La famille de Courcy est une famille de barons féodaux normands dont le premier auteur connu, Robert de Courcy, fut au à l'origine du château de Courcy dans le Calvados.
Richard de Courcy, passé en Angleterre en 1066 à la suite de Guillaume le Conquérant, y reçut plusieurs domaines. Son fils William fut l'auteur de la branche anglaise titrée lords Kingsale à la suite de John de Courcy, conquérant de l'Ulster au . De cette branche descend (1909-1999), conseiller de Neville Chamberlain puis rédacteur en chef de la newsletter Intelligence DigestP. Champy, Les Courcy, p. 150-152.. A la branche française se rattachent un sénéchal de Normandie, Robert III de Courcy, le chevalier poète Jean de Courcy (1360-1433), auteur de la Bouquechardière et du Chemin de Vaillance, et un capitaine gouverneur de Paris en 1404, Guillaume de Courcy.
Histoire La filiation certaine Bernard Chérin, généalogiste des Ordres du roi écrit qu’on connait « un grand nombre de sujets du nom de Courcy qui ont vécu dans les , , mais que sa filiation « est certaine depuis Richard de Courcy, chevalier, sire de Courcy, qui servit dans les armées des rois Jean et depuis 1358 »Gustave Chaix d’Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome XII, 1913, page 130.. Il agissait sur ordre du roi pour vérifier que Mathieu de Courcy, né en 1755, bénéficiait des conditions requises pour avoir droit aux Honneurs de la Cour, à savoir une noblesse prouvée remontant à 1400. Il y fut admis en 1783.
Chérin ne s'est donc pas donné la peine de remonter plus haut et il aura fallu que d'autres généalogistes s'en chargent. Ils avaient à leur disposition les cartulaires, les mémoires du temps, dont ceux, incontournables, d'Orderic Vital, le Domesday Book pour les fiefs anglo-normands, les recueils d'actes ducaux et royaux, et tout ce qui forme l'actuel cabinet des Titres.
Au , la famille française de Courcy donna trois branches. Celle de Bourg-Achard s'éteignit en 1476, la seconde, reconnu noble en 1463 et maintenue noble en 1666, posséda la seigneurie de Magny-la-Campagne près de Falaise dans le Calvados et la troisième, maintenue noble en 1666, les seigneuries du Plessis-Bouclon et de Ferrières-Haut-Clocher dans l'Eure. De cette dernière se détacha le rameau naturel des seigneurs des Brosses et d'Englesqueville maintenu noble en 1669Gustave Chaix d’Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome XII, 1913, pages 131-132..
Les premiers sires de Courcy vignette|redresse=0.9|Tapisserie de Bayeux, les bateaux de la Conquête. vignette|redresse=0.9|Château de Courcy, l'entrée. vignette|redresse=0.9|Château de Courcy, muraille est. vignette|redresse=0.9|Le château de Courcy vers 1850. vignette|redresse=0.9|Tour du château de Gonneville vignette|redresse=0.9|Présentation d'Isabelle à . Chroniques de Froissart, Harley 4380, f. 89. The British Library. vignette|redresse=0.9|La dame de Courcy arrive à Boulogne. Chroniques de Froissart, Harley 4380, f. 189v. The British Library. Selon les auteurs, la famille de Courcy est issue de Baudry le Teuton. Au le moine et historien Orderic Vital écrit que Baudry le Teuton, qui était venu en Normandie pour y servir le duc (), épousa une nièce de Gilbert de BrionneOrderic Vital, Histoire de Normandie, volume 26 trad. par Louis-François du Bois, 1827, page 70. (selon P. Champy, compte tenu de la chronologie, ce serait une sœur)Philippe Champy, Les Courcy, mille ans d'histoire, Guénégaud, 2001, page 30, note 9.. Il eut plusieurs filles et six fils dont Robert de Courcy, à l'origine du château de Courcy dont il prit le nom et qui fut le père de Richard, sire de Courcy, un des barons normands qui en 1066, accompagnèrent Guillaume le Conquérant dans sa conquête de l’AngleterreFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Dictionnaire de la noblesse, tome V, 1772, page 221..
Richard de Courcy fut récompensé par des possessions en Angleterre à Nuneham et Sarsden dans l'Oxfordshire. Le duc lui confia diverses missions d'arbitre et de justicier. Il apparaît comme un des seigneurs qui signèrent comme témoins la charte de fondation de l'abbaye Saint-Étienne de Caen, fondée par Guillaume le ConquérantFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Dictionnaire de la noblesse, tome V, 1772, page 222.. Au , le poète Wace dans sa chronique le Roman de Rou le qualifie de « sénéchal »Wace, Roman de Rou, publié par A.J. Holden, tome II, ..
De Richard sont issus Guillaume (William), tige des Courcy anglais et dapiferMême si le terme de dapifer est souvent traduit par sénéchal, son rang n'est pas du tout celui d'un sénéchal de Normandie. C'est en fait un officier du roi qui dirige le service de table.Un piège redoutable est l'existence d'un Robert et d'un Guillaume de Courcy de la branche française, sénéchaux de Normandie mais parfois qualifiés de dapifers, et de deux Guillaume de Courcy de la branche anglaise, dapifers des ducs-rois. Pour les distinguer, on appellera William les deux Guillaume anglais, sachant qu'un véritable dapifer ne siège pas à la cour de l'Échiquier et ne cosigne pas les actes du duc-roi. du roi , et , qui hérite de la baronnie et épouse une fille d'Hugues de Grentemesnil, vieil ami et allié de la famille. Les Grentemesnil furent fort utiles aux Courcy lors du siège mémorable du château de ces derniers par Robert Courteheuse en 1091voir la narration d'Orderic Vital dans Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, vol. IV, .. participe à la première croisade aux côtés du duc Robert, avec qui il s'était réconcilié, en 1096. Lui succède après 1110 son fils aîné, , habile manœuvrier, qui prend parti pour contre le jeune Guillaume Cliton, fils de Robert Courteheuse, qui lui conteste le trône. Il combat aux côtés du duc-roi à Brémule en 1119 contre venu soutenir le jeune Guillaume et est un des rares prisonniers côté anglo-normandParlant de de Courcy qui vécut un siècle plus tard, La Chesnaye écrit : . Sachant que Brémule a aussi été appelé Brenneville, La Chesnaye s'est juste trompé d'un siècle et s'en est tiré en faisant de Louis le fils de Philippe Auguste !. Libéré, il est récompensé de son soutien en obtenant l'important poste de sénéchal de NormandieJudith A. Green, The Government of England under Henry 1st, et 242.. Puis, après la mort d', il louvoie entre Étienne de Blois et Geoffroy Plantagenêt avant d'arbitrer en faveur de ce dernier, ce qui lui vaut d'être à nouveau sénéchal de Normandie sous Geoffroy et confirmé dans cette place par P. Champy, , .. Marjorie Chibnall et Charles Haskins voient même en lui le justicier du royaumeMarjorie Chibnall, édition anglaise de référence des textes d'Orderic Vital, tome VI, ; Charles H. Haskins, Norman Institutions, .. Les deux fonctions, souvent exercées par la même personne, faisaient de leur titulaire le chef de l'administration. Comme les sénéchaux de Normandie étaient généralement au nombre de deux, ils ne suivaient pas nécessairement le duc-roi dans tous ses déplacements, et l'un pouvait rester en arrière pour gouverner seul la province que le souverain avait quittée, ce qui renforçait encore son rôle.
meurt autour de 1158 et c'est son cousin germain, , qui lui succède comme baron de Courcy. Par sa première épouse, une Tancarville, dont le chef de famille a le titre de chambellan héréditaire de Normandie, il hérite en outre de la baronnie ou honneur d'ÉcajeulSur cette baronnie, appelée aussi honneur, voir Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, tome III, .. Sa seconde épouse est une de L'Aigle, autre famille de compagnons de Guillaume. Une sorte d'hérédité des charges semble s'être installée puisqu'on le retrouve justicier et sénéchal de Normandie du roi , jusqu'à sa mort en 1176Léopold Delisle, introduction du Recueil des actes de , ; Charles H. Haskins, Norman Institutions, ..
Son fils aura un choix à faire après la réunion de la Normandie à la France en 1204 : s'il optait pour l'Angleterre, il perdait ses possessions françaises ; un choix vite fait car le gros des terres de la famille outre-Manche était déjà entre les mains de la branche anglaise descendant de William. Après son ralliement, Philippe Auguste le nomme chevalier banneret en 1208.
Lui succède , toujours baron de Courcy mais dont la baronnie d'Écajeul lui est contestée et va peu à peu lui échapper malgré un jugement en sa faveur de la cour de l'Échiquier en 1237. Il semble que le roi ait profité d'une garde noble pour soustraire cette baronnie aux Courcyvoir Jean-Alain Cairon, L'Honneur d'Ėcajeul au Moyen Age, Société historique de Lisieux, numéro 43, 1999. a épousé une Mabille, que l'abbé Simon pense à juste titre être Mabille du Hommetvoir la communication de l'abbé Simon sur les Courcy, in bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, tome 37, 1926-27, ., puisqu'elle lui a apporté deux importantes baronnies de la Manche, celles de Remilly et Marignyétude de Charles Fierville sur Marigny, lire en ligne., entre Coutances et Saint-Lô, qui étaient aux du Hommet. On retrouve dans ce mariage la tendance à l'endogamie des familles de compagnons de Guillaume et de grands officiers de Normandie, qui va perdurer après la réunion à la France : les du Hommet, qui sont dits descendre du demi-frère de Guillaume le Conquérant, Odon de Bayeux, ont en effet été connétables de Normandie.
a eu quatre fils, Enguerrand, Guillaume, Jean et Nicolas. C'est qui succède à son pèreContrairement à ce qu'écrit La Chesnaye, n'a pas épousé Anne de Marigny qui lui aurait apporté les terres de Remilly et Marigny. Comment alors expliquer que son père, , était déjà seigneur de ces terres ?, et après lui un fils de Jean, , qui va continuer la tradition en épousant Alix Bertrand, fille de Bertrand, seigneur de Briquebeclire en ligne. ; il s'agit, on l'aura compris, d'une famille de compagnons de Guillaume. Alix est la sœur de , maréchal de France. On impute à l'achat de la terre et du château de Gonneville, dans la MancheP. Champy, , et note 91., qu'il va reconstruire et habiter.
Les deux fils de se partagent ses considérables domaines : à l'aîné, , la baronnie de Courcy, au cadet, Jean, les baronnies de Remilly et Marigny. Par alliance, elles iront ensuite aux Malesmains et aux Montauban, avant d'être érigées en marquisat pour les Rohan. À succède son fils Geoffroy, mort à la bataille de Crécy en 1346La Chesnaye-Desbois fait de Geoffroy le fils de , parce qu'il avait vu que son père était un Guillaume. Si c'était le cas, il aurait eu cent ans à Crécy ! La Chesnaye a en fait travaillé sur des mémoires fournis par la branche du Plessis des Courcy qui étaient pleins d'erreurs.. Il avait épousé Marie d'Estoutevillelire en ligne., fille de et Marguerite de Hotot. On est encore une fois dans une famille de compagnons de Guillaume, parente des Courcy par la mère de , une Bertrand, belle-sœur de . Geoffroy a eu trois enfants : Marie, épouse de Guillaume de Bricqueville, , baron de Courcy, et Guillaume, tige de la branche de Bourg-Achard, dont il sera parlé plus loin.