thumb|Vache Prim'Holstein, race de vaches laitières la plus productive.

Une vache laitière est une vache élevée pour produire du lait destiné à la consommation humaine. Les vaches laitières produisent des veaux, des génisses pour le renouvellement des troupeaux et de la viande (vaches de réforme).

Élevage thumb|Vaches jersiaises au pâturage. Alimentation

thumb|Distribution de rations complètes à des vaches laitières.

À l'état naturel, une vache se nourrit principalement d'herbe. Mais aujourd'hui, l'attrait mondial accru pour les produits laitiers a conduit les éleveurs à utiliser des races à haut niveau de production et à modifier l'alimentation de leurs animaux. La production de lait induit des besoins très importants..

Dans la majeure partie des élevages, l'alimentation change en fonction de la saison. L'herbe, qui ne pousse que faiblement en hiver, ne suffit plus à nourrir les bêtes et pousse les éleveurs à recourir à des aliments conservés, des fourrages comme le foin, l'ensilage de maïs ou d'herbe ou la paille. L'alimentation de la vache (la ration) repose donc sur un ou plusieurs fourrages fermentés en partie par les micro-organismes présents dans son rumen. Ils rendent en particulier la cellulose assimilable..

Mais ces fourrages dits grossiers ne suffisent pas : pour avoir une ration équilibrée et donc répondre le mieux possible aux besoins de la vache en lactation, il est généralement nécessaire d'apporter des suppléments concentrés en énergie (grains …) et en matière azotée comme les grains de protéagineux, les tourteaux qui sont des co-produits d'huiles alimentaires (tourteaux de soja …), la luzerne déshydratée, l'urée. Il reste la complémentation en minéraux et en vitamines ; la vache a principalement des besoins en calcium, en magnésium et en phosphore mais aussi en oligo-éléments comme le zinc, l'iode, le manganèse, le cuivre, le soufre, le sélénium. Il est également recommandé d'apporter des vitamines.

En résumé, l'alimentation de base de la vache laitière peut reposer sur l'herbe à la belle saison et le reste de l'année sur une ration composée de fourrages conservés. Tout au long de l'année l'alimentation doit être ajustée en énergie, matières azotées et minéraux.

Bâtiments d'élevage

thumb|Vaches laitières en stabulation libre dans l'étable de la ferme expérimentale de Grignon à Thiverval-Grignon (Yvelines). Ils comprennent une étable entravée ou en stabulation libre à laquelle est adjointe une fumière ou une fosse à lisier et une laiterie dont la fonction est au minimum de refroidir et stocker le lait. Le système de traite est souvent configuré dans un endroit restreint, la salle de traite. On lui adjoint un parc ou une salle d'attente. En général les bâtiments ou silos de stockage d'aliments sont situés à proximité immédiate. En étable entravée la salle de traite séparée est souvent inexistante quand la traite se fait dans l'étable avec un lactoduc installé près des vaches ou sans lactoduc en cas de traite au pot.

Gestation Voir Bos taurus#Reproduction

Le vêlage est nécessaire à la sécrétion de lait par la vache. La phase de gestation et la phase de lactation se chevauchent, idéalement sur une période d'un an. La gestation commence à l'insémination fécondante qui ne doit pas dépasser un trop long délai après le vêlage en général trois mois pour respecter le rythme d'un veau par vache et par an. Mais il faut aussi respecter le délai d'anœstrus post-partum de 30 à 70 jours après le vêlage avant le retour des cycles.. C'est aussi une période où la vache doit mobiliser fortement ses réserves corporelles surtout pour les fortes productrices. La date de première insémination conseillée est donc de 50 jours après vêlage pour ne pas risquer d'allonger l'intervalle vêlage-vêlage au-delà de 13 mois., sachant que le pourcentage de réussite à la première insémination a tendance à diminuer..

La durée de gestation des vaches laitières, varie en fonction de la race de la vache. Elle est de 9 mois plus quelques jours ou plus une ou deux semaines. Voici les durées moyennes de gestation des principales races. : Française Frisonne277 joursPie rouge des plaines279 joursPrim'holstein, Rouge flamande281 joursBlanc bleu, Pie rouge282 joursAubrac, Jersiaise, Bleue du Nord284 joursNormande, Salers286 joursTarentaise, Charolaise, Rouge des prés, Parthenaise288 joursAbondance, Brune, Montbéliarde, Gasconne289 joursSimmental française, Limousine, Bazadaise290 joursBlonde d'Aquitaine296 jours

Lactation thumb|Salle de traite rotative

La lactation commence au vêlage et se termine au tarissement en général deux mois avant le terme du vêlage suivant pour laisser à la mamelle le temps de se reposer et de se préparer pour la lactation suivante. Dans le cas d'une insémination fécondante trois mois après le vêlage pour atteindre l'objectif d'un veau par vache et par an, la durée de la lactation est donc en moyenne de dix mois. Certains élevages pratiquent des lactations plus longues volontairement ou non. Souvent le retard de l'insémination fécondante est dû à des problèmes d'infécondité du troupeau (absence de cycles ou de chaleurs visibles, métrite).

La première semaine de lactation il faut jeter le lait qui contient du colostrum impropre à la consommation humaine. On ne garde que un litre ou deux par traite pour nourrir le veau. Le colostrum riche en anticorps est primordial pour apporter les défenses immunitaires au veau. Les semaines suivantes on peut monter progressivement le lait normal à 3 litres voire plus puis diminuer la dose jusqu'au sevrage du veau aux alentours de deux ou trois mois voire un peu plus.

Traite Dans les élevages professionnels les vaches sont traites en général deux fois par jour, à l'étable à l'aide d'une machine à traire ou plus souvent dans une salle de traite disposant d'équipements complexes assurant à la fois la rapidité de la traite, l'hygiène du lait et un confort minimal pour l'animal et le trayeur. La traite peut aussi être effectuée avec du matériel robotisé.

Types de salle de traite en fonction du nombre de vaches à traire : Nombre de vachestypes de salles de traiteNombre de vaches/heuretroupeau - de 40 VL3 postes en étable entravée 4 postes en étable entravée

tandem 2x2

tandem 2x3

épi 2x3

épi 2x4

Arrière 8 simple quaimoins de 20 moins de 30

30 à 45

30 à 55

30 à 45

30 à 55

50 à 65Troupeau 40-60 VLtandem 2x4 épi 2x5

arrière 10 en simple quai

arrière 2x550 à 65 45 à 55

40 à 55

60 à 70Troupeau 60-80 VLtandem 2x5 avec décro epi 2x6 décro

arrière 2x6 décro55 à 75 60 à 70

60 à 80Troupeau + 80 VLépi 2x8 avec 2 trayeurs épi 2x10 avec 2 trayeurs

épi 2x12 avec 2 trayeurs

arrière 2x8 avec 2 trayeurs

arrière 2x10 avec 2 trayeurs

arrière 2x12 avec 2 trayeurs

arrière 2x14 avec 2 trayeurs

roto 14 postes

roto 16 postes

roto 18 postes

roto 20 postes

roto 22 postes

roto 26 postes

roto 32 postes 2 trayeurs

roto 36 postes 2 trayeurs65 à 80 75 à 85

80 à 100

70 à 90

80 à 100

90 à 120

110 à 130

80

90

100

110

120

140

155 à 200

165 à 200 Déroulement de la traite Les éleveurs suivent généralement un protocole assurant la décontamination et la préparation de la mamelle à la lactation. Il comporte les étapes suivantes :

nettoyage, on élimine les souillures organiques, présentes sur les trayons, qui sont support de germes ; cette action permet aussi de se débarrasser des spores butyriques (bactéries du genre clostridium.) critiques en production fromagère et de désinfectants éventuels ; l'emploi d'un produit désinfectant ou d'eau chaude pour le lavage de la mamelle permet de diminuer fortement le nombre de germes présents à l’extérieur des trayons et limite leur passage dans le lait ;

extraction des premiers jets de chaque quartier dans un bol à fond noir permet de vérifier l'apparence du lait afin de détecter les signes éventuels de mammites subcliniques (caillots dans le lait) ; Il est aussi possible de réaliser un test avec des réactifs ; le lait présent initialement dans le canal de trayons et plus « concentré » en germes pathogènes sera ainsi écarté de la collecte et ne contaminera pas la machine à traire ;

la stimulation de la mamelle ainsi réalisée favorise le réflexe d'éjection du lait ; ces gestes permettent en effet de stimuler la production d'ocytocine, hormone commandant l'éjection du lait ; la traite sera donc complète et plus rapide ; à l'inverse, tout ce qui est susceptible de perturber les vaches va inhiber le réflexe d'éjection du lait ; en effet, dans ces situations de stress, les animaux sécrètent de l’adrénaline, hormone qui contrecarre l'action de l'ocytocine ; pose des manchons trayeurs et traite ; décrochage des manchons trayeurs généralement automatisé ; désinfection supplémentaire optionnelle des trayons.

Races laitières

RaceNombre en Francedurée de lactationProduction de lait par lactation, en kgTaux butyreux en g/kgTaux protéique en g/kgPrim'Holstein 352941139,332Montbéliarde310702738,932,8Normande 322654642,534,8Abondance293530237,333,4Brune des Alpes339740141,834,3Simmental305615140,333,7Pie rouge des plaines3287791 42,333,2Tarentaise278424036,432,4Jersiaise325522255,538,3Salers227229333,932,9Vosgienne28941573831,8Rouge flamande777296536939,932,7

Pathologies Mammite Boiterie Kyste ovarien Déplacement de caillette Acétonémie Métrite Fièvre de lait (ou fièvre vitulaire) Rétention placentaire

Les pathologies les plus courantes

Laminite - processus inflammatoire dans les sabots.. qui se développe en raison d'une mauvaise circulation sanguine dans les membres... Les signes caractéristiques sont la boiterie, la fièvre locale et la douleur à la palpation ; dans les cas avancés, on peut observer une déformation de la corne du sabot.

La maladie des muscles blancs est une maladie grave des veaux causée par une carence en sélénium et en vitamine E dans l'organisme.. Se manifeste par une faiblesse musculaire, une mauvaise coordination des mouvements et une insuffisance cardiaque. Le traitement repose sur l'utilisation de préparations contenant du sélénium et de la vitamine E.

Chez les jeunes animaux, la rhinite se développe à la suite d'une altération du métabolisme phosphocalcique, souvent associée à une carence en vitamine D., à un déséquilibre minéral dans l'alimentation ou à une exposition insuffisante au soleil. La maladie se manifeste par une courbure des membres, un épaississement des articulations et un retard de croissance. La thérapie comprend une correction diététique, l'irradiation aux ultraviolets et l'utilisation de complexes de vitamines et de minéraux.

La réticulite traumatique survient lorsque les animaux ingèrent des corps étrangers (clous, fils de fer et autres objets métalliques). Le tableau clinique comprend une diminution de l'appétit, des douleurs dans la région du processus mésentérique et une posture caractéristique avec un dos courbé. Le traitement peut être conservateur ou chirurgical. Un "aimant à vaches", inséré dans l'œsophage et attirant les objets métalliques, joue désormais un rôle important dans le traitement. L'aimant reste dans le réticulum jusqu'à la fin et protège l'animal en toute sécurité..

Les maladies respiratoires sont un ensemble de pathologies du système respiratoire, parmi lesquelles on distingue la pasteurellose (infection bactérienne avec forte fièvre et pneumonie), la rhinotrachéite infectieuse (lésions virales des voies respiratoires supérieures) et diverses bronchopneumonies.. Les approches thérapeutiques dépendent de l'agent pathogène spécifique et comprennent l'utilisation d'antibiotiques, d'anti-inflammatoires et d'expectorants.

Vache de réforme

Une vache de réforme est une vache qui est écartée d'un troupeau afin d'être abattue. Les causes de réforme d'une vache laitière peuvent varier. Hormis les cas de réformes liées à des accidents, ce sont principalement : La baisse du débit de la lactation qui apparaît en général vers l'âge de 5 ou 6 ans,