du métier et se consacra à sa famille et à la poésie.
Très marquée par cet épisode, elle publia son autobiographie en 1995 dans laquelle, elle écrit : « Visconti ne fit jamais la moindre allusion au fait que je lui aie sauvé la vie. Son ingratitude fut ma déception la plus grande ». Connue en Italie, cette histoire est complètement ignorée dans le reste de l'Europe et du monde. À noter que Pietro Koch sera arrêté et fusillé à la libération en 1945. Son exécution sera filmée par Luchino Visconti.
Filmographie vignette|Maria Denis dans Adieu Jeunesse ! (1940). vignette|Maria Denis en 2000. 1932 : La telefonista de Nunzio Malasomma (non créditée) 1932 : Les Hommes, quels mufles ! (Gli uomini, che mascalzoni...) de Mario Camerini 1933 : Creature della notte d'Amleto Palermi 1933 : Treno popolare de Raffaello Matarazzo 1933 : Non c'è bisogno di denaro d'Amleto Palermi 1933 : Villafranca de Giovacchino Forzano 1933 : Piccola mia de Eugenio De Liguoro 1933 : L'impiegata di papà d'Alessandro Blasetti 1933 : Il signore desidera? de Gennaro Righelli 1934 : 1860 d'Alessandro Blasetti 1934 : Il paraninfo d'Amleto Palermi 1934 : Seconda B de Goffredo Alessandrini 1934 : Villafranca 1935 : La mia vita sei tu de Pietro Francisci 1935 : Il re Burlone d'Enrico Guazzoni 1935 : Lorenzino de' Medici de Guido Brignone 1935 : Fiat voluntas Dei d'Amleto Palermi 1936 : Re di denari d'Enrico Guazzoni 1936 : Joe il rosso de Raffaello Matarazzo 1936 : Ballerine de Gustav Machatý 1937 : Contessa di Parma d'Alessandro Blasetti 1937 : Napoli d'altri tempi d'Amleto Palermi 1937 : I due misantropi d'Amleto Palermi 1937 : Lasciate ogni speranza de Gennaro Righelli 1938 : Hanno rapito un uomo de Gennaro Righelli 1938 : d'Amleto Palermi 1938 : Partire d'Amleto Palermi 1938 : L'ultima nemica d'Umberto Barbaro 1939 : Belle o brutte si sposan tutte... de Carlo Ludovico Bragaglia 1939 : Il documento de Mario Camerini : Luisa Sabelli 1939 : Chi sei tu? de Gino Valori 1940 : Fortuna de Max Neufeld 1940 : Les Cadets de l'Alcazar (L'Assedio dell'Alcazar), d'Augusto Genina 1940 : Pazza di gioia de Carlo Ludovico Bragaglia 1940 : Adieu Jeunesse ! (Addio giovinezza!), de Ferdinando Maria Poggioli 1940 : L'Intruse (Abbandono) de Mario Mattoli 1940 : La compagnia della teppa de Corrado D'Errico 1940 : L'amore canta de Ferdinando Maria Poggioli 1942 : Oui madame (Sissignora) de Ferdinando Maria Poggioli 1942 : I sette peccati de László Kiss 1942 : Le due orfanelle de Carmine Gallone 1942 : La maestrina de Giorgio Bianchi 1943 : Canal Grande d'Andrea Di Robilant 1945 : La Vie de bohème de Marcel L'Herbier 1945 : Sept femmes, sept destins (Nessuno torna indietro) d'Alessandro Blasetti 1946 : Malia de Giuseppe Amato 1947 : Cronaca nera, de Giorgio Bianchi 1947 : La prigioniera dell'isola de Marcel Cravenne 1947 : Quattro mogli d'Antonio Del Amo Algara 1947 : Nada d'Edgar Neville 1948 : Private Angelo de Peter Ustinov 1948 : Voragine d'Edgar Neville 1949 : La fiamma che non si spegne de Vittorio Cottafavi 1954 : Tempi nostri d’Alessandro Blasetti
Notes et références
Liens externes
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