est une ville de la préfecture d’Okinawa, au Japon, située dans la partie centrale de l’île d’Okinawa.
La ville occupe et compte au .
32.4 % de la surface de la ville est actuellement occupée par des installations militaires américaines.
Satto, roi de Chūzan à la fin du , est originaire de Mashiki (à l’époque Jana) à Ginowan. La ville compte de nombreux sites en relation avec Satto et sa famille.
Géographie Situation Ginowan occupe dans la partie centrale de l’île d’Okinawa. Elle mesure au maximum d’est en ouest et du nord au sud.
L’hôtel de ville de Ginowan est situé à au nord-est de l’hôtel de ville de la capitale préfectorale Naha et au sud de l’hôtel de ville de Nago.
La ville est bordée à l’ouest par la mer de Chine orientale. La côte, très linéaire, est caractérisée par très peu de baies et des récifs coralliens très étendus, offrant peu de ports naturels.
Elle est traversée par les artères principales de l’île d’Okinawa que sont les routes nationales et .
Géographie physique et géologie La majeure partie de la ville consiste en des collines basses, des plateaux de calcaire et des plaines limitées. Le point le plus haut de la ville culmine à au point de rencontre de Ginowan avec Nakagusuku et Nishihara.
Les rivières principales sont la rivière Hiraya-gawa qui sert de frontière avec Urasoe et Nishihara et la rivière Futenma-gawa qui sert de frontière avec Chatan, Kitanakagusuku et Nakagusuku . Les rivières Ujidomari-gawa et Machinato-gawa sont également importantes.
La roche-mère de lutite appelée « kucha », de la formation Shimajiri (Néogène), qui sert de socle aux formations calcaires plus jeunes, est visible dans une partie de l’est de la ville, à la frontière avec le village de Nakagusuku.
À l’exception de la bande littorale qui est occupée par des dépôts alluvionnaires, la majeure partie de la ville (2/3) consiste en plateaux de calcaire de Ryūkyū qui forment jusqu’à quatre niveaux de terrasses littorales installées au-dessus du socle de lutite.
Sur l’île d’Okinawa, les terrasses littorales sont divisées en terrasses basses, moyennes et hautes ; la ville de Ginowan comporte des terrasses de types basses et moyennes uniquement.
Cet environnement calcaire fortement karstique est à l’origine des nombreuses grottes et sources de la ville.
Les sols qui se développent sur les plateaux calcaires sont des sols argileux rougeâtres connus sous le nom vernaculaire de Shimajiri māji. Les sols détritiques directement issus de la roche mère de lutite dans l’est de la ville portent le nom vernaculaire de jāgaru.
Occupation des sols Le territoire de la ville est principalement occupé par des zones résidentielles (36.3 %), des bases militaires américaines (32.4 %) et des terres agricoles (8.5%).
Le littoral est essentiellement destiné aux activités de loisir, touristiques et industrielles, avec notamment la présence du , du , de la plage et de nombreux hôtels. thumb|Champs inondés d’Ōyama Les se développent entre la côte et la Route Nationale 58. Des plateaux se développent à l’est de la route 58, et des collines basses occupent la partie sud et est de la ville, qui borde les municipalités de Nishihara et Nakagusuku.
La partie est, le long de la Route Nationale 330 est le cœur administratif de la ville, comportant l’hôtel de ville, la brigade des pompiers, le bureau de distribution d’eau et le centre communautaire municipal.
Les plateaux du centre de la ville sont occupés par la Base de Futenma et le nord de la ville par une partie du Camp Foster.
La base de Futenma occupe , soit environ 25 % de la totalité du territoire de la ville. Le Camp Foster s’étend sur les territoires des municipalités de Ginowan, Okinawa, Chatan et Kitanakagusuku. Il occupe du territoire de Ginowan. Les installations militaires représentent 32.4 % du territoire de la ville.
Divisions administratives La ville de Ginowan inclut dix-sept sections (azas) :
Municipalités limitrophes Dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du nord, Ginowan est entourée des municipalités de : Chatan Kitanakagusuku Nakagusuku Nishihara Urasoe
Démographie Au , la population de Ginowan était estimée à .
Climat La ville de Ginowan est située dans la zone subtropicale avec une température moyenne annuelle de . Les précipitations sont abondantes avec une moyenne annuelle entre 1800 et . Elles sont particulièrement importantes au printemps et en été. Les typhons sont fréquents en été et en automne.
Histoire Paléolithique thumb|Grotte du sanctuaire de Futenma Le territoire de la ville de Ginowan est occupé dès le Paléolithique, comme l'atteste la découverte en 1964 d’ossements humains (fragment de mandibule d’un individu mâle d’une vingtaine d’années) dans la , datés d’environ 18000 ans avant le présent (). Des restes de plusieurs espèces de cerfs fossiles de la même période ont également été trouvés dans la ou la . Aucun vestige autre que ces ossements fossiles (outils, habitat…) n’a été trouvé pour le période Paléolithique.
La ville de Ginowan compte de nombreuses autres grottes présentant les mêmes caractéristiques qui n’ont pas encore été l’objet de fouilles archéologiques.
Période Kaizuka Le territoire de la ville de Ginowan comporte plus de soixante-dix sites archéologiques de la période Kaizuka, certains datés du Kaizuka Ancien Phase I entre 7000 et 6000 ans avant le présent, comme le sur lequel ont été mis au jour des tessons de poterie Yabuchi (type Nantō-tsumegatamon). L’ a donné son nom a un type de poterie caractéristique du Kaizuka Ancien Phase IV, et est classé .
Les vestiges d’habitats sont particulièrement nombreux à partir de la période du Kaizuka Ancien Phase IV. Pendant le Kaizuka Ancien Phases IV et V, les sites archéologiques se concentrent à la bordure ou au pied des collines calcaires faisant face au littoral, avec l’habitat au sommet de la colline et le dépotoir au pied de la falaise, comme c’est le cas pour l’ et le (habitats), associés au et à celui de (dépotoirs).
Le , du Kaizuka Ancien Phase V est un site d’habitat qui comporte les vestiges d’une vingtaine habitations semi-enterrées et pavées, dont certaines de grande taille sont interprétées comme des bâtiments communautaires.
Le , daté de la même période est quant à lui un site funéraire qui a livré quarante-quatre tombes à inhumation. Le site (classé au niveau municipal) de la est également un site funéraire qui montre une utilisation constante pendant le Kaizuka Ancien Phase IV et Phase V.
Pendant le Kaizuka Récent, les groupes humains se déplacent vers les sites le long de la côte, spécialement sur les dunes littorales. Les sites de Mashiki Azamabaru 1 et 2 présentent pour cette période des vestiges de villages avec des habitations semi-enterrées ou de surface. L’utilisation simultanée d’habitations semi-enterrées et de surface est également attestée sur des sites du Kaizuka Récent extérieurs à Ginowan, tels l’amas coquillier de Nagarabaru Ouest ou l’amas coquillier d’Akajangā.
Période Gusuku Le nombre de sites augmente lors de la période Gusuku. Ils se déplacent de nouveau depuis les zones littorales vers le sommet des collines. Des habitats s’installent dans des zones jusque là inoccupées.
Pour le début de la période Gusuku, le a livré des vestiges de bâtiments accompagnés de mobilier importé (pots en stéatite importés de Kyūshū au Japon et céramique Kamuiyaki importée de l’île de Tanegashima, porcelaine blanche importée de Chine).
L’abondance en eau et la topographie naturelle en terrasse ont fait de Ginowan une terre propice au développement de rizières pendant la période Gusuku (site d’Aragusuku Shichabaru 2) .
Les gusukus sont rares sur le territoire de Ginowan. On compte neuf sites qui contiennent le terme « gusuku » dans leur nom, mais la plupart d’entre eux ne semblent pas avoir été des forteresses. Tous sont de petite ampleur.
La tradition veut que le dont les vestiges étaient bien conservés jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale (murs de pierres et portes), ait livré bataille contre le gusuku d’Ichi à Chatan.
Royaume Ancien La fin du voit le développement de villages agricoles, comme le ou celui de .
Le village retrouvé dans le site de Mashiki Muikābaru 1 est considéré comme celui de la famille Okuma, dont Satto, l’un des rois de Chūzan est issu. Le complexe de tombes anciennes de Ujidomari Hantanushicha inclut la tombe d’Okuma Noro, également liée à cette famille royale.
Le village d’Isa Mēbaru 1 comporte une aire funéraire à proximité de l’aire résidentielle, une caractéristique que l’on retrouve également sur le site de Kushikanekubaru à Chatan et qui pourrait être une influence culturelle venue du Japon. thumb|Tombe Oroku-baka Le voit la mise en place des pratiques funéraires ryūkyūanes telles qu’elles existent encore aujourd’hui avec le dépôt secondaires des ossements humains dans des jarres funéraires (zushis) installées dans les tombes utilisant des grottes naturelles ou creusées dans les falaises calcaires, qui évolueront vers des tombes construites en pierre de taille. La tombe de ce type la plus ancienne attestée à Ginowan est la tombe Oroku-baka, dont une des urnes funéraires est datée de 1494 (par l’inscription funéraire sur l’urne). Elle atteste de la présence d’une noblesse territoriale à Ginowan, malgré l’absence de gusukus majeurs.
Période moderne ryūkyūane (Kinsei Ryūkyū) Le magiri de Ginowan a été créé en 1671 par la réunion de treize villages qui appartenaient auparavant aux magiris d’Urasoe, Nakagusuku et Chatan et un village nouvellement fondé : Urasoe : , , , , , , , , et . Nakagusuku : et . Chatan : . Nouveau village : .
Le magiri a été créé pour servir de fief au septième fils de Shō Shitsu, Shō Kōzen Ginowan Wōji Chōgi.
Si le magiri de Ginowan est créé en 1671, les villages qui le composent apparaissent dans les documents administratifs du royaume et dans diverses inscriptions dès le , alors qu’ils appartiennent à d’autres magiris.
Le village de , alors appelé est mentionné sur l’inscription de la stèle de la du château de Shuri datée de 1546 : , dans les documents généalogiques de la famille Takayama du clan Katsu datés du règne du roi Shō Gen : , dans les documents généalogiques de la famille Kuba du clan Eki datés de la deuxième moitié du : , dans les documents généalogiques de la famille Onaga du clan Mu datés de 1668 : .
Le village de , alors appelé est mentionné sur un mandat adressé au daté de 1559 : , sur la liste des vassaux du sceau du Royaume de Ryūkyū datée de 1613 : , dans les documents généalogiques de la famille Itakazu du clan Mō datés de 1626 : .
Le village de , alors appelé est mentionné dans les documents généalogiques de la famille Nerome du clan Yu datés de l’ère Wanli : .
Le village de Kiyuna est mentionné dans les documents généalogiques de la famille Maekawa du clan A datés de 1604 : , ceux de la famille Gima du clan Sai datés de 1652 : .
L’Omorosōshi, compilé en 1623, mentionne les villages de , , et .
Dans le Ryūkyū-koku yurai-ki publié en 1713, Giwan est devenu Ginowan, Kayoku est devenu Ganeko, Uchimina est devenu Ujidomari, Akina est devenu Aniya, Mēfutema est devenu Nodake, Terafutema est devenu Futenma et Shana est devenu Jana Gushikawa .
Dans le Ryūkyū-koku kyū-ki publié en 1731, Jana Gushikawa est appelé Gushikawa-ōyama et Ujidomari est de nouveau appelé Uchiminato.
Le territoire de la ville de Ginowan a livré de nombreuses bornes d’arpentages qui ont été installées pendant le grand levé cadastral de l’ère Qianlong entre 1737 et 1750 qui a permis de cartographier précisément tout le royaume. thumb|Tombe de la famille Motobu Udun La ville de Ginowan comporte également l’une des plus anciennes tombes à carapace de tortue de l’île d’Okinawa, la tombe de la famille Motobu Udun à Ganeko. Cette tombe est datée de 1687. La tombe de la famille Ue, qui appartient au complexe de tombes anciennes de la colline orientale d’Ōyama, est datée de 1699.