Le département des arts graphiques est le septième département du musée du Louvre. Il a été créé en 1989. Auparavant le cabinet des dessins était rattaché au département des peintures.
Il regroupe trois fonds différents : le Cabinet des dessins, constitué à l'origine par l'ancienne collection des rois de France , constamment agrandi par la suite grâce à des saisies et des donations ; la Chalcographie, qui conserve quelque gravés, avec, en particulier, les cuivres provenant du Cabinet des planches gravées du roi. Des tirages papier obtenus avec le cuivre original peuvent être commandés pour près de ; la collection Edmond de Rothschild, qui a été donnée au musée du Louvre par les héritiers d'Edmond de Rothschild, le . Elle comprend environ , et illustrés.
Collections Il est aujourd'hui riche de plus de , ce qui en fait l'une des plus importantes collections du monde, aux côtés des collections suivantes : Galerie des Offices de Florence : 150 000 Albertina de Vienne, 65 000 (plus de 1 million d'estampes) British Museum, 50 000 National Gallery of Art (Washington), 47 000.
Le département conserve des dessins, des pastels, des miniatures, des estampes, des livres, des manuscrits, des autographes, ainsi que des bois, des cuivres et des pierres lithographiques. Il expose dans , par roulement : en effet, vu le nombre des pièces et la fragilité du papier à la lumière, il est impossible d'exposer de façon permanente l'ensemble des documents. Ceux-ci peuvent être vus soit dans des expositions temporaires (qui ne durent jamais plus de trois mois pour ne pas fragiliser les œuvres), soit dans la salle de consultation du département. Néanmoins, un choix de pastels et de cartons de tapisserie, moins fragiles, est exposé au sein du parcours du département des peintures. Ces dernières années, un grand effort de numérisation a été accompli et la base de données du département compte à ce jour plus de d'œuvres et d'artistes.
Le cabinet des dessins La collection commence avec l'achat par Louis XIV des qui appartenaient à Everhard Jabach en 1671 :
Jabach a reçu pour les et les vendus au roi le Jean Guiffrey, Pierre Marcel, Inventaire général des dessins du musée du Louvre et du musée de Versailles, école française, Librairie centrale d'art et d'architecture, Paris, 1908, (lire en ligne). Parmi les , Jabach avait établi une distinction entre les qui ont été livrés à l'hôtel de Gramont le , et le complément, soit , livrés le . Dans le classement fait par Jabach des se répartissaient entre , 448 des , 517 de , 653 de , 309 des , d'après (Giulio Romano)Roseline Bacou, Collections de Louis XIV, dessins, albums, manuscrits, Éditions des musées nationaux, Paris, 1977 , ..
Parmi les dessins de cette collection Jabach, ceux qui étaient les plus admirés appartenaient au Libro de' Disegni de Giorgio Vasari. Les pages du Libro se reconnaissent par leur bordure qui encadre un ou plusieurs dessins réunis sur la même feuille. Le musée du Louvre possède du Libro sur les . Au , les pages du Libro étaient dispersées dans les plus grandes collections européennes : Médicis, Arundel, Quesnel, Crozat et Mariette. Les dessins du Libro avaient d'abord été achetés par le collectionneur florentin, Niccolò Gaddi (1537-1591) Vanna Arrighi, Niccolò Gaddi, Dizionario Biografico degli Italiani., après la mort de Vasari, en 1574, vendus par ses héritiers avant le , date de la mort de Lorenzo Sabbatini chargé de les expertiser. Jabach a probablement acheté les dessins du Libro aux ventes de la collection de lord Arundel après sa mort, en 1646, et à sa veuve, en 1654Catherine Monbeig-Goguel, Collections de Louis XIV, dessins, albums, manuscrits, ..
Les dessins de la collection Jabach sont installés dans l'hôtel de GramontL'hôtel de Gramont a été acheté en 1665 par Louis XIV au maréchal de Gramont pour servir de dépôt d'œuvres. situé dans l'enceinte du Louvre.
Les inventaires des dessins du roi sont faits en 1690, 1695 et 1710 en conservant le classement du fonds Jabach. Des modifications des dessins ont été faites sur les dessins par Antoine Coypel qui est nommé directeur des tableaux et dessins de la Couronne, en 1710. D'après son fils, Charles Antoine Coypel, qui lui a succédé dans la charge en 1722, il et il .
Jabach n'a pas vendu toute sa collection au roi car, quand il meurt à Paris le , il a laissé à ses héritiers une importante collection de peintures et de dessins dont l'inventaire est dressé le et donne un total de , des bronzes et plus de . Les dessins ont été en grande partie achetés aux héritiers de Jabach par Pierre Crozat. Comme l'indique Mariette en 1741 :
Elle s'est ensuite agrandie des fonds d'atelier des premiers peintres du roi. Louis XIV considérant que les premiers peintres du roi travaillaient pour lui, il a fait saisir à leur mort les fonds des ateliers de Charles Le Brun, Pierre Mignard ainsi que les dessins de Van der Meulen.
Dans L'Etat des Desseins du Roy, rédigé en 1724 par Charles Antoine Coypel, on dénombre . Il n'est donc entré que supplémentaires depuis l'achat de la collection Jabach en 1671.
La collection est augmentées par l'achat d'une partie de la collection de Pierre-Jean Mariette, en 1775. du musée du Louvre proviennent de la collection Mariette et portent en majorité sa marque. Quelques dessins de la collection Crozat ont été achetés par Mariette à la vente Crozat.
Au début de la Révolution, la Convention fait saisir tous les biens des émigrés. Ces saisies révolutionnaires vont doubler le nombre de dessins conservés au musée central des arts de la République française, avec l'entrée des collections du comte d’Orsay, de Charles Paul Jean-Baptiste de Bourgevin Vialart, comte de Saint-Morys (1743-1795). La collection Saint-Morys, saisie au château d'Hondainville près de Beauvais, avec , était une des plus importantes du Françoise Arquié, Jacqueline Labbé, Lise Bicart-Sée, La Collection Saint-Morys au cabinet des dessins du musée du Louvre (2 volumes), Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1987 .Musée du Louvre, Département des arts graphiques : 1987-1988 La collection Saint-Morys : du Cabinet des dessins.. Les conquêtes des armées de la République vont faire entrer la collection des ducs de Modène. Ces dernières saisies ont été provisoirement entreposées à l'hôtel de Nesle et aux Petits-Augustins avant de rejoindre le Cabinet des dessins.
Dans un discours à la tribune de la Convention, le 27 nivôse an II (), le peintre David a défini la vocation du nouveau muséum des arts. Ce n'est pas un dépôt d'œuvres d'art ancien, mais un lieu privilégié d'exposition faisant partie du patrimoine national. Mais il ne doit pas être une galerie réservée à la curiosité d'une élite mais une école. Il faut que la collection de dessins ne soit pas réservée aux artistes, mais que les instituteurs que la Convention vient de créer puissent y amener leurs jeunes élèves. Le muséum est alors placé sous l'autorité du Comité d'instruction publique. La commission du muséum est remplacée par un conservatoire. Le conservatoire est remplacé le 3 pluviôse an V () par un conseil. Tous les membres du conservatoire, sauf deux, sont reconduits dans le conseil. Léon Dufourny est responsable des finances et des collections du musée et son administrateur général. Ce dernier, à l'automne 1796, est le rapporteur de la commission chargée de faire un choix des dessins parmi les collections de l'ancienne Académie royale de peinture et de sculpture. Bernard-Jacques Foubert a été le secrétaire et le trésorier du conservatoire avant de devenir l'adjoint de Léon Dufourny, puis son remplaçant. Il est peu probable que Louis Morel d'Arleux, qui prend ses fonctions de du musée le , ait participé au choix des dessins exposés deux mois plus tard.
La galerie d'Apollon a été consacrée à la présentation d'une partie des dessins appartenant au musée central des arts en 1796. L'exposition de ces dessins originaux de grands maîtres est ouverte le 28 thermidor de l'an V de la République française (). Comme il est écrit dans la notice de présentation :
En 1806, Vivant Denon achète la totalité de la collection de Filippo Baldinucci.
Le musée du Louvre achète en 1856 auprès de l'antiquaire Giuseppe Villadi le Codex Vallardi.
La Chalcographie La Chalcographie est l'héritière du Cabinet des planches gravées du roi, institué par Colbert et de l’ancienne Académie royale de peinture et sculptureChalcographie du Louvre : Historique des collections..
Colbert a compris rapidement que la gravure pouvait être un moyen pour faire connaître à tous et pour conserver à la postérité les entreprises et les victoires du roi. Il fait prendre au roi, en 1660, alors qu'il était à Saint-Jean-de-Luz, un arrêt donnant aux graveurs un statut d'artistes indépendants de la maîtrise et des corps de métiers. En 1667, le roi accorde sa protection aux graveurs qui travaillent aux Gobelins, les graveurs ordinaires du roi. Colbert va entreprendre de faire graver des planches par André Félibien pour représenter les maisons royales, Daniel Marot, Robert Bonnart, Van der Meulen et Israël Silvestre pour donner des vues des pays nouvellement conquis, Claude Mellan, Gilles Rousselet et Girard Audran doivent copier les tableaux et statues antiques appartenant au roi, François Chauveau les ornements des Tuileries… Le coût de la gravure étant élevé, Colbert décide en 1679 de mettre dans le commerce des tirages. Cette opération fut vite rentable.
La Chalcographie nationale, aujourd'hui Chalcographie du Louvre, est fondée le 23 floréal an V (), pour soutenir l'art de la gravure et exploiter l'immense fonds dont la nation est dépositaire. Elle regroupe les deux plus importantes collections : le Cabinet des planches gravées du Roi et le fonds de l'Académie royale de peinture et de sculpture.
La collection Edmond de Rothschild Le statut de donation de la collection Edmond de Rothschild a nécessité d'en faire un lieu de conservation particulier. La collection Edmond de Rothschild (1845-1934) est composée de plus de , dessins, estampes, manuscrits et livres rares. C'est l'une des plus importantes collections d'art graphique jamais réunies par un collectionneur particulier.
Directeurs
1984-1988 : Roseline Bacou 1988-2004 : Françoise Viatte 2004-2014 : Carel van Tuyll van Serooskerken depuis 2014 : Xavier Salmon
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Le Seizième Siècle européen. Dessins du Louvre, Paris, 1965. Collectif, L'an V. Dessins des grands maîtres, du Cabinet des dessins, musée du Louvre, -, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1988 , . Notice des dessins originaux, cartons, gouaches, pastels, émaux et miniatures du musée central des arts exposés pour la première fois dans la galerie d'Apollon le 28 thermidor an V de la République française, première partie, Bibliothèque centrale des Musées nationaux, seconde édition, 1798 (lire en ligne). Françoise Arquié, Jacqueline Labbé, Lise Bicart-Sée, La Collection Saint-Morys au cabinet des dessins du musée du Louvre (2 volumes), Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1987 . Pascal Torres Guardiola, La Collection Edmond de Rothschild au musée du Louvre, Louvre éditions, Le Passage, Paris, 2011 , . Pierre Rosenberg, Dictionnaire amoureux du Louvre, Plon, Paris, 2007 . Jean Guiffrey, Pierre Marcel, Inventaire général des dessins du musée du Louvre et du musée de Versailles, école française, , Librairie centrale d'art et d'architecture, Paris, 1907 (lire en ligne). Jean Guiffrey, Pierre Marcel, Inventaire général des dessins du musée du Louvre et du musée de Versailles, école française, , Librairie centrale d'art et d'architecture, Paris, 1908 (lire en ligne). Frédéric Reiset, Courtes réflexions sur une décision de l'Assemblée nationale concernant les dessins du Louvre, A. Guyot et Scribe imprimeurs-éditeurs, Paris, 1849 (lire en ligne).