Cousances-les-Forges est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

Elle est issue de la fusion, en 1965 des anciennes communes de Cousances-aux-Forges et Cousancelles.

Géographie Localisation Le territoire de la commune est limitrophe de 6 communes, dont 2 communes, Chamouilley et Narcy, se trouvent dans le département limitrophe de la Haute-Marne, la Cousance la traverse.

Communes limitrophes

Voies de communication Routes La route nationale 4 passe non loin de la commune reliant Paris à Strasbourg via Nancy, permettant ainsi d'aller de l'Île-de-France à la frontière franco-allemande et désenclaver la commune.

Liaisons ferroviaires La gare-TGV la plus proche est la gare de Bar-le-Duc située à , la gare la plus proche est celle de [Saint-Dizier] à .

Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Cousance, la Fosse du Relais, la Fosse de l'Audeuil, le Fossé 04 de la Grande Vallée, le Fossé 01 de l'Entonnoir et divers bras de la Cousance..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Cousances-les-ForgesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chevillon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Cousances-les-Forges est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dizier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (66,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45,9 %), forêts (25,6 %), prairies (18,6 %), zones urbanisées (7,2 %), zones agricoles hétérogènes (2,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Cosantia villa (870). ; Cussiliacum in pago Barrense (709) ; Cussiacum, Cursiriacum ou Cussiriacum (1106) ; Cousance-au-Bois (1579) ; Cousancelle-aux-Bois (1711) ; Cousancium-in-Silvis (1749). ; Par décret du 11.12.1847, Cousances prend le nom de Cousances-aux-Forges. Cousances-les-Forges depuis 1965.

Dérivé de l'hydronyme prélatin *cosa suivi du suffixe -antia, le village est établi sur le cours de la Cousances..

Histoire

Des origines à 1914

1914 – 1918 Le , la mobilisation générale est décrétée en France..

Dès le début de , les Allemands occupent Revigny-sur-Ornain (voir aussi : Bataille de Lorraine) distant d'une trentaine de kilomètres et menacent Bar-le-Duc. Le canon gronde et fait trembler les vitres de l’église de Cousances. Cousances recueillit deux vagues de réfugiés venus des territoires envahis en 1914 puis 1916 (bataille de Verdun).

« D'après une lettre du préfet (, ) chaque réfugié devait toucher, chaque jour, une livre de pain, et pour 10 jours : 1 kg de graisse, 1 kg de légumes et 0,50 Fr. d’épicerie. » Le front n’atteindra jamais le village qui servira de centre d’instruction pour les soldats qui monteront au front. Des stages de 3 semaines leur permettent de s'entraîner au maniement du fusil, de la mitrailleuse, grenade et torpille à ailettes (soldats des , , (1916), et surtout Régiment d'Infanterie (= RI, voir d'infanterie de ligne).). Y cantonnèrent également, ce qui à partir de 1916 sera de moins en moins bien vécu par la population, une cinquantaine d'artilleurs, un train d’équipage chargé du ravitaillement (début de la guerre), un groupe d’assaut ou corps-franc qui effectuaient régulièrement des opérations éclairs sur quelque endroit du front, une cinquantaine d’artilleurs ; en 1915, durant 3 semaines, un régiment de dragons et un de cuirassiers qui partirent ensuite pour Tahure. Des voitures-ambulances stationnaient également. « …A Cousances fut organisée l’œuvre de la Croix-Rouge. Un ouvroir était ouvert chez les Sœurs (école Sainte-Geneviève) pour réparer ou utiliser tout le vieux linge recueilli, car il fallait des draps pour le hôpitaux militaires, de la charpie et des bandes pour le soin des blessés. Des matelas. Appel était fait aux bonnes volontés. (in Gaillemin p.184)». Un parc de réparation des camions qui servaient à rallier Verdun était installé à l’usine Champenois, des femmes y travaillaient.

Les avions ennemis ne bombardèrent quasiment pas les usines de Cousances, lesquelles pourtant travaillaient pour l'armement, mais se dirigeaient plutôt sur Marnaval et Saint-Dizier ( vers l’ouest). À l'usine Champenois étaient fondus des obus et des grenades. Au haut-fourneau : des grenades et des chaudières pour les cuisines militaires. Cela permet à quelques mouleurs et ajusteurs de métier du village d’être affectés spéciaux dans leur usine tout en étant mobilisés. Comme une multitude de municipalités françaises, Cousances et Cousancelles perdirent de nombreux enfants lors de ce premier conflit mondial (« …Soixante-deux des vôtres sont tombés pour la cause sainte… » extrait du discours d’André Maginot, ministre des pensions, pour l’inauguration du monument aux morts (commandé à M. Camus, statuaire à Toulouse), le .).

1918 - 1939 Les industries et les artisans : Le Haut Fourneau (usine André) Cette usine continua sa production, sous sa marque caractéristique « AC, André à Cousances ». Le syndicat Saint-Joseph fut dissous le . Il n’était plus qu'un économat (voir II 1. page 123).

L'usine Champenois Au moment de la guerre 1914, les établissements Champenois, avec leurs filiales (Noncourt, Châteauroux, Saint-Quentin, Cousances) fournissaient 80 % du matériel agricole français. Cette usine devint propriétaire de la « fonderie du château » qui avait été mise en liquidation. En 1916, les différentes usines s'étaient groupées en une société : « les établissements Champenois-Rambaux et Cie ». Une usine moderne fut construite à Saint-Dizier pour la fabrication en grande série de râteaux faneurs hippomobiles et machines de récolte. En 1939, cette usine devait être réquisitionnée. Après la guerre, la Cima s’installera sur ce terrain. Le syndicat des métallurgistes de Cousances et environs, fondé en 1903, cessa d’exister vers 1923 (voir II 1 ).

Le petit Creusot Depuis 1913, c’était la société « Ch. Aubry, Borel et Cie ». Auguste Borel (mort en ), originaire d’Auvergne, était ingénieur des Arts et Métiers de l'École nationale de Cluny. Il avait été contremaître de l'usine André (Haut Fourneau). Dans les productions de cette usine, relevons : des roues Bajac pour Liaucourt, fabricant de charrues, des roues Goujis pour Huard, fabricant de charrues à Châteaubriand, auquel étaient expédiés en moyenne 2 à 3 wagons par mois, ce qui représentait 50 à . L'usine travaillait aussi pour l’exportation. Vers 1925-1930, des roues rosaces de de diamètre furent expédiées à des Pères Blancs à la Martinique.

Autres exportations Au Chili, en Indochine, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, à Madagascar, à Alexandrie… roues de charrettes « Impérissable » à double bandage, roues de 1,70 – de diamètre.

En plus des roues, l'usine fabriquait des boîtes aux lettres en fonte, des carcasses de génératrices électriques, des poulies métalliques en 1 ou 2 pièces, à moyeu fonte, raies acier olive dont un important client était M. Dissoubray, spécialisé dans les organes de transmissions.

Tuilerie Benoit Cette tuilerie a appartenu à un ancien maire de Cousances (Léon Benoit décédé en 1932), elle ferma aux environs de 1934.

Tuilerie de Cousancelles Elle fut détruite par le feu le .

Durant ces années, d'autres établissements ou industries sont nés. Nous parlerons de leur début pour les retrouver après 1940.

La Société des Forges Usine fondée en 1935 par Henri Perrin. Indépendante du Haut Fourneau bien que l'atelier d’emboutissage soit dans les locaux et l'émaillerie commune. Alors que le haut fourneau utilise la fonte, cette usine prenait pour matière première de la tôle épaisse en feuilles. Ces feuilles étaient coupées et travaillées sur différentes presses variant de 25 à , pour en faire des casseroles, des fait-tout, etc.

La maréchalerie Panard-Linard Elle appartient à une ancienne famille de Cousances dont la présence est attestée dans les premiers actes paroissiaux datant de 1680) : Elle évoluera avec le charronage et la réparation des machines agricoles : lieuses, faucheuses, etc. Après 1940, nous trouverons les établissements Panard-Linard.

On trouve également : un garage (Garage Maur – Brosse 1922) ; une société de transports (transports Voinot – Tissot 1930) spécialisée principalement dans le transport de produits métallurgiques vers Saint-Dizier, Commercy, surtout pour Paris ; la société forestière Marsal et Cie datant d'avant 1914. 1924 : installation d'un distributeur automatique d'essence à Cousances. 1929 : la commune est désignée centre de secours. 1931 : création d'un syndicat de communes pour la réalisation d'une distribution de gaz.

Durant ces années, le Naix – Güe (train reliant Naix-aux-forges à Ancerville-Güe (cf. : Ancerville (Meuse)) passait régulièrement avec des trains de marchandises ou de voyageurs.

Éducation, culture et loisirs