Marie Ismaël-Garcin (1858-1946), est une cantatrice française qui chante des rôles importants comme « chanteuse légère » dans plusieurs opéras de province français pendant les années 1880. Son mari est le baryton français Jean-Vital Jammes – Ismaël à la scène. Vie et carrière musicale Marie Ismaël-Garcin est née Rose Françoise Marie Garcin à Marseille. Son père, Louis François, est journalier agricole, et sa mère, Charlotte Rose Girard, rempailleuse de chaises, tous deux de père inconnu. Louis accède ensuite à la petite bourgeoisie en devenant pédicureSelon les informations de L'Indicateur Marseillais, annuaire des Bouches du Rhône vers 1850-1900 rue Saint Ferréol à Marseille. Marie reçoit une bonne éducation (elle a des précepteurs à domicile) et ses parents peuvent l'envoyer vers 1876-1877 à Paris étudier le chant, pour lequel elle montre des dispositions. Son professeur sera Jean-Vital Jammes, artiste très connu à Marseille. Sa première apparition publique liée à Ismaël a lieu en Elle chante à la première communion du fils d'Ismaël, en l'église Notre-Dame de Pontoise, avec d'autres élèvesFils d’Ismaël, Le Figaro, 22 juin 1877, . Elle l’épousera plus tard et chantera alors sous le nom d’Ismaël-Garcin.

D'après une de ses biographies de l'époqueDans Marseille Artiste datée de 1887, elle débute à Gand, puis chante à Bordeaux. En 1880 elle fait ses débuts sur la scène du Grand Théâtre de Marseille et joue en particulier dans Zampa de Herold. Elle passe ensuite à Lille, et elle chante la saison suivante en tant que première chanteuse au Grand Théâtre d’Angers en 1883. Elle y obtient un grand succès dans Fra Diavolo et en tant qu’Annette dans Robin des Bois (une adaptation de Der Freischütz) de WeberŒil Sincère, 14 janvier 1884, ; Savarin, 28 novembre 1880, . Selon Jules Breton, elle « … était douée d’une voix merveilleuse, puissante et souple ; c’était une cantatrice de haute valeur »Jules Breton, Le théâtre à Angers, notations rétrospectives 1883-1886 dans Angers-artiste, 13 février 1904, , . Les années suivantes, nous la retrouvons à Alger, puis à Genève. En 1885, elle épouse Ismaël. En effet, dès la promulgation de la loi sur le divorce en 1884, Ismaël l'a demandé pour épouser Marie. Il vivait « séparé de corps » de sa femme Alceste Cœuriot depuis des années. Au Cercle artistique de Marseille, Marie Ismaël s’attire fin une description de sa voix très louangeuse, reprise dans Le Figaro :

En 1885-1886, Marie chante au Théâtre du Capitole de Toulouse. Dans la troupe se trouve également Alceste Ismaël revenue cette année-là du théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Un jour du printemps 1886, Marie et Alceste finissent par se retrouver sur scène ensemble, dans une même représentation de Faust et sous le même nom d'Ismaël — Alceste dans Marthe et Marie jouant Marguerite. Il s'ensuit un procès, Jean-Vital Jammes - qui assistait à la représentation - refusant qu'Alceste continue à porter son nom de scène après leur divorce. Mais Alceste gagne définitivement, devant le tribunal civil de Toulouse, le droit de se faire appeler Ismaël sur scèneArmand Silvestre, « Deux femmes pour un mari » in Georges d'Heylli (dir.) Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, vol. 1, Paris, Librairie des bibliophiles, 1886, .Le Temps, 5 mai 1886, exposé de l’affaire, Le Temps, 26 mai 1886, jugement du tribunal, Hippolyte-Ferréol Rivière, « Acteurs : Propriété des noms et pseudonymes », Pandectes françaises : Nouveau répertoire de doctrine, de législation et de jurisprudence, vol. 2, Paris, Chevalier-Marescq, 1887, , .. À compter de ce jour, Marie joue sous le nom d'Ismaël-Garcin.

En 1886, Marie Ismaël-Garcin signe un nouveau contrat au Grand Théâtre de Marseille comme « première chanteuse légèreCette voix pourrait se classer aujourd'hui comme « soprano lyrique léger » . ». Elle y paraît pendant la saison 1886-1887 comme Catherine Glover dans La Jolie fille de Perth de Bizet et Ophélie dans Hamlet de Thomas, entre autres rôlesAuditor, 8 janvier 1887, . Nous la retrouvons à la saison 1888-1889 au théâtre Graslin de Nantes. Selon Étienne Destranges, écrivant dans Le Théâtre à Nantes, Marie Ismaël-Garcin avait été une cantatrice très prometteuse. En particulier à Nantes, elle avait eu un grand succès en Dinorah dans Le Pardon de Ploërmel de Meyerbeer. Les critiques de la Gazette artistique de Nantes sont très élogieuses en 1888 et la qualifient d'« étoile » du théâtre Graslin. Mais en 1889 sa voix était déjà sur le déclin. Après un échec dans Le Roi d'Ys de Lalo en avril de cette année, elle se retire définitivement de la scène , , , ..

Ismaël avait pris sa retraite définitive en 1882 (ou 1886). Il passe ses dernières années avec Marie à sa villa de Marseille. Après sa mort en 1893, Marie Garcin ne se remarie pas et vit jusqu’à son décès dans sa villa. Le périodique marseillais La Vedette, , nous informe qu'elle reste active dans la vie mondaine et musicale locale jusqu'en 1910 au moins. Cette année-là, elle joue à une représentation de charité dans Joli Gilles de Ferdinand PoiseGentet, 17 décembre 1910, p. 475. Marie Ismaël-Garcin n'a jamais eu d'enfant, et son mari Jean-Vital Jammes n'a pas non plus de descendance connue. Toutefois, Marie adopte en 1925 sa filleule Marie-Rose Ménard, née en 1898 à Marseille, et ainsi devenue Marie-Rose Ménard-GarcinAdoption de Marie-Rose Ménard par Marie Garcin, en 1925. Marie Ismaël-Garcin décède à son domicile en 1946, et repose depuis avec son mari dans le caveau familial du Cimetière Saint-Pierre à MarseilleSa tombe se trouve au Carré 17 Est, , , Concession N° 3 479..

Répertoire Représentations au Grand-Théâtre d'Angers (1883-1884) Zerline dans Fra Diavolo d'Auber ; Annette dans Robin des Bois (une adaptation de Der Freischütz) de Weber ; Agathe dans "les Freysc ..." ; Dinorah dans Le Pardon de Ploërmel, de Giacomo Meyerbeer ;

Représentations au Théâtre Graslin de Nantes (1888-1889) Sous la direction Poitevin, Marie chante en particulier pendant cette saisonSauf indication contraire, la source est la Gazette artistique de Nantes, : Ophélie dans Hamlet11 octobre 1888, ; Philine dans Mignon18 octobre 1888 , ; La Fille du Régiment25 octobre 1888, ; Dinorah dans Le Pardon de Ploërmel, de Giacomo Meyerbeer, 3 novembre 1888, , ; Le songe d’une nuit d’été15 novembre 1888 et 3, ; Hamlet d’Ambroise Thomas22 novembre 1888, , ; Camille dans Zampa d’Hérold29 novembre 1888, ; Marie dans Le Voyage en Chine de François BazinLe voyage en Chine, opéra-comique en trois actes de François Emmanuel Joseph Bazin, livret d'Eugène Labiche, disponible sur University of Toronto, Robarts Library.10 janvier 1889, , ; Et dans les « Concerts populaires de Nantes »10 janvier 1889, et 6, : Concert Piedeleu, ; Théâtre de la Renaissance, Marguerite dans La damnation de Faust d’Hector Berlioz, ; Marguerite dans Faust de Gounod24 janvier 1889, ; Marguerite dans La damnation de Faust de Berlioz31 janvier 1889, et 6, ; Le Roi d’YsPremière mauvaise critique à Nantes : « … le reproche de ne pas toujours chanter juste. »28 février 1889, , ; Lucie de Lammermoor de Gaetano DonizettiAssez bonne critique, mais ragots négatifs4 avril 1889, .

Elle résilie son contrat pour raisons de santé avant le 20 avril 1889, , et ne remontera plus sur scène à titre professionnel.

Iconographie

Annexes Notes et références Notes

Références Presse quotidienne nationale

Le Figaro

Le Temps

Presse spécialisée

La Gazette artistique de Nantes

La Vedette

Ouvrages spécialisés

Le Théâtre à Nantes, depuis ses origines jusqu'à nos jours

Autres références

Bibliographie et sources Bibliographie rassemblée dans la catégorie « Modèles de sources pour la musique classique ».. Livres

, . , . , . Paul-Armand Silvestre, 1880, Deux femmes pour un mari, publication originale dans Gil Blas, Georges d'Heylli (ed.) Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, Vol. 1, . Librairie des bibliophiles Périodiques

, . , . , . J. de Vilrey, 20 juin 1886, Nouvelles artistiques,Lyon s'amuse , . Auditor, , La Vedette au Spectacle, La Vedette, Marseille Gentet (ed.), , Le monde et la ville, La Vedette, Marseille Savarin, La Vedette au théâtre, 28 novembre 1880, La Vedette, Marseille Œil Sincère, , Angers, La Bavarde Divers

Voir aussi Articles connexes Jean-Vital Jammes Grand Théâtre de Marseille Soprano Opéra (musique) Opérette

Liens externes

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