Jérôme Guedj Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API., né le à Pantin (Seine-Saint-Denis), est un homme politique et haut fonctionnaire français.
Membre du Parti socialiste au sein de l'aile gauche, il commence son parcours politique en tant qu'assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon puis accède à son premier mandat électif en tant que conseiller général de l'Essonne dans le canton de Massy-Est en 1998. Il devient président du conseil général de ce même département en 2011 jusqu'à la victoire de la droite aux élections départementales de 2015, où il devient conseiller d'opposition.
Au niveau national, il est le suppléant de François Lamy de 1997 à 2002, et entre à l'Assemblée nationale durant la présence de ce dernier dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Alors que François Lamy est investi dans le Nord en 2017, il est investi sur son propre nom dans la circonscription dont il avait la suppléance depuis vingt ans mais échoue à se faire élire. Il est ensuite élu conseiller régional d'Île-de-France en 2021.
Favorable à la Nouvelle Union populaire écologiste et sociale, il est investi par le mouvement de l'union de la gauche et retrouve son siège de député à partir de 2022. Alors qu'il est l'un des socialistes les plus unionistes, les prises de positions des insoumis et les attaques qu'il subit de la part de son ancien mentor Jean-Luc Mélenchon après les attentats du 7 octobre le poussent à se rapprocher de l'aile droite du Parti socialiste et à refuser l'étiquette du Nouveau Front populaire, désormais farouchement hostile à toute alliance avec La France insoumise.
Le , il annonce sa candidature pour l'élection présidentielle de 2027.
Situation personnelle Études et formation Jérôme Guedj est issu d'une famille séfarade algérienne. Son père Jean-Pierre Guedj est un kinésithérapeute de l'Essonne, adjoint au maire de Massy. Il a été à la tête de la communauté juive de la ville.
Jérôme Guedj est titulaire d'un baccalauréat C, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1992)Annuaire des anciens de Sciences Po Paris sur le site officiel de l'association des Alumnis. Consulté le 30 juillet 2018. et élève de l'École nationale d'administration (promotion Victor Schœlcher, 1996)Annuaire des anciens élèves de l'ENA (Chercher Jérôme GUEDJ). Consulté le 30 juillet 2018..
Carrière professionnelle En 1996, à sa sortie de l'ENA, il entre à l'Inspection générale des affaires sociales.
Dans les années 2000, Jérôme Guedj codirige, avec Maryvonne Lyazid, un executive master de l'Institut d'études politiques de Paris, centré sur les politiques du handicap.
Jérôme Guedj exerce la fonction de gérant de la société J G Conseils, créée le . Cette société, domiciliée à Massy dans l'Essonne, a pour activité le « conseil aux collectivités locales, administrations publiques, associations, entreprises »François Krug, De Fillon à Chatel : enquête sur les députés qui vendent leurs conseils, nouvelobs.com, 18 novembre 2016
Il est membre de la promotion 2013 du programme « Young Leaders » de la France China Foundation où il côtoie Emmanuel Macron, Chantal Jouanno, Édouard Philippe et Matthias Fekl.
Il crée en 2018 une entreprise de conseil qui compte parmi ses clients le groupe Korian, domiciliée dans le puis dans le arrondissement de ParisPage de l'entreprise Cabinet Etsa sur le site societe.com..
Fin , dans le cadre de la pandémie de Covid-19, il est chargé par le ministre de la Santé Olivier Véran d'une mission sur l'isolement des personnes âgées confinées..
Parcours politique
Débuts aux côtés de Jean-Luc Mélenchon (1993-1997) Jérôme Guedj adhère au Parti socialiste en 1993, où il est proche du courant de la Gauche socialiste fondé par Jean-Luc Mélenchon, dont il deviendra l'assistant parlementaire et Julien Dray. Cette adhésion est la continuation de ses premières années d'engagement politique (1986-1988) au sein de SOS Racisme et d'opposition au projet de loi Devaquet à l'automne 1986.
Premiers mandats dans l'Essonne (1997-2011) Lors des élections législatives françaises de 1997, il est désigné suppléant du candidat socialiste dans la sixième circonscription de l'Essonne, François Lamy, élu avec 53,12 % des suffragesRésultats de l'élection législative 1997 sur le site de l'Institut d'études politiques de Paris. Consulté le 27 février 2012.. Lors des élections cantonales de 1998, il est candidat dans le canton de Massy-Est et remporte le siège avec 55,89 % des suffrages Consulté le 27 février 2012.. Il devient vice-président du conseil général de l'Essonne, passé à gauche, chargé des affaires sociales.
Lors des élections municipales de , il conduit la liste d'Union de la gauche à Massy mais ne récolte que 40,67 % des suffragesRésultats de l’élection municipale 2001 sur le site du ministère de l’Intérieur. Consulté le 27 février 2012.. Lors des élections cantonales de mars 2004 il est réélu conseiller général dans le canton de Massy-Est avec 56,96 % des suffragesRésultats de l’élection cantonale 2004 sur le site du ministère de l’Intérieur. Consulté le 27/02/2012..
En 2008, il se présente aux suffrages de la fédération départementale du Parti socialiste pour en briguer la présidence mais est battu par le président sortant Michel Berson. Il est désigné le par les socialistes essonniens comme candidat à la présidence du conseil généralInterview de Jérôme Guedj sur Télessonne au lendemain des « primaires » départementales du 4 décembre 2010. Consulté le 27 février 2012..
Président du conseil général de l'Essonne (2011-2015) Lors des élections cantonales de mars 2011, il est réélu dans le canton de Massy-Est avec 54,44 % des voixRésultats de l’élection cantonale 2011 sur le site du ministère de l’Intérieur. Consulté le 27 février 2012.. Le , il est élu président du conseil général de l'Essonne (succédant à Michel Berson, devenu sénateur). Engagé en faveur du droit à l’adoption par des couples de même sexe, il fait adopter une motion en faveur du mariage gay et accorde l'agrément pour l’adoption à un couple lesbien et un congé parental à la footballeuse Marinette Pichon et sa compagne, avant la légalisation de ces droits. Il lance également le débat sur les aidants sexuels pour les personnes en situation de handicap.
Désigné suppléant de François Lamy réélu avec 57,77 % des suffrages lors des élections législatives de 2012 dans la sixième circonscription de l'EssonneRésultats de l'élection législative 2012 dans la sixième circonscription de l'Essonne sur le site du ministère de l'Intérieur. Consulté le 21 juin 2012., il devient député à la suite de la nomination du titulaire dans le second gouvernement de Jean-Marc Ayrault. En vue du congrès de Toulouse 2012, il est signataire de la motion « Maintenant la gauche »Présentation de la motion Maintenant la gauche sur le site officiel du Parti socialiste. Consulté le 3 octobre 2012. et de la contribution « Le Temps de la Gauche » avec l’ancienne députée de l’Essonne Marie-Noëlle LienemannPrésentation de la contribution Le Temps de la Gauche sur le site officiel du Parti socialiste. Consulté le 3 octobre 2012.. En tant que député, il s'oppose à la réforme des retraites proposée par Jean-Marc Ayrault en raison de l'allongement de la durée de cotisationSophie Huet, « La gauche vote sans enthousiasme la réforme des retraites », in Le Figaro, mercredi 16 octobre 2013, page 4..
Les élections municipales de mars 2014 ayant pour conséquence un large remaniement gouvernemental, François Lamy n'est pas reconduit dans ses fonctions ministérielles. Alors que, selon un article du journal Le Parisien, son nom a circulé dans l'optique d'une éventuelle entrée au gouvernement, contre toute attente, le , Jérôme Guedj refuse d'accorder sa confiance au gouvernement Valls et s'abstient comme dix de ses camarades socialistes. La liste des secrétaires d'État, annoncée le , met fin à tout espoir d'entrée de ce dernier au gouvernement. Jérôme Guedj redevient donc simple suppléant de François Lamy. Il mène la liste de gauche aux élections départementales de 2015 mais perd la présidence du département au profil de François Durovray mais reste conseiller départemntal dans l'opposition.
Cadre du Parti socialiste (2015-2022) Il est membre du conseil d'administration de la Fondation Marc-BlochPrésentation de la Fondation du 2 mars sur son blog officiel. Consulté le 27 février 2012.. Il a également été membre du bureau national de l'association Pour la République sociale avant la dissolution de celle-ci dans le PG. Il est membre du Bureau national du Parti socialiste..
Il est membre de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg pour la primaire citoyenne de 2017 ; il est l'un de ses porte-parole« L'organigramme de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg dévoilé », liberation.fr, 2 janvier 2016.. Après la victoire de Benoît Hamon, il devient l'un de ses porte-parole pour la campagne présidentielle. Candidat socialiste titulaire aux élections législatives de 2017, il est éliminé dès le premier tour.
Député de l'Essonne (depuis 2022)
Soutien puis opposant de l'union de la gauche (2022-2024) Lors des élections législatives françaises de 2022, candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale dans son ancienne circonscription, il retrouve son siège de député face à la députée sortante Amélie de Montchalin. Au cours des mois suivants, il fait partie des députés socialistes les plus favorables à l'union de la gauche, y compris avec les insoumis, regrettant notamment l'absence de liste commune aux élections européennes de 2024. À l'Assemblée, il travaille sur les dossiers liés aux affaires sociales et notamment sur les questions liées au grand âge.
Sa position vis-à-vis des insoumis change après les attentats du 7 octobre en Israël : après les avoir qualifiés d'« idiots utiles du Hamas » face à leur refus de désigner le mouvement islamiste comme terroriste, il subit de nombreuses attaques de leur partJuliette Vignaud, Législatives : le socialiste Jérôme Guedj affrontera une candidature dissidente Génération•s-LFI, lepoint.fr, 17 juin 2024. Jean-Luc Mélenchon lui-même le prend pour cible lors de la campagne des européennes, en l'accusant de soutenir le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, ce que Jérôme Guedj perçoit comme une dénonciation de sa judéité.
Lors de législatives de juin 2024, il annonce se représenter dans sa circonscription de l’Essonne sous les couleurs du Parti socialiste, conformément à l'accord du Nouveau Front populaire, mais refuse de porter les couleurs de la coalition alors qu'il s'estime l'objet d'attaques antisémites de LFI. Ce choix lui vaut d'être confronté à une candidature dissidente de son ancienne suppléante Hella Kribi-Romdhane, soutenue par la France insoumise. Il est finalement réélu au second tour face à la candidate du Rassemblement nationalIl est élu avec 74,26% des voix.. Lors du renouvellement des trois présidences des commissions laissées vacantes après la nomination du gouvernement Barnier, il est désigné par les socialistes comme candidat du Nouveau Front populaire pour reprendre celle des affaires sociales, tandis que les affaires économiques et les affaires étrangères sont laissées respectivement aux Insoumis et aux écologistes. Les Insoumis et une partie des écologistes refusent de voter en sa faveur, arguant qu'il n'est pas membre du Nouveau Front populaire en raison de son refus de porter son étiquette lors des législatives et préférant le choix initial des socialistes Arthur Delaporte, pourtant non candidat à la présidence, avant de voter blanc lors du dernier tour de scrutinIl y a un maximum de trois tours de scrutins lors de l'élection des présidents de commission à l'Assemblée nationale : il est possible de voter pour un député non candidat lors des deux premiers tours. Si l'élection est mené jusqu'au troisième tour, il n'est possible de voter que pour les députés qui se sont déclarés candidats..