La synagogue de Weinheim a été construite en 1906 et comme la majorité des synagogues en Allemagne, elle sera détruite par les nazis en 1938 lors de la nuit de Cristal.
Weinheim est une ville de l'arrondissement de Rhin-Neckar, dans le district de Karlsruhe, au nord-ouest du Land de Bade-Wurtemberg. Elle se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de Heidelberg et à la même distance au nord-ouest de Mannheim. Elle compte actuellement un peu moins de habitants.
Histoire de la communauté juive Au Moyen Âge Une communauté juive existe depuis le Moyen Âge à Weinheim, qui jusqu'au début du fait partie du Palatinat du Rhin. Des Juifs sont mentionnés dans la ville en 1228 dans le Memorbuch de Nuremberg, ainsi qu'en 1391. Le les hordes du pauvre chevalier (ou boucher) franconien Rintfleisch attaquent la communauté et massacrent 79 Juifs sous l'accusation de profanation d'une hostie. Les survivants se réorganisent, mais cinquante ans plus tard, en 1348-1349, lors de la peste noire qui ravage l'ensemble de l'Europe, la petite communauté juive de Weinheim, comme de nombreuses autres communautés d'Allemagne, est anéantie, cette fois sous le prétexte d'empoisonnement des puits.
Du au Plusieurs livres historiques indiquent que de 1400 à 1650, la ville de Weinheim est Judenfrei (vide de Juifs): ce n'est pas totalement exact, car s'il n'y a pas eu de communauté juive, des documents signalent la présence de familles juives individuelles. Les ordres d'expulsion du Palatinat vont se succéder de façon rapprochée, rendant la vie juive potentiellement impossible. Beaucoup de Juifs émigrent alors vers l'est et trouvent refuge dans les nouveaux centres urbains du sud et de l'ouest de la Russie.
Une nouvelle communauté ne s'établit qu'au . Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), les commerçants juifs peuvent exercer à Weinheim, mais ne peuvent y résider. En 1649, l'électeur Charles-Louis autorise l'installation à Weinheim d'une famille juive. Après la guerre, l'électeur adopte une politique fortement mercantile, afin de compenser les pertes civiles et favoriser la reconstruction du pays. Bien que les Juifs ne soient pas à l'époque les bienvenus, il a besoin d'eux, pour percevoir d'eux des impôts et le Schutzgeld (argent de protection). Il autorise donc les familles Meyer. Mardochée, Abraham et Wolf à s'installer. Ce sont ces quatre familles, et leurs descendants qui jusqu'au milieu du formeront le cœur de la communauté juive de Weinheim. D'autres familles vont bientôt les rejoindre et à la fin du , on compte déjà 16 familles juives installée à Weinheim.
Le , le fils de la famille Mayer meurt de la peste. Son père demande au conseil municipal un lieu pour son inhumation. Un terrain est offert sur le Wüstberg, qui de nos jours est toujours appelé le Judenbuckel (Colline aux Juifs).
Dans le courant du , le nombre de Juifs diminue, avec seulement 10 familles en 1722 et 12 en 1743. Ils vivent principalement du négoce de bétail ou du commerce de friperie, ou sont bouchers. Entre 1680 et 1690, le responsable de la communauté, Mayer Oppenheim et son fils décident de faire construire une synagogue dans la Hauptstraße (actuellement au 143 Hauptstraße) en grande partie sur ses propres deniers, le solde par des dons de la communauté. On connait ainsi l'estimation du patrimoine de chaque famille juive à partir 1662 et ceci sur une base régulière. Depuis 1721, ces questionnaires d'enquête sont conservés dans les Archives. Ces listes permettent de déterminer les biens possédés, les impôts payés et aussi la résidence de chaque famille juive. À Weinheim, il n'y a pas de quartier juif à proprement parler. Les familles habitent le long de la Hauptstraße, la principale rue commerçante de la ville.
Durant tout le , la population juive reste à peu près stable, les installations en ville étant compensées par les départs.
Au contraire, au , le nombre d'habitants juifs progresse rapidement. On passe de 8 familles juives en 1800 à 54 Juifs en 1825, soit 1,2 % du nombre total d'habitants de ; à 129 Juifs, soit 1,9 % des habitants en 1875; puis 155 soit 1,4 % des habitants en 1900. Le maximum est atteint en 1910 avec 188 Juifs soit 1,3 % de la population totale de habitants.
La communauté juive possède une synagogue, une école religieuse et un Mikvé (bain rituel). Les morts de la communauté sont enterrés au cimetière juif de Hemsbach, ville distante de seulement quatre kilomètres. La communauté embauche un enseignant qui sert en même temps de Hazzan (chantre) et de shohet (abatteur rituel). Elkan Schreiber occupe ce poste pendant quarante ans, de 1852 à 1892 et a beaucoup influencé la communauté. Au , le Hazzan Marx Maier fonde le chœur de la synagogue en 1904 et l'association de musique de chambre de Weinheim en 1918.
La communauté de Weinheim est rattachée depuis 1827 au rabbinat de Heidelberg.
Le et l'anéantissement de la communauté Pendant la Première Guerre mondiale, la communauté juive perd cinq de ses membres, tombés au champ d'honneur. Leurs noms figurent sur la plaque commémorative des morts pour la patrie, située sur la Bahnhofstraße. Deux autres hommes, originaires de Weinheim, mais résidant dans une autre ville sont aussi tués.
En 1924, la communauté compte 160 membres. Les présidents de la communauté sont le Moritz Pfälzer, David Benjamin et Jakob Bloch. L'enseignant principal et Hazzan est Marx Maier. Il donne des cours d'instruction religieuse à 45 enfants inscrits à l'école publique. En 1931-1932, il n'y aura plus que 22 élèves. La communauté dispose de plusieurs associations caritatives et sociales: la Bruderverein (Chewrah) Bikkur Cholim (association de soutien aux malades et d'aide aux obsèques) fondée en 1868; la Synagogenchorverein (association du chœur de la synagogue); un Jüdischer Frauenbund (union des femmes juives) fondée en 1928 dans le but d'aider les familles dans le besoin; un Jüdischer Jugendbund (union de la jeunesse juive); une association Kamaraden.
En 1932, la communauté est dirigée par le Moritz Pfälzer, premier président et par Jakob Bloch et David Benjamin, présidents adjoints. La communauté est représentée par Max Hirsch et par Isak Weil.
Jusqu'en 1933, un grand nombre de familles juives possèdent des commerces ou des établissements industriels, principalement dans le textile et l'habillement. L'usine de cuir Sigmund Hirsch, propriété d'Artur Hirsch, de Julius Hirsch et de Max Hirsch, est la plus grande tannerie de peaux de cheval d'Allemagne et emploie plus de 400 ouvriers. Sigmund Hirsch arrive en 1868 à Weinheim et crée son entreprise dans le quartier des tanneurs Geberbach. En 1900, il agrandit son entreprise avec l'usine Kapellenäcker. C'est la seconde plus grosse entreprise de Weinheim. À sa mort en 1908, ses fils reprennent l'affaire. Celle-ci sera liquidée en 1938 par les nazis et les Hirsch émigreront en 1939 aux États-Unis. Dès le début du , l'antisémitisme qui semblait avoir été vaincu, refait son apparition: En 1919, la propagande antisémite commence à refleurir : Journal du 19 décembre 1919.: À la fin d'une réunion du conseil municipal, l'avocat Pfälzer prend la parole et exige, avec des arguments détaillés, la protection des citoyens juifs contre l'inondation de la ville par des pamphlets antisémites. Le professeur Keller (Dem) a parlé dans les termes les plus forts de la propagande empoisonnée des antisémites. Les porte-parole de la Deutschnationalen Fraktion ont déclaré être étrangers à la propagande antisémite, mais Schäfer du parti socialiste majoritaire et Eller, indépendant, les ont accusés de pratiquer un antisémitisme masqué. Le débat de plusieurs heures a conduit à une vive protestation contre les méfaits des colleurs d'affiches antisémites sur les maisons. Le maire adjoint, Fichtner, a expliqué que l'équipe de protection va être chargée de prendre des mesures contre ces colleurs téméraires. En 1922, deux membres du Parti national du peuple allemand (DNVP) de Weinheim refusent de siéger au conseil municipal, car un membre du SPD décédé est remplacé par le Juif Sally Neu, commerçant en cuir. Ils accusent Neu de s'être approprié illégalement après la guerre des fournitures de l'armée. Une procédure pénale est engagée qui blanchit totalement Neu.
Lors des élections de 1924, un quart des partis représentés à Weinheim, présente des programmes antisémites. Le , huit semaines après l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les premières mesures officielles anti-juives sont décidées: boycott des magasins juifs et une semaine plus tard, les fonctionnaires juifs sont renvoyés. L'autorisation d'exercer pour les médecins et avocats juifs est redéfinie. Toute une série de lois vont se succéder rapidement qui directement ou indirectement vont pénaliser les Juifs.
En 1933, 168 personnes juives vivent toujours à Weinheim. Les nazis appellent au boycott des entreprises détenues par des Juifs. Celles-ci sont signalées par un cercle jaune sur leurs vitrines. En raison de la répression croissante, de la privation de leurs droits civiques, du boycott économique et de l'aryanisation de leurs biens, 102 habitants juifs quittent la ville dans les années qui suivent, la plupart émigre aux États-Unis, mais 25 d'entre eux s'installent dans d'autres villes allemandes. Les 45 derniers Juifs de Weinheim sont arrêtés dans la matinée du et déportés au camp de Gurs en France, puis transférés et assassinés au camp d'extermination d'Auschwitz.
Le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem a identifié 92 victimes juives du nazisme, parmi les personnes nées à Weinheim ou ayant résidé longtemps dans la villeMémorial de Yad Vashem et Gedenkbuches - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945 (Livre mémorial – victimes de la persécution des Juifs sous le régime nazi en Allemagne 1933-1945)..
Histoire de la synagogue Au Moyen Âge Une première synagogue existe dès le . Lors des massacres du , perpétués par les hordes du chevalier Rindfleisch, la synagogue est brulée et de nombreux Juifs assassinés. Parmi eux le rabbin Mevorach ben Kalonymos, sa femme Bela, ses enfants Jehuda, Meschullam, Kalonymos et David, sa belle-mère, la sage Perla et ses enfants. On suppose que cette synagogue se situait dans la rue ultérieurement dénommée "Judengasse" (ruelle aux Juifs).
Dans la seconde moitié du , quelques années après les massacres de la peste noire (1348-1349), une petite communauté juive se reforme. La seconde synagogue est construite au 15-17 Judengasse, dans une dépendance située dans le district de la cour de Büdingen. Elle est citée comme "Judenschule" en 1391, lors de l'expulsion des Juifs du Palatinat. En 1878, on découvre dans les remparts de la ville, un porche en pierre avec une inscription hébraïque. On suppose que c'était le porche d'entrée de la synagogue médiévale. Malheureusement, le site a ensuite été de nouveau muré.
Les temps modernes En 1683, les familles Mayer, Abraham et Mardochai, qui à l'époque forment le noyau de la communauté juive de Weinheim, envoient une requête à l'électeur pour obtenir son soutien pécuniaire pour la construction d'une synagogue. Devant son refus, le président de la communauté, Mayer Oppenheim et son fils Mordche, décident de faire construire la synagogue dans la Hauptstraße (actuellement au 143 Hauptstraße) en grande partie sur ses propres deniers. Ils offrent aussi à la synagogue un rideau brodé pour l'Arche Sainte et probablement aussi un lustre. Cette synagogue dans la Hauptstraße va servir pendant 300 ans de lieu de prière pour la communauté juive de Weinheim.