Didier PetitNotice d'autorité de la Bibliothèque nationale de France., né François-Didier Petit de Meurville le à Saint-Domingue, et décédé le à Biarritz (France), est un diplomate et peintre français.
Il est un des fondateurs de l'Œuvre catholique pour la propagation de la foi. Il fut vice-consul à Alicante dès 1848 puis consul de France à San Sebastián de 1857 à 1872 et un légitimiste français. Il est aussi une personnalité en Espagne pour avoir aidé le prétendant au trône Charles de Bourbon et d'autres grands carlistes lors de leur exil en France et pour avoir été leur ami fidèle.
Biographie
Sa jeunesse thumb|Le père et l'oncle maternel de Didier Petit furent assassinés lors de la Révolution Haïtienne en 1794. François Didier Petit de Meurville naît à Fonds-des-Nègres à Saint-Domingue le . La famille Petit était originaire de la Lorraine. Son père, François Ignace Nicolas Petit se plaisait à ajouter la particule "de Meurville", se justifiant par l'ancienneté de sa famille qui avait de lointaines origines aristocratiques. Mais ce n'est que le que son fils et ses petits-fils firent reconnaître officiellement ce titre de noblesse. Ignace Nicolas Petit fut envoyé à Saint-Domingue et obtient la charge d'arpenteur général de la partie Ouest de l'île et celui d'ingénieur hydraulicien (de manière ponctuelle)D'après les archives de la famille Petit de Meurville en possession de l'historien Maxime Dehan. . Il meurt pendant la révolte des esclaves d'Haïti en 1794, tué par les esclaves révoltés. Le jeune frère de la veuve Petit fut lui aussi assassiné lors de cette Révolution. Sa mère, Benoîte Victoire Marine Lemau de la Barre (1766-1839) étant ruinée, elle se retira avec ses deux fils en bas âge et fut rejointe plus tard par sa sœur dame Charlotte Françoise Lemau de la Barre veuve Hue Duquesnay (1772-1828) , à Baltimore en 1797 avec français fuyant la révolution haïtienne. Très pieuse, elle éduqua elle-même quelques jeunes personnes et pour l'éducation chrétienne de ses fils, elle entra dans une relation amicale avec les Sulpiciens du Collège universitaire de Baltimore où elle rencontra Guillaume-Valentin Dubourg, personnage clé pour la suite des événements. Didier Petit fut envoyé plus tard au collège de Roanne dirigé par les Jésuites.
Il tardait à la petite famille de s'expatrier en France, poussée par la famille de la veuve Petit qui était originaire de la région lyonnaise, elle-même née à Villefranche-sur-Saône. Le Consulat calmait les esprits anticléricaux en France et les Sulpiciens tissaient à nouveau des liens avec le pays, ce qui doit aussi expliquer la décision de Lemau de la Barre de revenir auprès des siens. Didier Petit n'avait que dix ans lorsqu'ils se fixèrent à Lyon où la veuve Petit continuait d'être en rapport avec les missionnaires des États-Unis, surtout lorsque ses deux amis, messieurs Guillaume-Valentin Dubourg et Benoît-Joseph Flaget, furent nommés évêques en 1815. Ils étaient tous deux à la charge des missions de St Louis et du Kentucky, très précaires à cette époque et la veuve Petit essaya depuis la France de leur fournir des objets de culte et des soutiens du diocèse de Lyon. Les deux évêques avaient choisi non seulement une personne qui leur était connue mais surtout une femme d'influence car la famille Lemau de la Barre était la plus distinguée de la région lyonnaise. Cette relation annonçait déjà la création de l'Œuvre pour la propagation de la foi qui décidera, pour les siècles à venir, de l'histoire des missions catholiques.
La propriété de la Sablière
thumb|alt=ancienne propriété de la Sablière|La Sablière vers 1910, sise à Caluire-et-Cuire dans le clos Bissardon. Didier Petit de Meurville y demeura de 1808 à 1847. Ils s'installèrent d'abord à leur arrivée à Lyon, dans un immeuble de la rue des Marronniers qu'ils gardèrent jusqu'à la vente de tout leur patrimoine, dans les années 1840. Les veuves et sœurs Petit et Duquesnay achetèrent en 1808 à une veuve Bataille de Mandelot, comtesse de Hautepierre et de Neuville en Bresse, la propriété de la Sablière à Caluire-et-Cuire que Didier Petit agrémenta d'une seconde maison bourgeoise sous Louis-Philippe, dans les années 1830 (voir la carte postale) ; il y demeura jusqu'en 1847 avec sa grande descendance et ses cinq domestiques, sans oublier sa mère. Cette propriété du était divisée en deux par la rue de l'Orangerie et une partie appartenait à la veuve Petit, sa mère, tandis que l'autre partie appartenait à sa tante maternelle veuve Hue Duquesnay. À la mort de cette dernière en 1828, il hérita de la première sur laquelle il fera construire la maison bourgeoise actuelle puis en 1837 sa mère, âgée, lui donna la seconde ; il devint, en à peine dix ans, le grand propriétaire par ces héritages successifs. Cette gentilhommière, bien que remaniée sous le Second Empire, a conservé en son rez-de-chaussée un hall d'entrée d'époque qui servait de salle à manger et le grand salon a toujours été, malgré son architecture d'époque Napoléon III style Louis XVI (architecte Farfouillon dans les années 1850-1860 puis architecte Girard en 1892). Il n'est pas étonnant pour un artiste comme lui d'avoir fait construire une maison orientée sur les ponts de Lyon avec une terrasse au-devant de celle-ci, car il cherchait à obtenir une vue artistique sur la ville et la vallée du Rhône. La nature sableuse de la terre qui donna son nom à la propriété obligeait les propriétaires des balmes à des travaux de fortification des pentes. M. Pierre Gayet, qui construisit l'Orangerie qui portera son nom, fut contraint de racheter en 1818, une partie des fonds de la Sablière aux veuves Petit et Duquesnay afin d'assurer ces travaux et d'éviter tout procès de voisinage. C'est alors qu'on décida des limites définitives de la clôture entre les deux propriétés et qu'on dressa cette clôture par une haie vive qui dura jusqu'en 1836. Il fit creuser le long des allées sinueuses du jardin qui descendaient sur l'ancien cours d'Herbouville, des caniveaux vers 1837, lesquels sont toujours bien visibles. Il acheta également une partie de la fameuse orangerie Gayet au bas de celle-ci et il possédait aussi en ville, un immeuble sis au du quai de Retz, actuellement quai Jean Moulin. Enfin, il y tenait salon comme en témoignent les nombreux portraits de quelques-uns de ses hôtes. La propriété de la Sablière appartient aujourd'hui aux descendants d'un riche industriel de velours uni qui l'acheta en 1849, soit deux ans après le départ de son fameux occupant. Elle est aujourd'hui, en France, le seul patrimoine matériel existant de Didier Petit de Meurville.
La création de l'Œuvre catholique pour la propagation de la foi
En 1815, sous l'impulsion de sa mère qui manquait de moyens pour aider les missions de messieurs Dubourg et Flaget, il avait formé une association pour récolter des aumônes, et pour laquelle on créa une souscription annuelle comme Monseigneur Dubourg l'avait demandé cette année-là, lors d'une visite qu'il rendit à la veuve Petit et avec laquelle, il partageait les mêmes idées. Cette cotisation d'un franc, dite collecte des charbonniers, était trop minime pour que l’œuvre prospère et plusieurs personnalités lyonnaises s'occupaient sans se connaître les uns les autres d’œuvres analogues. Un missionnaire américain l'abbé Inglesi, vicaire général de Monseigneur Dubourg de La Nouvelle-Orléans passa par Lyon pour rejoindre Leybach en 1821 ; il s'arrêta trois jours chez la veuve Petit pour réfléchir à l'extension des idées de son évêque qui concerneraient aussi les missions d'Amérique du Nord fort peu nombreuses.. Monseigneur Inglesi nourrissait l'espoir de la famille Petit, pensant qu'il influerait sur les autorités catholiques, car il était connu par tous les souverains comme Louis XVIII et les princes d'Europe notamment grâce à son intervention à Leybach ; ce fut chose faite. Il obtint que des conventions fussent adressées aux catholiques lyonnais notoires qui remarquèrent vite cet engouement européen pour ces missions. Profitant de cette période faste pour encourager le développement missionnaire, lui et sa mère décidèrent d'organiser une réunion qui rassemblerait les personnes spirituellement les plus religieuses et les plus concernées. Dès le , il se mit donc à chercher ces personnes. Didier Petit voulait que son ami, Benoît Coste, participe à cet élan missionnaire mais il attendait une coopération plus universelle qui concernerait les missions du monde entier. Ils partagèrent les mêmes idées et le vendredi , grâce à la proposition de Didier Petit de Meurville, toujours sous l'impulsion de sa mère, douze personnes, laïcs pour la plupart, se trouvaient réunis à sept heures du soir avec un directeur du grand séminaire, Jean Cholleton, dans l'appartement qu'il occupait à l’Hôtellerie de Provence, actuellement de la place Bellecour. Ce même jour, il devint secrétaire du Conseil central du Midi établi à Lyon, poste qu'il occupera jusqu'au , mais il continua d'en être membre jusqu'au , peu après la mort de Victor de Verna. En plus de Didier Petit de Meurville, les assistants étaient donc les suivants :
Victor de Verna (1775-1841), ancien officier de marine qui devint en 1826, premier adjoint de la ville de Lyon et en 1828, député du Rhône ; Benoît Coste (1781-1845), banquier, agent de change ; André Terret (1794-1859), fabricant de soieries et troisième président du Conseil de Lyon ; le comte Jules d'Herculais (1784-1869) ; Louis Francis de Villiers, vice-président du Conseil de Lyon, mort en 1837 ; Alexandre Magneunin (mort en 1863), Auguste Bonnet (mort en 1853), François Antoine Perisse (imprimeur, mort en 1860), Victor Girodon (commis chez monsieur Terret, prêtre en 1828, mort en 1880); le vicaire général Jean Cholleton (1788-1852) qui entra dans la Société de Marie en 1841. ; le vicaire général Inglesi qui mourut à Saint-Louis dans le Missouri.