Saint Gonnerry est un saint breton du , natif d'Irlande, non reconnu officiellement par l’Église catholique car « sanctifié » spontanément par les fidèles avant la mise en place de la procédure de canonisation (1180). Il est invoqué pour soulager fièvres et angoisses, mais aussi par les marins au long cours.
Il est fêté le (Diocèse de Saint-Brieuc) et le par les orthodoxes. Sa fête votive actuelle est le lundi de Pâques, son grand pardon les 26, 27 ou .
Étymologie et traduction
En français, il est principalement orthographié Saint Gonerry, Saint Gonnery ou Saint Gonéri.
En breton, il se nomme Sant Goneri, en celtique Cawen, en irlandais Konrix, chez les orthodoxes Koneri. On trouve aussi, dans des manuscrits anciens les orthographes Gonec et Gonnere.
Biographie
D'après Frère Albert le Grand en 1637, repris par Dom Lobineau en 1725, la vie de Saint Gennery se serait déroulée comme suit..
Au , natif d'Irlande et de , il débarque en Bretagne non loin de Vannes, probablement avec sa mère, Sainte Eliboubane. Il installe son oratoire à Rohan, dans la forêt mythique de Brocéliande où il célèbre la messe quotidiennement. Un jour, perdu dans ses oraisons, il ne remarque pas le propriétaire des lieux, Alvandus, seigneur de , venu le saluer. Vexé, ce dernier interroge son sénéchal : Le sénéchal lui répond . Non satisfait de la réponse, Alvandus ordonne à ses valets et palefreniers de lui amener l'homme. La bat le prêtre tandis que le seigneur regagne son château. Le sénéchal intervient pour arrêter la bastonnade, mais Gonnery reste inerte sur le sol. Le sénéchal le relève tandis que celui-ci réclame déjà à Dieu leur pardon. Dieu ne l'entend pas ainsi et rend les serviteurs sourds et aveugles. Informé de l'événement et terrorisé, Alvandus accourt se jeter à ses pieds. Gonnery pardonne et rend l'ouïe et la vue à ses agresseurs. Alvandus lui propose des richesses mais celui-ci lui fait comprendre qu'il préfère la richesse de Dieu. Le seigneur des lieux se fait catéchiser et vient écouter la messe chaque jour. Ces miracles attirent bon nombre de paysans et pêcheurs, et même des gens des villes qui se font évangéliser.
On lui demande de célébrer un mariage. Pour cela, il aménage une chapelle parmi des rochers (peut-être un dolmen). Durant la cérémonie, l'esprit du mal fend un rocher en deux afin d'écraser tous les participants, mais d'un geste de Gonnery, celui-ci reste en l'air. Sa trop grande popularité finit par l'ennuyer et, fatigué, il part pour le Tréguan, dans la paroisse de Plougrescant où il fait construire la chapelle dans laquelle il sera enterré.
Il reprend ensuite sa vie de solitude et de travail manuel en élevant des moutons à Porz Bugale. Il s'installe quelques années dans un bois de Plougras (actuel Koad Goneri et Feunteun Sant Goneri) avant de repartir à nouveau pour les environs de Lanvellec.
Il n'y a , le jour du grand pardon, les pèlerins emportaient les reliques de Saint Gonéri jusqu'à l'île Loaven où Sainte Eliboubane, sa mère, est inhumée.
Culte dans la Bretagne actuelle thumb|right|La chapelle Saint-Gonéry, à Plougrescant Son culte fut très intense dans la région de Tréguier et de Pontivy. Des comptes paroissiaux des révèlent l'existence de plusieurs églises, chapelles, oratoires, calvaires lui étant consacrés. Ces manuscrits et leurs différentes orthographes ont égaré les chercheurs du début . Il fut confondu avec saint Connec, évêque de Quimper, dont le prénom parfois prononcé Gonner peut entrainer une confusion avec Gonnery. Dom Lobineau, en 1725, signale une paroisse de 837, San-Eli Vénéres, dont Saint Gonnery aurait été le patron. Des traces de fêtes votives remontent à 1787. Les remembrements des paroisses après la Révolution, font disparaître quelque peu le culte de ce saint.
Il est le saint patron titulaire de la commune de Saint-Gonnery. Actuellement il reste honoré à Plougrescant dont l'église abrite ses cendres. Non loin de là, à Porz Bugale, la grève est dominée par le Roc'h Cawen (rocher de Goneri) près de la grotte où le saint abritait ses moutons. Une chapelle et une fontaine du porte son nom.
Le nom de la commune de Tregonneau vient du breton Treb (le village) et de Gonneau (Goneri), .
Notes et références
Bibliographie La Vie, les reliques, le culte de Saint Gonéri, breton armoricain du siècle / par l'Abbé Y. M. Lucas, Vannes, Eug. Lafolye (1888). Consultable sur la bibliothèque numérique de l'Université Rennes 2 Albert le Grand, Les vies des saints de Bretagne Armorique (1637), réédition de 1901, Rennes, Bibliothèque nationale de France Dom Lobineau, Les vies des saints de Bretagne (1725), Rennes, Bibliothèque Nationale de France
Liens externes
Sant Goneri sur GrandTerrier.net Histoire de la Commune de Trégonneau sur InfoBretagne.com Histoire de la Commune de Saint Connec sur InfoBretagne.com Vie de St Goneri par Albert le Grand (1637) sur Gallica
Catégorie:Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle Catégorie:Saint catholique et orthodoxe breton Catégorie:Date de naissance non renseignée (VIe siècle) Catégorie:Naissance en Irlande Catégorie:Date de décès non renseignée (VIe siècle) Catégorie:Décès en Armorique Catégorie:Personnalité bretonne du VIe siècle Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Missionnaire du haut Moyen Âge Catégorie:Saint-Gonnery Catégorie:Saint catholique fêté le 17 juillet Catégorie:Saint orthodoxe fêté le 4 août