L'église Saint-Martin de Montmédy est l'église de la paroisse Saint-Martin située dans la ville haute de Montmédy.
Montmédy est une petite ville du nord-est de la France, en Lorraine, dans le département de la Meuse et à quelques pas de la frontière franco-belge. C'est dans la ville haute de Montmédy que se situe la paroissiale Saint-Martin. Cette partie de la cité, sur son piton rocheux, est entourée par une enceinte fortifiée. On doit ces fortifications à Charles Quint, qui, en 1545, voulut faire de cet endroit une base de résistance contre le royaume de France. Assiégée, la ville finit par se rendre aux Français en 1657DELANGLE, M., 1949, .. Vauban entreprit ensuite l'amélioration défensive dans la seconde moitié du , faisant de l'enceinte une des plus importantes du nord-est. On comprend alors que l'architecture à l'intérieur des fortifications soit en grande partie militaire.
Du haut de son rocher, l'église Saint-Martin et ses deux tours carrées sont visibles à des kilomètres à la ronde. Lorsque l'on franchit le pont donnant accès à la ville haute, on tombe presque nez à nez avec l'édifice. Son architecture imposante domine la place de l'Hôtel-de-Ville. Comme son nom l'indique, au , se trouvaient dans cette zone l'hôtel de ville ainsi que la sous-préfecture, tous deux détruits lors des bombardements du .
L'actuelle église a été construite entre 1753 et 1756 à l'emplacement d'un plus petit édifice. Malgré les différentes restaurations, cette église a gardé beaucoup de son état primitif. Elle est classée au patrimoine..
Histoire vignette|Citadelle de Montmédy. Édifice antérieur L'église que l'on voit aujourd'hui n'est pas la première édifiée à cet endroit. En effet, un sanctuaire, entouré d'un cimetière, aurait déjà été présent au dans la partie haute de Montmédy. Ses origines sont assez floues mais les historiens sont certains qu'un édifice religieux se dressait à partir de 1156 à l'emplacement de l'église présente aujourd'huiERRARD, P., 1959, .. Ce monument était assez petit et pourvu d'une seule tour, plutôt élancée. D'après divers plans anciens de Montmédy, les chercheurs peuvent affirmer qu'il occupait environ l'emplacement compris entre les piliers intérieurs de l'édifice actuelERRARD, P., 1959, .. Au , lorsque Vauban renforça les fortifications, l'arrière de l'église fut retranché pour permettre l'élargissement de la voie du rempart qui lui était contigüe.
L'église actuelle est donc construite sur les substructions d'une église plus modeste qui datait vraisemblablement du .
Construction de l'édifice actuel Peu à peu, l'église du , dans la ville haute de Montmédy, devint trop exigüe pour accueillir tous les citoyens, dont le nombre ne cessait d'augmenter. De plus, l'édifice n'avait subi aucune restauration importante au fil des siècles, si bien qu'en 1748Date provenant des archives de la reconstruction de l'église selon SESMAT, P., 2003, . elle était dans un état lamentable : « les habitants se plaignaient de l'état défectueux […], de la toiture entièrement pourrie […], du pavé gâté de leur église ». Comme la situation ne s'arrangea guère dans les années suivantes, l'archevêque de Trêves interdit l'accès au bâtiment le Archives départementales de la Meuse, C 266, liasse, pièce , cité dans ERRARD, P., 1959, .. Entretemps, un nouveau curé avait été nommé. Il s'agissait de l'abbé Nicolas-Joseph Manard. Il multiplia les démarches auprès de l'Intendant et de la Municipalité pour faire réparer l'édificeArchives de la Meuse, C 266, liasse, pièce , cité dans ERRARD, P., 1959, .. Mais on se rendit compte rapidement qu'il ne servait à rien de restaurer une ruine. Il était plus avantageux d'en construire une nouvelle. C'est ainsi que, à partir de 1745, l'idée d'une église neuve germa dans les esprits des Montmédiens.
Il s'agissait surtout de construire un édifice plus vaste, capable de recevoir l'entièreté de la population. Pour agrandir l'espace de culte, il était donc nécessaire d'employer le cimetière environnant. Celui-ci fut alors déplacé à l'extérieur des murs, à l'endroit qu'il occupe aujourd'hui. La question financière retarda beaucoup le commencement des travaux. L'abbaye d'Orval fut d'une grande aide en intervenant pour environ 34 % des dépensesIl existe un lien entre Orval et Montmédy depuis le . En effet, à cette époque la cure de Montmédy était à la collation de l'abbé d'Orval. C'était donc lui qui nommait les curés de Montmédy. ERRARD, P., 1959, ..
Les projets furent donc lancés et les opérations purent débuter. Le eut lieu l'adjudication des travaux en faveur de Jacques François Lelièvre, entrepreneur des fortifications de la citéERRARD, P., 1959, .. On confia également les projets à l'architecte Chambeaux et à l'inspecteur des chaussées Feunette. La construction dura quelques années mais il existe des divergences entre les auteurs concernant les dates. Les travaux ont probablement commencé en 1753. Néanmoins, la date gravée sur le portail central est 1756. Il s'agirait donc là de l'année durant laquelle les travaux s'achevèrent.
Dans ce qui devint alors l'ancien cimetière, se dressait une chapelle. Cette chapelle, dite de Malandry, fut construite en 1598 par Jean III d'Allamond, gouverneur de MontmédyArchives de la Meuse, C 266, cité dans SESMAT, , .. Elle était destinée à accueillir les corps de la famille. Au lieu de la détruire ou de la déplacer dans le nouveau cimetière, il fut décidé de la laisser en état et de l'incorporer à la nouvelle église. On fit le choix de l'accoler au collatéral nord de l'église Saint-Martin.
On décida d'ajouter, peu après la fin de la construction de l'église, une sacristie sur le côté droit du chœur. L'adjudication de ces travaux revint à un sieur Michel. Dans des contrats plus tardifs de 1779, on cite encore des travaux concernant la sacristieCADY, G. et TOUSSAINT, C., 2005, . On peut en déduire que la construction avait pris un certain retard.
Travaux et restaurations
En 1827, une partie des pavés de l'église sont remplacés. Mais les documents ne permettent pas d'identifier la partie dont il s'agit. Trente ans plus tard en revanche, en 1857, on sait que l'on procède à la pose de nouvelles dalles dans les bas-côtésCADY, G. et TOUSSAINT, C., 2005, ..
L'église subit les bombardements allemands de 1870. La toiture est défoncée et les fenêtres brûlées. En 1871, on pose donc de nouveaux vitraux et on entreprend, en 1874, la réparation des couvertures ainsi que la consolidation des voûtes. Cette initiative de renforcement est la première d'une longue série.
On sait que, peu avant 1940, la toiture est encore en restauration. Les travaux sont interrompus par la Seconde Guerre mondiale. Les bombardements touchent rudement la tour nord de l'église. Une fois la guerre achevée, en 1948, il faut à nouveau revérifier toutes les couvertures meurtries et la charpente fragiliséeNANCY, CONSEIL RÉGIONAL DE LORRAINE, Service régional de l'inventaire général, Église Saint-Martin. Étude des Monuments Historiques, GOUTAL, M., 1991, .. On ajoute également de nouvelles verrières.
En 1974, on entreprend des travaux de plus grande ampleur. Il est décidé de consolider le perron ouest mais surtout la voute de la nef. Pour ce faire, l'architecte Jean Rocard construit des arcs-boutants dans les combles des bas-côtés. Les contreforts deviennent alors les culées de ces arcs dissimulés sous la toiture. À cette époque, la couverture des deux tours est réparée et leur charpente renforcée.
L'architecte Goutal entreprend de nettoyer l'intérieur du bas-côté sud et lui restitue ses badigeons et sa polychromie. Ces travaux ont lieu entre 1984 et 1990.
Pour la quatrième fois en cent vingt ans, on procède à la réfection des couvertures des tours, une nouvelle fois endommagées. Les échafaudages mis en place pour l'occasion servent également à restaurer toute la façade ouest. Ces opérations durent environ quatre ans, entre 1992 et 1996Ibidem. NANCY, CONSEIL RÉGIONAL DE LORRAINE, Service régional de l'inventaire général, Église Saint-Martin. Étude des Monuments Historiques, GOUTAL, M., 1991, ..
À peine le massif occidental remis en état, l'architecte Goutal s'attaque en 1997 à la couverture et à la charpente de la chapelle de Malandry ainsi qu'à celle de la sacristie. Le toit de cette dernière était à l'origine à trois versants et rejoignait le mur du collatéral en retour d'équerre du chœur, comme l’attestent les traces sur ce mur. L'architecte a modifié la toiture pour aboutir à un toit en pavillon. Il donne aussi à ces deux salles un plafond en plâtreNANCY, CONSEIL RÉGIONAL DE LORRAINE, Service régional de l'inventaire général, Église Saint-Martin. Étude des Monuments Historiques, GOUTAL, M., 1998, ..
De 2001 à 2005, la charpente et la couverture de la nef et du chœur sont entièrement et durablement restaurées. Ces travaux s'avéraient essentiels avant d'entreprendre la restauration des intérieurs qui a débuté en 2008.
Le , une messe de bénédiction et un concert inaugural ont célébré le retour de l'orgueConstruction d'un orgue neuf (II/26) d'esthétique classique française, dans un buffet du début du siècle, classé au titre des monuments historiques. en l'église de la citadelle, concert donné par Olivier Vernet, titulaire du Grand Orgue de la cathédrale de Monaco.
Description Il s'agit ici de dresser une description de l'état primitif de l'église, c'est-à-dire peu après la fin de sa construction, en 1756. Plan et volumétrie générale Plan L'église Saint-Martin de Montmédy est orientée. L'édifice est composé d'une nef à trois vaisseaux divisée en cinq travées. Le vaisseau central, deux fois plus large que les collatéraux, s'ouvre sur un chœur très court à chevet pentagonal. La dernière travée est incluse dans le chœur pour former un espace plus grand, clairement délimité par une dénivellation et une grille. Cette séparation se prolonge dans les collatéraux puisque les dernières travées, de part et d'autre du chœur, servent de chapelles. En conséquence, la nef forme un carré de quatre travées de côté.
À cette volumétrie s'ajoute la chapelle de Malandry, sur le bas-côté nord, à hauteur de la troisième travée. Sa surface est presque identique à celle d'une travée de collatéral. Il est possible d'y accéder de deux façons. L'une des entrées donne sur l'extérieur, du côté ouest, et l'autre donne sur l'intérieur de l'église. Il suffit de franchir une petite grille depuis le collatéral nord.
La sacristie est accolée à la droite du chœur, dans le prolongement du collatéral. L'accès se fait par le côté sud du chœur.
Couverture La toiture est constituée de deux croupesLe toit est dit « en demi-croupe » pour la partie couvrant l'abside car le pan triangulaire est seul et ne va pas aussi bas que les versants principaux. et composée d'ardoises. Le toit couvre donc les collatéraux et la nef d'un pan continu. En considérant uniquement ce point de vue extérieur, on peut parler de nef-halle. Mais à la suite de l'analyse de l'intérieur, il faudra nuancer ce terme. La toiture des deux tours est formée de courbes et contre-courbes. Il s'agit donc de toits à l'impériale de section carrée.
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