Thomas Porcher, né le Portrait, sur forwards.fr. à Drancy (Seine-Saint-Denis), est un économiste, essayiste et chroniqueur dans différents médias.
Il est l'auteur de dix-sept ouvrages, notamment Traité d'économie hérétique paru en 2018 qui s'est vendu à plus de exemplaires en France et a été traduit en italien, espagnol, portugais et japonais.
En , il se lance en politique avec l'essayiste Raphaël Glucksmann et la militante écologiste Claire Nouvian en créant un nouveau parti baptisé Place publique (PP) visant notamment à mettre en place une liste d'union de la gauche aux élections européennes de 2019. Il quitte ce parti en .
Biographie Enfance et formation Thomas Porcher nait à Drancy en Seine-Saint-Denis. Son père, professeur de gestion, est un immigré vietnamien et sa mère, couturière pour de grandes marques, est d'origine italienne. Après son baccalauréat obtenu au lycée Jacques-Brel à La Courneuve, il obtient une licence à l'université Sorbonne Paris Nord.. Il décroche son doctorat en économie à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne en 2006 avec une thèse intitulée Recettes pétrolières et financement de la lutte contre la pauvreté : le cas de la République du Congo rédigée sous la direction de Guy Schulders.
Il a été ceinture noire de karaté à 16 ans, champion de Seine-Saint-Denis et vice-champion d'Île-de-France.
Carrière Il est professeur associé d'économie à la Paris School of Business. (ex École supérieure de gestion).
Il a été chargé de cours en Économie et géopolitique de l'énergie dans le Master 203 à l'université Paris-Dauphine, en théories économiques à l'université Panthéon-Sorbonne et en économie internationale et théorie et modélisation financières à l'université Paris-Descartes.
En 2013, Thomas Porcher a fait partie du groupe d'experts sur le gaz de schiste dans le cadre du débat national sur la transition énergétique au ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.. En 2015, il a participé au groupe de travail de la mission sur la transition verte confiée à Corinne Lepage par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.
Il est membre du collectif Les Économistes atterrés depuis 2016..
Il intervient régulièrement dans les médias notamment dans l'émission C dans l'air. En 2017, Il a fait partie des Voix de l'info de Sonia Mabrouk sur CNews et a été, en 2019, chroniqueur sur LCI. Brain Magazine l'a qualifié de « minorité visible de gauche » dans les médias.. Depuis 2021, il tient une chronique mensuelle "Le point Porcher" dans le magazine Technikart où il donne son point de vue sur des sujets de société divers... Depuis le , il intervient aussi au journal Le Média dans la chronique "L'instant Porcher".
De 2023 à 2026, il intervient chaque vendredi sur France Inter dans ‘‘Le Débat éco’’, face à l’éditorialiste Dominique Seux. Les échanges issus de cette chronique donnent lieu en janvier 2026 à la publication de ‘‘Les Débats de l’éco’’, cosigné par les deux économistes. En juin 2026, son départ de France Inter après trois saisons et son arrivée à la rentrée au sein des médias du groupe Combat sont annoncés. À partir de septembre, il doit tenir une chronique économique quatre fois par semaine dans la matinale de Radio Nova et collaborer aux ‘’Inrockuptibles’’. En juillet 2026, France Télévisions annonce également sa participation à la nouvelle version de ‘’L’Heure de vérité’’ sur France 2, présentée par Caroline Roux, aux côtés notamment de Benjamin Duhamel et Eugénie Bastié..
Le collectif RePEc le classe économiste le plus suivi au monde sur Twitter sur économistes recensés.
En 2018, Bloomberg HT (Bloomberg TV à Istanbul) le classe dans les 50 économistes les plus suivis au monde.
Dans son numéro de , le magazine Technikart classe Thomas Porcher dans « les 100 qui feront 2019 » à la place..
Son livre Traité d'économie hérétique (sortie en 2018) s'est écoulé à plus de exemplaires et a été traduit dans plusieurs langues (japonais, italien, espagnolet portugais).
Selon le magazine Livres Hebdo, son essai Les délaissés (sortie en ) fait « une entrée rapide dans les meilleures ventes. Tiré à 13000 exemplaires, il a été réimprimé à 2000 quatre jours après sa sortie».
En 2020, le magazine britannique en ligne « Richtopia » classe Thomas Porcher dans le Top 100 mondial des économistes les plus influents en ligne à la place.
En , une étude du cabinet Headway advisory publiée dans Le Figaro classe Thomas Porcher du Top 20 des personnalités de l'enseignement supérieur les plus influentes sur Twitter, derrière le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, le politologue Dominique Reynié et le géopolitologue Pascal Boniface notamment. En 2022, l'indice « Twitter Influence de l’éducation et de l’enseignement supérieur », publié par le cabinet Headway advisory dans Le Figaro, le classe comme la personnalité de l'enseignement supérieur et le professeur le plus influent sur Twitter en France.
Vie privée Il a été en couple avec l'actrice Élodie Yung pendant 14 ans. puis avec l'avocate Sarah Salesse, fille d'Yves Salesse, ancien de la LCR, figure du syndicalisme, ancien conseiller d'État et leader du « non » au référendum de 2005.
Travaux académiques Selon RePEc, Thomas Porcher a publié 20 articles dans des revues à comité de lecture., il totalise 141 citations et son indice h est de 6..
Son article le plus cité a été publié dans la revue Energy Economics dont le facteur d'impact est de 14.2 et la revue dans laquelle il a le plus publié (3 articles) est l' (facteur d'impact de 1.3)https://www.tandfonline.com/action/journalInformation?show=journalMetrics&journalCode=rael20. Il est également le coéditeur d'un livre de recherche Advances in Managing Energy and Climate Risks chez Springer.
Livres et idées développées Thomas Porcher a publié une dizaine de livres et contribué à plusieurs ouvrages collectifs notamment avec des membres du collectif Les économistes atterrés. Il est souvent présenté comme étant un économiste de gaucheL’économiste Thomas Porcher quitte Place publique, lemonde.fr, 17 mars 2019Thomas Porcher claque la porte de Place Publique, lesinrocks.com, 18 mars 2019 ou « hétérodoxe », et le secrétaire général de l’association des Économistes atterrés, Philippe Guillaume, déclare : « Thomas Porcher est une belle carte de visite pour nous […] économistes hétérodoxes ».
Critique du « discours dominant » en économie Dans Traité d'économie hérétique publié en 2018, Thomas Porcher estime qu'il existe un discours dominant en économie d'orientation libérale. Dans les deux premiers chapitres de son livre, il donne son opinion sur le rôle de l'idéologie en sciences sociales et l'instauration d'un cadre de pensée par les élites économiques et politiques françaises. Il conteste la neutralité de la science économique et remet en cause ce qu'il nomme des « vérités économiques assenées par certains experts ». Il vise notamment le livre de Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le Négationnisme économique, qui invite à de la neutralité et à du pragmatisme en économie. Pierre Cahuc et André Zylberberg estiment que « l'économie est devenue une science expérimentale ». Comme dans les autres domaines de la science, par exemple la recherche médicale, l'analyse économique compare des groupes tests où une mesure est mise en œuvre avec des groupes témoins. La science économique aurait donc permis, dans les dernières années ou les dernières décennies, de dégager certains principes qui présentent toutes les garanties scientifiques. Selon les auteurs, les études publiées dans des revues académiques, ayant subi un processus de relecture par les pairs, permettent, lorsqu'elles produisent des résultats convergents, de produire l'image la plus fiable sur l'état du monde. Le « négationnisme scientifique », notamment économique, est alors l'attitude de ceux qui s'opposent sans justification, selon les auteurs, à ces résultats, prétendant souvent s'opposer à la « pensée unique » ou mettre en lumière des failles de la recherche « orthodoxe » : les auteurs citent comme exemples le discours des industriels du tabac autrefois, aujourd'hui de certains grands patrons ou économistes « hétérodoxes » tels que « les Économistes atterrés ».
Dans le chapitre 3, « Le mythe de la réussite individuelle », Thomas Porcher revient sur le débat autour du chômage. Selon lui la microéconomie « mainstream » avance que l'individu est responsable de ses choix, notamment dans son arbitrage loisir-travail, ce qui expliquerait le chômage (volontaire).
Thomas Porcher estime que la macroéconomie est plus à même d'expliquer le chômage actuel : « Le problème est macroéconomique, pas microéconomique », page 69 de l'édition Pluriel ; « Personne ne choisit le chômage », page 70. Il cite enfin deux références pour étayer ses propos: le rapport de la fondation Jean-Jaurès « Le traumatisme du chômage » et l'article académique de G. Clark « The Son Also Rises » dans lequel il est mentionné que « 75% du statut socio-économique d'un individu est expliqué par l'origine sociale » (page 72 du livre).
D'après lui, la dette publique sert d'épouvantail pour justifier les politiques d’austérité, alors que la France emprunte à des taux très bas et que la dette n'a pas atteint un niveau alarmant : elle est inférieure à la valeur du patrimoine public, et inférieure à l'ensemble des dettes privées. Il estime de plus que le but de la flexibilité du marché du travail n’est pas de diminuer le chômage, mais d'employer une main-d’œuvre précaire ajustable aux conditions du marché et à la préservation des profits. Par ailleurs, la volonté de baisser la dépense publique a en réalité pour objectif selon lui de démanteler l’État social et d’offrir au secteur privé les marchés juteux des retraites et de la santé.
Critique de la vision économique d’Emmanuel Macron Dans Introduction inquiète à la Macron-économie, Thomas Porcher et Frédéric Farah veulent montrer que derrière le discours apparemment novateur et de bon sens d’Emmanuel Macron se cachent des idées régressives et des raisonnements économiques qui n’ont rien de nouveau.
Critique du manque d’ambition politique dans la lutte contre le réchauffement climatique Dans Le Déni climatique, Thomas Porcher et Henri Landes montrent comment les responsables politiques tiennent des discours ambitieux aux Nations unies, mais à l’inverse prennent des décisions contre le climat dans d’autres instances de négociation. Ils critiquent notamment les solutions de marchés comme le marché du carbone qu'ils jugent insuffisantes pour engager une transition énergétique ambitieuse.
Critique du TAFTA Dans le livre TAFTA, l'accord du plus fort, pour Thomas Porcher et Frédéric Farah, ce traité transatlantique entraînerait un nivellement vers le bas des normes en raison d'un cadre légal américain plus souple rendant les multinationales américaines plus compétitives. Il estime également que les prévisions de créations d'emplois et de croissance ont souvent été surestimées, notamment dans le cas du marché unique et de l'ALENA.
Critique de l'exploitation du gaz de schiste Dans son livre Le mirage du gaz de schiste, Thomas Porcher critique les arguments des lobbies favorables au gaz de schiste et prétend démontrer que l'exploitation de gaz de schiste en France entraînerait peu de création d'emplois.. Selon lui, pour créer des emplois, il faudrait, sur le modèle américain, forer massivement et en continu.. Enfin, Thomas Porcher affirme que cette exploitation ne ferait pas baisser les prix du gaz en Europe en raison de la plus forte réglementation du marché du gaz européen. Une baisse des prix nécessiterait, selon lui, que l'Europe produise une part de marché suffisamment forte pour être en position de renégocier les contrats avec ses fournisseurs traditionnels.
Critique du manque de transparence des contrats pétroliers