Le théâtre de la Renaissance était une importante salle de spectacle de Nantes (France), aujourd'hui disparue, et qui fut, durant la seconde moitié du et le début du le plus grand théâtre de la ville.

La construction Deux frères, Prosper et Joseph Touchais, marchands de fer commissionnaires, domiciliés place du Cirque, sont à l’origine de la construction du théâtre.

Ils font appel à l'architecteLes annales de Nantes mentionnent, en 1993, dans la biographie de Chenantais , puis, en 2006, , mais Saint-Félix Seheult est mort en 1858. Il doit s'agir d'une confusion avec la construction de l'ancien palais de Justice de Nantes entre 1842 et 1852, ou de celle de l'église Notre-Dame-de-Bon-Port, entre 1852 et 1858. Joseph-Fleury Chenantais et qui établit les plans d'une salle pouvant contenir , soit de plus que le théâtre Graslin, et pouvant être transformé en cirque par le simple arrangement du parterre en piste.. Ce type de salle est alors en vogue, vingt-quatre sont construits en France, dont un à Angers en 1866. La particularité de l'édifice nantais est d'être construit en pierre, moellons et fer, et non pas en bois..

Les travaux commencent en 1867 sur le côté nord de la place Brancas (actuelle place Édouard-Normand), situé non loin du Palais de justice d'alors (construit aussi par Chenantais une quinzaine d'années auparavant) et s'achève un an après. Le , le théâtre de la Renaissance est inauguré avec une représentation du Misanthrope de Molière.

Du théâtre privé à la salle municipale À son ouverture, la salle bénéficie de deux avantages sur son concurrent, le théâtre Graslin, alors appelé le Grand Théâtre. Tout d'abord ses dimensions, permettant d'accueillir des spectacles de plus grande envergure., et un plus grand nombre de spectateurs.. Ensuite, les frères Touchais décident de confier la direction de la salle à , qui programme une troupe de chanteurs italiens, dont la nouveauté suscite l'engouement du public nantais. La « salle Brancas » peut compter sur la grande popularité du ténor Tombesi, dont le charme fait des ravages, du baryton Strossi, du contralto Demerio, et de la soprano Laura-Harris, qui interprètent Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi. Au début de la saison 1869-1870, FaustLes sources consultées ne précisent pas de quel auteur. et La Messe de Rossini sont des succès. Cependant, la nouveauté estompée, le style de programmation n'emporte plus l'adhésion du public. Les frères Touchais, déclarés en faillite par le tribunal de commerce de Nantes, sont contraints de se séparer du théâtre. La municipalité en profite alors pour l'acquérir en 1875.

vignette|Le théâtre de la Renaissance vu de la place Édouard-Normand. Le théâtre de la Renaissance devient à son tour une salle municipale, au même titre que le théâtre Graslin, les deux lieux étant d'ailleurs administrés par le même directeur pour éviter toute concurrence. Ainsi, pendant la saison 1879-1880., les travaux de réfection dans le Grand Théâtre le rendant indisponible, l'ensemble des représentations ont lieu dans la salle de la Renaissance sous la direction de Jourdan-Blondel.

Les dimensions du théâtre lui permettent d'accueillir des artistes de prestige, au détriment du théâtre Graslin. C'est le cas en 1880 et 1895, lorsque la salle accueille Sarah Bernhardt.. Cependant, le théâtre de la Renaissance, utilisé irrégulièrement, est surtout voué à accueillir des représentations à tarif réduit, et est considéré comme une annexe de Graslin.

La salle est également utilisée pour l'organisation des réunions politiques, notamment celles liées au mouvement ouvrier. Le , Jean Jaurès s'exprime devant ..

En 1900, à la suite des dégâts causés par un cyclone qui s'est abattu sur la ville, la salle perd en capacité, ne comptant plus que après rénovation.

L'incendie Mais, le , la catastrophe survînt en pleine représentation de la pièce d'Alphonse Daudet intitulée L'Arlésienne. Le feu se déclara non seulement dans le théâtre, mais aussi dans le conservatoire de musique attenant, et embrasa le bâtiment. Les sapeurs-pompiers luttèrent de nombreuses heures pour venir à bout du sinistre. Mais ils ne purent pas empêcher la destruction quasi totale de ce haut lieu culturel nantais qui ne se relèvera jamais de ses cendres. L'incendie aurait été provoqué par le mauvais fonctionnement d'un appareil de chauffage.

La ville pensa bien reconstruire l'édifice, et l'architecte Étienne Coutan fut chargé d'une étude sur ce projet.. Une décision fut adoptée dans le sens de la reconstruction le , le jour de la déclaration la guerre de l'Allemagne à la France, qui entraîna le pays dans la Première Guerre mondiale, mais du fait du conflit, le projet est abandonné, et la nouvelle salle de spectacle ne verra jamais le jour.

Un square est aménagé durant l'entre-deux-guerres, après la démolition des ruines du bâtiment. Celui-ci est remplacé, après la Seconde Guerre mondiale, par des baraquements faisant office de lieu de culte de l'église réformée, à la suite de la destruction lors de bombardements du temple qui se trouvait alors place de l'Édit-de-Nantes. Ces baraquements laissent ensuite la place à un édifice définitif conçu par l'architecte Victoire Durand-Gasselin, et inauguré en 1958.

Architecture La salle de 1867 Le théâtre de la Renaissance occupait une superficie équivalant trois fois celle du théâtre Graslin. La salle, pouvant contenir à l'origine . Sa largeur était de , pour une hauteur de . Le cadre de scène faisait de largeur, soit de plus que celui de Graslin. À gauche de la scène se trouvait une écurie pouvant contenir ..

Le plafond était constitué de quatorze arcades, sept étant mobiles, pour permettre l'aération de la salle. Il était également orné de peintures allégoriques (bacchantes, faune, courses de char). La décoration était également composée de bustes peints, représentant Beethoven, Mozart, Hugo, Voltaire, Déjazet, entre autres. La scène était encadrée par deux statues, La Tragédie et La Comédie.

Les places réservées au spectateurs formaient un parterre en forme de corbeille, entouré de trois rangées surélevées. Un peu au-dessus se trouvaient les rangées de fauteuils et de premières classes. Les balcons accueillant les classes inférieures étaient soutenus par des piliers en fer..

Le du théâtre était vaste, et orné de colonnes en fonte peintes. La façade était caractérisée par quatre colonnes, placée deux à deux de chaque côté des fenêtres éclairant le foyer. Deux têtes de cheval sculptées ornaient le haut de l'ouvrage.., rappelant la fonction de cirque-théâtre du bâtiment.

Projet de 1913 Le projet de l'architecte Étienne Coutan, retenu par les élus municipaux après mise au concours, est inspiré du théâtre de Bayreuth, construit entre 1872 et 1875 sur des plans initiaux de Gottfried Semper, adaptés par Richard Wagner. Le nouveau théâtre de la Renaissance, s'il avait été construit, aurait été constitué de ciment armé (avec une charpente métallique), et aurait mesuré de long sur de large. Sa capacité d'accueil aurait été de , réparties en trois amphithéâtres superposés. Le cadre de scène aurait eu une ouverture de sur , la scène elle-même aurait mesuré sur , avec une hauteur de gril de au-dessus de la scène. La façade côté place Brancas (aujourd'hui « place Édouard-Normand ») aurait été arrondie, présentant trois grands arcs. La place elle-même aurait été agrandie de en face du théâtre.....

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . . . .

Articles connexes Patrimoine architectural de Nantes Histoire de Nantes

Liens externes Le théâtre de la Renaissance Le « Renaissance » en cendres, article de Presse-Océan

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