Champneuville est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.
Géographie
Situation La commune de Champneuville est composée de deux hameaux séparés d'un kilomètre : Champ (environ 50 habitants ) et Neuville (environ 80 habitants) où se trouvent l'église et la mairie.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le canal de l'Est Branche-Nord, la Meuse, le ruisseau de Ham et le ruisseau de Chattaucourt..
Le canal de l'Est Branche-Nord, d'une longueur de , est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui relie Givet à Troussey, où il rejoint le canal de la Marne au Rhin.
La Meuse, d'une longueur de dans sa partie française, est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à d'altitude, et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ChampneuvilleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Septsarges à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Champneuville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Verdun, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (85,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,7 %), prairies (25,5 %), forêts (11,8 %), zones agricoles hétérogènes (7,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Villare in Campis (1125) ; Champ et Nuefville (1398) ; Neufville et Champ-sur-Meuse (1549) ; De Campis-Novavilla (1642) ; Champ-Neuuille (1681) ; Champs-Neuville (1700) ; Champ-Neuville (1730) ; Champneufville (1738) ; Nova-Villa-a-Compis (1738)..La localité est à l'origine composé de deux établissements distincts regroupés très tôt. Le toponyme actuel est simplement la juxtaposition des deux anciens noms., fusion des deux villages : Champs et Neuville..
Issu de la locution latine Campus et Novella Villa, de l'adjectif du bas latin nova « neuve » et villa « ferme »., le territoire étant occupé dès l’Antiquité par un « Camp militaire » et une « Nouvelle ferme ».
Histoire
Situation géographique Situé au cœur de la plus grande boucle que forme la Meuse en territoire français, Champneuville est implanté en contrebas de la côte du Talou qui domine la vallée. Le village est irrigué à son extrémité nord-ouest par la Meuse.
Antiquité Le nom de la commune associe deux toponymes d'origine latine : Champ, de campus (« camp militaire »), et Neuville, de novella villa (« nouvelle ferme »). Un camp romain installé à Champ surveillait la Meuse, tandis que la villa, vaste exploitation agricole, ravitaillait vraisemblablement la garnison.
Deux voies romaines se croisent au Talou : l'une, de Senon à Avocourt, gravit la côte du Talou, où elle est connue sous le nom de « Chemin des Romains » ou « Chemin des Allemands » ; l'autre, de Verdun à Mouzon, passe par le moulin des Côtelettes, où des sépultures franques et mérovingiennes ont été découvertesLiénard, Archéologie de la Meuse, 1885, t. 3..
Haut Moyen Âge : Madalvé Madalvé, évêque de Verdun de 744 à 774 et abbé de Saint-Vanne, est la plus ancienne personnalité rattachée au village. Selon la tradition, il serait allé jusqu'en Terre sainte, d'où il aurait rapporté à Verdun des reliques de sainte Marie-Madeleine. Il meurt en 774 à Neuville, où il était venu consacrer un autel à la Vierge. La légende raconte que deux colombes se posent sur la croix de procession lors du transfert de sa dépouille à l'abbaye Saint-Vanne. Il est fêté le 4 octobre, et la commune conserve un reliquaire contenant un de ses ossements. Une statue et un bas-relief racontant sa légende se trouvent dans l'église actuelle.
Une église, dédiée à Notre-Dame-de-l'Assomption, est fondée au nord de l'ancien cimetière en mémoire de l'événement. Elle est remaniée au fil des siècles puis rasée en 1897 par le curé Émile Renard, qui la remplace par une église néo-romane plus vaste, œuvre de l'architecte Henri Médard. Celle-ci est détruite en 1916 avec le reste du village.
Moyen Âge Champ est mentionné dans un cartulaire de la cathédrale de Verdun en 1237, et Neuville dans celui de l'abbaye Saint-Vanne dès 940.
Guyart de Neuville est cité dans le Tournoi de Chauvency (vers 1285) aux côtés de Collart de Cuminières, de Cumières, village voisin ; il pourrait être originaire de Champneuville.
Époque moderne Champ et Neuville, jusqu'alors rattachés à la châtellenie luxembourgeoise (prévôté d'Yvoy), passent sous administration française en 1661, après une prise par surprise du maréchal Fabert. La paix conclue, celui-ci répond aux Espagnols . Un bastion militaire, dont le lieu-dit « La Tour » garde le souvenir, surveille alors le passage à gué de la Meuse.
Lors de la Révolution française, le seigneur s'exile et ses biens sont saisis. Dès l'an IX (1801), le château devient la mairie ; Jean-François Guillant est le premier maire, de 1801 à 1812.
Vie à Champ avant 1914 Le hameau de Champ compte alors plusieurs artisans et commerçants : un charron, des tisserands, un maçon-tailleur de pierre, un café, une couturière, ainsi qu'un éclusier pour le canal. Pour traverser la Meuse, les habitants empruntent le ponton et le bac, au prix de deux sous par personne, ou le Gué des Pierres, gratuit. Les jeunes gens de Cumières le préfèrent pour se rendre à la fête du 15 aoûtLouis Lavigne, Le Pays lorrain, 1930..
Première Guerre mondiale Le village est évacué en février 1916, lors de la bataille de Verdun, et ses habitants ne reviennent qu'en 1921. Il est totalement détruit et 30 % du territoire est classé en zone rouge. Sur 256 habitants avant-guerre, une cinquantaine seulement reviennent. Contrairement à quatre communes voisines (Cumières, Louvemont, Beaumont et Haumont), Champneuville entreprend sa reconstruction.
Reconstruction (1921-1933) Les terres agricoles sont remises en état. La coopérative de reconstruction charge dès 1921 les architectes Émile et Marcel Delangle de rebâtir le village. Entre 1922 et 1925, ils reconstruisent les fermes dans un style régionaliste lorrain : briques, pierre de taille, béton granité et parquet de chêne remplacent la terre battue et le chaume, et les logements sont conçus selon les principes de l'hygiénisme (pièces claires, sans pièces borgnes).
Le cœur du village est déplacé du centre de Neuville vers la route reliant les deux hameaux. La mairie-école est inaugurée en 1926, l'église bénite en 1931. En 1933, la décoration intérieure de l'église, le monument aux morts et le pont sur la Meuse achèvent la reconstruction.
Politique et administration
Population et société Démographie
Économie
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments
Ancien cimetière vignette|Église de l'Assomption de Neuville. L'ancien cimetière de Champneuville est un parc arboré situé à Champneuville. Réaménagé en 2005, il occupe l'emplacement de l'ancien cœur du village, où se sont succédé églises, château seigneurial et cimetière. Il conserve des éléments sculptés issus des églises disparues, présentés en une allée, ainsi que la tombe de Marie-Catherine Thoyon (morte en 1915), seule sépulture encore visible.
L'église carolingienne, consacrée par saint Madalvé en 774, est remaniée au fil des siècles puis détruite en 1897 et remplacée par une église néo-romane, œuvre de l'architecte verdunois Henri Médard. Celle-ci est bombardée en 1916 pendant la Première Guerre mondiale et n'est pas reconstruite sur place. Le cimetière est définitivement fermé en 1927.
Église Notre-Dame-de-l'Assomption L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Champneuville est l'édifice paroissial du village. Troisième église après l'église carolingienne et l'église néo-romane de 1897, elle est construite dans le cadre de la reconstruction après la Première Guerre mondiale et inaugurée le .
Elle est bâtie à partir de la chapelle du petit séminaire du Puty à Verdun (1836), désaffectée depuis 1905 et démontée pierre par pierre en 1929. L'architecte Marcel Delangle la fait remonter à Champneuville, dont elle conserve le plan basilical, les tribunes et l'abside à cinq pans. Il dessine la façade occidentale, le clocher-porche de dix-sept mètres et l'autel. Le chœur est décoré en 1933 par le peintre Lucien Lantier ; les vitraux sont du maître-verrier Joseph Benoît (1932). La flèche, dont la charpente menaçait ruine, est démontée en 2009 et n'a pas été reconstruite depuis. Depuis 2023, l'église accueille aussi des visites, des expositions et des concerts.
Mairie-école La mairie-école de Champneuville est un bâtiment de la reconstruction d’après-guerre, édifié en 1926 sous la direction des architectes Émile et Marcel Delangle, choisis dès 1921 par la coopérative de reconstruction. Elle abrite aujourd'hui la mairie et une salle polyvalente.