Le livre d'heures de Jean sans Peur est un livre d'heures médiéval commandé en Flandres sans doute par le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, entre 1409 et 1419. Il est conservé à la bibliothèque nationale de France, à Paris, sous la cote NAL 3055.
Historique L'histoire du manuscrit est très peu connue. Plusieurs éléments cependant le rattachent à la personnalité de Jean sans peur.
Son blason et ses symboles sont représentés sur la miniature représentant saint André, patron de la Bourgogne : la truelle, le rabot, mais aussi le niveau de maçon. Or, on sait que ce dernier symbole n'a été adopté par Jean sans peur qu'à partir du début de l'année 1409. Il indique que le manuscrit a été commandé après cette dateMiniatures flamandes.. Pendant la période de rivalité, sous l'influence suzeraine du royaume de France, entre les ducs d'Orléans et la Bourgogne, Louis d'Orléans choisit comme emblème le bâton avec la devise « Je l'ennuie ». Jean sans Peur rétorque avec le rabot comme emblème pour vaincre le bâton et la truelle pour décourager ses ennemis, ainsi que la devise en flamand (« Je me tiens debout »). Autre signe de cette rivalité dans le manuscrit, dans la marge de la cour céleste (f.195v), un lion (Jean sans peur) est prêt à se jeter sur un loup (le duc d'Orléans).
Alors qu'il n'est que comte de Nevers, Jean sans Peur est fait prisonnier par le sultan Bazajet après la bataille de Nicopolis (1397). Il éprouve donc une grande dévotion envers saint Léonard, patron des prisonniers sous la protection duquel il s'est placé. La miniature (folio 164v) et la longue prière à saint Léonard rendent donc grâces de cette libération, ainsi que celle de ses compagnons de croisade.
Une autre miniature rappelle encore Jean sans peur : dans le bas du feuillet consacré à de la Pentecôte (f.28v), est représenté un chevalier armé, Lohengrin, fils de Perceval, sur une barque avec un cygne. Cette scène rappelle la famille des ducs de Clèves qui prétendaient descendre du chevalier au cygne. Deux hypothèses expliquent cette allusion : le manuscrit a été commandé par Jean sans Peur à destination de sa fille, Marie, épouse de Adolphe II de La Marck, comte de Clèves. À l'inverse, il pourrait aussi s'agir d'un cadeau de son gendre pour son beau-père.
Le manuscrit est acheté en 1939 pour la somme de par la Bibliothèque nationale de France et classé dans les Nouvelles Acquisitions Latines (NAL)Van Moe Emile-A. « Un livre d'heures de Jean sans Peur », Bibliothèque de l'école des chartes, 1939, vol. 100, n° 1, . (..
Description Ce manuscrit enluminé qui suit la liturgie des Heures de Rome comporte 252 feuillets, avec douze illustrations de calendrier en médaillon, vingt-huit grandes miniatures à pleine page avec des bordures de lierre et d'acanthes et une initiale historiée.
Les miniatures sont données au Maître du livre d’heures de Jean sans Peur, qui tient son nom de convention de ce manuscrit et à qui on attribue seulement un autre manuscrit, un livre d’heures à l’usage d’Arras conservé à la Pierpont Morgan Library à New York (ms. M. 439). Son style se rattache aux enlumineurs actifs à Bruges au début du . Il a peut-être été lui-même actif à Gand à cette période. Il est le prédécesseur du groupe des Maîtres de Guillebert de Mets qu'il a fortement influencé et avec lesquels il a souvent été confonduMiniatures flamandes, ..
Source
Annexes Bibliographie Victor Leroquais, Un livre d'heures de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, Paris, 1939, in-8°, 74 p. et 16 planches,
Liens externes
Notice du manuscrit sur le site de la BNF Manuscrit numérisé sur Gallica Saint Christophe - exposition Miniatures flamandes BNF
Notes et références
Jean sans Peur Catégorie:Manuscrit enluminé conservé à la Bibliothèque nationale de France Catégorie:Manuscrit enluminé gothique Catégorie:Jean sans Peur