Les élections parlementaires italiennes de () se tiennent les dimanche et lundi , afin d'élire les et les de la législature de la Chambre des députés et du Sénat de la République.
Anticipé d'un an par rapport au terme de la législature, ce scrutin est la conséquence de la chute du cinquième gouvernement d'Amintore Fanfani, contraint à la démission après le retrait du Parti socialiste italien (PSI).
Les élections se tiennent tout juste deux ans après que la Démocratie chrétienne (DC) a dû céder la présidence du Conseil des ministres au secrétaire du Parti républicain italien (PRI) Giovanni Spadolini, premier laïque à accéder à la direction de l'exécutif après de pouvoir ininterrompu des démocrates chrétiens.
La DC sort une nouvelle fois vainqueur de ces élections parlementaires, mais avec un score fortement diminué, passant pour la première fois sous les 35 % des exprimés, tandis que le PCI stagne. Ce scrutin voit en effet une forte progression des petits partis, notamment le Parti républicain italien (PRI), qui profite d'un pour doubler sa représentation parlementaire, et le PSI, qui repasse les 10 % à la Chambre des députés.
Six semaines plus tard, le PSI accède au pouvoir par la nomination de son secrétaire Bettino Craxi à la présidence du Conseil. Premier socialiste à diriger le gouvernement italien, il gouverne avec le soutien du , une alliance de cinq partis dominée par la DC. Avec Sandro Pertini à la présidence de la République, c'est la première fois qu'un autre parti que la Démocratie chrétienne contrôle deux charges suprêmes de la République italienne.
Contexte Le PCI en recul Aux élections parlementaires anticipées des et , la scène politique reste globalement stable par rapport au scrutin tenu trois ans plus tôt. Toujours premier parti d'Italie, la Démocratie chrétienne (DC) continue de dominer le Parlement en réunissant 38,3 % des suffrages exprimés à la Chambre des députés et au Sénat de la République.
À l'inverse, le Parti communiste italien (PCI) ne profite pas de ses trois années passées à ne pas s'opposer aux gouvernements de Giulio Andreotti. Avec 30,4 % des voix à la Chambre et 31,5 % au Sénat, il perd un total de , soit une représentation en baisse de 10 %. La troisième place reste attribuée au Parti socialiste italien (PSI), qui réunit 9,8 % des suffrages à la chambre basse et 10,4 % à la chambre haute, repassant le seuil des et .
Il est suivi par le Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN), en recul avec 5,3 % des voix à la Chambre des députés et 5,7 % au Sénat de la République. Il devance ainsi le Parti social-démocrate italien (PSDI), qui totalise 3,8 % des suffrages exprimés à la Chambre et 4,2 % au Sénat. La sixième place revient au Parti radical (PR), un petit parti anticlérical et libertaire qui profite à plein de sa mobilisation pour les référendums abrogatifs de : il parvient à remporter 3,5 % des exprimés à la chambre basse mais seulement 1,3 % à la chambre haute, dont il est la huitième force. Il surpasse ainsi le Parti républicain italien (PRI), qui obtient 3 % des voix à la Chambre des députés et 3,4 % au Sénat de la République, où il occupe la sixième position.
Aux élections européennes du suivant, la DC rassemble 36,5 % des voix, contre 29,6 % pour le PCI et 11 % pour le PSI. Avec 5,5 %, le MSI-DN se classe quatrième. Il devance le PSDI, qui totalise 4,3 %, et le PR, qui rassemble 3,7 %. Le Parti libéral italien (PLI) atteint 3,6 %.
À l'ouverture de la le , la députée communiste de Parme Nilde Iotti est élue présidente de la Chambre des députés avec contre 33 au député social-démocrate de Rome Leonardo Sciascia et blancs. Deuxième communiste après Pietro Ingrao à accéder à l'une des quatre charges suprêmes de l'État italien, elle en est la première femme titulaire. Parallèlement, le sénateur à vie démocrate chrétien Amintore Fanfani est réélu président du Sénat de la République, remportant contre 12 au sénateur néofasciste des Pouilles Araldo Crollalanza et blancs.
Cossiga : deux gouvernement en huit mois vignette|gauche|upright|Francesco Cossiga, premier président du Conseil de la . Après avoir fait appel sans succès au démocrate chrétien Giulio Andreotti, au socialiste Bettino Craxi et au démocrate chrétien Filippo Maria Pandolfi, le président de la République Sandro Pertini nomme le le démocrate chrétien Francesco Cossiga au poste de président du Conseil des ministres et assermente son premier gouvernement le jour même. Il consiste en une coalition unissant la DC, le PSDI et le PLI qui bénéficie du soutien sans participation du PSI et du PRI.
Le , la mafia sicilienne assassine par balles le président démocrate chrétien de la région autonome de Sicile Piersanti Mattarella, fils de l'ancien ministre Bernardo Mattarella et frère du futur président de la République Sergio Mattarella.
Socialistes et républicains annoncent au bout de huit mois le retrait de leur appui extérieur. Ne bénéficiant plus de majorité, Cossiga remet sa démission au chef de l'État le . Après quatre jours de rencontres, Pertini appelle le président du Conseil démissionnaire à reconstituer une coalition. La DC, le PSI et le PRI parviennent à un accord le et le gouvernement Cossiga est assermenté au palais du Quirinal le .
Environ deux mois plus tard se tiennent les élections régionales dans les à statut ordinaire. La Démocratie chrétienne obtient 36,8 % des voix et s'impose dans dix territoires, contre cinq au Parti communiste qui rassemble 31,5 %. Par rapport au scrutin tenu cinq ans plus tôt, la DC reprend l'avantage sur le PCI dans le Latium et le Piémont.
Cossiga renonce à la direction du gouvernement le , au lendemain du rejet à une seule voix près par la Chambre des députés d'un décret-loi de mesures économiques d'urgence. Quelques heures avant ce vote, il avait pourtant obtenu à une large majorité la confiance des députés.
Forlani et le scandale P2 vignette|upright|Arnaldo Forlani, président du Conseil lors du scandale P2. Le , le président Pertini confie un mandat exploratoire au député démocrate chrétien d'Ancône et ancien ministre des Affaires étrangères Arnaldo Forlani. Celui-ci envisage la constitution d'une alliance à cinq partis, qui réunirait la DC, le PSI, le PSDI, le PRI et le PLI.
Toutefois, les socialistes rejettent l'idée d'une participation gouvernementale des libéraux et le mandataire présidentiel construit une majorité parlementaire à quatre identique au centre gauche cher à feu Aldo Moro. Le gouvernement prête serment le , concluant trois semaines de crise gouvernementale par un élargissement de la majorité sortante.
En , lors d'une perquisition menée à Castiglion Fibocchi dans le cadre de l'enquête sur les affaires du sulfureux banquier Michele Sindona, deux juges d'instruction découvrent une liste de membres de la loge maçonnique Propaganda Due (P2). Dirigée par l'homme d'affaires Licio Gelli et radiée par le Grand Orient d'Italie cinq ans plus tôt, elle réunit environ de l'élite politique, administrative et économique du pays et se trouve impliquée dans des assassinats et des scandales financiers.
L'Italie se rend deux mois plus tard aux urnes, pour cinq référendums abrogatifs le . Quatre sont organisés à l'initiative du Parti radical, qui souhaite voir disparaître la de relative à l'ordre public, l'emprisonnement à perpétuité, l'autorisation de détenir et porter une arme à feu, et les limites imposées à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Le cinquième référendum se tient du fait de la mobilisation du Mouvement pro-vita et a pour objectif l'abrogation de la loi autorisant l'IVG. Plus de 79 % des inscrits se déplacent et rejettent les cinq demandes soumises au vote par 68 % à 88 % de .
La liste des membres de la loge P2 est rendue publique à peine quatre jours après le scrutin. Outre des personnalités du monde des affaires comme Silvio Berlusconi ou le prétendant au trône Victor-Emmanuel de Savoie, y figurent les noms de sept membres du cabinet de Forlani : le ministre socialiste du Commerce extérieur Enrico Manca, le ministre démocrate chrétien du Travail Franco Foschi, et cinq secrétaires d'État. Face au scandale, le président du Conseil remet sa démission cinq jours plus tard au chef de l'État. Ce dernier doit donc mener une quatrième série de consultations en seulement deux ans.
Le premier laïque à la présidence du Conseil vignette|upright|Giovanni Spadolini, premier président du Conseil de la République non-issu de la DC.
Sandro Pertini décide le de confier une nouvelle fois la mission de constituer une majorité à Arnaldo Forlani. Après quatre jours de discussions, le président du Conseil démissionnaire recommande au chef de l'État de prononcer la dissolution du Parlement, mais le président de la République rejette cette option et confirme Arnaldo Forlani. Finalement celui-ci renonce à son mandat exploratoire le .
Comme en avec Ugo La Malfa puis Bettino Craxi, Pertini fait alors le choix de confier la formation du nouveau cabinet à une personnalité extérieure à la Démocratie chrétienne. Il en appelle donc le à l'ancien journaliste Giovanni Spadolini, sénateur de Lombardie, ex-ministre des Biens culturels et actuel secrétaire du Parti républicain italien. Après une semaine de rencontres, il accepte formellement la mission de constituer l'exécutif italien.
Il présente son premier gouvernement le suivant. Il est formé d'une coalition à cinq partis entre la DC, le PSI, le PSDI, le PRI et le PLI. Les quatre derniers ont tous été à une certaine époque des alliés de la Démocratie chrétienne, mais c'est la première fois qu'ils siègent ensemble au sein du gouvernement. De même, c'est la première fois de l'histoire républicaine que la présidence du Conseil échappe à un démocrate chrétien. Ainsi la DC ne compte plus qu'un titulaire d'une des quatre charges suprêmes de l'État, le président du Sénat, ce qui en fait sa plus faible représentation institutionnelle depuis la proclamation de la République.
Les désaccords économiques au sein de la majorité amènent les socialistes à s'en retirer le , conduisant tout le cabinet à démissionner le lendemain. Ayant passé un an, un mois et une semaine au pouvoir, il détient le record de longévité de la législature. Cinq jours plus tard, Sandro Pertini demande à Spadolini de remettre sur pied un gouvernement. Les négociations sont marquées le par la mort à de Guido Gonella, fondateur de la DC et de la République. La liste des ministres est présentée trois jours après et le gouvernement Spadolini est assermenté immédiatement.
Ce nouvel exécutif tient moins de trois mois : le , Giovanni Spadolini doit de nouveau se démettre en raison d'un grave désaccord entre le ministre socialiste des Finances Rino Formica et le ministre démocrate chrétien du Trésor Nino Andreatta concernant la séparation des biens publics entre la Banque d'Italie et le Trésor public.
Finalement, des élections anticipées vignette|upright|Amintore Fanfani échoue à aller au terme de la législature.
Après de présidence laïque, le chef de l'État fait de nouveau appel à un démocrate chrétien. Le président du Sénat Amintore Fanfani, qui a déjà dirigé quatre gouvernements, se voit confier le un mandat exploratoire et dit avoir l'intention de constituer un exécutif stable pour achever la législature, dont le terme naturel est alors prévu en .
Il semble initialement parvenir à reconstituer la majorité à cinq, mais finalement le PRI choisit de se contenter d'un soutien sans participation. Le gouvernement Fanfani entre en fonction le lors d'une cérémonie au palais présidentiel. Une semaine plus tard, le sénateur démocrate chrétien de Lombardie Tommaso Morlino est élu à la présidence de la chambre haute par et blancs.