Broussey-Raulecourt est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est. Elle est composée des deux villages de Broussey-en-Woëvre et de Raulecourt qui formaient des communes distinctes avant le .
Géographie La commune est située au nord de la forêt de la Reine, à l'ouest des Côtes-de-Meuse et au sud des collines de Loupmont et Montsec dans la vallée de la Petite-Woëvre et fait partie du parc naturel régional de LorraineMinistère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Décret du 27 janvier 2015 portant renouvellement du classement du parc naturel régional de Lorraine, (lire en ligne).
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Rupt de Mad, le ruisseau d'Esche, le ruisseau de Pinceron, le ruisseau de Bouquenelle, le ruisseau de Bleuapre, le ruisseau de Neuf Moulin, le ruisseau du Pre St-Martin, le ruisseau le Neuf Étang, le ruisseau Fosse des Pres et le ruisseau de l'Étang de Blonnaux..
Le Rupt de Mad, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Geville et se jette dans la Moselle à Novéant-sur-Moselle, après avoir traversé .
L'Esch, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Geville et se jette dans la Moselle à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Broussey-RaulecourtLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Quatre plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang Bouquenelle, d'une superficie totale de ( sur la commune), l'étang de Blonnaux (), l'étang de Courantceuil () et l'étang de Neuf Moulin, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Rupt de Mad, Esch, Trey ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Rupt de Mad, de l’Esch et du Trey. Le périmètre a été arrêté le , la commission locale de l'eau (CLE) a été créée le , puis modifiée le 0. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Parc naturel régional de Lorraine..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nonsard-Lamarche à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Broussey-Raulecourt est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Commercy, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (62 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (34,9 %), forêts (34,8 %), prairies (27,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,7 %), zones urbanisées (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Broussey est attesté sous les formes Bruxeium (1158) ; Brucei (1189) ; Bruceium (1223) ; Broucei (1257) ; « Le Luec de Roumoncourt, entre lou bois de Mandres-aux-quatre-Tours et lou bois de Broucey » (1265) ; Broucey (1275) ; Brouceyum (1402) ; Broussey (1571) ; Broussay (1656) ; Brosseium (1711) ; Broussei, Brosseum (1749) ; Bruscia, Brossia (1756). ; Broussey-en-Blois en 1801 ; Broussey-en-Woëvre (précisé, après 1801 jusqu'en 1973, par la région où il se situe) ; Broussey-Raulecourt en 1973 (Journal Officiel, 19.05.1973). Toponyme germanique issu de bruoc (« marais »).
Le , la commune de Raulecourt est rattachée sous le régime de la fusion-association à celle de Broussey-en-Woëvre. Raulecourt est attesté sous les formes Rooldi-curtis (1106) ; Roullecour (1656) ; Rolcour (1700) ; Raulcourt, Raulinicuria (1711) ; Raulini-curia (1749) ; Raulini-curtis (1756)..
Histoire Moyen Âge Dès le , les cartulaires de plusieurs abbayes (Gorze, Saint-Mihiel, Saint-Vanne-de-Verdun) font mention de divers terres (prés, finages ou étang) soit à Broussey, soit à Raulecourt mais les villages de Broussey, Raulecourt et Warecourt appartenaient en pleine suzeraineté au temporel des évêques de Metz lesquels les avaient inféodés aux puissants seigneurs d'Apremont (ou d'Aspremont). Ceux-ci régnaient sur plus de 350 villages au et étaient également vassaux du comte de Bar pour la seigneurie de Dun. À leur tour, les seigneurs d'Apremont distribuèrent des terres en arrière-fiefs aux membres de leur famille (notamment les frères puinés du fils héritier des seigneuries d'Apremont et de Dun) mais aussi à leur plus fidèles chevaliers.
Les seigneurs de Broussey, dont on ne sait que très peu de choses, étaient les vassaux des seigneurs d'Apremont et devaient leur rendre hommage pour ce qu'ils possédaient à Broussey, Raulecourt et Warecourt..
Le plus ancien seigneur de Broussey retrouvé., est Rodulphe de Broussey. Il est cité comme témoin d'une donation en 1188 faite par Garin d'Emi-Château pour le salut de son âme au profit du couvent de Rangéval, fondé en 1152 par Hadewide, Dame d'Apremont et épouse de Gobert IV. L'année suivante, Rodulphe de Broussey est également témoin de la donation faite par Gobert V d'Apremont au profit du même couvent.
En 1241, Jehan de Broussey et Joffroy II d’Apremont s’entendent pour faire ensemble un étang et un moulin banaux, près de Broussey-en-Woëvre. La retenue permet d’actionner la roue d’un moulin à blé, d’un foulon, d’un pressoir.. Cet étang est probablement l'étang du Moulin-Neuf, situé entre Broussey-en-Woëvre et le village de Liouville et à proximité de l'ancien chemin qui mène de Broussey-en-Woëvre à Apremont-la-Forêt.
En , Raoul de Broussey approuve la vente. du bois de Sèche Naue par Lambert de Rambucourt à Raoul le Doyen de Girauvoisin. Ce bois ne semble pas avoir été situé sur l'actuel territoire de Broussey mais sur le territoire de Gironville-sous-les-Côtes au lieu-dit de la Nauchénaud, le long de la route départementale D958. Cette vente fut ratifiée en par Régnier de Broussey.
En , Raoul de Broussey donne également son accord pour une transaction faite entre Rauxins Fazuns de Xivray, sergent et homme d'arme au service de Joffroy II d'Apremont, comte de Sarrebrück (par sa femme Laure de Sarrebrrück, fille de Simon II et de Laurette de Lorraine) et seigneur d'Apremont et de Dun d'une part et l'abbaye de Saint-Benoit-en-Woëvre d'autre part, pour la vente de muids de blé et l’aumône d'un pré sis à Xivray que Rauxins Fazuns tenait en fief de Raoul de Broussey. L'acte conservé aux Archives départementales de la Meuse. fut scellé par Joffroy II d'Aspremont quelques années avant le départ de celui-ci en compagnie de Jean de Joinville pour la croisade menée par le roi de France Saint-Louis.
Dans sa chronique, Jean de Joinville raconte que le comte de Sarrebrück emmena en croisade avec lui dix de ses chevaliers. Raoul de Broussey était-il du voyage ? On ne le sait pas. Joffroy II décédera en à la bataille de Mansourah en Égypte. Son frère Gobert VII qui fut aussi croisé en reviendra et succédera à la tête des seigneuries d'Apremont et de Dun. C'est lui qui constate en , que le sire Bons de Broussey, chevalier a fait l'aumône de 20 sous provénisiens forts, à prendre sur les recettes du ban de Broussey, au profit du couvent de Rangéval pour le salut de son âme avec le consentement de sa femme Adeline et de ses enfants.
En 1282, un autre Jehan de Broussey. rend hommage à Joffroy III d'Apremont (fils de Gobert VII, seigneur régnant) et obtient la même année des lettres de son suzerain pour le mariage de sa fille.
En 1285 a lieu à Chauvency-le-Château, près de Montmédy un des plus formidables tournois de chevalerie du Moyen Âge qui réunira plus de 500 chevaliers venant de toute l'Europe. Joffroy III d'Apremont est l'un des héros de ces joutes autant pour son combat en lice contre le comte de Sancerre que dans la joute générale qui opposa l'ensemble de la chevalerie française et lorraine à celle du Saint-Empire germanique. La beauté de son épouse Isabelle de Quivrain, princesse d'Amblise en Hainaut et fille d'Arnoul, comte de Looz et de Chiny y est également vantée dans les vers de Jacques Bretel. Ce dernier n'a hélas pas cité la totalité des chevaliers qui participèrent à ce fameux tournoi de Chauvency mais il est possible, voire probable que le seigneur de Broussey y accompagna son suzerain.