L'église Notre-Dame est une église catholique romaine, située à Fontenay-le-Comte, au sud-est de la Vendée, en France. L'église est rattachée de 1317 à 1648 à l'ancien diocèse de Maillezais, avant que ce dernier ne soit déversé dans le diocèse de La Rochelle. Depuis le Concordat du 11 juin 1817, l'église se trouve désormais dans le diocèse de Luçon.

Si l'existence d'un édifice antérieur de la période romane est attestée par la présence d'une crypte, l'église fut entièrement reconstruite au dans le style gothique flamboyant. Cette construction fut victime de plusieurs destructions au cours des guerres de Religion au , détruisant les voûtes et abîmant la flèche , et fut transformée en temple de la Raison en 1794 . L'édifice fut progressivement remis en état par une série de restaurations au cours des et .

L'église est classée monument historique par liste en 1862. Localisation L'église est située dans le département français de la Vendée, sur la commune de Fontenay-le-Comte, place du d'infanterie, rue Gaston Guillemet, rue Notre-Dame et rue René-Moreau.

L'emplacement de l'église au sein de la ville est significatif. L'édifice est situé sur la rive droite de la Vendée, soit dans l'ancienne cité fortifiée. De la cité médiévale ne subsiste que le dessin dans la topographie de la ville : elle formait un demi-cercle d'environ 85 toises de largeur sur 150 toises de longueur , soit environ sur . L'enceinte fortifiée a largement disparu et il ne reste que quelques ruines de l'ancien château de Fontenay. L'église de Notre-Dame est longée sur son flanc nord par l'ancienne Grande Rue (aujourd'hui rue Gaston Guillemet et rue des orfèvres). D'origine antique, cette voie parcourait la cité d'est en ouest .

Dans les faubourgs des Loges, sur la rive gauche, se trouve l'église de Saint-Jean de Fontenay-le-Comte ainsi que, désormais disparue, l'église de Saint-Nicolas.

Au sud de l'édifice se trouve presque accolé le prieuré de Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, édifice autrefois rattaché à l'église, comme en témoignent sur l'élévation sud de l'église les traces de solins et de boulins d'un toit reliant les deux constructions.

Historique thumb|left|Crypte de l'église datée de la fin du - début du .|alt= Édifices antérieurs ( - ) Une crypte romane fut redécouverte en 1846 lors de travaux de réfection du sol dans la nef de l'église. Elle atteste la présence dès cette époque d'une église romane sur l'emplacement de l'actuel édifice. Cette crypte constitue le vestige le plus ancien encore conservé sur le site de l'église de Notre-Dame. De par sa forme, elle s’apparente à d'autres constructions similaires aux Essarts et à Curzon, autres communes de la Vendée. Bien que la crypte fut longtemps datée d'avant le , les écrits actuels placent sa construction plutôt à la fin du ou début du . Dans un plan de 1949 ., l'artiste Emile Boutin dessine les contours d'un édifice roman significativement plus petit que l'église du . Selon la description du plan, les relevés des murs de l'église romane ont été réalisés par l'architecte Jean Merlet durant la construction d'un nouvel accès à la crypte en 1945. Les murs dessinés s'étendent de la façade à l'ouest, que les deux édifices semblent partager, jusqu'à la crypte, supposée sous le chœur de l'église romane.

Des restaurations des voûtes de l'église sont entreprises au . Ces travaux de reconstruction sont uniquement connus grâce à une courte mention documentaire, datée du . L'église Notre-Dame possédait aussi une cloche mentionnant la date de 1351, avant que celle-ci ne soit fondue en 1793 . Outre ces quelques dates, peu de choses sont connues concernant l'église Notre-Dame au , et donc de l'état de l'édifice avant sa reconstruction.

Reconstruction de l'église ( - )

L'édifice actuel, plus vaste, date majoritairement du . La première mention des travaux se trouvait sur un bénitier qui fut fondu à la Révolution française. L'inscription du bénitier était la suivante :

Le chantier de trois nouvelles voûtes fut donc lancé le ; le bénitier est lui plus tardif (). Une série d'indulgences est accordée par la suite aux bienfaiteurs de l'église Notre-Dame : le par l'antipape Clément VIII et le par le légat du pape Eugène IV . Une dernière date est visible encore sur la grande cloche de l'église : elle fut réalisée en 1466 à la demande de la fabrique de l'église et des habitants de la ville . Il est toutefois difficile de s’appuyer sur cette date de 1466 pour déterminer la fin des travaux, les constructions ne se terminant pas nécessairement par le clocher.

L'église flamboyante fut construite en trois grandes étapes . Le premier projet, entamé au tout début du , comprenait uniquement deux vaisseaux, correspondant au vaisseau central et au collatéral sud. Dans la seconde moitié du est ajouté le collatéral nord. Notre-Dame est achevée au début du avec le chevet et le portail ouest.

L'église est terminée dans un style architectural renaissant autour de 1540. La chapelle des Brisson, autrefois nommée chapelle Saint-Pierre, se trouve dans la dernière travée du collatéral sud. Le maître maçon ainsi que les coûts de constructions sont mentionnés dans les comptes de la fabrique : en 1540, Liénard de Réau On attribue aussi à Liénard de Réau la construction de la Fontaine des Quatre-Tias, achevée en 1542, bien que l'étude stylistique tend à démentir cette attribution. , deux apprentis et trois maçons sont réglés de la somme de 439 livres tournois, 17 sous et 2 deniers pour l'année. La pierre utilisée est indiquée comme venant de Longèves, commune située à 4 kilomètres de l'église. Sur l'extérieur de la chapelle se trouve deux bandeaux gravés : l'un porte les mentions « L.R » et « 1542 » tandis que le second porte la date de 1543. Les petites chapelles du chœur, cachées derrière le retable, sont vraisemblablement de la même époque. On ne trouve toutefois pas de mention de leurs constructions dans les comptes de la fabrique.

Destructions et désaffectations ( - ) Lors des guerres de religion du , notamment à la suite de sept sièges de la ville par les Catholiques ou les Protestants, le bâtiment est fortement endommagé. Le , les piliers des trois églises sont visés. Par un système explosif placé sur les piles, les voûtes médiévales s'écroulent . En 1574, l'église est transformée en magasins de vivres et une toiture provisoire est érigée sur les bas-côtés . Le de cette même année, alors que la ville est reprise par les catholiques, c'est la flèche qui est prise pour cible. L'escalier ainsi que la maçonnerie sont fortement endommagés . La prise de la ville par Henri de Navarre en 1587 fait de nouveau cesser le culte dans l'église.

L'église passe en 1599 sur la juridiction de René Vyon, curé de la paroisse . Plusieurs projets de travaux sont lancés pour réparer les dommages de la structure. En 1600, une charpente est construite par Jean et Ambroise Bienvenue pour remplacer les voûtes médiévales Un pendentif, aujourd'hui conservé au musée de Fontenay-le-Comte, présente l'inscription suivante : «1568 - CETTE EGLISE FUT RUINEE ET FUT REBASTIE PAR JEAN ET AMBROY BIENVENU PERE ET FILS AU DESPENS DE LA FABRICE ET DES PAROSSIENS DE CEANS PRIS DIEU POUR EUX » . Le clocher et l'escalier sont réparés en 1603 par François de la Foye et René Robin, tailleurs de pierre, ainsi que François Tymonier et Mathurin Chassay, couvreurs, pour la somme de 950 livres .

Les guerres de religion laissent l'abbaye de Maillezais dévastée. Dans les années 1620, les autorités politiques et religieuses s'emploient alors à trouver une ville susceptible d'accueillir le nouvel évêché. Les prétendantes sont pourtant peu nombreuses. Niort est envisagée (bien que la ville ne soit pas située dans le diocèse), mais finit par être écartée. La possibilité d'une cathédrale à Notre-Dame de Fontenay-le-Comte est ensuite étudiée sous l'impulsion d'Henri de Béthune. Urbain VIII signe en 1630 une bulle validant le choix de l'église et le transfert à Fontenay-le-Comte du siège épiscopal de Maillezais. Toutefois, la ville est hostile au projet et dissuade finalement Henri de Béthune de demander au roi les lettres patentes pour l'exécution des bulles papales .

En 1648, un marché est passé avec les maîtres maçons André Cousturier, Mathurin Vandé, Vincent Mesreau, Charles Allard, Jean Descoust, Jean Jourdin, André Béraud, et le maître charpentier Louis Sire. Les voûtes des bas-côtés sont reconstruites en pierre tandis que le vaisseau central est couvert d'un lambris, faute de moyens . Le grand retable de pierre et de marbre de l'abside est commandée en 1687 à l'artiste flamand Joseph Van Gheluwen . En 1696, un devis pour une nouvelle reconstruction du clocher est demandé à François Leduc, dit de Toscane . Une inscription à la base du clocher, sur la façade est, atteste la pose de la première pierre en 1700. Il est toutefois difficile d'estimer l'étendue de la reconstruction, le clocher médiéval d'origine n'ayant pas été documenté. La chaire à prêcher, œuvre du sculpteur niortais Elie-Jean Drouard, est commandée en . vignette|366x366px|Vitrail des Emblèmes des grandeurs de Marie (posé en juin 1853) par M. Lobin - Première travée du collatéral nord. Cet élan de commandes et de constructions s'éteint à la Révolution française. Plusieurs événements affectent l'église de Notre-Dame : deux des cinq grandes cloches sont fondues dès 1792 ; d'abord devenue une caserne en 1793, l'église est transformé en 1794 en temple de la Raison ; plusieurs fois, des destructions d'images (lys, statues) sont commandées . L'étendue de ces destructions demeure toutefois très floue. En 1800, l'édifice est rendu au culte catholique mais il faut attendre 1803 pour la reprise des célébrations.

L'intérieur est à nouveau refait. Seul le retable, la chaire, deux calices de vermeil de l'époque Louis XIV, quelques chandeliers de style Louis XV et plusieurs ornements sont épargnés.

De passage à Fontenay-le-Comte le 7 et , Napoléon 1er accompagné de l'impératrice Joséphine, ordonne qu'une messe soit chantée le suivant à l'occasion de sa fête et de sa régénération du culte catholique.

Campagnes de restaurations ( - ) À partir du , le curé Félix-Marie Ferchaud arrive pour une durée de 41 années. Il entama de nouvelles reconstructions. De 1849 à 1853, les vitraux sont remplacés par de nouvelles créations de M. Lobin, maître verrier de Tours . Le portail Nord est restauré en 1854. Octave de Rochebrune, artiste et membre de la fabrique, supervise la restauration du portail ouest en 1855, ainsi que la création d'un autel dédié à la Vierge dans l’absidiole nord du chœur . En 1890, les frères Courtière réalisent la tribune pour accueillir l'orgue, toujours sous la direction d'Octave de Rochebrune .

Ce sont surtout les architectes des monuments historiques qui procèdent à d'importantes restaurations sur l'ensemble de l'édifice : Pierre-Théophile Segretain pour la flèche en 1844, Henri Deverin pour le chevet entre 1896 et 1912 ou encore Henri Chaine pour les voûtes de la nef et du chœur entre 1896 et 1902. Les maisons qui longeaient autrefois le flanc nord de l'édifice sont détruites entre 1912 et 1926 Médiathèque du Patrimoine, Paris, Dossier n°3110 : Documents sur le dégagement de l'église (1912 - 1924) et l'achèvement de la restauration du chevet (1925 -1935). Au cours du , l'architecte Jean Merlet restaure les baies du chevet , une partie du portail nord, et entreprend la création d'une galerie donnant sur la crypte romane.

L'édifice fait toujours l'objet de restaurations régulières, notamment la chapelle des Brisson.

Architecture gauche|vignette|361x361px|Élévation nord - Murs pignons des quatrième et troisième travée.

Description générale