La sucrerie d'Étrépagny est une usine sucrière située à Étrépagny L'Usine Nouvelle . dans le département de l'Eure, dans le Vexin Normand en 1863, dont Charpillon traite en citant sur un même plan économique en 1868 les sucreries de Fontenay, des Andelys et de La Rivière-Thibouville.
Activité Elle produit du sucre de betteraves en provenance essentiellement du département de l'Eure, mais aussi de l'Oise, du Val-d'Oise, de la Seine-Maritime et des Yvelines. planteurs fournissent l'établissement et tonnes de sucre blanc sont produites chaque annéeSaint Louis sucre, site de l'usine d'Étrépagny..
Étrepagny est reconnue dans l'Eure, aux côtés de Gisors et de Fleury-sur-Andelle, comme capitale régionale René Musset. Les industries de la vallée de l'Epte. In: Annales de Géographie, t. 71, n°385, 1962. pp. 328-329, en ligne sur Persée . des services à l'agriculture, notamment par la présence de l'activité de transformation qu'assure la Sucrerie Jean-Pierre Fruit, , .
Histoire Au cours de la seconde moitié du , l'agriculture traditionnelle de la région commence à être bouleversée par l'apparition de la betterave. Elle prend sa place sur de la jachère et gagne du terrain chaque année. Les distilleries sont de la première génération de l'industrie de la betterave dans le Vexin. De nombreuses usines, le plus souvent attenantes à la ferme, fonctionnent avec un matériel rudimentaire.
En 1859 se construit la première distillerie industrielle d'alcool de betterave dans le Vexin normand à Villers-en-Vexin.
La fabrication du sucre de betteraves quant à elle demande des moyens financiers plus importants et seuls d'audacieux entrepreneurs se permettent la création d'une fabrique de sucre, et Arthur Lebœuf d'Osmoy est l'un de ceux-ci.
Lancement de l'entreprise (1863-1865) Le fondateur Arthur Lebœuf d'Osmoy est né le à Rouen, fils d'Alphonse Lebœuf, vicomte d'Osmoy, propriétaire au lieu-dit « Les Lesques » à Auzouville-sur-Ry (Seine-Inférieure). Celui-ci avait une petite usine pour fabriquer de l'alcool de betterave dans les écuries de son château ; il est le frère de Charles Lebœuf, comte d'Osmoy, député. vignette|180px|right|La action de la société A. d'Osmoy & avec les statuts.
Assemblée générale de lancement Le est créée la sucrerie d'Étrépagny . par Arthur Louis Lebœuf vicomte d'Osmoy, chez maître Charles-Victor Amy notaire à Paris-Passy; il crée la société A. d'Osmoy & qui prend la dénomination de sucrerie dite d'Étrépagny. Jean-François Cail est le plus gros actionnaire, possédant le quart des actions de la société. vignette|180px|État des frais dus par M. d'Osmoy à M Amy.
Ci-dessous le procès-verbal de la première assemblée générale des actionnaires de la société A. d'Osmoy & le jeudi à huit heures du soir. La réunion a lieu dans la salle 232 au deuxième étage de l'hôtel du Louvre, rue de Rivoli à Paris.
Sur le terrain L'usine est édifiée sur une grande prairie « Clos Vert » située à la sortie d'Étrépagny en direction des Thilliers-en-Vexin, au bord de la Bonde.
La construction des bâtiments de la fabrique commence le . Elle est analogue à la sucrerie d'Auffay (Seine-Inférieure), fermée en 1966. Le terrain a une surface de 3 hectares 38 ares 92 centiares, terrain acquis par M. d'Osmoy et cédé par ce dernier à la société.
Assemblée générale de 1864 Le jeudi , l'assemblée générale des actionnaires de la société est réunie une deuxième fois à Paris. Le gérant, M. d'Osmoy, croit devoir entretenir l'Assemblée du projet d'un chemin de fer.
Le gérant présente les avantages que devrait retirer l'usine de l'établissement d'une station de chemin de fer, à environ de la fabrique et engage la société dans une souscription de cinquante actions ou francs dans le capital de 6 millions que doit coûter le chemin de fer, s'il est exécuté, la société n'étant engagée que dans ce cas.
Après cette communication et quelques observations de l'assemblée, le président du bureau met aux voix l'approbation au rapport dont il vient d'être donné lecture. Elle approuve la souscription de 50 actions, faite par le gérant au nom de la société au capital nécessaire pour l'exécution du chemin de fer projeté de Pont-de-l'Arche à Gisors.
Première campagne - l'usine est construite en sept mois La vapeur est produite par quatre chaudières à charbon avec des cheminées en tôle de 25 mètres de haut et 0,70 m de diamètre. Elles sont fournies par les établissements Ch. Derosne et Cail.
La première campagne débute en . Exploit pour l'époque, une usine construite en 7 mois. La capacité de l'usine était prévue pour de betteraves. Elle ne peut travailler que et ne produit que 835 tonnes de sucre et une moyenne de rendement en sucre de 6,40 %.
vignette|right|200px|Tonnage des betteraves de 1863 à 1883. Deuxième campagne La deuxième campagne de 1865 donne une idée plus précise de la production : de sucre pour tonnes de betteraves sur 118 jours de récolte. Le tonnage journalier est de et la moyenne de rendement de sucre est de 6,16 %.
L'approvisionnement est la préoccupation majeure de ces premières années : les transports sont lents, de faibles tonnages et se font par des tombereaux attelés de bœufs et de chevaux. Le coût du transport ne permet pas de récolter au-delà de 5 à et cela milite pour une seconde usine.
L'expansion de 1866 à 1880
Le , la fabrique devient Sucrerie d'Étrépagny et de Fontenay, dite Sucreries du Vexin . Jean Jules Allain Michaux demeurant à Bonnières-sur-Seine (Seine-et-Oise) procède à l'apport à la société A. d'Osmoy & d'une distillerie et de 50 hectares de terre sise à Tourny (Eure), située à quelques kilomètres de Fontenay.
Le débute la construction d'une sucrerie identique à celle d'Étrépagny à Fontenay, qui se trouve à une dizaine de kilomètres en direction de Vernon. C'est Joseph François Bonnaterre, nécrologie de Joseph-François Bonnaterre (1829-1895)., ingénieur civil spécialisé et réputé, qui crée cette usine.
Ensuite, d'Osmoy élargit les possibilités d'emblavements en installant des bascules de réception en plein champ. Elles limitent les trajets des planteurs en leur évitant de conduire leurs charrois jusqu'à la fabrique. Ce sont des « voituriers » à la charge de la sucrerie qui alimentent l'usine. Pour Étrépagny, les bascules se situent à Chauvicourt-Provemont et Saint-Germain près de Morgny et, pour Fontenay, aux Thilliers-en-Vexin, Civières et Tourny.
La société A. d'Osmoy et participe à l'exposition universelle de 1867 dans la classe 72, section IV : Sucres et Produits de la confiserie.
thumb|Courbe du sucre en kilogrammes de 1863 à 1883
Dans son rapport du , le gérant annonce
Le est mise en service par la compagnie du chemin de fer de Pont-de-l'Arche à Gisors de la ligne de Gisors-Embranchement à Pont-de-l'Arche.
Le gérant :
Le , réunion exceptionnelle de 103 cultivateurs du fait de la guerre de 1870.
Le , on évoque le projet d'une râperie à Vesly, mais il est abandonné.
Par contre, le voit la construction d'une râperie de betteraves à Saussay-la-Vache et, le , celle d'une deuxième râperie à Écouis, au lieu-dit Brémule.
thumb|right|Râperie de Saussay-la-Vache en 1910. thumb|right|Râperie de Brémule en 1910.
Ces deux ateliers permettent d'extraire le jus de betteraves râpées; le jus est chaulé, puis refoulé par une conduite souterraine de vers l'usine centrale.
Après la mise en service des deux râperies, la sucrerie des Andelys n'est plus compétitive et, en septembre 1876, c'est la faillite de la sucrerie Henri Larue et , fabricant de sucre aux Andelys et à Noyant.
Le , débutent les travaux pour le tramway installé par la Compagnie départementale qui reliera Étrépagny à Fontenay (Eure) et à Tourny . Il servira surtout pour le transport des betteraves, du charbon pour le générateur de vapeur, de la houille pour avoir du gaz de houille au four à chaux, du coke, la pulpe de betterave, etc. D'Osmoy fait le trajet d'Étrépagny à Fontenay avec ce tramway dans son wagon à l'arrière du convoi.
Faillites en chaîne de 1881, 1882 et 1883 thumb|Courbe des jours de campagne betteravière de 1863 à 1883. En , la société J.F Cail & Cie, actionnaire principal, est en faillite.
Le , la déclaration de faillite touche Étrépagny, avec nomination d'un syndic : MM. Léon Ponchelet & L. Lecouturier avoués aux Andelys. Mais la vente à la criée de la propriété d'Osmoy à Auzouville-sur-Ry ne suffit pas pour combler les dettes.
C'est le moment que choisit Théophile-Ange-Joseph Pressard., chef de fabrication, embauché en 1879, quitte la société pour inventer un système de générateurs inexplosible, le système Pressard Le système Pressard..
Le , la dissolution de la société A. d'Osmoy & , .est consommée. M. Clément, un des administrateurs est nommé liquidateur et M. Albert Gaultier, juge commissaire de la faillite d'Osmoy.
Le , elle est officiellement dissoute. La mise en vente peut avoir lieu .
L'année 1883
Le , ., une tentative de reprise est faite par M. Jean Joseph Paul Rattier, chez maître Jean Marie Paul Augustin Théret. On forme des statuts pour la compagnie sucrière d'Étrépagny, ayant son siège à Paris rue Bayen . Cette société ne voit jamais le jour puisque, le , la nullité de la société est établieJournal des sociétés civiles et commerciales , en ligne sur Gallica .
La compagnie fermière de 1883 à 1899
Le , MM. Paul Jacques Levavasseur Paul Jacques Levavasseur (ca 1840-1899) est un des fils de Charles Levavasseur et Charles Denis de Vandeul son cousin germain. et Charles Denis de Vandeul se portent acquéreurs des installations. Chez maître Adrien Labouret, ils signent un bail pour la sucrerie et les deux râperies. Il prend effet le , moyennant pour la première année et pour les autres années, cela pour une durée de 12 ans. La raison sociale devient compagnie fermière de la sucrerie centrale d'Étrépagny (Eure), et son siège social est au 64 rue Caumartin à Paris. L'administrateur délégué est le député de l'Aisne Alfred Macherez.
Quant à la sucrerie de Fontenay, elle est cédée, adjugée à francs à MM. P. Lapeyre & V. Moutard. La principale préoccupation de la nouvelle direction est d'obtenir la confiance des cultivateurs et d'éviter les écueils qui avaient été fatals à la société précédente.Le prix de la betterave ne se fait plus à prix fixe, mais en fonction de sa richesse en sucre. Ainsi apparaît la "densité" à l'achat. Un régime fiscal plus favorable permet aux usines d'entreprendre des améliorations techniques.
Le , Jules Arthur Le Bref, ingénieur des arts et métiersJules Arthur Le Bref (1842-1897), maire d'Étrépagny par ailleurs, compose en outre de nombreux morceaux de musique, édités pour la plupart par Émile Baudoux et , à Paris est nommé directeur ; il le reste douze ans.
Au cours de l'année 1884, dans chacune des usines de la société sont installés des coupe-racines et une batterie circulaire de diffuseurs à vases afin de remplacer la râpe et les presses aux performances médiocres.
La chaufferie est transformée en 1885. La vapeur est produite à Étrépagny par 10 générateurs de timbrés à 5 kilogrammes. Cette installation est assez considérable pour l'époque cependant que l'électricité n'existe pas et que ce sont des machines à vapeur qui assurent seules la force motrice.C'est la raison pour laquelle la consommation de charbon atteint à la tonne de betteraves. D'autres travaux sont entrepris pour améliorer le matériel : lavoir à tambour, filtre-presse, condenseurs barométriques, etc.
1886 marque l'arrêt définitif de la sucrerie de Fontenay-en-Vexin ; le mois de , le tramway est aussi arrêtéL'extraordinaire histoire du tramway du Vexin normand, Claude Wagner, édition du Valhermeil, 80 p. .
L'année suivante, l'extraction de pierre à chaux de la carrière d'Étrépagny n'est plus suffisante. On complète l'approvisionnement par de la pierre à chaux de Radepont puis de Fleury-sur-Andelle.
1895 voit l'arrivée d'un nouveau directeur, Louis Fackler.