Les Chevrolet full-size constituent une longue série de véhicules américains de grande taille produits de 1950 à 1996 sous les noms de Bel Air, 150, 210, Biscayne, Impala et Caprice avec de nombreux dérivés de carrosserie. Ils représentent l'âge d'or de Chevrolet et plus généralement de la production automobile américaine avec leurs roues arrière motrices, leur taille imposante, leur puissance et leur équipement sans équivalent en Europe. Synonymes de la montée en puissance de l'économie américaine du début des années 1950 jusqu'aux crises pétrolières qui auront petit à petit raison d'elle, elles n'auront eu qu'une seule stratégie : toujours plus grand et toujours plus puissant.

Cet article traite des Chevrolet full-size commercialisées aux États-Unis, certaines versions ayant eu des appellations et des carrières différentes notamment au Canada ou au Mexique.

Le contexte

Le contexte est celui de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la montée en puissance de l'économie américaine reposant sur une forte augmentation de la demande intérieure, que les groupes automobiles américains essayaient de satisfaire au mieux en élargissant leur gamme.

Un vaste choix de carrosseries Berline deux portes (two-door sedan) et dérivés utilitaires : avec montants de portes ou avec les vitres entourées par un encadrement de porte. Certaines versions destinées à un public de professionnels ne comportent pas de banquette arrière ou de séparation de coffre, bien que le vitrage latéral arrière reste. Berline deux portes sans montants (two-door hardtop et custom) : ce n'est pas encore un coupé mais les encadrements de portes ont disparu : le look typique des américaines des années 1950. Réservé à l'origine aux versions haut de gamme Bel Air, Impala et Caprice, ce type de carrosserie a également été disponible sur la Chevrolet 210 à l'occasion du millésime 1957. Coupé deux portes (Sport et Fastback) : trois volumes plus ou moins différenciés des versions Custom précédentes, ou véritable tentative de coupé, mais sans hayon arrière. Ces versions à tendance sportive apparaîtront à la fin des années 1960. Cabriolet (Convertible) : avec l'arrivée rapide de la capote électrique, de la climatisation et des vitres électriques. Ce type de carrosserie était réservé aux finitions supérieures Bel Air, Impala et Caprice. Berline quatre portes (four-door sedan) : la classique destinée à une clientèle traditionnelle au pouvoir d'achat moindre, grand succès populaire. Berline quatre portes sans montants (four-door hardtop et sport sedan): caractérisée par l'absence d'encadrements de vitres et surtout l'absence du montant central. Une berline-coupé avant l'heure (Volkswagen Passat CC), ou plutôt un précurseur copié. Break deux portes (two-door station wagon) et dérivés utilitaires tôlés (Delivery). avec deux visions avant-gardistes : d'un côté le break de chasse (shooting brake) et de l'autre l'utilitaire premium, il était en effet possible de rentrer facilement par l'arrière une planche de surf ou une échelle de chantier. Break quatre portes (four-door station wagon) : typé familial a priori plus classique. Bien qu'il dispose de six voire neuf places et de trois rangées de banquettes, il répond parfaitement à la demande des familles américaines du début des années 1960. Pick-up (Chevrolet El Camino, de 1959 à 1987) : il répond à la volonté de concilier l'utile à l'agréable en faisant cohabiter une benne arrière apte à charger avec un habitacle confortable et des caractéristiques techniques de véhicule de tourisme. Poussée à l'extrême jusqu'au début des années 1970, l'idée sera reprise avec un succès certain en Océanie par la marque Holden.

Une gamme riche et variée Destinée à couvrir l'ensemble du marché automobile américain, la gamme des Chevrolet full-size est pléthorique: allant de la simple berline à l'ambiance quasi-monacale au cabriolet regorgeant de chromes et de cuir. Pour aider au succès de ses modèles, Chevrolet va systématiser une politique d'options, tant mécaniques qu'en matière d'équipements. Chevrolet procède également à un renouvellement très rapide de ses modèles : lifting considérable pour chaque année-modèle et nouvelle carrosserie tous les deux ou trois ans en moyenne.

Niveau 1 : les véhicules destinés au marché des professionnels Premier niveau en termes d'équipement et de motorisation, il s'agit de véhicules spacieux mais sans fioritures, souvent proposés avec les moteurs six cylindres de base, éprouvés mais peu vigoureux, généralement munis d'une boîte de vitesses manuelle à trois rapports seulement, profitant du couple important de ces moteurs et de l'absence de contrainte économique. Au cours des années, le catalogue des options permet d'améliorer progressivement l'ordinaire. Le marché visé par Chevrolet est alors celui des flottes d'entreprises, des sociétés de location de véhicules et les utilitaires intéressant les artisans.

Chevrolet 150 et Handyman (1953 à 1957)

La Chevrolet One-Fifty était la version la plus économique de la gamme des Chevrolet full-size. Véhicule d’accès de gamme particulièrement dépouillé, mais avec une amélioration notable en 1957, il visait principalement le marché des flottes d'entreprise et les administrations et qui remporta grâce à son prix attrayant un franc succès auprès de la jeune clientèle amatrice de hot-rod. Deux générations de 150 se sont succédé. La première de 1953 à 1954 n'était disponible qu'avec des moteurs six cylindres de 3,5 l ou 3,9 l, mais avec un choix de carrosseries important puisqu'en plus des berlines deux portes et quatre portes, elle était disponible en break quatre portes appelé Handyman ainsi qu'en break tôlé deux portes (Sedan Delivery). L'aspect trop utilitaire fut en partie gommé avec la deuxième génération de 1955 à 1957 et l'arrivée des moteurs V8 Small Block en option (4,3 l puis 4,6 l à injection en 1957) ainsi que la possibilité pour la clientèle de choisir une version coupé deux portes (two-door Club Coupe).

Chevrolet Delray et Yeoman (1958)

La Chevrolet Delray consistait à ses débuts en 1954 en une ligne d'équipements optionnels de la Chevrolet 210 dans sa version berline deux portes (two-door club coupe) puis devint un modèle à part entière à la disparition des modèles de base 150 et 210, qu'elle remplaça en 1958, Chevrolet ayant décidé une montée en gamme pour répondre à une clientèle plus exigeante. Elle existait en berline deux portes (two-door coupé ou utility coupé, une version utilitaire sans banquette arrière avec accès direct au coffre) et quatre portes (four-door sedan), avec un choix de deux motorisations V8 Small Block (5,7 l et 4,6 l à injection). Sa finition sommaire et ses options limitées la destinaient aux flottes d'entreprises ou aux administrations comme les polices d'autoroute (Highway Patrol), mais restait accessible aux particuliers désireux d'acquérir un modèle bon marché. Son dérivé break s'appelait Chevrolet Yeoman.

Chevrolet Yeoman (1958)

Le Chevrolet Yeoman était un break produit par la marque Chevrolet sur la base de la Chevrolet Delray lors de l'unique millésime 1958 en remplacement de la série populaire 210 produite de 1953 à 1957. Il était disponible en deux formes de carrosserie : deux (two-door station wagon) et quatre portes (four-door station wagon), mais toujours en six places (trois + trois, levier au volant oblige) et constituait l'entrée de gamme de la marque Chevrolet, avant la Chevrolet Brookwood mieux équipée et basée sur la Chevrolet Biscayne (disponible dès 1959), et la select Chevrolet Nomad basée sur la Chevrolet Bel Air (depuis 1958 en quatre portes). Il était disponible en six cylindres Blue Flame (3,9 l) ou en V8 (5,7 l et 4,6 l Small Block à injection), avec une dotation d'équipement plutôt réduite par rapport aux standards de l'époque et un choix d'options limité (boite automatique, entre autres). Selon ses concepteurs, ce break se voulait avant tout pratique avec son aménagement intérieur facile d'entretien (notamment au niveau du nettoyage) qui était composé majoritairement de matériaux plastiques tels que le vinyle ou le linoléum qui garnissait le plancher, à la place de la traditionnelle moquette.

Niveau 2 : les modèles de base Ce deuxième niveau dans la gamme n'est pas fondamentalement mieux présenté que le premier. Quelques chromes en plus viennent égayer les carrosseries, mais surtout, il donne accès à un choix plus important en termes de motorisations et d'équipements. À la suite de la demande d'une clientèle toujours plus exigeante, Chevrolet supprima en 1959 le premier niveau de finition par trop indigent, par ces versions mieux dotées qui devinrent les modèles de base de la gamme full-size. Chevrolet 210, Townsman et Beauville (1953 à 1957)

La Chevrolet Two-Ten était une berline de milieu de gamme produite par la marque Chevrolet de 1953 à 1957 pendant deux générations et remplacée en 1958 par la Biscayne. Elle fut la meilleure vente de Chevrolet entre 1953 et 1954 en faisant le lien entre l'austère 150 et la dispendieuse Bel Air. Dès son lancement en 1953, elle offrit un choix de carrosseries inconnu à l'époque: berline deux et quatre portes, berline deux portes sans montants (Sport Coupe Hardtop) et break quatre portes (Townsman). Tous ces modèles n'étaient disponibles qu'en six cylindres Blue Flame (3,9L) avec boîte de vitesses manuelle trois rapports avec ou sans overdrive, ou avec une boîte de vitesses automatique Powerglide à deux rapports. Le contexte économique de ce milieu des années 1950 aux États-Unis fit que le public plébiscita la Bel Air, obligeant Chevrolet à reconsidérer la gamme 210 avec le renouvellement de 1955 en lui donnant accès à l'ensemble des options de cette dernière, jusqu'à proposer une version quatre portes sans montants (4 door Hardtop Sport Sedan) ainsi que les nouveaux moteurs V8 Small Block Turbo-Fire (4,3L puis 4,6L à injection). Chevrolet proposa même en option pour l'année 1957 la très décriée (et abandonnée dès 1961) boîte de vitesses à variation continue Turboglide.

La Chevrolet Two-Ten Townsman était la version break quatre portes huit places de la Chevrolet 210 qui fut proposée pour le millésime 1953. Elle migra en 1954 dans la série Bel Air pour réapparaître en 1956 et 1957. Elle réapparut une dernière fois entre 1969 et 1972. Durant sa première année de production, elle ne fut disponible qu'avec l'antique six cylindres Thrift-King (3,9L) avec une boîte de vitesses manuelle à trois rapports.

La Chevrolet Two-Ten Beauville était la version break quatre portes de la Chevrolet 210 pour les années 1956 et 1957. Un peu mieux dotée que la Townsman, elle était vendue comme pouvant accueillir neuf passagers avec ses trois banquettes et était disponible aussi bien avec un moteur six cylindres (3,9L) qu'en V8 (4,3L et 4,6L).

Chevrolet Biscayne et Brookwood (1958 à 1972) thumb|left|Chevrolet Biscayne 2-Door Sedan 1958