vignette|Champ de blé dans le gouvernorat de Béja.
L'agriculture en Tunisie est un secteur économique très important. En 2018, il génère 10,4 % du PIB national et assure 15 % des emplois...
Les principales productions agricoles du pays sont les céréales (blé et orge), les olives, les dattes et les agrumes pour le secteur végétal et les ovins pour le secteur animal. La filière oléicole et la filière phoenicicole sont en grande partie tournées vers l'exportation. L'oléiculture représente, en 2017, 40 % des exportations nationales et arrive juste en deuxième position derrière le secteur du textile..
Histoire Dans les dernières années du protectorat français, l'agriculture représente encore 29 % de l'activité économique totale mais tombe déjà à 22 % avec la nationalisation des exploités par des sociétés françaises et des colons..
Malgré cette baisse constante de la quote-part du secteur dans le PIB, l'agriculture a enregistré des taux de croissance importants, notamment durant les années 1970 avec près de 8 % par an, et a permis au pays d'améliorer son niveau de sécurité alimentaire. Le taux de couverture moyen de ses besoins en produits agricoles est de l'ordre de 81 % sur la période 1984-2003, mais avec de fortes variations selon les produits : près de 48 % pour les céréales, de 100 % pour les produits de l'élevage ou de 88 % pour les huiles.. Ces performances sont la conséquence d'importants efforts de soutien et de modernisation réalisés dans le cadre d'une politique de développement et de régulation des activités agricoles et rurales (soutien des prix, subventions, crédits de la Banque nationale agricole, assistances techniques et salaire minimum) et d'une demande soutenue par l'augmentation de la demande (population en hausse et aux revenus croissants)..
La Tunisie n'échappe pas aux tendances de modernisation et de mondialisation de ces dernières décennies avec la libéralisation de son économie engagée depuis 1986 et l'accord de libre-échange signé avec l'Union européenne en 1995. La tendance s'illustre par une baisse de la part de ce secteur économique dans le PIB (1/) et plus encore par une baisse de la population active (1/), tendance constatée tout au long du et accélérée après l'indépendance (avec un désengagement renforcé lors des années 1960 où fut tentée l'expérience collectiviste). Des unités de production modernes et bien intégrées au marché, notamment pour certaines aux marchés d'exportation, coexistent avec des systèmes de production restés, sous le poids de leurs contraintes de structures, traditionnels sur le plan des techniques adoptées et peu intégrés au marché. Le programme d'ajustement structurel agricole, lancé en 1986, contribue à la libéralisation des prix et des investissements et à la privatisation progressive des entreprises publiques du secteur. Au début des années 2000, l'État demeure cependant l'acteur économique majeur du secteur agricole.
Caractéristiques foncières Les terres à vocation agricole couvrent une superficie de l'ordre de dix millions d'hectares réparties ainsi : cinq millions d'hectares de terres labourables, utilisées en majorité pour les grandes cultures et l'arboriculture, quatre millions d'hectares de parcours naturels utilisables par les cheptels et un million d'hectares de forêts ou garrigues..
Les terres labourables sont pour leur immense majorité des terres privées exploitées par . La taille moyenne des exploitations est de 10,2 hectares mais il existe une grande hétérogénéité autour de cette moyenne : 54 % des exploitations disposent de moins de cinq hectares et détiennent 11 % des superficies agricoles alors que 3 % seulement font plus de cinquante hectares et possèdent 34 % des surfaces (chiffres de 2005)..
Les surfaces équipées pour l'irrigation sont de . Bien que ne représentant que 8 % de la surface agricole utilisée, ce secteur irrigué contribue à 35 % de la valeur agricole totale.
Politique agricole La politique agricole du pays a pour objectif prioritaire l'autosuffisance alimentaire.
Pour ce faire l'État intervient de manière importante dans la gestion de la plupart de filières agricoles. Pour certaines d'entre elles, il réalise même des opérations commerciales via des organismes spécialisés. qui sont en situation de monopole pour des opérations considérées comme stratégiques. C'est le cas de l'Office des céréales pour la collecte et l'importation des céréales, de l'Office national de l'huile pour les importations des huiles de colza et de soja, de l'Office du commerce pour l'importation du riz et du sucre.
Des mesures de soutien des prix du marché sur les produits les plus sensibles, notamment les céréales et le lait, sont mises en place. Il existe par exemple un prix minimum garanti pour les producteurs de céréales. Des subventions aux intrants (semences, carburants, etc.) ainsi que des aides à l'investissement (par exemple pour l'irrigation) sont octroyées aux agriculteurs. Il existe par ailleurs des droits de douane relativement élevés sur l'importation de divers produits tels les produits laitiers et les fruits et légumes afin de protéger les producteurs nationaux de la concurrence internationale. Ces droits sont cependant revus à la baisse sous la pression de l'Organisation mondiale du commerce.
Cette politique de soutien à l'agriculture, qui a généré des résultats non négligeables en termes de croissance de la production agricole, est cependant coûteuse pour le budget du pays et contestée par les partisans d'une politique plus libérale. À l'avenir, pour faire face à de nouveaux défis (changement climatique, mondialisation, etc.), le gouvernement tunisien souhaite rénover sa politique agricole en mettant l'accent d'une part sur la compétitivité des filières, d'autre part sur les aspects sociaux en répartissant mieux les aides entre les différentes catégories d'exploitants et les différentes régions agricoles.. La dimension environnementale avec des pratiques agronomiques plus écologiques devrait être également privilégiée.
Principales productions Ceréaliculture
vignette|Céréales près du barrage de Sidi Salem.
Les céréales ont occupé 1,4 million d'hectares en moyenne sur la dernière décennie. Une baisse sensible de leur superficie a cependant été enregistrée sur les deux dernières campagnes agricoles : 1,31 million d'hectares en 2013-2014, 1,19 en 2014-2015. et 1 million en 2022, répartis sur dont couvrant plus de cinquante hectares..
Elles sont représentées essentiellement par le blé dur et l'orge, et dans une moindre mesure par le blé tendre. Il s'agit en grande majorité d'une production de type pluvial ; seuls peuvent bénéficier de l'irrigation en cas de sécheresse. Les rendements sont étroitement dépendants des aléas climatiques, et donc très variables. La production totale est de 23 millions de quintaux pour la campagne 2013-2014, avec un record de 24 millions de quintaux en 2019, mais seulement de 13 millions pour la campagne 2014-2015 lors de laquelle les conditions climatiques sont beaucoup plus défavorables.
Bien qu'occupant près du tiers de la surface agricole utilisée, les céréales ne contribuent en moyenne qu'à hauteur de 13 % à la valeur ajoutée agricole. La production céréalière ne couvre pas les besoins du pays, avec un taux d'importation de 33 % pour le blé dur, de 85,3 % pour le blé tendre et de 71,3 % pour l'orge, soit un taux total de 63,33 %. En conséquence, seule une baguette sur cinq est produite à partir du blé local. Ces importations, en provenant des États-Unis pour le blé dur, de la Russie et de l'Ukraine pour le blé tendre, sont particulièrement affectées par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Oléiculture
vignette|Oliveraie dans le gouvernorat de Sfax. vignette|Olives de table de Tunisie.
En 2016, l'oliveraie occupe plus de 1,8 million d'hectares, pour 88 millions d'oliviers, soit plus du tiers des terres labourables du pays... La Tunisie occupe 20 % de la superficie mondiale de la culture d'olive mais seulement 6 % de la production mondiale.. 98 % des plantations d'oliviers sont en pluvial (Bâali.) et seulement le reste est irrigué.. 45 % de la production de huile d'olive est faite sur les de surface irriguée, ce qui ne représente que 5 % de la surface de production.
La Tunisie est classée au deuxième rang, après l'Espagne, avec près de 20 % de la superficie mondiale oléicole.. Sur la décennie 2003-2013, la Tunisie a produit en moyenne d'huile d'olive, ce qui la situe au quatrième rang mondial après l'Espagne, l'Italie et la Grèce. Pour la campagne 2014-2015, la production se monte à , ce qui situe la Tunisie à la deuxième place mondiale des pays producteurs d'huile d'olive après l'Espagne. Pour la campagne 2015-2016, la production de l'huile d'olive atteint . La principale raison de cette baisse est le manque de pluies. La production ne va pas s'améliorer en 2016-2017 puisqu'on s'attend à une baisse de 20 % par rapport à l'année précédente, soit une production entre et . La production est répartie entre 40 % au Nord, 28 % au Centre, 17 % au Sud, 12 % à Sfax et 7 % au Sahel.. Pour la saison 2017-2018, la Tunisie se replace dans le top 3 des pays producteurs d'huile d'olive à l'échelle mondiale. La production va s'améliorer puisqu'on prévoit une production aux alentours de . L'Office national de l'huile envisage l'exportation de près de d'huile d'olive dont plus de conditionnées et d'occuper le deuxième rang mondial après l'Espagne en termes d'exportation.. Cette instabilité de la production constitue, selon les experts, le talon d'Achille de la filière oléicole tunisienne et pose un problème pour tenir les engagements en matière d'exportation d'huile d'olive en bouteille.
agricoles sont concernés par cette production, ce qui souligne son importance économique et sociale. Adapté aux conditions climatiques de la Tunisie, l'olivier à huile génère entre vingt et quarante millions de journées de travail par an.. La Tunisie a exporté d'huile d'olive en moyenne sur la décennie 2003-2013. En 2015, sont exportées, ce qui situe le pays au premier rang mondial dans ce domaine. On peut souligner que d'oliviers sont conduits en agriculture biologique, ce qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d'exportation..
L'oliveraie tunisienne compte environ 140 variétés et écotypes locaux d'oliviers. Les deux principales variétés d'oliviers à huile sont le Chemlali, qui occupe plus de 80 % de la production nationale en huile d'olive, principalement dans le Centre et le Sud du pays, et le Chétoui qui occupe près de 15 % de la superficie oléicole, principalement dans le Nord..
Les principales variétés d'oliviers de table sont la variété Meski (62 % des plantations d'oliviers de table), la variété Picholine (14 % des plantations) et la variété Beldi (11 % des plantations)..
L'huile d'olive tunisienne doit être labellisée officiellement à partir de 2016. Les producteurs qui veulent obtenir ce label doivent remplir les critères du cahier des charges et se soumettre à l'ensemble des procédures d'habilitation et de contrôle relatives à ce label..
Agrumiculture
vignette|Oranges maltaises (marché en France).
Les superficies consacrées aux agrumes sont de . En 2013-2014, la production est de dont 39 % d'oranges de la variété maltaise. Le cap Bon, avec plus de 70 % de la production est la première région agrumicole du pays. Le marché local absorbe 80 à 90 % de la production ; le reste est exporté, essentiellement des maltaises qui sont appréciées sur les marchés européens et notamment français. Cependant, la Tunisie subit une forte concurrence des agrumes d'Espagne et du Maroc et on a observé un recul des exportations au cours des dernières années.
Phoeniciculture
left|vignette|Palmeraie dans le gouvernorat de Tozeur.