Martincourt-sur-Meuse est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.
L'histoire de la commune est profondément marquée par la Seconde Guerre mondiale et les violents combats de dont elle a été le théâtre.
Géographie Martincourt-sur-Meuse est située au nord du département de la Meuse, à au nord de Stenay, le chef-lieu de canton, et à proximité du département des Ardennes.
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Le territoire de la commune est limitrophe de cinq autres communes :
Géologie Le village est construit à flanc de coteau, le long de la Meuse. Le profil du sous-sol de la commune, en partant du point le plus bas dans la prairie, et en remontant vers le sommet de la côte, présente une coupe des structures géologiques sous-jacentes.
La prairie drainée par la Meuse est constituée de terres alluviales.
En remontant, au pied du village, s'étend au niveau du lieu-dit la Tuillotte, une mince bande de terre argileuse.
Le village lui-même est bâti sur les roches bajociennes du jurassique moyen. Il s'agit d'un calcaire oolithique (oolithes de Jaumont et oolithe de Doncourt) dont la base est constituée de marnes (marnes de Longwy).
À mi-hauteur de la côte, au niveau du premier virage du chemin d’Olizy, on rencontre des roches du bathonien.
Ensuite, sur une épaisseur n’excédant pas , on découvre une caillasse dite à Anabacia. Ce sont des marnes et argiles sableuses, feuilletées, gris-ocre et contenant du mica. Elles sont barrées de bancs rocailleux de calcaire cristallin terreux, d’aspect sableux et de couleur brun-jaune. Sur la partie supérieure, le calcaire montre des points ferrugineux. Les habitants ont exploité ces bancs ferrugineux jusqu'au .
Sur le sommet de la côte, s’étend une dalle calcaire, dite dalle d’Étain, calcaire assez pur, renfermant quelques débris coquilliers et de couleur blanc jaunâtre.
Hydrographie La commune de Martincourt est située dans la partie nord de la plaine de la Woëvre et est traversée par la Meuse et par le canal de l'Est.
La dernière crue cinquantenale connue par la commune a été mesurée le . Le débit du fleuve à était de /s.
Le débit moyen annuel de la Meuse à Martincourt-sur-Meuse est de /s.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Martincourt-sur-MeuseLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mouzay à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Martincourt-sur-Meuse est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (76,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (32,1 %), prairies (29,6 %), forêts (19 %), zones agricoles hétérogènes (15,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Marthecurt en 1157 (charte de l’archevêque Hillin) ; Martaincourt en 1479 (Lamy, acte du tabell. de Stenay) ; Marthincourt en 1591 ; Martincour en 1656 (carte de l’Évêché)Félix Liénard, Dictionnaire topographique du département de la Meuse : comprenant le nom des lieux anciens et modernes / rééd. sous les auspices de la Société philomatique de Verdun, par M. Félix Liénard... ; publ. par ordre du ministre de l'Instruction publique ; et sous la dir. du Comité des travaux historiques, 1872, (lire en ligne sur DicoTopo) . C'est par arrêté préfectoral que, le , Martincourt devient Martincourt-sur-Meuse.
Le premier élément Martin- représente effectivement le nom de personne Martin qui, bien qu'il soit devenu le patronyme le plus commun globalement en France, n'a jamais particulièrement servi de nom de baptême au Moyen Âge. Il s'agit d’une formation toponymique du Haut Moyen Âge en -court, dont le premier élément est un anthroponyme selon le cas général. L'appellatif -court représente la fixation du nom commun gallo-roman *CŌRTE (du bas latin cōrtem. ou alternativement curtisÉtymologie court sur le site du CNRTL (lire en ligne) ) qui pouvait avoir divers sens « ferme enclose, exploitation, domaine rural », d'où l'ancien français curt, cort. Il est à l'origine du français cour auquel les clercs ont ôté le -t final d'après une étymologie erronée par le latin curia, alors que le dérivé courtois le conserve.
Le premier élément Martin- représente effectivement le nom de personne Martin qui, bien qu'il soit devenu le patronyme le plus commun globalement en France, n'a jamais particulièrement servi de nom de baptême au Moyen Âge. Certes, il existe de nombreux lieux , le plus souvent en rapport avec la dédicace de l'église, mais il n'y a pas de correspondance géographique entre la répartition des Saint-Martin (ainsi que des et , presque tous situés au nord-est de la France) et du patronyme Martin. Si on compte un certain nombre de Martigny, , Martignac, Martignat, etc. issus du type gallo-romain Martiniacum mieux répartis, les noms de lieux médiévaux contenant l'élément Martin- / -martin (parfois écrit Martain-) se rencontrent essentiellement, voire exclusivement, à l'extrème nord de la France, selon un mode de composition influencé par le germanique, d'où les types normands , Martin-Église et Martinvast (Manche, Martinwast 1172), ainsi que du nord Martinpuich (Pas-de-Calais, avec puich variante de ), laissant à la Lorraine les Martinvelle et , sauf Martincourt en Picardie.
Par arrêté préfectoral du 24.02.1922 , Martincourt prend le nom de Martincourt-sur-Meuse ( J.O., 1922, 3, 2622 ). Le village est construit à flanc de coteau, le long de la Meuse en néerlandais et en allemand, Maas ; en wallon, Moûse ; en latin Mosa, un fleuve européen qui prend sa source en France et se jette dans la mer du Nord en traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas.
Histoire En 1157, la charte de l’archevêque Hillin, de Trêves, comprend Martincourt (alors Marthecurte) au rang des 32 villae Evodiennes qui, chaque année, depuis 882, apportent processionnellement leurs cierges et leur bannières sur le tombeau du roi Dagobert, dans la chapelle Saint-Remy, à Stenay. Cette charte atteste l'existence du village dès le apr. J.-C. En 1157, la charte de l’archevêque Hillin, de Trêves, comprend Martincourt (alors Marthecurte) au rang des 32 villae Evodiennes qui, chaque année, depuis 882, apportent processionnellement leurs cierges et leur bannières sur le tombeau du roi Dagobert, dans la chapelle Saint-Remy, à Stenay. Cette charte atteste l'existence du village dès le apr. J.-C..
Les informations qui suivent sont issues d'un travail collectif fait au niveau localLa rédaction de l'histoire de la commune est un travail collectif des habitants de Martincourt-sur-Meuse, Commencé en 1998 à l'initiative d'Arnaud Jacquemot, le travail a consisté pour ce dernier à recueillir et compiler l'ensemble des témoignages disponibles, écrits, oraux, photographiques, auprès des habitants ou dans les archives communales et départementales. Les personnes suivantes ont contribué par leurs témoignages, leurs conseils, leur soutien matériel et logistique à ce travail collectif : Lucienne Baye, Robert et Roger Carré, André, Georgette et Yves Champenois, Guy Collot, Claudine Deremetz, André Henry, Jean Jacquemot, Paul Mellier, Claude, Jacqueline et Michelle Mercier, Monique Merjay, Marie-Christine Perbal, Denise et Jacqueline Pognon, Émilienne Prétagut, Madeleine Tilmand. Certains parmi eux, témoins directs et privilégiés et passeurs de la mémoire de leurs parents et grands-parents, nous ont quittés depuis.
Vestiges antiques Une voie romaine traverse le territoire communal par les côtes : il s’agit d’une route de petite taille, un diverticule, qui relie Verdun à Mouzon.
La tradition locale mentionne l'existence d'un gué romain sur la Meuse. de dragage de la Meuse, de larges blocs ont été arrachés au lit du fleuve et des poteries auraient été aperçues retombant dans les flots.
Haut Moyen Âge vignette|gauche|Dagobert II, dit Saint-Dagobert, dont les reliques sauvèrent la commune et les environs des Vikings. Le duc d'Austrasie Martin, dit le majordome, donne son nom à la commune vers 675 : Martini CurtisJ.F. Louis Jeantin, Montmédy et les localités meusiennes de l’ancien comté de Chiny (Histoire de). Cette date avancée par un érudit du est à prendre avec circonspection : Martincourt ne fut érigée en terres fièves que le . Auparavant, aucun document ne vient attester sa présence au nombre des possessions du duc Martin. Il s'agit probablement d'une extrapolation de l'auteur. Au cours de la même période, le roi d'Autrasie, Dagobert II périt assassiné dans la forêt de Mouzay en 679, à quelques dizaines de kilomètres de la localité de Martincourt. La sépulture royale disparaît de la mémoire des hommes au cours des décennies et des siècles qui suivent.
En 872, miraculeusement dit-on, la sépulture de Dagobert II, perdue depuis deux siècles, est redécouverte. Le roi Charles le Chauve ordonne alors, le , l’exposition en grande pompe du royal martyr dans la chapelle Saint-Rémy, à Stenay, et sa canonisation par les évêques de la province.