Le département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre (dit usuellement A.É.) conserve l'une des principales collections égyptologiques mondiales en dehors du territoire égyptien, avec le musée égyptologique de Turin et le British Museum et, en Égypte, le musée égyptien du Caire. Il est créé par l'ordonnance royale de du , qui l'a inauguré le .

Historique La création du musée En 1826, fait de Jean-François Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, le premier conservateur de ce qui s'appelait alors le musée égyptien. Cette section du musée se situe au premier étage de la cour Carrée, dans l'aile Sud. Les quatre salles sont aménagées avec l'aide de l'architecte Pierre François Léonard Fontaine. Les deux premières salles illustrent les coutumes funéraires, la troisième est la salle civile, la quatrième est la salle des dieux. Les peintures des plafonds sont dues à François Édouard Picot (L'Étude et le Génie des arts dévoilant l'Égypte à la Grèce) et Abel de Pujol (L'Égypte sauvée par Joseph).

Les extensions vignette|redresse=1.4|La salle des antiquités égyptiennes du Louvre, en 1863.

À la mort de Champollion en , trois grandes salles sont ajoutées au rez-de-chaussée pour le département.

Sous Philippe-Auguste Jeanron, le musée connaît un ambitieux programme de réorganisation. Celui-ci affecte nécessairement le département égyptien, notamment avec l’adjonction d'une galerie monumentale pour les grands monuments de pierre (inaugurée en ) et avec la modification des salles du premier étage. On ouvre par exemple une cinquième salle, la salle historique.

La salle des Colonnes, au premier étage, est affectée au département égyptien en 1864. En 1895, c'est au tour de la galerie d'Alger, où sont placées les stèles. Suivra la galerie .

En 1902, on a quatre grandes salles au premier étage complètement remaniées. Le palier du premier étage précède une première salle sur le mobilier funéraire. Viennent ensuite une salle des objets d’art industriel, une salle des monuments figurés, et une salle des bronzes et des bijoux.

Le sera inaugurée une annexe du département dans le pavillon des États. Ainsi, en 1905, par les enrichissements considérables que connaît le département, les collections sont complètement éclatées à travers le musée.

Sous Henri Verne, avec le plan Verne élaboré en 1929, le département égyptien est particulièrement favorisé. De manière générale, il s'agit d'occuper des locaux disponibles ou mal attribués pour regrouper les sections dispersées. Ainsi, toutes les salles du rez-de-chaussée, entre le guichet des Arts et le pavillon du Midi, lui sont attribuées, ce qui fait doubler sa superficie. À cela s'ajoute le creusement de deux cryptes sous les guichets. On ouvre ainsi au public au premier étage un vestibule (où se trouve le mastaba d'Akhethétep) et six salles disposées chronologiquement. Le réaménagement est achevé en 1938.

En 1948 sont inaugurés des espaces supplémentaires, la salle Clarac et la salle des Colonnes.

Le , avec l'affectation de l’aile Richelieu au musée, les antiquités égyptiennes occupent dorénavant toute l’aile est de la cour Carrée (rez-de-chaussée et premier étage).

Les conservateurs vignette|redresse=0.7|Champollion en costume égyptien, lors de l'expédition franco-toscane de 1828. Parmi les conservateurs, se sont succédé à la tête du département des antiquités égyptiennes : Jean-François Champollion, de 1826 à 1832, à la mort duquel la section égyptienne perd son indépendance et rejoint le département des Antiques. Emmanuel de Rougé fut conservateur à partir de 1849, suivi de Paul Pierret en 1873, de Georges Bénédite, de 1907 à 1926 ; Charles Boreux, à partir de 1926 ; Jacques Vandier ; Christiane Desroches Noblecourt ; Jean-Louis de Cenival, de 1981 à 1993 ; Christiane Ziegler, de 1993 à 2007 ; Guillemette Andreu-Lanoë, de 2007 à 2014 ; Vincent Rondot, de 2014 à , Hélène Guichard Hélène Guichard, nommée directrice du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, site pressse.louvre.fr, 17 juillet 2025. depuis .

Constitution des collections Tout au long du , la collection a continué de s'enrichir.

En 1825, la première collection d'Edme-Antoine Durand vient former le noyau du musée . Concernant la partie égyptienne de cette collection (datant du Moyen et du Nouvel Empire et de l'époque ptolémaïque), « Les objets égyptiens sont tous de premier choix, et à peu près les plus beaux parmi tout ce qui a été envoyé à Paris » (Bulletin des sciences, 1825, ). Cette collection est acquise le .

Le est acquise la seconde collection Salt.

Le est acquise la seconde collection Drovetti.

Entre 1852 et 1868 sont acquises de grandes collections : la collection Clot-Bey en 1853, la collection d'Anastasi en 1857, la collection du chevalier Palin en 1859, la collection d'Achille Fould en 1860, la collection du comte Tyszkiewicz en 1862, la collection Salemann en 1863, et la collection d'Alphonse Raifé en 1867.

Les produits du premier partage arrivent en 1852-1853, à la suite des fouilles d'Auguste Mariette au Sérapéum de Memphis. Ce sont plus de . D'autres objets arrivent à partir de là de fouilles opérées par l'Institut français du Caire.

Lorsque George Bénédite est conservateur en chef du département, il effectue chaque année des missions d'achat en Égypte, ce qui enrichit considérablement les collections du musée.

En 1907, le département accueille une partie de la collection égyptienne du cabinet des Médailles.

Les produits des fouilles continuent d'enrichir les collections, par exemple avec les fouilles d'Abou Rawash.

En 1992, au décès de la veuve de Raymond Weill (lui-même décédé en 1950), les du legs Weill rejoignent les collections du Louvre.

Les collections La collection couvre toutes les époques de la civilisation égyptienne antique, depuis l'époque de Nagada jusqu'à l'Égypte romaine et copte.

Actuellement, les Antiquités égyptiennes sont réparties sur trois étages de l'aile Sully du musée, sur une trentaine de salles au total : à l'entresol, on trouve l'Égypte romaine et l'Égypte copte ; au rez-de-chaussée et au premier étage, l'Égypte pharaonique.

Au rez-de-chaussée de l'aile Sully, dix-neuf salles constituent le parcours thématique. Au premier étage de l'aile Sully, onze salles constituent le parcours chronologique, avec un partage entre l'espace de mise en valeur des œuvres majeures et des galeries d'étude plus denses.

Période prédynastique et époque thinite Parmi les plus célèbres pièces exposées on trouve pour l'époque de Nagada le couteau de Gebel el-Arak ainsi que la palette de la chasse. La pièce majeure illustrant l'art de l'époque thinite est la stèle du roi-Serpent.

Objet Description Origine et datation E 11517 150px140px|right Couteau de Gebel el-Arak

Culture de Nagada.

Silex et ivoire d'éléphant. Hauteur : .

Le manche en ivoire est orné d'un côté d'une scène de bataille, de l'autre de thèmes mythologiques.

Aile Sully, salle 20.Gebel el-Arak (جبل العركى) ou, plus probablement, Abydos.

Vers -3300/-3200.E 11007 130px|centerStèle du Ouadji ou roi-Serpent

La stèle funéraire provient du mastaba d'Ouadji, situé dans la nécropole royale d'Abydos. Elle montre un serpent surmonté d'un faucon (Horus), l'ensemble pouvant être interprété comme Horus Serpent. Un peigne en ivoire portant le nom d'Ouadji a également été retrouvé à l'intérieur de la tombe. Nécropole royale d'Abydos

Vers -3040/-3020.

Ancien Empire L'art de l'Ancien Empire compte des pièces maîtresses telles que les trois statues de Sépa et sa femme Nésa datant de la , le célèbre Scribe accroupi, datant probablement de la tout comme la statuette en calcaire peint représentant Raherka et sa femme Merseânkh. La chapelle du mastaba d'Akhethétep, démontée de son site originel à Saqqarah et remontée dans l'une des salles du rez-de-chaussée, est un exemple d'architecture funéraire datant de la .

Objet Description Origine et datation A 36, A 37 90px|center

90px|centerStatues de Sépa et NésaStatues de Sepa, « grand des dizaines du Sud », et de la dame Nesa.

Trois statues : deux de Sépa, « grand des dizaines du Sud », et une de la dame Nésa. Calcaire peint. Hauteur : .

C'est le tout début de la grande statuaire égyptienne. Les vêtements et parures de Sépa et Nésa sont les signes de leur statut social : ces grands dignitaires sont vêtus de lin et coiffés de perruques, leurs yeux soulignés de fards vert et noir ; Nésa est parée de bracelets. Sépa occupait des postes importants en tant que « préposé aux Affaires royales » et « grand des dizaines du Sud ». Le titre de Nésa, « la Connue du Roi », indique qu'elle était introduite au palais.

Aile Sully, , salle 635Nécropole de Saqqarah ?

Vers -2700/-2620.E 3023 150px130px|right Le Scribe accroupiLe Scribe accroupi, louvre.fr

Statue en calcaire peint représentant un scribe égyptien assis en tailleur, datant probablement de la ou de la . Trouvé à Saqqarah en 1850 par Auguste Mariette, dans une tombe de l'allée des sphinx du Sérapéum.

Le scribe, assis en tailleur sur un socle peint en noir, est représenté dans l'acte d'écrire. Il est vêtu d'un pagne blanc. Il tenait autrefois dans sa main droite un calame et l'on voit sur son pagne un papyrus partiellement déroulé. Saqqarah

Vers -2600.E 12626 150pxTête de Djédefrê en quartziteParcours de visite 05, L'art des rois d'Égypte, louvre.frBase Atlas 14122

Cette tête de Djedefrê, fils et successeur de Chéops, de de haut, en quartzite, avec des traces de peinture, est plus probablement un fragment d'un sphinx que d'une statue du roi debout ou assis. Elle provient du site de la pyramide ruinée de Djedefrê à Abou Roach, à quelques kilomètres au nord des pyramides de Giza.

Le roi porte le némès (coiffe en toile rayée jaune et bleu) ; un uraeus (cobra dressé) protège le souverain. Il portait une fausse barbe, dont on devine l’attache sous le menton.

Salle 635Abou Roach

Vers -2560.A 44 150pxDeux époux et leur filsBase Atlas 14133, louvre.fr

Calcaire, jadis peint. Hauteur : .

Salle 635.Ancien Empire

Vers -2620/-2500.

Moyen Empire Le Moyen Empire s'étend des environs de -2033 à -1786, correspondant à la (-2106 à -1963), qui voit le pays réunifié vers -2033 par et à la (-1963 à -1786), âge d'or du Moyen Empire.

Cette période est principalement représentée au musée du Louvre par des œuvres datant de la : une grande statue en bois représentant le chancelier Nakht ainsi que son sarcophage ; une porteuse d'offrandes en bois stuqué et peint ; un grand linteau de porte en calcaire sculpté en creux et provenant du temple de Montou à Médamoud ; le sphinx d'.

Objet Description Origine et datation E 12003 center|90pxFemme aux pouces cassésBase atlas 14201, louvre.fr

Statue de bois, trouvée enveloppée de lin dans une tombe d'Assiout.

Bois d'acacia (?) et socle de tamaris.

Hauteur : .

Sully, salle 636.Assiout

Moyen Empire

Vers -2000E 11937 150px130px|right

Statue du chancelier NakhtiBase atlas 14202, louvre.fr

Statue grandeur nature en bois d'acacia.

Hauteur : .

Sully, salle 636.Tombe du chancelier Nakhti, Assiout

Moyen Empire

Vers -2000/-1900AF 10226 150pxTable d'offrandes du chancelier NakhtiBase atlas 23420, louvre.fr

Plateau funéraire décoré d'offrandes destinées aux morts, avec le signe de l'offrande (pain dressé sur une natte), des pains, une patte de bœuf, des volailles, des fruits et légumes, des vases à libation et des bassins.

Calcaire,

Sully, salle 636.Moyen Empire

Entre -2033 et -1710E 17111 150pxModèle de navireBase atlas 2988, louvre.fr

Modèle de navire en bois peint.

Une momie repose sur un lit, sous le dais.

Longueur :

Sully, salle 336.Moyen Empire

Vers -2000.E 11936 150pxSarcophage intérieur du chancelier NakhtiMobilier de la tombe du chancelier Nakhti, louvre.fr